La famine et la guerre agraire

Depuis trois ans, l’Irlande a connu une période d’austérité sans précédent. Et ce qui a troublé beaucoup de gens, c’est le caractère limité et au mieux sporadique de la résistance à cette vague de coupes budgétaires impitoyables qui ont affecté les conditions de vie des gens du peuple. Les politiciens et les médias ont montré à de multiples reprises qu’ils savouraient cette faiblesse et cet isolement de la résistance, alors que beaucoup de militants de gauche se demandaient pourquoi la plupart des gens semblaient consentir à tant de souffrance.

Certains partisans de l’ordre établi ont interprété ce mutisme à leur façon racialiste en prétendant que les Irlandais n’ont pas le « sang chaud » de leurs voisins du bassin méditerranéen. Non, l’explication doit être beaucoup plus directe. Si nous considérons le problème sous cet angle : « d’où aurait pu venir une telle résistance à l’austérité? », il apparaît clairement que cette résistance n’était pas susceptible d’émerger. Les résistances à l’oppression couronnées de succès ne tombent pas du ciel, elles ne proviennent pas en ligne droite de l’émotion brute ni pour la seule raison qu’il y a quelque chose qui cloche. Au contraire, elles émergent non seulement à partir du sentiment d’injustice, mais aussi à partir d’un haut niveau de politisation et d’expérience politique.

L’histoire irlandaise a produit ce genre de mouvements de vaste envergure plusieurs fois pendant les trois siècles précédents, mais c’est sûrement au 19è siècle que les bases nécessaires dont nous parlons, politisation et expérience politique, ont été les plus manifestes. Lors de ce siècle, la classe dominante a par deux fois et brutalement mené la guerre de classe sur les plus membres les plus pauvres de la société, avec dans les deux cas des conséquences différentes. Il y eut d’une part une défaite catastrophique, la Grande Famine, et d’autre part une sorte de victoire, la Guerre Agraire [‘Land War’]. La différence entre ces deux luttes peut être utile pour expliquer le manque de résistance organisée dans l’Irlande d’aujourd’hui.

L’Irlande du XIXè siècle

L’Irlande du XIXè siècle a été marquée par deux période de guerre de classe intense. La Grande Famine (1845-51) et la Guerre Agraire (1879-82). Dans les deux cas, il y eut des récessions qui tournèrent en crise, lorsque la récolte de pommes de terre, aliment qui constituait l’ordinaire de la majorité de la population, fut perdue pendant plusieurs années de suite. En 1845 et en 1879, les plus pauvres de la société, qui étaient menacés de mourir de faim, étaient en même temps ceux qu’on forçait de porter le fardeau de la récession. En effet, les propriétaires fonciers, soutenus par l’Etat britannique, refusaient d’arrêter les exportations de nourriture ou de réduire les fermages. En vérité, beaucoup de propriétaires fonciers se servaient de la crise pour expulser et destituer des fermiers, et de la famine pour continuer d’exporter de la nourriture à l’étranger et faire un remembrement aboutissant à un agrandissement des ranchs.

La famine et la résistance

Cette politique eut des résultats catastrophiques en 1845. Vivant déjà dans les marges de la société, les pauvres ne purent pas porter le fardeau de la crise mais ce fut le contraire qui eut lieu, ils avaient besoin d’aide. Si on met de côté les gestes humanitaires faits pour la galerie, cette aide ne vint pas. Il y eut entre 800.000 et un million de personnes qui moururent dans la famine, et entre 1848 et 1851 on dénombra 58.000 fermiers qui furent, avec leurs familles, expulsés des terres qu’ils travaillaient.

Il y a une opinion bien établie selon laquelle le peuple n’a pas résisté à ces mesures extrêmes d’expulsion et d’exportation ininterrompue de nourriture, de la part de la classe dominante en Irlande et à Londres. Cette opinion est erronée. Les manifestations, les marches, les attaques à main armée et les assassinats étaient choses communes. Souvent, les rassemblement sur les marchés et les ports, où la nourriture était vendue et exportée, tournaient à l’émeute. Parfois, les fermiers attaquaient les propriétaires fonciers. L’exemple le plus connu est celui du Captain Denis Mahon, assassiné à Strokestown, dans le comté de Roscommon. Ces formes de résistance étaient si communes que les convois de nourriture pour l’exportation étaient protégés militairement.

Même si la colère était palpable et que les gens se lâchaient, cette résistance ne parvint pas à se transformer en un mouvement capable d’empêcher la Famine de produire ses conséquences. Bien que plus étendu, ce mouvement ressemble à la résistance actuelle à l’austérité, il était localisé, isolé et pour l’essentiel inefficace. A de nombreux égards, la résistance à la famine se rattachait aux mœurs du passé médiéval, où une émeute locale était en mesure de faire baisser les prix ou d’empêcher les marchands d’exporter de la nourriture. Cependant, en 1845-51, le problème n’était pas local.

Tout comme aujourd’hui, l’Irlande faisait de plus en plus partie d’un système global de commerce, elle nourrissait la population ouvrière croissante des villes anglaises. Tout comme aujourd’hui, les solutions locales étaient inadéquates, il fallait une réponse générale, économique et politique, aux inégalités engendrées par le système commercial de l’Empire britannique. Tout comme une manifestation en face de l’hôpital de Roscommon ne suffit pas à mettre fin à l’austérité européenne ni à ses effets, une émeute à Clonmel, Kilkenny, Cobh ou Waterford, ou un assassinat à Roscommon, ne mettaient pas en question la machine économique de l’Empire britannique. En 1851, la population qui avait subi la famine était brisée. Si cette famine n’avait certes pas été causée par l’action humaine, elle fut infiniment empirée par l’action humaine.

La guerre agraire

Moins de trente ans après 1851, date du repli de la famine, une nouvelle crise fut provoquée en 1879 par les effets conjugués d’une perte de la récolte de pommes de terre et d’une récession économique. Bien que la gravité fut généralement moindre qu’en 1845, il semblait que sur la côte ouest de l’Irlande on revivait les horreurs de la famine. La famine fut déclarée dans quelques localités du comté de Mayo, alors que la récolte de pommes de terre était perdue pour la troisième année de suite et que le choléra frappait les élevages de volailles qui se développaient à l’époque.

La récession économique faisait plonger les prix agricoles et privait de travaux saisonniers beaucoup d’agriculteurs qui en dépendaient pour payer leurs fermages. La situation fut telle que plus de 100.000 familles avaient des arriérés de fermages et étaient menacées d’expulsion. Tout comme en 1845, les propriétaires fonciers menaient la lutte des classes, en refusant de concéder des effacements de dettes ou des réductions de fermages. Lord Lucan, « héros » de la guerre de Crimée et propriétaire foncier dans l’Ouest de l’Irlande, s’est illustré en refusant catégoriquement de prêter assistance à ses fermiers, car dans ses propres termes cela aurait signifié une « perte de sa capacité ». Cette attitude reflétait la pensée de la plupart des propriétaires terriens.

Il semblait que les plus pauvres de la société allaient de nouveau, comme en 1845, supporter les effets du désastre naturel et de la récession, même si cela impliquait qu’ils devaient mourir de faim. Les conditions objectives étant semblables, c’est ce qui aurait dû avoir lieu, mais il n’en alla pas ainsi : même si la crise économique dura jusqu’en 1882, il n’y eut pas de famine généralisée et les expulsions ne dépassèrent pas quelques milliers par an, ce qui n’a rien à voir avec les chiffres de la Grande Famine.

La ligue agraire

Cette réussite ne fut pas le fait d’un miracle ou de la clémence de la classe dominante, mais fut en grande partie engendrée par le travail de la Ligue agraire nationale irlandaise [National Irish Land League] et de la ligue agraire des femmes [The Ladies Land League], qui formaient un mouvement de masses comptant environ 200.000 personnes. Au niveau local, ce mouvement résistait aux tentatives d’expulsions et dans certains cas réussissait à faire baisser les fermages, tout en soutenant les systèmes d’entraide anti-famine. En même temps, le mouvement attirait l’attention de la nation sur des cas spécifiques, de façon à exercer une pression politique, chose qui n’avait pas eu lieu lors de la famine. Les cas les plus connus sont les campagnes contre le propriétaire foncier Robert Bloose à la fin de l’année 1879, et contre le Capitaine Boycott en 1881.

L’utilisation de ces cas célèbres permit de faire pression sur les centres économiques à Londres, alors que la militance locale combattait sur le terrain, de façon acharnée et victorieuse, les pires excès des propriétaires. Ces activités étaient soutenues par des meetings de masses et des manifestations, dont les plus connues furent celles d’Irishtown et Westport dans le Mayo en 1879, et de Dublin en 1880, qui consolidèrent le mouvement.

Cette campagne mit en œuvre de nouvelles tactiques, comme celle, extrêmement efficace, de l’ostracisation sociale qui sera connue sous le nom de boycott, d’après sa première victime, Captain Charles Boycott. Par ces protestations militantes, la ligue paysanne nationale irlandaise et la ligue paysanne des femmes remportèrent des victoires sur le landlordisme irlandais et le gouvernement britannique. Le mouvement n’était pas révolutionnaire, étant donné que le lendemain, les pauvres sont restés des pauvres et que l’Empire est resté intact, mais ses répercussions furent toutefois considérables : 1845 ne s’est pas répété, et sur une période de 20 ans, le ‘latifundio irlandais’ [‘large scale landlordism’] a connu son agonie (bien que le régime de propriété paysanne ait été loin d’être satisfaisant). Pour nous aujourd’hui, la question qui s’impose est : pourquoi la société a pu produire ce mouvement en 1879 et pas en 1845?

Qu’est-ce qui a changé entre temps?

Avant la famine, les mouvements politiques majeurs étaient la campagne réussie pour l’émancipation catholique de 1829 et la campagne échouée pour l’abrogation de l’Acte d’Union [loi de 1800] qui avait institué la domination directe de l’Irlande par Londres. Ces campagnes rassemblaient beaucoup de gens ordinaires, mais elles n’apportaient pour ainsi dire aucun changement dans l’existence des pauvres. Ces campagnes ne mettaient pas en question l’Empire britannique, car il s’agissait d’efforts menés par les classes supérieures et moyennes irlandaises pour contrôler leurs propres destinées à l’intérieur de l’Empire, au détriment des gens ordinaires.

L’autre forme de résistance prenait la forme de sociétés secrètes, militantes, informelles, clandestines. Ces organisations variaient considérablement de région à région, mais avaient comme point commun d’attaquer la propriété ou les personnes, pour s’opposer à des injustices locales. Ces organisations clandestines étaient intensément locales. Elles aussi échouèrent à apporter aux gens les capacités qui auraient permis de mener une opposition d’envergure, elles contribuèrent à donner sa forme localisée à l’opposition à la famine.

Après la famine, la politique changea fondamentalement. L’émergence de la Irish Republican Brotherhood (I.R.B.) plus connue sous le nom des Fenians, a changé la donne politique. Formés en 1858, agissant dans les années 1860 et 1870, les Fenians devinrent le pôle de regroupement de beaucoup d’éléments radicaux [‘radicals’ : révolutionnaires] en Irlande. Bien qu’ils soient davantage connus pour leurs méthodes conspiratives et leur organisation hiérarchique, les Fenians enseignaient à leurs troupes l’art de l’agitation de masses. Ils avaient organisé les funérailles en grande pompe de Terence Bellew McManus en 1861, avaient contribué à mettre sur pieds la campagne de l’association pour l’amnistie des prisonniers Fenians dans les années 1870. En 1872, ils organisèrent un meeting de 100.000 personnes à Clontarf.

C’est surtout dans l’Ouest de l’Irlande que les Fenians rompirent avec la visée unique de libération nationale par la seule lutte armée. Ils explorèrent d’autres possibilités de lutte. Ils furent la force motrice derrière la campagne électorale de John O Connor Power dans le Mayo en 1874. Ils étaient massivement engagés dans l’organisation des associations de défense des droits des fermiers, avec le Fenian Matthew Harris à Ballinasloe comme figure de proue.

En menant ces activités, les Fenians, ceux du Connaught en particulier, gagnèrent beaucoup d’expérience et de capacités organisationnelles. Leurs réussites ne passaient pas inaperçues et en 1878, ils furent soutenus par les Fenians de Dublin, ceux du Nord de l’Angleterre, par John Devoy, l’influent Irlando-américan, et par le chef Fenian Michael Davitt à sa sortie de prison en décembre 1877. Ce furent leurs activités qui formèrent la base de la politique du « nouveau départ », par laquelle certains Fenians rompaient avec le militarisme traditionnel des fondateurs de l’organisation.

Le rôle des Fenians dans la politique irlandais des années 1860 et 70 a été bien définie par l’historien R.V. Comerford comme « un rôle fonctionnel, pas idéologique ». L’idéologie Fenian officielle, pour l’indépendance par la seule lutte armée, avait eu peu d’impact sur la Ligue agraire, mais les militants Fenians formaient l’ossature du mouvement. Leur implication dans la campagne électorale de 1874 était « fonctionnelle, pas idéologique » : les militants restaient très sceptiques quant à la participation à Westminster, mais obtinrent par là une grande compréhension de la politique locale dans les zones où ils allaient bientôt entrer en action.

En 1879, lorsque la crise frappa, les Fenians n’avaient pas seulement gagné tout au long de leurs campagnes de grandes capacités politiques, mais ils avaient aussi gagné la compréhension des complexités politiques locales de l’Ouest irlandais. Lorsque les fermiers de la petite ville d’Irishtown dans le Mayo commencèrent leur agitation au sujet des conditions de vie locales, les Fenians saisirent leur chance et passèrent à l’action. Les Fenians de l’Ouest avec d’autres organisèrent un meeting de masses auquel participèrent 8.000 personnes. L’implication Fenian eut un impact massif dès le début  : 1845 ne se répèterait pas. Et la dimension structurelle du problème fut reconnue. Thomas Brennan, Fenian dublinois de gauche, expliquait sur l’estrade du meeting d’Irishtown en 1879 ses vues pour résoudre la crise :

« J’ai lu pas mal de livres d’histoire, et j’y ai découvert que beaucoup de pays ont été affligés de ce même malaise paysan que l’Irlande est en train de subir, et bien que les docteurs politiques aient fait beaucoup d’ordonnances, le seul remède qui a prouvé son efficacité, c’est d’arracher, des racines aux branches, la classe qui a causé le malaise. »

Depuis le début du mouvement paysan, des Fenians et anciens Fenians y étaient influents, ils appliquaient les talents qu’ils avaient acquis dans les décennies précédentes. Les organisateurs du mouvement comme Thomas Brennan, Michael Davitt et Matthew Harris étaient tous des Fenians ou d’anciens Fenians, comme le trésorier de la Ligue, Patrick Egan. Leur expérience et leur perspective politique permirent à la campagne pour la défense des droits des fermiers du Mayo de devenir une campagne nationale. Cela a été rendu possible par la participation active de centaines et même de milliers de membres et anciens membres de l’IRB dans l’Ouest qui se sont jetés dans le combat émergent, équipés de toute leur expérience et capacité.

Avec la croissance de la lutte, le mouvement qui prit en octobre 1879 le nom de Irish National Land League, devint l’un des plus grands mouvement sociaux de l’histoire irlandaise, et l’expérience politique des Fenians fut un élément-clé de ce processus. En 1880, ce sont d’anciens Fenians comme Michael Davitt et Thomas Brennan, qui furent les principaux soutiens des femmes qui fondèrent la Ladies Land League, laquelle fut partie intégrante du succès du mouvement. Les militants expérimentés réussirent à rendre nationale, cohérente et stratégique la résistance aux expulsions. Ils s’efforçaient de diriger l’attention vers les divisions de classe dans le mouvement paysan et tentèrent d’incorporer la classe ouvrière dublinoise émergente dans le combat, mais avec un  succès limité.

Déclin et compromis

Après trois ans de lutte, le mouvement commença son déclin, suite à une rude répression et à un compromis fait par des politiciens conservateurs, mais ses réussites furent pourtant remarquables. Non seulement la ligue agraire avait empêché les landlords d’expulser les fermiers, mais elle avait contribué massivement à soulager les effets de la famine. Une telle chose n’a pu être possible que grâce au grand nombre de militants de terrain pourvus d’une expérience politique, d’une compréhension du paysage politique et de la nature des problèmes affectant l’Irlande du XIXè siècle.

Réflexions contemporaines

L’Irlande d’aujourd’hui ne souffre pas des mêmes maux qu’en 1845 ou 1879. Le pays n’a presque rien à voir, car la majorité de la population vit dans les villes, mais il y a des aspects communs intéressants. Certains espéraient que l’arrivée du Fonds Monétaire International et de la Banque Centrale Européenne produirait une réaction de type 1879, mais cela n’allait pas arriver. D’où cela aurait-il pu venir? Il est clair que nous ne pouvions rivaliser avec la réponse de 1879. Celle-ci a été façonnée par un mouvement comptant des centaines et même des milliers de militants expérimentés.

Il est clair que toute réponse dans l’Irlande d’aujourd’hui va être limitée, étant donné notre manque d’expérience par rapport au passé. Nous vivons dans l’époque la plus apolitique qui soit depuis des générations. Il y a des pans entiers du pays qui n’ont aucun militant politique et aucune expérience politique depuis plusieurs décennies. S’il y en a, ils sont en décalage avec la société irlandaise moderne et n’y sont pas de plain pied, or cet aspect était décisif en 1879. Cette réalité se reflète dans le fait qu’aucun groupe politique d’aujourd’hui ne peut être comparé sous aucun aspect avec la force de l’IRB dans le Connaught, que ce soit en matière d’effectifs ou de pénétration dans la machine sociale contemporaine.

Hélas, jusqu’à aujourd’hui, les réaction à l’austérité en Irlande ont reflété ce manque de conscience politique, et peuvent être comparés sous certains rapports à la résistance à la famine, localisée et décalée. Même si des protestations ont lieu, il est difficile de croire qu’elles vont se transformer en un mouvement soutenu et de longue durée. Nous devons adopter une stratégie d’organisation lente mais qui voit loin. La campagne en cours contre les taxes sur l’eau donne aux radicaux la possibilité d’accroître leurs effectifs et leur influence et de commencer un corps-à-corps avec les quartiers populaires du 21è siècle, tels qu’ils ont été transformés par 20 ans de consumérisme, de Tigre Celtique et par le choc de la récession. Réussir dans cette tâche ne garantit aucunement une victoire future car l’histoire passée n’est pas le brouillon de l’avenir, mais il y a des leçons à en tirer si nous voulons avoir une chance de mener une opposition sérieuse à l’austérité.

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