Déclarations – Statements

• Tract distribué à Paris le 26 octobre 2013

Le 26 octobre est la journée des prisonniers de guerre irlandais, qui a lieu dans le monde entier. Des militants politiques, républicains irlandais ou non, la soutiennent et l’organisent pour la troisième année consécutive.

Ce mouvement de solidarité en est donc à son commencement. En effet, beaucoup de gens, qui ont entendu parler du processus de pacification et des accords de Belfast de 1998, croient qu’il y a eu une amnistie et que, finalement, le conflit historique entre le principe républicain et le principe unioniste a été résolu. Rien n’est moins sûr : examinons les faits.

Y a-t-il des prisonniers républicains en Irlande ? Oui, encore, ou plutôt, à nouveau, ou plus exactement : il y en a toujours eu. Il y a quelques dizaines de détenus politiques dans les 6 comtés occupés du Nord de l’Irlande, enfermés dans la prison de haute sécurité de Maghaberry pour les hommes, dans la prison de Hydebank pour les femmes, et quelques dizaines dans la prison de Portlaoise, dans les 26 comtés du Sud de l’Irlande.

De quoi sont-ils accusés ? De défendre les armes à la main le droit à l’auto-détermination de toute l’Irlande, de résister à l’occupation, de défier la normalisation. Il arrive aussi qu’on ne les accuse de rien : ils sont tout simplement internés. Ce sont les républicains irlandais qui n’ont pas dévié, bien que les médias les appellent des « dissidents ». Ces républicains n’acceptent pas que la domination britannique sur les 6 comtés ait été acceptée par les éléments pro-traité, en échange d’une place au soleil dans l’administration locale et d’une dose de reconnaissance culturelle. Par-dessus tout, les révolutionnaires emprisonnés refusent de liquider l’héritage du républicanisme irlandais.

Défendre les prisonniers de guerre

Les Prisoners Of War (P.O.W.s) enfermés à Maghaberry ont mené ces dernières années des luttes très dures, comme des grèves de l’hygiène, pour gagner un statut de catégorie spéciale, un statut politique. Leur traitement est abominable, tout comme est exemplaire leur esprit de résistance. Leur principal grief est la brutalité qu’ils subissent, en particulier la pratique des fouilles corporelles intégrales. Les matons s’acharnent sur eux par principe, cette corporation est loyaliste (les éventuels matons catholiques ne font pas exception).

L’exigence d’un statut spécial formulée par ces prisonniers n’est pas quelque chose d’arbitraire : ces détenus ont été arrêtés et condamnés sous l’égide de lois anti-terroristes spéciales et selon des procédures spéciales. Il faut savoir que les accords de 1998 qui prétendaient démocratiser l’entité des 6 comtés n’ont pas du tout concerné le système carcéral. La gestion pénitentiaire des ailes politiques des prisons, comme tout ce qui concerne la « sécurité nationale », est l’apanage du gouvernement britannique et de lui seul.

Qui plus est, le statut de catégorie spéciale qui protégeait un peu les prisonniers politiques républicains a été abrogé par le texte des accords de 1998, qui stipule que la situation « ne peut plus être décrite comme étant un conflit ». La situation est donc difficile et la répression est intense. Cette année, 157 personnes ont été arrêtées sous l’égide de la section 41 de la loi anti-terroriste de l’an 2000, la garde à vue dans ce contexte politique peut durer jusqu’à 28 jours, la police dans le Nord de l’Irlande est une force militarisée et très bien équipée.

Contre l’internement

Sous les eaux stagnantes de la pacification, nage un barracuda brutal et carnassier. Les accords de 1998 l’ont enfoncé sous la surface mais ne l’ont jamais blessé. L’internement est une des armes du système répressif britannique. Cela consiste à emprisonner des gens sans passer par la case « justice », ou contre les décisions des juges. Il s’agit d’une politique régie par la raison d’Etat contre des opposants politiques. Au début des années 1970, l’internement dans les 6 comtés était d’assez grande envergure, aujourd’hui il est ciblé, sélectif.

L’Etat britannique a ainsi jeté au cachot, en 2010, un républicain vétéran du nom de Martin Corey, sans l’ombre d’une accusation et même contre la décision d’un juge qui le libérait. Cela fait trois ans et demi qu’il est interné à Maghaberry, sans qu’on lui ait dit une seule fois ce dont on l’accusait.

Marian Price a elle aussi été longtemps internée, maltraitée, non soignée en détention. Elle a été libérée suite à une pression des masses et à un calcul politique. Le responsable de ces internements est le secrétaire d’Etat à l’Irlande du Nord, un despote nommé, non élu, muni de pouvoirs très étendus et qui n’a pas de comptes à rendre à l’assemblée locale, ni à personne, à part le pouvoir exécutif à Londres. Il peut faire enfermer ou maintenir en détention qui il souhaite et comme il le souhaite. Cette situation juridiquement barbare est scandaleuse. L’internement doit cesser. Nous lançons un SOS solennel : Martin Corey doit être libéré immédiatement !

Mais qu’en dit l’Etat du Sud ?

Aucune illusion n’est à entretenir à son sujet. Cet Etat est autant anti-républicain que l’Etat du Nord. Comme celui-là, c’est un fruit de la partition, décidé par un traité britannique et qui s’est imposé par une guerre contre-révolutionnaire dans les années 1920. Cet Etat a pendu dans toute sa carrière plus de républicains que l’Etat du Nord. Cependant, de 1937 à 1998, il revendiquait la souveraineté sur le Nord, dans sa constitution tout au moins. Mais les « accords de paix » de 1998 ont aboli cette revendication en transformant les articles 2 et 3 de sa constitution, et depuis lors les choses sont claires. Il ne peut plus, comme il l’avait fait dans les années 1970, poursuivre devant la cour européenne des droits de l’homme l’Etat britannique pour mauvais traitements et torture d’Irlandais dans l’Etat du Nord. Cet Etat est l’Etat d’Irlande du Sud, pas de l’Irlande. En 2010, il y avait plus de républicains enfermés dans la prison de Portlaoise qu’au moment des « accords de paix », en 1998.

Le combat est dans une posture difficile, mais ne mollit pas, c’est une lutte prolongée. La répression en témoigne. Nous, qui sommes solidaires de la cause républicaine irlandaise, ne pouvons être indifférents, ni laisser faire. Nous vous invitons à consulter notre site internetLibération Irlande pour vous tenir informés. Comme le dit le comité international de soutien aux prisonniers de guerre irlandais : « les prisonniers crient, mais leurs voix s’évanouissent dans le silence. Devenons leurs voix. »

• Discours prononcé par le camarade Georges le 14 juin à Conway Mill à Belfast lors du Forum Anti-Impérialiste, dans le cadre de la matinée consacrée aux mouvements internationaux de solidarité avec la libération de l’Irlande.

C’est un bonheur et un honneur de participer au forum anti-impérialiste de Belfast et de pouvoir vous donner un bref aperçu du mouvement de soutien à la libération de l’Irlande en France. Il y a une tradition de soutien au républicanisme irlandais, qui existe depuis les commencements de votre mouvement, à l’époque de la révolution française. Mais nous nous contenterons de parler de notre époque et de ses antécédents immédiats. Libération Irlande, notre groupe, a commencé il y a trois ans. Nous venons du mouvement antifasciste et anti-impérialiste. Nous n’avons pas de liens avec les anciens groupes de solidarité, la continuité a été brisée : les gens ne sont pas les mêmes, la politique n’est pas exactement la même.

Les activités internationalistes avec l’Irlande ne sont pas déconnectées de l’activité politique dans notre propre pays. Les anciens mouvements de solidarité avec la libération de l’Irlande, comme Irlande LibreIrlande en LutteSolidarité Irlande, ont développé leur internationalisme parallèlement à la vague de révolte qui a suivi le mouvement de 1968 en France. Mais nous voyons que tous ces mouvements se sont effondrés et n’ont plus rien à dire. Nous pensons que cette vague a presque épuisé son potentiel, et que cet ancien cycle a pris fin.

En tant que groupe et dans ce contexte antifasciste et anti-impérialiste, nous menons principalement des activités de contre-information au sujet de l’Irlande, un peu à la manière d’un groupe d’étude sur la révolution irlandaise en général et du républicanisme irlandais en particulier. Nous cherchons à briser un mur de silence et un mur de préjugés. Très peu de nouvelles d’Irlande arrivent en France, à part un mélange de folklore et de propagande capitaliste. Le dernier correspondant de l’Agence France Presse, l’équivalent de Reuters, a quitté Belfast en 2007. Et il n’y a eu absolument aucun article dans la presse à l’occasion de la disparition de Ruairí Ó Brádaigh, bien qu’il soit une grande figure de la révolution. Les médias nous assomment de discours creux et trompeurs, qui nous font croire que le conflit est réglé pour de bon et que « tout est bien qui finit bien », dans le contexte de la thèse dominante selon laquelle l’Histoire du monde s’est achevée et que se révolter est une folie.

Nous tentons de contrer cette normalisation et cette neutralisation. Nous avons publié sur notre site web des centaines d’articles d’histoire irlandaise, de sujets économiques et sociaux, et des gros pavés de clarification politique. Nous avons organisé des flash mobs et autres événements pour les prisonniers républicains. Nous n’organisons pas beaucoup de monde mais l’écho de notre activité est entendu par un cercle en expansion de militants politiques dans tout l’Etat français.

Voyons maintenant quels sont les problèmes auxquels nous nous heurtons dans notre activité. Il y a trois problèmes principaux assez lourds.

Tout d’abord, l’interprétation dominante de la dernière phase du conflit, dépeint comme un bain de sang à motivation ethno-confessionnelle. En France, les médias bourgeois répètent cette rengaine à longueur de temps : « violences inter-confessionnelles interminables entre catholiques et protestants ». Cette version des faits est parfaitement rebutante, c’est un coup de propagande impérialiste très puissant.

Bernadette McAliskey, lors d’une conférence faite en Suède en 1989, a visé très juste. Elle expliquait que dans les pays d’Europe de l’Ouest comme la France, cette histoire de guerre entre catholiques et protestants rappelait de très mauvais souvenirs et ouvrait de vilaines plaies, celles des guerres de religion qui ont eu lieu après la Réforme. La conséquence est que la plupart des gens se bouchent les oreilles dès qu’il s’agit du conflit en Irlande, territoire absurde, aberration médiévale. Cette interprétation déformée embrouille l’esprit du péquin moyen et gêne le mouvement de solidarité.

En outre, cette distorsion fait apparaître l’Etat britannique sous un jour favorable : il ressemble alors à un arbitre, légitime et même progressiste, comme le courageux individu qui vient séparer « deux ivrognes dans un bar » pour reprendre l’expression de Bill Clinton. Dans ces conditions, nous nous efforçons de critiquer cette version des faits et d’expliquer que la contradiction se situe entre le peuple irlandais d’une part et l’Etat britannique d’autre part, qu’il s’agit d’une lutte démocratique, pas ethno-confessionnelle.

Deuxièmemement, le problème de l’anglophobie. Il y a un sentiment de basse intensité mais très répandu de haine contre tout ce qui est anglais, qu’on trouve de l’extrême-droite à l’extrême gauche du spectre politique. Cette anglophobie massive vient de la rivalité entre la France et l’Angleterre, ces deux Etats impériaux, depuis des siècles. Comment faire avec cette réalité? Nous aurions pu profiter de ces sentiments et construire quelque chose là dessus. Cela aurait été la solution de facilité. Mais nous avons refusé la complaisance vis-à-vis de cette idéologie réactionnaire : l’anglophobie viole le principe humaniste de l’amitié entre les peuples, et l’anglophobie est au service de la stabilité du chauvinisme français.

Troisièmement, le problème de l’héritage réformiste et révisionniste issu des Provisoires. L’ancien groupe Solidarité Irlande était une courroie de transmission des Provos, au suivisme assez aveugle. Lorsque l’échec stratégique des Provos apparut nettement à la fin des années 90 et au début des années 2000, ce groupe s’effondra. Son niveau politique était faible. Il y avait cette vision du conflit dans le Nord comme une lutte d’une communauté pour la reconnaissance et l’équilibre à l’intérieur de l’Etat britannique, une sorte de lutte pour les droits civiques avec des armes.

Par conséquent, quand les Provos prirent leurs sièges à Stormont, beaucoup de gens en France dans ce groupe et autour pensèrent que le but était atteint et plièrent bagage. Ils comprenaient le concept de « paix » à la façon de leurs maîtres. Contrairement à eux, nous, Libération Irlande, rejetons ces fausses définitions et acceptons les définitions révolutionnaires du républicanisme irlandais authentique. Si la paix signifie la réconciliation, ce n’est pas la réconciliation de tribus divisées et hostiles avec l’oppresseur, avec l’Etat britannique, mais la réconciliation des parties du peuple irlandais avec elles-mêmes, à l’enseigne de la démocratie irlandaise.

Je remercie Republican Sinn Féin pour cette invitation.

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Speech by comrade Georges, Libération Irlande, for the Irish Anti Imperialist Forum, Belfast, 14th June 2013

I am happy and very honored to participate in the anti-imperialist forum here in Belfast and to give you a short glimpse of the movement of support for Irish freedom in France. There is a tradition of support for Irish republicanism, from the very start of your movement, at the time of the French Revolution. But let’s talk of the present times and its immediate past. Our group, Libération Irlande, started three years ago. We come from the anti fascist and anti imperialist movement. We have no links to the former groups of solidarity, there has been a broken continuity, the people are not the same, and politics are not exactly the same.

Internationalist activities with Ireland are not disconnected from our political activity in our own country. Former solidarity movements with Irish freedom : Irlande LibreIrlande en LutteSolidarité Irlande, all these groups developped their internationalism concurrently to the wave of revolt following the movement of 1968. But we can see that all of them have collapsed and have nothing to say. We believe that this wave has almost exhausted its potential, like the end of an old cycle.

As a group and within this anti-imperialist and anti-fascist framework, we do mainly counter-information about Ireland, a bit like a study group on Irish revolution in general and Irish Republicanism in particular.

We try to break a wall of silence and a wall of prejudices. There are very few news about Ireland in France except a mix of folklore and capitalist propaganda. The last journalist of Agence France Presse, the french equivalent of Reuters, left Belfast in 2007, and there has been absolutely no articles in the press about the passing of Ruairí Ó Brádaigh, albeit a great revolutionary figure. They force-feed us with a flawed and void narrative, they make believe that the conflict has been settled for good, that « all is well that ends well », clearly inside the realm of the dominant view that the History of the World has ended, and that rebellion is insanity.

We try to challenge this normalisation and neutralisation. We have published on our website hundreds of articles about Irish history, socio-economic problems and heavy stuff of political clarification. We have organised flash mobs and happenings for republican prisoners. We don’t organise many people but the echo of our activity exists for a small but expanding bunch of progressive and political minded activists throughout the French State.

Now, here is a brief survey of the problems we face in our activity. There are three main and heavy problems.

First of all, the dominant interpretation of the latest phase of the conflict, portrayed as a sectarian tit-for-tat bloodshed. In France the bourgeois media repeat this mantra : « violences inter-confessionnelles interminables entre catholiques et protestants » [‘never ending sectarian violence between Protestants and Catholics’]. A repellent idea and a powerful propaganda coup by the imperialists!

Bernadette McAliskey in a conference made in Sweden in 1989 hit the nail on the head : she said that in western European countries like France, this tale of Catholics versus Protestants brought very bad memories and opened sores from the times of the Wars of Religion after the Reformation, so the impact is that most of the people just don’t want to hear anything about the conflict in Ireland, about this absurd piece of medieval aberration. That twisted narrative muddles the perceptions of the average Joe and hinders the solidarity work.

Furthermore, thanks to this distortion, the British State appears as the neutral arbitrator, legitimate and even progressive, like the brave one who separates « two drunks in a bar » as Bill Clinton put it. So we strive to challenge this narrative, to explain that the contradiction lies between the Irish people and the British State, that it is a democratic struggle, not a sectarian one.

Secondly, the problem of anglophobia. There is a low intensity but widespread feeling of hatred towards everything English, from the far-right to the far-left of the spectrum. This massive anglophobia comes from the rivalry between France and England, these two imperial powers, for many centuries. But how to deal with it? We could have built some support on this feeling, it would have been the easy way. But we chose not to indulge in it, because it is reactionary. Anglophobia breaks the humanist principle of friendship between peoples, and anglophobia serves the stablity of the French chauvinist ideology.

Thirdly, the legacy of the influence of the provisionals’ reformism and revisionism in France. The former solidarity movement, Solidarité Irlande, was actually a provo « front », quite a blind one. When the strategic failure of the Provisionals appeared in the late 90’s-early 2000’s, this group collapsed. Their political level was low. They saw the conflict in the North as the struggle of one community for recognition and equilibrium within the British State, a civil rights campain with guns. Therefore, when the Provos won their seats in Stormont, there were many in and around the french speaking solidarity group who believed the goal was achieved, and they went home. They understood « peace » like the masters do. Unlike them we, Libération Irlande, reject these false definitions, we accept the revolutionary definitions of true Irish republicanism. If peace means reconciliation, it is not the reconciliation of divided and warring tribes with the oppressor, with British rule, but the reconciliation of the parts of the Irish people between themselves under Irish democracy.

I would like to thank Republican Sinn Féin for this invitation.

• Éloge de Ruairí Ó Brádaigh (2 octobre 1932 – 5 juin 2013)

Nous apprenons ce soir le décès de Ruairí Ó Brádaigh, survenu hier à l’hôpital de Galway. Il y a peu de temps, nous avions publié une photo de ce grand sage et grand révolutionnaire à l’occasion de son 80è anniversaire. Nous aimions et respections énormément cet homme. Nous ne voulons pas résumer ici son oeuvre au service de la libération de l’Irlande et de son peuple, et au service de l’émancipation humaine en général, mais elle a été immense, courageuse, sincère, ininterrompue pendant 60 ans.

Nous qui écrivons ces lignes avions eu l’occasion de le rencontrer lors de la conférence annuelle de Républican Sinn Féin en automne 2010, nous avions échangé quelques mots et l’avions aidé à écrire le mot « Québec » avec l’accent qu’il ne savait pas placer, alors qu’il dédicaçait son livre Dílseacht sur Tom Maguire pour des camarades québécois. Nous avons été charmé par son sourire et sa bonhommie. Il est et reste pour nous un modèle d’engagement, d’humanité et de vertu.

C’était un patriote ardent, un démocrate conséquent et un internationaliste sincère, un citoyen et un soldat de la Irish Republic qui n’a jamais abandonné ses principes et qui a toujours visé sa victoire. Le genre de révolutionnaire très ancré dans sa réalité nationale, celui qu’on appelle une vieille lune et qui est coincé dans les marges, mais qui persévère à contre-courant et qui irradie comme une torche dans la confusion et le manque d’espoir. Le mouvement de libération national irlandais lui doit énormément, car il incarnait sa continuité.

Il était le garant de la pensée républicaine irlandaise traditionnelle : celle de l’école démocratique-révolutionnaire, celle de l’orthodoxie impeccable, celle des républicains anti-traités des années 1920, celle de ceux qui sont fidèles à la ligne, contre vents et marées. Pour notre groupe, Libération Irlande, il représentait un point d’ancrage à la fois théorique et « affectif » dans notre rapport à distance à cette idéologie révolutionnaire. Il faut que dans les esprits des francophones, le républicanisme irlandais soit symbolisé par son nom qui n’est pas si connu, et plus par celui des renégats qui l’est trop. Nous adressons nos condoléances à son épouse Patsy et à toute sa famille.

Au camarade bien aimé et infiniment respecté, Ruairí Ó Brádaigh, un salut fervent
An Phoblacht Abú!

Georges, pour LI.

Tract du   27 octobre 2012 – Déclaration du comité de coordination pour la deuxième journée internationale d’action pour les prisonniers politiques et de guerre républicains irlandais

Le Nord de l’Irlande est toujours une province britannique. Le droit à l’autodétermination de l’ensemble de l’Irlande est nié. Le gouvernement local de Stormont, sous-traitant de l’Etat britannique, exerce sur les républicains une répression féroce en ré-introduisant l’internement : incarcération sans accusation et contre l’avis des juges, décidée par la police et le secrétaire d’Etat à l’Irlande du Nord, gouverneur imposé par l’Etat britannique.

Qui sont ces prisonniers ? Ce sont les prétendus « dissidents », les républicains authentiques qui refusent la normalisation et la pacification et qui la combattent dans les rues et dans les prisons. Nous voulons faire savoir au monde qu’ils ne sont pas seuls et qu’ils ne seront pas ignorés, au moment de cette journée internationale d’action dont voici le tract officiel.

Non à l’internement! Non aux fouilles à corps!
Libérez Marian Price, Martin Corey, Gerry McGeough & Michael Campbell!

Le 27 octobre, des républicains irlandais, des partisans des libertés politiques et des droits de l’homme vont participer à la deuxième journée internationale pour les prisonniers de guerre républicains irlandais. Plus d’une centaine d’Irlandais et d’Irlandaises sont détenus dans des prisons irlandaises, anglaises et lituaniennes parce qu’ils croient à une Irlande libérée de l’interférence étrangère et de l’impérialisme.

La situation des prisonniers républicains irlandais dans la prison de Maghaberry s’est aggravée depuis l’année dernière. Nombre d’entre eux mènent une révolte de la saleté depuis plus d’un an. Ils sont bloqués en cellule 23 heures par jour. Les prisonniers en révolte sont fouillés au corps brutalement à chaque fois qu’ils reçoivent des visites ou qu’ils vont en audience. Un prisonnier en révolte rapporte que les autorités pénitentiaires, agissant sous les ordres du gouverneur Pat Maguire, les forcent à revenir dans leurs cellules quelques heures après les avoir décontaminées avec des produits nettoyants toxiques surpuissants, alors qu’auparavant ils attendaient 48 heures pour que les produits chimiques aient le temps de s’évaporer.

Martin Corey est interné à Maghaberry depuis avril 2010. Martin Corey est un républicain de la ville de Lurgan, dans le comté d’Armagh. Il avait été condamné à une peine de prison à vie en décembre 1973. A cette époque, il avait 19 ans. Il a ensuite passé 19 ans en prison, avant d’être libéré en juin 1992. Mais sans avertissement aucun, il a été emprisonné de nouveau le 16 avril 2010. Aucune explication ne lui a été donnée, ni ce jour-là, ni depuis.

Marian Price est internée depuis 2011. Le secrétaire d’Etat à l’Irlande du Nord, Owen Paterson, prétend avoir aboli sa libération conditionnelle, suite à sa sortie de prison en 1980, alors qu’elle était à l’article de la mort. Les autorités britanniques prétendent que le document de « pardon » [équivalent d’une grâce présidentielle] a été ou bien perdu ou bien déchiré. Jusqu’à aujourd’hui, aucune enquête n’a été lancée pour retrouver ce document crucial. Des médecins des Nations Unies ont conclu que son état de santé ne lui permettait plus de participer aux audiences contre elle. Marian Price est atteinte d’une pneumonie et d’autres maladies graves. Elle est internée pour des attaques datant de 1973, qui ont été graciées.

Ce ne sont que deux exemples de la ré-introduction de l’internement dans les 6 comtés occupés d’Irlande. Le célèbre républicain Gerry McGeough en est une autre victime, ainsi que le républicain belfastois Alan Lundy, interné pour avoir organisé une manifestation pacifique contre une marche loyaliste à Belfast-Nord. Quant aux Trois de Dublin, Darragh Evans, Nathan Kinsella et Vinnie Ryan, ils sont internés pour avoir participé à l’enterrement du frère de ce dernier.

Le républicain irlandais Michael Campbell est enfermé dans une cellule en Lituanie depuis plus de trois ans. En juillet 2012, il a fait savoir à ses sympathisants : « On m’interdit de passer un coup de fil à ma femme depuis trois ans ».

Ce ne sont que quelques exemples du traitement abominable qu’on fait subir aux prisonniers de guerre républicains. Ces hommes et ces femmes ont combattu pour la liberté de leur peuple. C’est pour cette raison qu’ils sont enfermés dans les prisons de l’impérialisme. Ces hommes et ses femmes ont combattu pour notre avenir! Nous appelons tous les groupes favorables aux droits de l’homme, les républicains, les socialistes et les amis de la liberté à faire entendre leur voix et à soutenir les prisonniers politiques irlandais!

Le 27 octobre est l’anniversaire du début de la grève de la faim de 1980 dans les Blocs-H. Soutenons les prisonniers d’aujourd’hui et mettons la pression sur les gouvernements du Royaume-Uni, de Dublin et de Lituanie. Il est en notre pouvoir d’éviter pour toujours le retour d’une situation telle que celle de 1980-1981 où des Irlandais ont été forcés de mourir en grève de la faim.

Refusons l’internement et les fouilles à corps!
Soutenons les prisonniers en révolte à Maghaberry, à Hydebank-Belfast, à Porlaoise et en Lituanie!
Pour la libération immédiate et inconditionnelle de Marian Price, Martin Corey, Gerry McGeough & Michael Campbell!       

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En revenant de la Chaussée des Géants – 24 juillet 2012

Quant on voyage dans les 6 comtés occupés (nord-est de l’Irlande), il y a deux grandes attractions à touristes : Falls Road à Belfast-ouest et sa grande majorité de murals en toc, vitrines du côté nationaliste, et la Chaussée des Géants, située dans le comté d’Antrim à l’extrême-nord de l’île, site naturel appartenant à une zone unioniste. Nous allons parler de notre expérience à la Chaussée des Géants de cet été pour donner quelques conseils et faire quelques considérations.

Avant d’arriver au bord de l’eau et de voir la Chaussée de Géants, il faut passer par une espèce de musée-cafétéria tout neuf, nommé le Giants’ Causeway Visitors’ Centre. Ce n’est rien d’autre qu’un vaste hangar à touristes ultra-moderne, mais qui a coûté pas moins de 18,5 million de £. Vous débouchez tout de suite au parking, guidé par un employé habillé de rouge. Vous ne payez pas tout de suite (Ah bon… chouette!) mais une fois entré dans le musée (eh eh!). Pour sortir du parking, il faudra montrer patte blanche.

Pour éviter ce piège, garez ce qui vous sert de véhicule avant d’entrer dans le parking et allez-y à pieds, puis soyez prudents. Le billet d’entrée est de 8,50 £ pour un adulte, soit presque 11 euros (le tarif de groupe est de 6£ mais il faut être une quinzaine). Le billet donne droit à 1) prendre le bus qui fait les 500 mètre jusqu’à la Chaussée, 2) voir les affiches et explications, 3) dépenser du fric en gadgets, 4) avoir un audio-kit et 5) se servir des poubelles et des chemins goudronnés de la promenade. On peut néanmoins accéder au musée et aux toilettes par la porte de la terrasse de la cafétéria (il suffit d’enjamber une mini-barrière symbolique). Là encore, soyez vifs et prudents.

Si vous demandez au guichet à quel moment on vous demandera votre billet, la réponse est toute prête : « Ayez-le sur vous! » – « Mais dans quels endroits dois-je montrer mon billet? » – « Ayez-le sur vous! ». Un touriste averti en vaut deux. A propos de gardes, ils sont très nombreux et ils semblent organisés, on les appelle les « gardes rouges » (du capital). Ils veillent et scrutent les comportements anormaux. Il est néanmoins possible de profiter de la cohue pour tromper leur vigilance en contournant le musée par la petite maison sur la gauche et ainsi d’accéder à la promenade en bord de mer sans se faire prendre.

Nous y voilà enfin : pour mieux apprécier ces formes minérales, le mieux est de prendre le chemin qui descend vers la chaussée, pas le chemin qui longe la falaise. Mais ce chemin d’en bas est une vraie autoroute où un bus passe et repasse. La foule est dense. A peine arrivé devant les orgues de pierres, le nombre de touristes agglutinés dégage un tel stress que les roches et le paysage marin disparaissent en arrière-fond. C’est sûrement très beau, mais il faut des capacités d’abstraction. Vues d’en haut, par le chemin de la falaise, le spectacle des orgues de roches est un peu « écrasé ».

N’hésitez pas à arpenter les chemins même fermés par des barrières de sécurité (à cause d’anciens éboulements). Si vous désirez pic-niquer sur une colline un peu à l’écart, faites attention aux « gardes rouges » qui ont une meilleure maîtrise du terrain et des walkies-talkies, ils sont prêts à jouer de leur sifflet et à vous cueillir de l’autre côté. Ce sont des étudiants saisonniers, ils sont présents mais peu agressifs. Abstraction faite de tout cela, la promenade est sympathique. Mais sur la côte du Nord-Antrim et les conseils d’une fermière, nous avons découvert deux promenades le long de rochers abrupts, de promontoires vertigineux, de falaises et de plages beaucoup plus sauvages et tout aussi majestueuses : il s’agit des sites de Torr Head et de Murlough Bay : là, point de « gardes rouges » ni d’arnaque, mais des moutons par milliers, le rivage et la mer, polluée par endroits il est vrai. Nous vous conseillons le restaurant chez Harry’s à Cushendall, c’est bon et pas trop cher. Vous pouvez éviter la ville balnéaire de Cushendun, sauf si vous aimez les ambiances de « mort à Venise » chez les zombies.

Mais revenons à la Chaussée des Géants. Ces falaises et ces tubes et alvéoles de roches au bord de l’eau, tout au Nord de l’Irlande, pas loin de l’Ecosse, ont intrigué les anciens Irlandais. Le mythe raconte que l’origine de ces formations rocheuses vient du combat entre le géant Finn McCool et un géant écossais. Frappé par la taille de celui-ci, Finn McCool aurait eu l’idée de se faire passer pour un bébé et de se faire entourer de langes afin de faire imaginer à son adversaire la taille de son père, son « véritable » adversaire. Pris de courroux, le géant écossais aurait détruit la falaise, donnant à celle-ci son aspect si particulier. La géologie nous apprend que la chaussée des géants est faite de basalte et que son origine est volcanique, datée de 60 millions d’années d’après les dernières recherches.

Mais une autre version est apparue récemment : celle des fondamentalistes protestants de la Fondation Caleb. Celle-ci a pu faire pression sur le National Trust, sorte de ministère britannique du patrimoine et propriétaire du musée, pour faire passer un message créationniste dans le musée du site. La Fondation Caleb affirme que ces orgues de roches et ces alvéoles n’ont pas 60 millions d’années mais moins de 6.000 ans, elles ne sont pas du basalte volcanique mais plus vraisemblablement des restes fossiles de bambous, datant de moins de 6.000 ans, âge de la Terre d’après leur théorie dite de la Jeune Terre. Il est probable que ces fondamentalistes reprennent les conclusions de l’archevêque anglican d’Armagh, James Ussher (1581-1656), qui avait estimé que la Terre s’était formée 4004 ans avant J.C. en se basant sur les textes de l’Ancien Testament. L’affaire a ainsi été résolue par le National Trust, qui se veut « inclusif et représentatif de toute la communauté » :

Le débat continue aujourd’hui

A l’instar de nombreux phénomènes de la nature, la Chaussée des Géants a soulevé des questions et ouvert des débats au sujet de sa formation. Le débat a grandi depuis que la science s’en est emparée, et la Chaussée des Géants fait désormais partie du débat général concernant la formation des roches de la terre. Le débat se poursuit aujourd’hui pour certains, dont la théorie sur la formation de la terre diverge de la théorie dominante actuelle. La théorie créationniste de la Jeune Terre affirme que la terre a été créée il y a 6.000 ans. Ceci est basé sur une interprétation de la Bible et en particulier du récit de création dans la Genèse. Certaines personnes dans le monde, et plus spécialement ici en Irlande du Nord, partagent ce point de vue. Comme cela a été le cas dans le passé et comme nous le comprenons aujourd’hui, la Chaussée des Géants continuera de susciter émerveillement et crainte respectueuse, et de soulever le débat et les questions difficiles, tant que les visiteurs viennent la contempler. »

Le musée britannique leur a donc fait volontiers cette concession, au grand contentement des partisans de la Jeune Terre. L’intérêt des dominants, britanniques ici, est d’abrutir les masses tout en se faisant passer pour tolérant, démocrate et respectueux de tous. La tactique des créationnistes de la Caleb Foundation est de faire passer une opinion, venue de la Bible par exemple, comme étant un élément ayant sa place à l’intérieur du débat scientifique. Cette opinion contredisant les derniers résultats scientifiques donne alors l’impression que le débat scientifique n’est pas tranché. Le but profond étant de faire naître des doutes au sujet de la valeur des sciences, de propager le relativisme et donc d’augmenter le crédit de la religion (qui elle ne doute pas). Cette tactique a déjà été employée par l’officine créationniste Discovery Institute aux Etats-Unis, qui cherche à introduire par la polémique leur théorie de l’intelligent design [création du monde par une intelligence].

Il est possible que dans les 18.5 millions de £ qu’a coûté le musée et l’aménagement du site, la Fondation Caleb ait apporté des billes et exige un paiement idéologique en retour, mais nous ne connaissons pas les détails. Dans tous les cas, les bureaucrates du National Trust qui gèrent la Chaussée des Géants donnent droit de cité aux ultras de leur camp – ce site naturel est situé dans le nord du comté d’Antrim, près de la ville de Bushmills, un bastion unioniste – et acceptent de mettre en avant ces énoncés bibliques en tant que scientifiques. Plus généralement, ils cherchent à dépouiller les porte-monnaie, fliquer les corps et embrouiller les esprits par cet obscurantisme moitié scientiste moitié religieux.

Des géologues et d’autres scientifiques ont protesté contre cette emprise obscurantiste, certains d’entre eux pouvant être de confession/d’origine catholique. Voici ce que Wallace Thompson, président de la Fondation Caleb, leur répond dans la presse (The Belfast Telegraph du 12 juillet 2012, p.30) :

« Les créationnistes ont le droit d’être entendus

Dans son article (Life, 9 juillet), Nuala McKeever a dit, à propos des tenants du modèle de la Jeune Terre, que « la parité d’estime ne mérite pas de s’appliquer à certaines opinions ». Elle nous qualifie également de « délirants ». Laissons de côté l’insulte et la condescendance de ce dernier commentaire, car le côté le plus dangereux de son attitude se reflète dans son premier commentaire. Il y a dans plusieurs disciplines scientifiques, comme la géologie, la paléontologie, la physique, la génétique, la biologie, l’astronomie, la biochimie, la géophysique, la microbiologie, la chimie, la physique nucléaire, la botanique, l’astrophysique et l’anatomie, des savants qui sont partisans de la théorie de la Jeune Terre. En outre, il y a des exemple de scientifiques qui ont abandonné la théorie de la Vieille Terre suite à l’examen des faits, et qui sont par conséquent devenus chrétiens.

Mais, aux yeux de Nuala McKeever, il ne faut même pas reconnaître l’existence de ces personnes. La parité d’estime, ou le respect le plus minimal, ne saurait leur être accordé. Nous plaçant à égalité avec les partisans de la parole chez les souris, elle considère que reconnaître l’existence de notre point de vue signifie capituler devant les délirants. Dans le monde intolérant de Nuala, le public ne doit pas être mis au courant de points de vues alternatifs concernant l’âge de la terre. La véritable menace contre nos libertés ne vient pas de ceux qui souhaitent un débat ouvert, mais de ceux qui ridiculisent leurs opposants, étouffent les débats et retirent le droit à la parole quiconque n’est pas d’accord avec eux.»

Comme on le voit, le relativisme effréné et la revendication culturelle-identitaire domine tout au Nord de l’Irlande : si certains pensent que la terre a 6.000 ans, c’est leur droit et l’Etat est heureux de promouvoir ces thèses dans le musée de la Chaussée des Géants, à égalité avec les autres thèses. Quant à la vérité objective, c’est une exigence non pertinente et d’ailleurs parfaitement intolérante. On retrouve dans ce débat scientifico-touristique les mêmes attitudes que partout ailleurs dans les Six Comtés : ce que Marcuse appelait la « tolérance répressive » écrase tout. Il faut tolérer toutes les opinions, il faut tolérer les charlatans créationnistes tout comme les escrocs politiques de la direction de Sinn Féin provisoire, car après tout ce sont les représentants de leurs tribus respectives, et au-dessus de tout ce merdier il faut tolérer l’Etat britannique qui tire les ficelles et octroie les subventions.

Apparaissent là dans leur forme extrême les idées et les attitudes issues du processus de paix, qui consistent à accepter la partition, l’occupation et le capitalisme en échange de l’octroi d’une « parité d’estime » entre les deux « traditions culturelles » (catholiques et protestantes) et à tout définir et négocier à partir de critères particularistes et ethno-confessionnels, pourvu que la domination britannique reste intacte et en position de sponsor, d’arbitre, de gendarme et d’infirmier.

Si ce grigou de Wallace Thompson se fait passer pour une victime de l’inquisition scientifico-papiste, c’est aussi pour récolter des fonds du gouvernement de Stormont. Comme le dit leur site web : « Une délégation de la Caleb Foundation, organisation qui regroupe et représente les intérêts des chrétiens évangéliques en Irlande du Nord, a tenu une réunion utile et constructive le 12 avril avec le premier ministre suppléant, Jonathan Bell. Le président de Caleb, Wallace Thompson, a dit : « Nous avons discuté de l’importance de promouvoir et de défendre les idées bibliques dans le Gouvernement et avons exploré des possibilités de financement qui permettraient à la Fondation d’adresser son message à un maximum de gens» (‘Caleb foundation meets junior minister’).

Cette imprégnation religieuse-identitaire et cette compétition victimaire, permanentes, atteignent des sommets lors des parades orangistes de juillet. Par exemple, lors des affrontements dans le quartier nationaliste d’Ardoyne (Belfast-nord) le 12 juillet, les orangistes ont fait leur parade suivie d’une contre-manifestation nationaliste, elle-même rencontrant une contre-contre-manifestation lors de laquelle les loyalistes ont déployé une banderole blanche disant « End Hatred Of Orange Culture » [‘Arrêtez de haïr la culture orangiste’] tout en jetant des pierres et des bouteilles sur les contre-manifestants, alors qu’une ligne de flics s’interposaient entre les deux groupes. Comme ces joueurs de football professionnels qui à chaque fois qu’ils lèvent les bras et ouvrent leurs mains en signe d’innocence signalent ainsi qu’ils viennent de faire un mauvais coup, les loyalistes du coin jouent les victimes aux yeux du maître et des médias, alors même qu’ils célèbrent leur suprématie sur les indigènes.

Du côté de leurs homologues et rivaux de la bourgeoisie catholique, c’est exactement la même manœuvre visant à aspirer un maximum de subventions auprès des institutions de l’Etat anglais et de l’Union Européenne pour pacifier leur prolétariat, tout en prélevant une bonne dîme. En ce qui concerne la tromperie organisée des visiteurs, c’est à peu près la même chose à Belfast-ouest que dans le musée des Géants. La prise en main idéologique a lieu dans Falls Road [quartier nationaliste] où des guides, locaux ou étrangers, mais savamment choisis et adaptés à la clientèle, vont au devant des « touristes politiques » pour leur enseigner la version provo Sinn Féin des événements du passé et du présent et les tenir à distance des « dissidents ». Des deux côtés de la barrière ethno-confessionnelle, symbolisée du côté unioniste par la Chaussée des Géants, et du côté nationaliste par les international murals de Belfast-ouest, la même débauche de propagande et d’arnaque. D’où la pertinence de la stratégie visant à briser la connexion avec l’Angleterre et le capital.

Contre l’anglophobie, pilier de la réaction française – 22 mai 2012

Il est frappant de voir à quel point la cause de la liberté de l’Irlande concerne tant de gens sans les concerner. Nombreux sont ceux qui sympathisent avec « ce brave peuple qui lutte contre les Anglais » mais moins nombreux sont ceux qui ont des idées claires sur ce conflit, qui connaissent la différence entre Angleterre, Grande-Bretagne et Royaume-Uni ou entre républicanisme irlandais et nationalisme constitutionnel. L’ignorance est souvent directement proportionnelle à la sympathie. Dans des organisations de type social-démocrate comme feu Solidarité Irlande, ces phénomène de sentimentalisme apolitique jouaient à plein, mettant les fascistes en position de « plumer la volaille », de coloniser cette cause. Cette ambiance idéaliste saturée d’anglophobie est une des raisons qui nous a poussés à monter notre groupe Libération Irlande.

Nous voulons faire ici une petite mise au point sur la question de l’anglophobie [haine des Anglais] en France, dont le sous-produit est cette hibernophilie [amitié pour les Irlandais] de pacotille.

Du jeune homme ivre qui brûle un Union Jack à la fête de l’humanité au militant national-catholique en croisade virtuelle contre les protestants, en passant par les remarques banales sur la cruelle fourberie de ce peuple ou la mauvaise qualité de sa nourriture : un point commun, la haine de l’Anglais.

Le grand symbole de l’anglophobie est Jeanne d’Arc, un personnage extrêmement populaire, bien au-delà des défilés fascistes. Même si elle s’énonce avec du second degré ou seulement pour rire, l’anglophobie et la sympathie corrélative pour Jeanne d’Arc sont quelque chose de très courant, même chez les gauchistes les plus ultra. Pourquoi un personnage si ancien et ayant si peu de rapport avec notre présent est-il si populaire? Pourquoi ces préjugés sont-ils si tenaces? Ce qui est dit sur les Anglais n’est pas dit sur les Allemands, par exemple, il y a une certaine retenue là-dessus, depuis au moins deux générations. L’Etat français n’est pas en conflit avec l’Etat britannique depuis la période coloniale de la fin du 19è siècle, sauf sous l’occupation où l’anglophobie était idéologie officielle. Pourtant cette vieille croûte colle à la peau du Français, et tout indique que l’anglophobie joue un rôle de ciment ancestral, diffus, fédérateur, dans la construction et la reproduction de l’idéologie nationale de l’Etat français, qui continue aujourd’hui.

Le week-end du 11 et 12 mai avait lieu la célébration du 600è anniversaire de Jeanne d’Arc, née en 1412. A cette occasion eut lieu un défilé militaire officiel dans la ville d’Orléans, avec tanks, parade, patrouille de France, drapeaux pavoisés, et pendant le défilé un fameux hymne écossais, Scotland The Brave, fut joué à la cornemuse par l’armée française. S’agissait-il de commémorer la Auld Alliance entre la France et l’Ecosse, datant de 1295? ou d’un rappel chauvin de l’anglophobie en tant que valeur de la France?

L’anglophobie est une tradition enracinée dans la veille France privilégiée et catholique qui est celle des hauts gradés de l’armée ayant organisé ce défilé, qui est d’ailleurs le deuxième plus important de l’année après celui du 14 juillet. ll y a un fil directeur dans le livre de Jacques Bainville, Histoire de France, ce fil continu, c’est la lutte pour la construction et la défense de la France contre deux dangers, l’Allemagne et l’Angleterre. Jacques Bainville était un grand théoricien de l’Action Française, véritable sentinelle de la réaction, son livre porte la pensée de la fraction traditionnelle luttant dans les sphères intellectuelles dirigeantes de l’Etat contre une autre fraction, les républicains et franc-maçons.

L’anglophobie traditionnelle est un nationalisme français anti-protestant et anti-libéral, son origine est catholique et militaire et sa destination est la mobilisation et la cohésion du peuple tout entier. Cette mixture idéologique, venue de la noblesse et du clergé au moment historique où ces classes perdent la partie contre la bourgeoise, est nommée « socialisme féodal » par Marx et Engels dans le Manifeste. Cette idéologie anti-bourgeoise de droite parle au nom du peuple, elle a toujours des prétentions sociales. L’anglophobie en France vient de là, de ce qu’on appelle l’alliance du sabre (l’Armée française) et du goupillon (l’Eglise catholique).

Venue du goupillon, l’idée que les Anglais ne savent pas jouir en confiance des biens de la vie mais sont des maniaques du travail, du commerce et du calcul égoïste. Venue du sabre, l’idée que les Anglais sont « perfides », ne respectent pas la parole donnée et sont des maniaques de la conquête. Le tout aboutit à l’idée d’un peuple congénitalement odieux et capitaliste, qui plus est ennemi-né de la France, laquelle sort par conséquent très avantagée de la comparaison.

Cette tradition anti-anglaise séculaire contribue à construire et à flatter l’égo national en mettant en avant le bon goût français et son art de vivre, qu’on prétend si chaleureux et débonnaire, contre une prétendue froideur des Anglais, vus comme un peuple à la fois maniéré, pète-sec, et en même temps brutal, goujat, à l’image de la reine d’Angleterre, dont la devise est « Never complain, never explain » (Ne jamais de plaindre, ne jamais s’expliquer).

Il y a beaucoup de ressemblances entre l’anglophobie et l’antisémitisme, ces deux branches de l’idéologie nationale française visent à souder la nation française contre un ennemi extérieur très dangereux car proche et ressemblant, et pourtant lointain et fermé, difficile à cerner, face à qui une grande vigilance est de mise. Le chauvinisme national français attribue à la nature de ces deux peuples la passion des richesses et de l’expansion, et d’être faits d’une pâte à fois très artificielle et subtile et en même temps violente et langoureuse. « Les Juifs ont tué une première fois Jésus de Nazareth, les Anglais devenus protestants l’ont tué à nouveau en crachant sur son corps mystique, l’Eglise catholique, et leur point commun est de vénérer l’argent » : telle est la parenté judéo-anglaise dans la vision réactionnaire old school.

D’autre part, Anglais et Juifs sont vus comme des êtres fourbes qui agissent sur le corps national comme des agents de discorde et de dissolution, souvent par l’entremise d’autres forces qu’eux-mêmes. Par exemple à l’époque des Dragonnades sous Louis XIV, les protestants des Cévennes étaient accusés d’être les agents de la subversion au service des Anglais, aujourd’hui les antisémites et national-socialistes disent que les Juifs détruisent l’occident par l’entremise de l’immigration, du métissage. Les Juifs sont accusés de propager à la fois le communisme et la finance, mixte nommé « mondialisme » par les fascistes; quant aux Anglais, ils sont accusés prêcher le multi-culturalisme et le droit à la différence, mais sans eux-mêmes se mélanger. Le Juif comme l’Anglais est vu comme hypocrite, car il n’applique pas à lui-même ces valeurs imposées aux autres : il est bien connu que les Juifs et les Anglais campent sur leurs positions, restent entre eux et cultivent leur différences, aux antipodes des Français bien entendu!

Une autre source chauvine se greffe sur l’ancienne : l’anglophobie « de gauche », qui est tout aussi réactionnaire mais qui n’a pas les mêmes angles d’attaque. Ce qu’elle vise, c’est la monarchie, le communautarisme, le trade-unionisme et l’impérialisme anglo-saxon.

La monarchie anglaise et l’adulation de ses représentants comme William et Kate, Lady Di ou la Reine mère, est moqué avec désinvolture, comme étant un stupide résidu d’ancien régime. Mais la passation de pouvoir entre les présidents Sarkozy et Hollande montre bien que ce régime et ses cérémonies sont franchement monarchiques comme tout le fonctionnement de la 5è République avec sa cour d’énarques et son armée de juges, de flics et de préfets, sans parler de la complaisance incroyable de la valetaille journalistique.

Le communautarisme anglais est décrié par la gauche républicaine bourgeoise, qui n’aime pas les ghettos mais vit dans le sien : les villes de France sont structurées comme des villes coloniales, avec des niches de bourgeois dans les centres-villes qui ne communiquent absolument pas avec le reste de la population. Il y a des statistiques au « Royaume-Uni » au sujet du manque du communication entre communautés, il faudrait faire les mêmes entre bourgeoisie et prolétariat dans une ville moyenne de France, les résultats seraient sans pitié, mais la France n’a pas cette franchise.

Le trade-unionisme de tradition anglaise est décrié par la gauche du syndicalisme français, qui lui oppose une tradition de confrontation et non de négociation : « substituer la culture du marchandage à la tradition syndicale française fondée sur la solidarité de classe » déplore Georges Gastaud, anglophobe de choc et membre du parti ultra-chauvin PRCF. Mais la solidarité de classe commence lorsqu’on soutient tous les exploités de France, sans distinction, et les nations opprimées par son propre Etat, dans la perspective internationale de l’amitié entre les peuples, c’est-à-dire tout le contraire de l’agitation contre-révolutionnnaire de ce pitoyable fantassin du chauvinisme qu’est Gastaud.

L’impérialisme est vu par les lunettes bleu-blanc-rouges des anglophobes de gauche comme un phénomène « anglo-saxon », c’est-à-dire anglo-américain. L’impérialisme français et ses victimes ne sont jamais mentionnés. Le père Gastaud part en croisade contre l’invasion de la langue anglaise dans la langue française, il rejette également les langues corses, basques et bretonnes. Son grand ennemi est le « globish » (global english), la langue anglo-cosmopolite des affaires rejetée comme trop simple, barbare, mécanique, anti-culturelle, ce qui est vrai, mais il ne parle jamais de la langue littéraire et de la langue du peuple, qui sont la richesse de la langue anglaise. Dans sa rage, il accuse même le mot shampooing d’exister!

L’anglophobie est un pilier réactionnaire de notre pays. Les clichés les plus minables circulent et se développent en toute liberté. Jamais ou presque des mouvements comme les Levellers ou les Chartistes, des philosophes comme Shaftesbury et Hutcheson, des socialistes inspirés comme William Morris, pas plus que les progressistes des Etats-Unis, sans parler des révolutionnaires irlandais, ne sont mis en avant par la gauche française et ses prolongements d’extrême-gauche. La solidarité avec la révolution irlandaise n’a jamais bénéficié de l’anglophobie et ne peut pas compter sur elle. Depuis notre tranchée franco-irlandaise, nous attaquerons l’anglophobie, pilier réactionnaire moisi, et tenterons de faire mieux connaître la valeur des choses progressistes de langue anglaise.

Intervention d’un représentant de Libération Irlande à  la Journée internationale des prisonniers politiques, à Paris, le 17 avril 2012

La journée internationale des prisonniers politiques s’est tenue mardi dernier à Paris, à l’académie des arts et de la culture du Kurdistan. L’origine de ce 17 avril en tant que journée des prisonniers politiques est palestinienne. Ce jour, le 17 avril 2012, 1.200 prisonniers politiques palestiniens ont entamé une grève de la faim pour protester contre leurs conditions de détention.

Un représentant de Libération Irlande était invité à la tribune pour présenter le combat des républicains irlandais emprisonnés. Un hommage à Bobby Sands et à ses neuf camarades morts en grève de la faim en 1981, a été rendu. La dureté de ce combat jusqu’à la mort et sa résonance internationale ont été évoquées. Mais l’orateur a voulu parler du présent car le meilleur hommage qui puisse être rendu à Bobby Sands est de faire connaître et de soutenir le combat actuel des révolutionnaires emprisonnés dans le Nord-Est de l’Irlande occupé. Ces prisonniers républicains irlandais d’aujourd’hui mènent une lutte extrêmement dure dans la prison de Maghaberry pour que soit reconnu leur statut politique, c’est-à-dire qu’ils combattent exactement pour les mêmes raisons que les grévistes de la faim de 1980 et 1981. D’autre part, ils mènent leur combat de la même façon que leurs prédécesseurs des Blocs-H dans la première phase de leur révolte, par la grève de l’hygiène.

En outre, il a été souligné que leur mouvement de révolte dans les prisons était d’autant plus héroïque qu’isolé puisque le combat est mené contre l’oppression de l’Etat mais aussi en-dehors du mouvement « républicain » provisoire et sans son assentiment. Le représentant de Libération Irlande a affirmé que les républicains incarcérés aujourd’hui n’étaient pas les dissidents du républicanisme irlandais, comme les nomment l’Etat et ses laquais, mais au contraire ses continuateurs. L’orateur a alors lu la déclaration du bureau international de Republican Sinn Féin, rédigée pour l’occasion. Des applaudissements ont salué, à travers cette déclaration et à travers les frontières, tous les prisonniers de guerre républicains!

En accord avec le camarade ayant présenté la soirée, qui rappelait que la question des prisonniers politiques ne pouvait pas être dissociée de leur engagement politique et social, quelques remarques concernant l’Irlande d’aujourd’hui d’après le « processus de paix » ont été faites.

L’orateur a souligné l’importance historique de la résistance irlandaise, au moins depuis 1916, à laquelle les mouvements de libération ont toujours été attentif, ce qui est vrai en particulier du mouvement provisoire qui représentait autrefois le détachement politico-militaire le plus avancé des mouvements de libération nationale en Europe de l’ouest. « Et aujourd’hui le plus avancé en matière de capitulation », a ajouté l’orateur.

Il a été expliqué en effet que dans les Six Comtés, tout avait changé pour que rien ne change : aucun des objectifs historiques du mouvement n’avaient été gagnés par les accords de Stormont en 1998, ni la souveraineté de l’Irlande, ni à plus forte raison le socialisme. Si les miradors et les patrouilles militaires visibles ont disparu, l’Etat britannique, le MI5 et les unités militaires qui font de l’espionnage undercover sont là pour rester. De même dans les prisons, les matons loyalistes qui s’acharnent sur les républicains n’ont jamais disparu. Les accords de Stormont en 1998, signés par Sinn Féin Provisoire (PSF), ont précisément aboli ce statut spécial dont jouissaient les prisonniers républicains auparavant. Le combat actuel des prisonniers montre qu’en un sens Bobby Sands est mort pour rien, et l’histoire a parcouru un cercle, « ou plutôt une spirale » a précisé le représentant de Libération Irlande.

L’orateur a poursuivi en soulignant que la domination de l’impérialisme britannique en Irlande s’était maintenue et même consolidée, puisqu’elle s’appuie dorénavant sur la nouvelle bourgeoisie catholique et ses représentants du parti Sinn Féin Provisoire qui ont trouvé une place au soleil dans le système de l’adversaire, qui se trouve en échange légitimé par cette participation. Cette fausse paix a été achetée. C’est pourquoi il est capital que les mouvement politiques qui souhaitent à l’exemple de PSF pactiser avec l’adversaire, comme c’est le cas au Pays Basque, soient au courant de ces faits.

Pour reprendre les mots de la camarade représentant les étudiants palestiniens (GUPS), les prisonniers crient, mais dans le silence. C’est pourquoi nous autres à l’extérieur devons être la voix des prisonniers, à qui on ferme la bouche, et ouvrir les oreilles du peuple, qu’on tient fermées.

Libération Irlande – Statement 17.04.2012

The political prisoners’ international day was celebrated tuesday 17th of April in Paris, in the premises of the Academy of arts and culture of Kurdisan. This day of action for political prisoners’ comes from Palestine, and on this day, 17th of April 2012, 1.200 palestinian political prisoners have launched a hunger strike to protest against their conditions in Israeli jails.

One representative was invited at the tribune on behalf of Liberation Irlande, to speak about the irish republican prisoners’ ongoing struggle. A tribute to Bobby Sands and his nine comrades who died on hunger strike has been paid. The harshness of this battle to the death and its international echo have been reminded. But the speaker wanted to speak more specifically of the present times, because the best tribute that could be paid to Bobby Sands was to highlight and support the ongoing struggle of the revolutionaries jailed in the North-Eastern part of Occupied Ireland. These irish republican prisoners wage an extremely hard struggle in the Maghaberry jail to recover their political status, which means that they fight exactly for the same reasons as the hunger strikers of 1980-1981. Besides, they wage their struggle like the men in the H-Blocks during the first stage of their revolt, using dirty protest.

Moreover, the speaker stressed the fact that this revolt in the jails is as much heroïc as isolated, because the protest is directed not only against State oppression but also from outside of the provisional « republican » movement and without its consent. The representative of Libération Irlande said these jailed republicans didn’t dissent at all from irish republicanism – « dissident » being the word the State and its lakeys use to portray them – but continued it. The speaker went on reading a French translation of the statement by the international bureau of Republican Sinn Féin, written for this special purpose. A frank wave of applause did salute, trough this statement and through the frontiers, all the irish republican prisoners of war!

In accordance with the comrade who chaired the meeting and reminded everyone that the issue of the political prisoners couldn’t be separated from their political and social commitment, the speaker made some comments about the post-peace process Six Counties’ situation (in order to deal with some die-hard prejudices and to fight this heavy tradition of provo cheerleading we have in France)

The speaker stressed the historical significance of the Irish resistance, at least from 1916 on, to which the liberation movements have always paid great attention. The truth is that the provisional movement which once represented the most advanced section of the national liberation movements in western Europe, has now become the « most advanced in surrender » he added.

He went on explaining that in the Six occupied counties, everything had changed in order that nothing changes. None of the historical aims of the movement have been won through the Stormont agreement in 1998, neither Irish sovereignty, nor socialism of course. He explained that if the watchtowers and the visible military patrols had disappeared, the British State, MI5 and undercover spying units were there to stay. And that the same could be said regarding the british prison system, where the loyalist wardens who set the pack on the Republicans had never stopped their dirty work.

The Stormont Agreement of 1998, signed by Provisional Sinn Féin (PSF) have suppressed this special category status that once protected the republican prisoners. The ongoing struggle of the prisoners shows that in a way Bobby Sands died for nothing, history making a circle, « or rather a spiral », he said.

The speaker finally said that the british imperialist rule in Ireland was maintained and strengthened because it was now backed by the new Catholic bourgeoisie and its PSF representatives, who found for themselves a place in the sun in the enemy’s system, which in turn receives a new legitimacy thanks to their participation. This false peace has been purchased. This is why it is crucial that the political movements whishing to come to terms with the enemy, like in the Basque Country, be well aware of those facts.

To quote the comrade speaking on behalf of the Palestinian Students (GUPS), the prisoners scream, but in silence. That’s why we on the outside must become the voice of the prisoners, whose mouths they shut, and open the ears of the people, which they shut too.

  Libération Irlande – Declaración con motivo del Día internacional de los prisioneros políticos (17 de abril 2012)

Una conferencia celebrada el día internacional de los presos políticos tuvo lugar el  martés a 17 de abril en Paris, en la Academia de las Artes y de la Cultura del Kurdistan. El origen de este día internacional es palestino. Ese día, el 17 de abril de 2012, 1.200 presos políticos palestinos empezaron una huelga de hambre para protestar contra sus condiciones de detención.

Un militante de Libération Irlande fue invitado a la tribuna para presentar la lucha de los republicanos irlandeses encarcelados. Un homenaje a Bobby Sands y a sus nueve camaradas que murieron en huelga de hambre en 1981 fue realizado. La fiereza de este combate a muerte y su resonancia internacional fueron ostensibles. Pero el orador quiso hablar del presente, porque el homenaje más apropiado que se puede rendir a Bobby Sands consiste en aclarar y apoyar la lucha presente de los revolucionarios encarcelados en el Norte-Este de la Irlanda ocupada.

Estos prisioneros republicanos irlandeses de hoy día protagonizan una lucha sumamente dura en la carcel de Maghaberry contra los abusos y para que sea reconocido su estatuto político, esto significa que luchan por las mismísimas razones que los huelgistas de hambre del 1980 y del 1981. Por otro lado, utilizan las mismas tácticas que sus predecesores en la primera fase de la revuelta de los H-Blocks: la huelga de la higiene (“dirty protest”).

Ademas, el orador señalo que la revuelta de los prisioneros era tanto heroica cuanto aislada, ya que el combate se desarolla contra la opresión del Estado y tambien fuera del movimiento “republicano” provisional y sin su consentimiento. El orador afirmó que los republicanos encarcelados de hoy día no eran en absoluto los “disidentes” del republicanismo irlandés, como los llaman el Estado y sus lacayos, sino sus continuadores. El representante de Libération Irlande leyó la declaracion de la oficina internacional de Republican Sinn Féin, escrita con motivo del día del prisionero. ¡Aplausos saludaron, a través de esta declaracion y a través de las fronteras, a los prisioneros de guerra republicanos!

De acuerdo con el compañero que presentó la charla, insistiendo en que la cuestión de los presos politicos no podía desligarse de su militancia política y social, ciertos hechos en torno a la situacion de los Seis Condados (“Irlanda del Norte”) fueron puestos de relieve por el representante de Libération Irlande.

El orador señalo la importancia histórica de la resistencia irlandesa, que los movimientos de liberación han siempre observado con máxima atención. Por ejemplo, el movimiento provisional que fue ayer el destacamiento politico-militar más avanzado de los movimientos de liberación nacional en Europa del Oeste, pero que “hoy se ha convertido en el más avanzado en el camino de la capitulación” a añadido.

A continuación el camarada explicó que, en los Seis Condados, todo había cambiado para que nada cambie : ninguno de los objetivos históricos del movimiento habían sido conseguidos por los acuerdos de Stormont en el 1998, ni la independencia, ni por supuesto el socialismo. Aunque las torres de observacion y las patrullas visibles han desaparecido, el Estado británico, el MI5 (servicios secretos) y las tropas secretas recorren el territorio. Asimismo, los carceleros lealistas quienes se ensañan con los republicanos nunca han desaparecido. En efecto, los acuerdos de Stormont en 1998, firmados por el  Provisional Sinn Féin (PSF) de Gerry Adams han abolido aquel estatuto especial que antes protegía a los presos republicanos.

Entonces, la lucha actual muestra que, de une cierto modo, Bobby Sands ha muerto para nada, y la Historia a recorrido un circulo, “o mejor dicho una espiral” ha dicho el representante de Libération Irlande. El orador ha machacado esa verdad : el dominio del imperialismo en Irlanda se mantuvo y se consolidó, puesto que se apoya ahora en la nueva burguesía católica y sus portavoces del partido PSF de G.Adams, que lograron una posición privilegiada dentro del sistema del enemigo, que así logra legitimarse por esta participacion. Aquella paz es falsa, ha sido comprada. En este sentido, es crucial que los movimientos políticos que quieren, a imagen y semejanza de PSF, pactar con el enemigo, como lo vemos en Euskal Herria, se enteren de aquellos hechos.

Para concluír, citamos las palabras de la camarada que representaba a los estudiantes palestinenses (GUPS) : “los prisioneros gritan, pero en el silencio. Entonces nosotros en el exterior tenemos que ser la voz de los presos, cuyas bocas estan cerradas, y abrir los oídos del pueblo, que logran tapar también.”

Qu’est-ce que le secrétaire d’Etat à  l’Irlande du Nord?  Un gouverneur colonial, nommé par le souverain britannique, plus fort qu’un préfet (12 février 2012)

Depuis la conquête, l’Angleterre domine l’Irlande. Dans la période qui va de 1171 à 1922, le chef de l’exécutif britannique en Irlande est le Lord Lieutenant d’Irlande, autrement appelé vice-roi d’Irlande. Il était nommé par le gouvernement britannique et restait en poste selon « le bon plaisir de Sa Majesté ». Avant la partition, le gouvernement de la colonie irlandaise, le Home Office, se trouvait au château fortifié de Dublin et gouvernait toute l’île, en tant qu’unité. Suite à la partition en 1921-22, la souveraineté britannique directe s’est retranchée dans les Six Comtés du Nord-Est de l’Irlande.

De 1922 à 1973, le représentant du pouvoir souverain en Irlande du Nord s’appelle le gouverneur d’Irlande du Nord, il réside au château de Hillsborough, dans le comté de Down. Aujourd’hui, ce poste de représentant du pouvoir souverain appartient au secrétaire d’Etat à l’Irlande du Nord, c’est le nouveau nom de ce gouverneur suprême. Il réside comme son prédécesseur au château de Hillsborough.

Ce gouverneur nouvelle manière n’est élu par personne en Irlande (ni en Grande-Bretagne) mais est nommé par le monarque anglais en accord avec le premier ministre britannique. Il est responsable devant le parlement du Royaume-Uni, mais pas devant l’Assemblée nord-irlandaise. Il est en outre le chef du corps exécutif nommé Northern Ireland Office (NIO), qui est une sorte de ministère aux affaires nord-irlandaises du gouvernement britannique et qui se réunit à Stormont près de Belfast.

Voici ses attributions. Le secrétaire d’Etat représente l’Irlande du Nord au sein du conseil des ministres, supervise l’activité du gouvernement d’Irlande du Nord et possède en outre un domaine réservé, apanage du seul gouvernement britannique : la sécurité, les droits de l’homme, des droits concernant la justice et finalement l’administration des élections.

Prenons les deux derniers points : concernant la justice, c’est le secrétaire d’Etat qui a ordonné la détention sans procès ni accusation de Martin Corey, justifiant cet internement par sa dangerosité politique. C’est lui qui a ordonné la détention de Marian Price, alors qu’elle avait bénéficié de l’équivalent d’une grâce présidentielle (‘Royal Pardon’). Mais ce document qui était en possession de l’Etat britannique a malencontreusement « disparu ». Le secrétaire d’Etat peut donc décider des internements et donc agir au-dessus des règles juridiques et des procédures judiciaires normales.

Concernant les élections : c’est le secrétaire d’Etat et lui seul qui a le pouvoir de les convoquer, l’accord de Belfast de 1998 a ratifié ce point essentiel. Cette disposition s’applique évidemment aux référendums, qui plus est seul le secrétaire d’Etat est habilité à en formuler les questions. Il s’ensuit que Martin McGuinness, qui est vice-premier ministre de l’entité fantoche nord-irlandaise (et même s’il était premier-ministre) n’a absolument pas le pouvoir de décider ce référendum. Il peut seulement « souhaiter » qu’il y en ait un, un jour. C’est ce qu’on appelle de l’opposition rhétorique, de la gesticulation inoffensive, ou de la poudre aux yeux.

Libération Irlande publie L’Histoire de l’IRA provisoire, par Liam O’Ruairc – 31 décembre 2011

Comme nous sommes un peu cachotiers, nous n’avons pas dit sur le net que nous avions publié sous forme de livre L’HISTOIRE DE L’IRA PROVISIOIRE par LIAM O’RUAIRC, qui figurait déjà sur notre site, en trois parties. Le livre a jolie allure, tout le monde le dit. Il fait 108 pages, est pourvu d’illustrations aussi pertinentes que jolies à regarder. Quant au contenu, les aficionados de Libération Irlande le connaissent déjà. Voici les endroits où vous pouvez le trouver :

– Le Point du Jour, 58, rue Gay-Lussac, Paris 5è.

-Le Tiers-Mythe, 21 rue Cujas, Paris 5è.

– La Brèche, 27, rue Taine, Paris 12è

– Parallèles, 47, rue St Honoré, Paris, 1er

-Teach Dáithí Ó Conaill, 223, Parnell Street, Dublin

Si vous connaissez un endroit où vendre le livre, nous sommes preneurs, envoyez-nous un mail à libirl arobase riseup.net.

Les chiens aboient, la caravane passe – déclaration du 26 octobre 2011

Avec nos associés du Forum des Peuples en Lutte, nous avons été qualifiés ‘d’identitaires de gauche aspirés dans la spirale fasciste’ par un certain groupe, que nous appellerons l’équipe zombie, et qui mène une petite guerre internet contre les mouvements de libération nationale à partir d’une argumentation de type ultra-gauche. L’autre face du problème est que nous voyons des militants d’extrême-droite fantasmer de façon croissante sur l’Irlande, afin d’exploiter pour leurs propres objectifs l’imagerie républicaine irlandaise. Comme souvent dans l’histoire, la calomnie gauchiste dogmato-délirante rejoint la proposition fasciste mytho-conquérante, au bénéfice de cette dernière. C’est donc l’occasion de soumettre à nos lecteurs quelques considérations.

Derrière ses charabias démagogiques et sous ses masques variés, on peut isoler des traits constants du fascisme, formant un tout : il s’agit de la réaction sous le masque de la révolution, la mobilisation des masses contre elles-mêmes, la mythologie contre les lumières. Le fascisme est difficile à cerner avant d’arriver au pouvoir, mais après c’est trop tard, alors il faut exercer son regard. D’autant plus que le fascisme est un mouvement qui surgit et qui profite de la dépolitisation, du relativisme et de l’indifférentisme généré par la société de consommation et la social-démocratie, poussant comme un champignon sur la crise de ce système. Il est impossible de combattre le fascisme sans combattre la social-démocratie qui a pour rôle historique de faire naître les espoirs et les trahir, de gérer le capitalisme par la conciliation de l’inconciliable, tout en endormant, en réprimant et en frustrant essentiellement les masses.

Le terrain étant préparé par la social-démocratie, le fascisme cherche à se faire passer pour une transcendance historique au delà de la vie capitaliste. Une de ses armes est l’imitation et le vol pur et simple des symboles de la révolte révolutionnaire, sa cible est une frange de la jeunesse radicalisée, blanche la plupart du temps.

Il est facile de voir que les symboles irlandais sont plus facilement phagocytables que d’autres pour les fascistes : la figure énergique et sacrificielle de Bobby Sands, les images des colonnes volantes de l’IRA historique, des Fenians, sur fond de croix celtiques en vieille pierre, sont régulièrement mises en avant par les fascistes, pour la galerie. Ils voient par exemple en Bobby Sands un guerrier blanc, catholique, européen, et en Margaret Thatcher une incarnation de la Perfide Albion. A nos yeux au contraire, pour le dire en gros, Bobby Sands incarne le prolétariat international et Thatcher la bourgeoisie impérialiste.

Une autre raison qui pousse les fascistes à recycler cette imagerie, c’est leur anglophobie séculaire et leur haine invétérée des protestants, choses communes dans les familles de la vieille France privilégiée. Cet opportunisme fasciste fondamental fait que si les tentatives fascistes de récupération sont assez foisonnantes sur internet, elles sont tape-à-l’oeil et peu profondes. Car il y a un mur face à eux, qui est la réalité historique elle-même, et il y a aussi la présence idéologique de Libération Irlande.

Précisons donc nos conceptions : nous n’avons rien contre le peuple anglais, ni étatsunien d’ailleurs, nous respectons les sentiments religieux des fidèles protestants comme catholiques, des juifs comme des musulmans. Ce sont pour nous des évidences. De même, nous rejetons les idées impérialistes et barbares de guerre des civilisations, de guerre de religions ou de guerre des races. Notre républicanophilie vient du fait que nous voyons nos camarades d’Irlande comme des démocrates conséquents et-ou des francs-tireurs de la guerre de classe.

Si on en dressait un portrait-robot, on trouverait le type de l’internationaliste convaincu, pas celui du fasciste ‘identitaire de gauche’ comme le prétend l’équipe zombie. Qu’ils et elles soient d’Irlande, du Pays Basque, de Corse ou d’Occitanie, les camarades et amis que nous avons eu le bonheur de rencontrer et qui nous soutiennent nous ont montré un même visage, le visage des humanistes déterminés, des antifascistes honnêtes et intraitables.

Le fait que Libération Irlande, groupe antifasciste de petite taille, soit le seul groupe de l’état français à être reconnu par des républicains irlandais authentiques organisés est une indication claire qu’il ne s’agit pas d’une relation opportuniste mais d’une communauté de vues assez profonde. Les républicains irlandais authentiques ne sont pas des identitaires de gauche tendant inexorablement vers le fascisme, comme le croient peut-être les stratèges fascistes et comme le disent assurément leurs associés objectifs de l’équipe zombie.

Les déclarations antifascistes des organisations Republican Sinn Féin et 32 County Sovereignty Movement, qui n’ont pas été faites dans le vent, mais en réponse à un antagonisme réel avec les tendances fascistes dans leur société en crise aggravée, sont claires comme de l’eau de roche.

A ceux des lecteurs honnêtes qui fréquentent notre site parce qu’ils se sentent des atomes crochus avec les républicains irlandais authentiques, mais qui n’apprécient pas notre idéologie (personnes attirées par l’extrême-droite y compris), nous disons : faites votre opinion par vous-mêmes, confrontez les discours et la réalité, voyez où est le sérieux de l’engagement. La vérité est dans les faits, pas dans la bouche des usurpateurs ou des calomniateurs.

Nous sommes les témoins d’une période de décantation entre la révolution et la contre-révolution, entre l’authentique et la contrefaçon. Dans ce type de période, le meilleur côtoie le pire, mais les pôles se constituent malgré tout à travers l’observation, la critique, la proposition, et surtout l’engagement.

Non aux récupérations fascistes et aux venins complices, non à la capitulation social-démocrate.

Déclaration commune à l’occasion de la première journée internationale d’action pour les prisonniers politiques et de guerre républicains irlandais – Tract du 8 octobre 2011

Un statut politique pour les prisonniers républicains irlandais! Non à l’internement : libérez Martin Corey et Marian Price!

Le 8 octobre, dans plusieurs pays, a lieu une journée d’action pour les prisonniers républicains irlandais. En posant des banderoles, des affiches, en distribuant des tracts et en peignant sur les murs, nous internationalistes de l’extérieur souhaitons exprimer notre solidarité avec nos camarades en Irlande et notre hostilité à l’égard de l’impérialisme anglais.

Peu de choses sont dites à ce sujet, mais dans l’Irlande de 2011, il y a toujours une résistance révolutionnaire démocratique contre la partition du pays et la domination britannique. Le combat républicain continue, envers et contre tout. Dans l’entité coloniale des six comtés occupés du Nord de l’Irlande, l’occupation britannique est affrontée et la fausse paix est défiée, tout comme l’ordre établi conservateur dans l’entité néo-coloniale de l’Etat Libre irlandais au Sud. La seule réponse de la machine d’Etat britannique à cette résistance, c’est un accroissement de la répression.

Des prisonniers politiques sont détenus indéfiniment sans aucune raison. Martin Corey et Marian Price, qui étaient des militants républicains dans les années 1970 et qui furent libérés de prison, sont de nouveau emprisonnés par l’Etat britannique parce qu’ils n’ont pas trahi leurs idées politiques. Cette vengeance de l’Etat colonial est une épée de Damoclès qui menace les centaines d’anciens prisonniers de guerre qui oseraient relever la tête politiquement. Martin Corey et Marian Price sont gardés en otage pour impressionner et terrifier les militants politiques. Cela n’est pas autre chose que la ré-introduction de l’internement.

Nous exigeons la libération immédiate de Martin Corey et de Marian Price! Nous exigeons la fin de l’internement sélectif!

Des prisonniers de guerre irlandais sont eux aussi victimes de mauvais traitement de la part des autorités pénitentiaires et des matons de la prison de Maghaberry, sous la supervision des cercles dirigeants de l’Etat britannique et de leurs marionnettes à Stormont. Dans des conditions très difficiles, les prisonniers luttent pour obtenir à nouveau un statut politique, qui avait été gagné par leurs prédécesseurs en 1981, mais qui fut abrogé par leurs anciens camarades dans le cadre des accords de paix de 1998.

Les prisonniers viennent de se faire rouler par le régime pénitentiaire, à la suite d’une révolte, mais ils n’ont pas perdu pied, et avec le soutien des républicains hors des murs, ils continuent leur juste lutte. Comme leurs prédécesseurs les républicains des Blocs H, ils résistent à la criminalisation et à la brutalité avec le seul bouclier qui leur reste, leur volonté et leur corps.

Les républicains irlandais ne sont pas des criminels, mais des combattants de la liberté, des révolutionnaires! Nous exigeons l’application pleine et entière de l’accord d’août 2010 et la restauration d’un statut politique pour les prisonniers de guerre irlandais! 

Le combat pour la liberté de l’Irlande et contre l’impérialisme et la réaction est juste. Il devrait être soutenu par toutes les honnêtes gens et tous les progressistes partout dans le monde.

Nous saluons la lutte des prisonniers républicains détenus à Maghaberry, à Portlaoise, en Lithuanie, et nous faisons le serment de leur apporter notre soutien complet.

Victoire à la lutte républicaine irlandaise, dans les prisons et en dehors!

Libération Irlande (France) Republican Sinn Féin International Department (Autriche, Allemagne, Italie) Sympathisants de Republican Sinn Féin aux Pays-Bas et en Suède Irish Republican Solidarity Darmstadt (Allemagne)

Joint Statement (8th October 2011)

Political Status for Irish Republican Prisoners!
End Internment – Free Martin Corey and Marian Price!

On October 8th 2011, in different countries, a day of action for Irish Political Prisoners is being held. By picketing, leafleting, postering and painting, we Internationalists from abroad, wish to express our solidarity with our Republican comrades in Ireland and our hostility towards English imperialism.

Little is known about it, but in Ireland in 2011, there is still revolutionary democratic resistance against partition of the country and British rule. The Irish Republican struggle continues, against all odds. In the colonial entity of the six occupied counties in the North of Ireland, the British occupation is fought and the false peace is challenged, as well as the conservative status quo in the neo-colonial entity of the Irish Free State in the South.

The only answer of the British state machine to this resistance is an increase of repression.

Political Prisoners are jailed indefinitely without any reason. Martin Corey and Marian Price, who are Republican activists arrested in the 1970’s and later released, are once again being held by the British state because they didn’t betray their political beliefs. This vengeance of the colonial power is used as a Sword of Damocles threatening the hundreds of former prisoners of war who would dare to keep their politics upfront. Martin Corey and Marian Price are kept as hostages to impress and frighten political activists. This is nothing else than the reintroduction of internment.

We demand the immediate release of Martin Corey and Marian Price! We demand the end of selective internment!

Irish Prisoners of War are also victims of maltreatments by the prison authorities and wardens in the jail of Maghaberry, under the supervision of the ruling circles of the British State and their puppets in Stormont. In very harsh conditions, they struggle to demand political status won by the man of 1981 and signed away by their former comrades with the 1998-agreement. They were cheated by the prison regime after a previous protest, but they are not disheartened, and with the support of republicans outside the jail, they continue their just struggle. Like previous generations of Republicans in the H-Blocks they resist criminalisation and brutality with the only shield they have, their will and their body.

Irish Republicans are not criminals, but freedom fighters and revolutionaries! We demand the full implementation of the agreement of August 2010 and the restoration of a Political Status for Irish Prisoners of War!

The fight for Irish freedom and against imperialism and reaction is just and should be supported by all honest and progressive people worlwide.

We salute the struggle of the Republican Prisoners held in Maghaberry, Portlaoise and Lithuania and pledge our full support.

Victory to the Irish Republican struggle, inside and outside the jails!

Libération Irlande (France) Republican Sinn Féin International Department (Austria, Germany, Italy) Republican Sinn Féin supporters in the Netherlands and Sweden Irish Republican Solidarity Darmstadt (Germany)

A propos d’un certain manque de classe – déclaration du 2 septembre 2011

http://www.classecontreclasse.org/viewtopic.php?f=12&t=11836

Si vous allez à cette adresse, celle d’un forum apparemment anarchiste nommé « classe contre classe » vous y trouverez un dénommé Barcelone 36 qui reprend notre traduction de l’article du WSM sur les émeutes de Grande Bretagne. Nous n’avons rien contre cette pratique, et ce très bon texte a été largement repris sur les Indymedias et autres sites contestataires, à notre grande joie.

Le problème est que Barcelone 36 se propose de sortir ce texte sous forme de brochure (et peut-être la vendre) sans avoir averti les traducteurs de ce texte. Nous n’avons reçu aucune demande, pas d’annonce non plus, pas un mot.

En outre, aucun participant au forum classe contre classe ne s’étonne que le groupe à l’origine de la traduction n’ait pas été mentionné dans le thread de discussion, sauf un posteur qui ose dire « merci » et que nous remercions en retour.

http://punxrezo.net/pg/file/read/26984/brochure-meutes-wsm

Voici sa mise en page pour quelque chose qui existe déjà semble-t-il sous forme de brochure, avec les deux liens de LI et du WSM qui apparaissent en petit à la dernière page, ce qui est quelque chose de correct, mais qui est fait uniquement dans l’intention de se couvrir, pour la forme, comme des bourgeois qui redoutent les procès, pas comme des prolétaires qui veulent la rencontre et l’union pour la révolution. Qui sait? peut-être que Punxrezo.net cherche à gonfler le plumage de son catalogue avec des emprunts pour ressembler au goéland…

Si punxrezo.net nous avait demandé la permission avant de publier, nous l’aurions donnée. Mais ces diffuseurs-marchands n’ont pas de respect pour la production, ni pour le débat politique. Ils auraient pu par exemple faire une introduction, mais non, ils consomment et refourguent, sans plus. Le travail du WSM a été monumental, rapide et herculéen. Le travail de traduction a duré en tout 24h. Ne pas nous demander la permission avant de publier la brochure et prétexter « l’urgence » pour ne pas faire la démarche, ce n’est pas sérieux, c’est moche, c’est minable.

D’autant que si les choses avaient été faites en commun entre eux et nous, nous aurions pu nous aussi participer à la confection et à la diffusion de cette brochure, en faire quelque chose de présentable et augmenter l’efficacité. Mais le choix a été fait de nous court-circuiter en mode pique-assiette.

Pour nous, cet acte est symptomatique d’une certaine culture individualiste, brouillonne et opportuniste d’une partie des anarchistes en France, qui se résume sous la formule : « à l’arrache ».  De même que le vol et le détournement sont prisés, la production est méprisée. D’ailleurs, sous prétexte de faire du partage voire du communisme, ces individus pillent des bribes qui les arrangent chez les autres, les marxistes notamment, sans jamais assumer la confrontation sérieuse avec le contenu et l’idéologie des groupes qu’ils pillent.

Non aux pratiques lumpen-petites-bourgeoises.

Libération Irlande ou Irlande Libre? – déclaration du 10 juin 2011

Il y a un site nommé Irlande Librehttp://irlandelibre.wordpress.com. Malgré la ressemblance, Libération Irlande et Irlande Libre ne sont pas comme Coca Cola et Pepsi Cola. Mis à part le nom, les deux sites n’ont rien en commun. Irlande Libre annonce d’entrée : « ce blog est là pour que l’Irlande républicaine existe encore un tout petit plus sur la toile, avec un regard général sur tous les sujets, dans un esprit condamnant toute violence et favorisant le dialogue. …Mon soutien va clairement aux catholiques irlandais et plus particulièrement au parti du Sinn Fein. «

L’auteur ajoute ailleurs : « On peut se sentir aussi très proche d’un parti comme je le suis de celui du Sinn Fein, mais cela ne m’empêche de garder sa propre opinion et d’avoir les idées claires. On peut admirer Gerry Adams, le considérer comme son politicien préféré comme je le fais, mais ne pas pour autant être d’accord avec toutes ses positions. La liberté de penser et le refus de l’endoctrinement à tout crin! «

Il indique également : « Pour moi, les véritables ennemis de l’Irlande en cette période actuelle sont les dissidents car ils refusent tout dialogue et leur seul moyen de communication est la violence. »

Contrairement à Libération Irlande, Irlande Libre n’est pas un groupe. C’est le site personnel d’un individu, rien de plus. Ce qui frappera le lecteur, c’est l’aspect « sentimentaliste » de ce site: il exprime avant tout un attachement émotionnel et personnel plutôt qu’un véritable engagement idéologique et politique. C’est le site d’un « voyageur » plutôt que celui d’un militant. Quand il parle de « l’Irlande républicaine » on sent beaucoup plus un « fan » de Gerry Adams et un « admirateur » des Provos qu’un pro-républicanisme idéologique.

Irlande Libre n’expose pas et ne défend pas de manière systématique les positions du parti dont il est « très proche » ou de son « politicien préféré », mais le fond idéologique du site est du nationalisme constitutionnel déguisé en en républicanisme. A l’opposé, Libération Irlande cherche à défendre le républicanisme authentique. Libération Irlande a exposé ailleurs ce que nous entendons par républicanisme véritable : https://liberationirlande.wordpress.com/2010/05/17/quest-ce-que-le-republicanisme-irlandais/

Il est clair que sur le rapport aux institutions étatiques, la définition du droit à l’autodétermination, l’attitude face au ‘principe de consentement’, le monopole de la violence, les véritables « dissidents » du républicanisme sont les partisans de la ligne du parti de Gerry Adams. Sur ces questions de principe, la ligne de démarcation entre Libération Irlande et Irlande Libre est claire et nette.

Ce qui distingue Libération Irlande de Irlande Libre, c’est que nous proposons un site basé sur des principes idéologiques et politiques clairs, pas la passion pour un pays, un attachement à un parti ou un « politicien préféré » (même s’il s’agit de Ruairi O Bradaigh!). Il s’agit de faire du travail de clarification politique, théorique et idéologique – pas de s’extasier sur la beauté du paysage ou la chaleur des habitants.

C’est pour cela que Libération Irlande essaye de produire une série de textes basés sur une étude sérieuse, des arguments rigoureux et une documentation solide. Irlande Libre dit soutenir les « Catholiques Irlandais ». Cette expression est très révélatrice du vide politique et idéologique du site. Les fondateurs du républicanisme en Irlande n’étaient-ils pas protestants?…Libération Irlande a une autre orientation. Notre soutien ne va pas aux « catholiques irlandais » – ce qui occulte les différences de classes au sein de ces mêmes « catholiques irlandais »- mais au prolétariat d’Irlande en lutte, ce qui comprend aussi les immigrés non-irlandais, les protestants progressistes etc.

En « condamnant toute violence » Irlande Libre se met dans la position de ce que Hegel appelait la « belle âme ». Le choix n’est pas entre avoir les « mains sales » et les « mains propres », mais entre avoir des mains ou pas de mains du tout!  Pour Libération Irlande, entre la violence des oppresseurs et l’utilisation de la force par les opprimés, il est impossible de se mettre dans la position de la belle âme et condamner « toute violence ».

Photos et déclaration des actions de solidarité du 21 mai 2011

Le 21 mai 1981 tombaient en martyrs les volontaires Raymond McCreesh et Patsy O’Hara, morts en grève de la faim, en prison, pour un statut de prisonniers politiques. Ces camarades ne sont pas seulement des icônes cache-misère et apolitiques à l’usage des capitulards de Sinn Féin provisoire, mais ils sont des exemples pour la lutte révolutionnaire contre la partition et la domination britannique, lutte qui ne s’est jamais arrêtée.

Les dix républicains tombés en grève de la faim en 1981 ne sont pas oubliés, l’esprit révolutionnaire qu’ils incarnaient n’est pas mort, il vit dans la lutte de libération nationale en Irlande, chez ceux qui osent lutter et qui osent vaincre.

Aujourd’hui, en mai 2011, trente ans après, de nombreux républicains sont emprisonnés et subissent tous types de vexations et de torture. Dans la prison britannique de Maghaberry au Nord-Est de l’Irlande, les prisonniers républicains se sont unis pour se battre pour que cessent ces traitements fascistes. Ils mènent une lutte très dure pour le rétablissement d’un statut spécial qui les préserverait de la torture et affirmerait leur identité de combattants politiques anti-impérialistes, c’est-à-dire exactement ce pour quoi les Dix de 1981 combattirent et tombèrent.

Or les faux républicains de Sinn Féin provisoire emmenés par Gerry Adams qui prétendent incarner cet héritage de lutte sont ceux qui ont accepté l’abolition de ce statut spécial.

D’autres camarades ont été emprisonnés sur l’ordre colonial de l’Etat anglais, sans procès et sans autre raison que leur dangerosité politique : il s’agit notamment de Martin Corey et Marian Price. Là encore, les faux républicains valets de l’impérialisme ne pipent mot.

Nous, internationalistes de France solidaires du combat des républicains irlandais, avons mené des actions d’agitation-propagande le samedi 21 mai à Paris intra muros pour soutenir nos frères et nos soeurs opprimés et combattants et pour que la cause de la république d’Irlande libérée, démocratique et socialiste avance toujours sur le chemin de la victoire.

Solidarité avec la lutte des prisonniers de Maghaberry.

Solidarité avec Marian Price.

Solidarité avec Martin Corey.

On 21th May 1981, volonteers Raymond McCreesh and Patsy O’Hara died in prison a martyr to the cause of a status of political prisoners, on hunger strike. Theses comrades are not only apolitical icons fit to cover up Provisional Sinn Féin’s sell-out, because they set examples for the revolutionary struggle against partition and British rule, a struggle which indeed has never stopped.

The ten Republicans who died on hunger strike in 1981 are not forgotten, the revolutionary spirit they embodied is not dead, but lives on in the Irish national liberation movement, among those who dare to struggle and dare to win.

Today, in May 2011, thirty years later, numbers of Republicans are jailed and suffer all kinds of vexations and torture. In the British jail of Maghaberry in the North-Eastern part of Ireland, Republican prisoners united are fighting to put an end to these fascist maltreatments. They wage a very harsh struggle in order to re-establish a special status which would protect them from torture and would uphold their anti-imperialist fighters’ political identity, i.e. exactly the same reason why the Ten fought and died in 1981.

The fake republicans of Provisional Sinn Féin led by Gerry Adams may well pretend they embody this legacy, they in fact are the ones who accepted to destroy this special status.

Other comrades have been jailed on the colonial will of the English State, without any trial and without any reason except the political threat they represent : among those are Martin Corey and Marian Price. About this internment, once again the fake republicans and real lackeys of imperialism, don’t say a word.

As for us, internationalists from France standing by the Irish Republican struggle, we have waged agitation-propaganda actions on Saturday 21st May in inner-city Paris, to show support to our oppressed and fighting brothers and sisters, and for the cause of the of the All-Ireland’s Republic, free, democratic and socialist, to go ahead on its way to victory.

Solidarity with the struggle of the Republican prisoners in Maghaberry.

Solidarity with Marian Price.

Solidarity with Martin Corey.

• Interview de Georges à la Cause du Peuple

Tu veux bien nous présenter le groupe dont tu fais partie, Libération Irlande?

Nous sommes un comité de soutien francophone à la révolution en Irlande, nous avons commencé il y a un peu plus d’un an en faisant un site internet, puis la sauce a bien pris et nous avons développé des contacts là-bas.

Maintenant, tu peux nous considérer comme un groupe activiste. Nous nous revendiquons principalement du communisme et de l’autonomie prolétarienne. Nous sommes très intéressés par toutes les expériences révolutionnaires, des mouvements de libération nationale en particulier. Notre philosophie peut se résumer à : on apprend en faisant.

Pourquoi l’Irlande, vous aviez une attirance spéciale?

Je te vois venir… Non, on ne cherche pas les leprechauns sous les arcs-en-ciel, on ne picole pas à la Saint Patrick, on n’est pas fans de ces trucs folkloriques commerciaux qu’on voit en France. Personnellement, j’aime beaucoup la musique et la littérature irlandaise, mais ce n’est pas le plus essentiel. Ce qui nous a intéressé, c’est de mieux connaître un mouvement révolutionnaire qui nous semblait vraiment ancré dans les masses populaires. La vérité, c’est que le petit groupe de camarades qui est à l’origine du groupe ont vu là-bas ce qu’ils ne voyaient pas encore ici, des révolutionnaires qui sont aussi des prolétaires, un peu l’antithèse de la gauche radicale purement intellectuelle de France, avec sa tendance à fuir le contact avec les masses et dans le pire des cas à se payer de mots.

Est-ce qu’il y a d’autres raisons qui vous ont poussé à monter votre groupe?

Oui, il y a le fait que nous voulons apprendre auprès des camarades irlandais tout un tas de choses qui concernent le processus révolutionnaire en général, et qui sont transposables en France. Par exemple la solidarité avec les prisonniers politiques, c’est quelque chose d’important là-bas. Avoir comme référence politique des camarades qui sont allés très loin dans l’affrontement avec l’Etat, c’est quelque chose qui permet d’élever le niveau de conscience et de lutte.

Il y a beaucoup de camarades en taule?

Oui, une bonne centaine, des deux côtés de la frontière. Il y en a un qui est emprisonné en Lituanie, un autre en France, à la Santé. Il s’appelle Kieron Doran, nous menons une campagne pour faire connaître sa situation.

Une question basique : qui sont les républicains irlandais? Qu’est-ce que ça veut dire être républicain en Irlande?

Alors pour résumer, je te dirai que c’est le contraire d’être républicain en France. Ici, ceux qui mettent en avant la république, ce sont les flics et les profs, c’est l’idéologie de l’Etat bourgeois. En Irlande, c’est une idéologie révolutionnaire anti-coloniale, un truc qui vient du peuple, qui cherche la confrontation avec l’Etat et les institutions. Les républicains sont ceux qui se revendiquent de Wolfe Tone, un protestant de l’époque de la révolution bourgeoise en France, qui a voulu faire pareil en Irlande et chasser le colonialisme anglais, les nobles propriétaire terriens et bien sûr la monarchie. La base de l’idéologie, c’est la démocratie, le pouvoir pour tout le monde, protestant et catholique et autres. Rien que ça, c’est révolutionnaire là-bas, il y a des aspects très médiévaux en Irlande. Avec le développement de la classe ouvrière au 20è siècle, le républicanisme a évolué, en incorporant les besoins et les exigences de la classe ouvrière. D’ailleurs, l’IRA vient de l’insurrection de 1916 à Dublin, où il y a eu la fusion d’une milice ouvrière et des détachements armés patriotes qui avaient une idéologie nationaliste petite-bourgeoise. Donc les républicains aujourd’hui se disent socialistes, ils se définissent comme un mouvement de libération national.

Je pensais que l’IRA avait arrêté, tu peux nous en dire plus?

Oui, il y a eu des accords de paix il y a douze ans. Le groupe principal, l’IRA provisoire a capitulé, sans avoir obtenu quoi que ce soit : ni le retrait britannique, ni évidemment le socialisme. Aujourd’hui ils se sont entièrement vendus. Par exemple ce sont eux, les provos comme on dit, qui tiennent une grande partie des postes au Nord, en accord et collaboration avec l’Etat britannique. Ils sont devenus les sous-traitants de la domination britannique, qui a réussi un coup très fort en gagnant la paix sociale en achetant une partie des républicains. Et aussi, en prévoyant les changements démographiques en faveur des catholiques dans le Nord, l’impérialisme anglais a bien voulu changer son fusil d’épaule et s’appuyer sur la nouvelle bourgeoisie catholique qu’il a contribué à fabriquer, alors qu’avant, tout l’Etat du Nord était tenu par la bourgeoisie protestante. Il y a aussi un autre énorme reproche que les révolutionnaires font aux réformistes, c’est qu’ils ont accepté et officialisé le principe de l’apartheid entre catholiques et protestants, ils ont cimenté la paix avec des murs qui séparent les quartiers et les esprits des gens. Donc c’est une fausse paix et une vraie trahison des principes de leur idéologie.

Je vois mieux, mais il y en a d’autres qui continuent la lutte armée?

Oui, ils sont petits mais décidés, disons que c’est la fin d’un cycle et le début d’un autre. Les groupes politiques républicains authentiques sont très progressistes, je pense que l’expérience de la normalisation, de l’embourgeoisement et de la capitulation des provisoires a été une leçon gigantesque pour eux, un grand exemple négatif de ce que donne la capitulation avec l’impérialisme et la social-démocratie. La capitulation avec le sectarisme aussi, je veux dire la division du peuple sur une base confessionnelle. Je suis sûr que cette défaite n’est qu’un détour qu’ils vont dépasser.

Très bien, mais je voudrais savoir quelles sont les perspectives de cette lutte armée? Le combat ne concerne que le Nord occupé? Le but c’est seulement de foutre l’Etat anglais dehors? Regarde la crise de l’Etat au sud, qu’en disent les républicains?

Tu poses la question la plus importante, la crise de l’Etat du Sud est terrible, l’Etat est en faillite, il ne va jamais pouvoir rembourser la dette et les intérêts, le FMI va imposer des plans de rigueur monstrueux pour le prolétariat et les masses en général, avec tous les sous-produits qui vont avec : l’émigration, l’endettement, le chômage, la dope, les anti-dépresseurs : bref la crise générale dans toute sa splendeur. La seule porte de sortie, c’est la révolution sociale. Les organisations républicaines ont un certain retard là-dessus, elles doivent voir plus loin que le pur et simple slogan « brits out! », le slogan de la réunification. Elles doivent assumer la révolution sociale dans le sud aussi, c’est vital, sinon elles sont cuites. Les derniers congrès des deux organisations principales, Republican Sinn Féin et 32 County Sovereignty Movement vont dans ce sens à mon avis. Je ne pense pas exagérer en disant qu’en Irlande, les seules forces révolutionnaires sont les républicains, les autres font de l’économisme et ne mettent pas l’Etat en question. En ce qui concerne les action armées, elles ne frappent que des cibles militaires et policières, des banques aussi, dans le Nord occupé.

A propos d’une merdouille trouvée sur le net – 19 octobre 2010

Si vous avez deux minutes à perdre, allez voir cette adresse, vous y découvrirez une jolie photo montrant un panneau de l’organisation Republican Sinn Féin posé au bord d’une route dans les 6 comtés, en hommage au républicain anti-traité Liam Mellows, tué par « l’Etat Libre » pendant la guerre civile en 1922.

L’article, paru sur un blog hébergé chez Libé, est une sorte de billet d’humeur, écrit par un français installé au Nord de l’Irlande, contre les « dissidents » (RSF en particulier). L’article reflète une idéologie bourgeoise, favorable à la paix sociale, vraisemblablement proche des provisoires, qu’il fait passer sous le masque d’un ton faussement « touriste » et « naïf ».

Ce qui est particulièrement insupportable dans ce blog, ce n’est pas tellement le fait qu’il se moque des républicains et de leurs amis francophones, ou qu’il colporte des ragots et des niaiseries, c’est surtout cette façon complètement coloniale de parler de l’Irlande comme d’un endroit exotique peuplé de bons sauvages un peu brutes, manifestement étranges, coincés dans un autre espace-temps que le reste de la civilisation. L’autre aspect, qui va avec le premier, c’est cette façon de pontifier dans le vent sur des sujets que manifestement il ne connaît pas. Bref, espérons-le, les antipodes de Libération Irlande.

Notre écrivain signale donc l’existence de RSF, pour critiquer sa politique, mais avec des arguments extrêmement faibles et complètement bourgeois (ils font de faibles scores aux élections locales, des moches tracts en noir et blanc, leur représentant n’est connu que dans son lotissement, ils sont violents). Il pousse le vice (ou l’ignorance) jusqu’à insinuer que l’organisation est anti-protestante, alors que son projet fédéraliste nommé Eire Nua a été abandonné dans les années 1980 par le groupe de Gerry Adams sous prétexte qu’il était trop favorable aux protestants. Mais laissons cela, le jour où les journalistes dans son genre enquêteront de façon modeste et honnête, les poules auront des dents.

L’homme de plume prend un air imbécile lorsqu’il évoque la scission du mouvement républicain de 1986, en faisant croire que c’est trop difficile à comprendre (« vous me suivez? »). Alors, quand cette organisation issue d’une scission connaît à nouveau une scission, il laisse entendre, avec un procédé de brouillage rhétorique minable, que la situation organisationnelle des républicains est complètement absurde et que ces gens sont de pauvres taches apolitiques complètement perdues.

Bien qu’il considère sûrement les républicains comme des hillbillies mal embouchés, sans envergure ni soutien populaire, notre homme a quand même tenté d’ouvrir Saoirse du mois de juin 2010, le journal de RSF, qu’il qualifie de « sombre ».

Tout pantelant, il avoue que les jugements assez fermes de RSF à l’encontre du groupe scissionniste et des matons lui ont fait « froid dans le dos » : sympathise-t-il avec cette scission? avec la corporation des matons? se croit-il le centre du monde? Le plus probable est que ce monsieur a ressenti une gêne sincère à voir de la propagande révolutionnaire et des éloges de la lutte armée. Diable! il y a même un détachement féminin chez eux…

Consterné par sa « découverte », son sens esthétique est choqué par le slogan de RSF « unbroken continuity« , qu’il accuse de redondance. Or, ce slogan a une signification précise dans le cadre de l’idéologie républicaine « traditionnelle », il signifie que RSF est le dernier avatar en date d’une lignée qui « commence » en 1905 avec la fondation de Sinn Féin, passe par la république proclamée par Pearse en 1916, approuvée par les élections de 1918, confirmée par la première assemblée de janvier 1919, qui devient clandestine en septembre, dont le mandat passe ensuite à l’IRA, etc.., jusqu’à RSF d’aujourd’hui. Ce n’est pas le moment d’évaluer cette position, l’important est de dire qu’elle a une cohérence et que ce slogan a un sens politique et historique très clair, que tous les républicains irlandais connaissent.

Notre nouvel ami apprend avec étonnement, page 2. que le journal se vend dans une librairie parisienne de gauche. Bigre, cette feuille de chou passe les frontières, qui l’eût dit! D’ailleurs, profitons de l’occasion : vous pouvez trouver Saoirse à la librairie Le Point du Jour, 58 rue Gay-Lussac dans le 5è arrondissement de Paris (RER Luxembourg). Si vous le pouvez, faites-y un tour, c’est une caverne d’Ali Baba et l’accueil est chaleureux.

Continuons : il finit sa lecture de Saoirse et il a comme un choc, car à la dernière page il s’aperçoit que des antifascistes de France (Libération Irlande en l’occurrence) ont écrit une présentation de leur groupe, publiée dans le journal irlandais. Toujours avec son petit air candide et une légère pointe d’aigreur, il s’étonne que des compatriotes à lui soient manipulables au point de « tomber sous le charme » de ces gens si méchants. Mais c’est vrai, ces petits chaperons rouges sont « naïfs » et « jeunes » (mais ils le disent eux-mêmes, ils ont « beaucoup à apprendre »).

Disons-le tout net : une véritable leçon de vie que cet article!

Merci de tout cœur, cher bienfaiteur, de nous accompagner de votre rude sagesse et de vos arguments si acérés.

La guerre psychologique après l’action d’ONH à Derry (12 août 2010)

Face aux actions armées des révolutionnaires, la presse bourgeoise a deux possibilités : ou bien leur opposer le mur du silence, ou bien en parler, si pour une raison ou pour une autre elle ne peut pas faire autrement. En ce moment en Irlande, les actions augmentent en nombre et en importance, comme ce fut le cas avec la voiture piégée du 3 août à Derry qui n’a pas pu passer inaperçue. Par exemple, l’Express en a parlé en disant n’importe quoi : les républicains sont confondus avec les nationalistes, et la RIRA avec ONH.

Nous allons vous montrer comment le Belfast Telegraph et le Derry Journal du 6 août ont longuement présenté l’affaire, sachant que les autorités d’occupation doivent faire face à un renforcement du mouvement républicain authentique. Ce traitement est transposable à d’autres situations d’affrontement entre l’Etat et la révolution.

1. Dans le Derry Journal, cette attaque est présentée comme étant de la folie pure (« utter madness ») contre Derry elle-même (« anti-Derry »). Dans la même veine, ONH (Oglaigh na h’Eireann) est accusée d’avoir attaqué dans une rue peuplée du centre-ville.

Or, il était 3h du matin, le taxi piégé venait d’être conduit à la porte de la caserne et il y a eu deux avertissements, le premier par un coup de téléphone d’ONH, le second par le chauffeur du taxi détourné qui a prévenu la police de cette attaque. D’autre part, ce ne sont pas les républicains qui ont décidé d’établir une caserne à cet endroit, mais les forces d’occupation britanniques qui veulent se placer au cœur des villes pour se servir des citadins comme boucliers humains.

2. Selon les journaux qui reprennent les propos de la police et des politiciens, ces actions seraient impopulaires. Par exemple, Matt Bagott, chef du RUC-PSNI (police britannique) affirme que les poseurs de bombe sont « les mêmes que les auteurs de l’attentat d’Omagh en 1998 ou qu’ils ont le même état d’esprit », pour imposer dans les esprits l’idée d’actions armées par nature forcément dirigées contre le peuple. Steven Martin, policier haut-gradé, s’est adressé aux parents de façon menaçante en exigeant d’eux qu’ils dissuadent leurs enfants de rejoindre ces organisations, car ils prendront « des années de prison pour une cause inutile ».

Or, les actions armées ne sont pas un vestige du passé comme le prétendent les sociaux-démocrates avec leur pseudo-progressisme, mais l’arête tranchante d’un mouvement populaire dans sa lutte contre l’Etat. La multiplication des actions armées et la perte de reconnaissance des mouvements collabos comme Provisional Sinn Féin indiquent au contraire que le soutien populaire est là. Si le chef de la police sermonne les parents, c’est bien la preuve que les jeunes s’impliquent dans le mouvement.

3. Comme dans toute guerre, les dominants cherchent à gagner à leur cause le plus grand nombre, et font font feu de tout bois. Un journalistes du Derry Journal, dans l’article « Aidez-nous à combattre la menace dissidente » du 10 août, nous explique que les bombes font « sortir les personnes âgées de leur cher foyer à des heures indues », bref que les républicains ont eu la lâcheté de les attaquer pendant leur sommeil. Le même journaliste nous dit qu’ils se moquent bien d’attaquer « des propriétaires de kebab et de jeunes mères qui ont rejoint la police. »

Dans le Derry Journal du 6 août, on apprend que la circulation dans les rues adjacentes a été coupée pendant 40 heures après l’explosion et que les riverains ont été empêchés d’entrer et de sortir de chez eux pendant 20 heures.

Or, le fait même que l’action ait eu lieu à 3h20 du matin montre que le but n’était pas d’attaquer les riverains, les passants ou les boutiquiers, mais la caserne. D’autre part, c’est la police qui a décidé de tout bloquer et de murer les gens chez eux, suscitant ainsi un malaise qu’elle cherche à tourner vers les auteurs de l’action. Par la même occasion, la police en faisant durer les recherches et en montrant des « experts » en combinaison cherche à faire croire à sa toute-puissance scientifique pour impressionner le peuple et dissuader d’autres militants de participer à ce genre d’actions.

4. Les médias fabriquent des victimes et des héros là où n’y en a pas pour dramatiser et dépolitiser la situation. Du côté des victimes, Lofti (sic) Jalloul , dont le kébab a été soufflé par l’explosion, se plaint : « mon commerce est complètement détruit, je n’ai pu sauver ma vie qu’à quelques minutes près, mais j’ai tout perdu. » D’autre part, James Breslin, un riverain, raconte au Derry Journal que « si les vitres de sa chambre avaient été fracassées, il serait mort sans l’ombre d’un doute ». Dans le récit, il poursuit : « J’ai toujours voulu vivre ici, mais maintenant ma mère me téléphone en me disant : Quitte la ville, James, quitte la ville ».

D’une part, il n’y a aucune victime ni aucun blessé, même léger, ce qui montre que ces histoires de morts hypothétiques sont bidon. D’autre part, les journalistes font semblant de ne pas connaître l’existence des assurances ou de l’Etat qui indemnisera le propriétaire du kébab.

Pour ce qui est du héros, c’est assez risible : dans l’article nommé « Comment j’ai risqué ma vie deux fois pour sauver d’autres personnes de la mort », le policier Adrian Simpson fait les commentaires suivants : « Je savais que la bombe pouvait exploser exploser d’un instant à l’autre, donc je devais prendre une décision. Je pense que l’instinct humain vous dirige. Je n’y ai pas vraiment réfléchi à deux fois, l’instinct humain prend le dessus et le fait d’être un policier vous fait faire ce que vous faites. »

Ce qu’on apprend dans le journal, c’est que l’acte de bravoure du policier Simpson a été de traverser une rue pour prévenir Lofti Jalloul, tout en passant près de la voiture, à l’aller et au retour!

5. Pour conclure, voici l’essentiel, expliqué avec franchise par le gradé de la police Steven Martin : « Mon job, c’est de promouvoir Derry en tant que ville accueillante pour les affaires. » Et en effet, on ne voit dans la presse bourgeoise que des images de commerces éventrés, mais aucune de la caserne endommagée.

Communiqué du 21 août 2010 à propos du sabotage du premier site web

Dans la nuit du 27-28 juillet, a eu lieu un hackage contre le site Libération Irlande et contre de nombreux autres sites du réseau Action Antifasciste et contre son forum. Trois semaines après, la vérité est désormais connue de tous les camarades impliqués, et nous voulons la faire connaître au public.

La source du sabotage est intérieure, son auteur est un seul individu qui faisait partie de notre équipe, il était même celui qui avait la haute main sur la logistique des sites de notre réseau. Cet individu était une grenade dans notre bunker. Cette grenade a explosé tout près de nous.

Les groupes qui ont subi le sabotage sont en train de décider ensemble quelles suites donner à cette affaire. Pour l’heure, nous devons une autocritique à nos camarades, sympathisants, et lecteurs francophones et anglophones. Nous avons mis du temps à rétablir et à déménager le site sur liberationirlande.wordpress.com, à cause des mauvaises habitudes passées de compter sur un technicien pour prendre en main ces aspects.

Nous avons laissé des responsabilités importantes à un individu instable politiquement et humainement, instabilité aggravée par l’alcool. Nous comptions sur sa grande maîtrise de l’outil informatique, en négligeant le reste. Ce faisant, nous avons mis la technique au poste de commandement, de façon apolitique. D’autre part, en fermant les yeux sur tous ses errements passés, bien que nous les connaissions, nous avons agi de façon libérale.

Cet individu est bien sûr exclu du groupe Libération Irlande et il est marqué d’ignominie.

Le travail de notre groupe a été affecté par ce sabotage informatique, politique et humain, mais il n’est pas remis en cause. Le soutien exprimé par les camarades, à la fois en Irlande et dans l’Etat français, nous donne un nouveau souffle pour aller de l’avant.

• Statement about the website’s sabotage of August 2010

During the night of July 27-28 a hack was waged against the Libération Irlande’s website and against numbers of other websites of the Action Antifasciste’s network, including its forum. Three weeks later, the truth is known by all comrades involved, and we wish to make it public.

The origin of the sabotage is internal, its author is a single person who was part of our team, he was even the one who managed our network’s websites logistics. This person was a hand grenade in our bunker. This hand grenade did explode very close to us.

The groups who suffered from the sabotage are deciding together how to deal with this issue. By now, we must deliver a self-criticism to our french and english-speaking comrades, sympathisers and readers. We’ve spent a certain amount of time before reinstalling and removing the website at liberationirlande.wordpress.com, because of our former bad habit of “trusting our mechanic” to tackle these internet issues. We’ve given large responsibilities to a person with great political and human instablility, worsened by alcohol.

We gave our trust to him considering his abilities as an informatician, neglecting everything else. By doing so, we put technology in command, in an apolitical way. Besides, even if we were aware of his bad old ways, we chose to close our eyes upon them, in a liberal way.

This person is of course excluded from our group, he is marked with ignominy.

Our work as a group has been damaged by this informatical, human and political sabotage, but our work is not jeopardised. The support shown by our comrades, both in Ireland and in the french state, gives us a new breed to step forward.

Ouverture du site (13 décembre 2009)

Bienvenue sur le site de Libération Irlande!

grivealouetteNous sommes un groupe dédié à la solidarité avec les révolutionnaires de toute l’Irlande, nous sommes liés au mouvement antifasciste de France. Notre but est de faire connaître aux francophones la situation de l’Irlande divisée et en partie occupée par l’impérialisme anglais, et nous soutenons par principe les initiatives du mouvement de libération national en Irlande.

Le conflit historique en Irlande a un contenu social et démocratique : notre camp est celui du peuple qui lutte pour se débarrasser des oppresseurs et de leurs valets, afin de vivre entre égaux, libres et en paix. Il ne s’agit ni d’une guerre de religion, ni d’une guerre de races.

Nous voyons que la lutte continue, que la révolution poursuit sa route au milieu des vicissitudes et creuse comme une taupe, vers la lumière. Libération Irlande se veut un modeste relais et écho de ce combat historique pour l’indépendance et le socialisme dans toute l’Irlande des 32 comtés.

Notre solidarité va aux républicains authentiques,  ainsi qu’aux groupes antifascistes, communistes, anarchistes, écologistes.  Nous mettrons en avant les réalités historiques, sociales et culturelles de l’Irlande du sud (26 comtés) comme du nord occupé (6 comtés), qui forment le sous-sol de la lutte. Nous voulons aussi faire connaître aux francophones la vie et l’oeuvre des révolutionnaires marquants de l’Irlande, de James Connolly à Bobby Sands, de Dan Keating à Patsy O’Hara, Bernadette Devlin McAliskey et Maura Harrington.

Nous sommes un groupe nouveau, nous n’avons aucun lien avec les structures antérieures comme Solidarité Irlande, qui ont sombré avec la capitulation du Sinn Fein de Gerry Adams.  Nous appartenons à une époque différente. Nous sommes contre la social-démocratie, contre l’impérialisme, pour l’amitié entre les peuples et pour le communisme.

Notre ambition est d’apporter notre contribution à un mouvement de soutien à la révolution en Irlande et d’impulser des initiatives pratiques de solidarité dans cette direction.

Welcome to the website of Libération Irlande!

We are a group commited to the solidarity with the revolutionaries of the whole Ireland, we are part of the antifascist movement in France. Our goal is to highlight to the french-speaking people the situation of the partitionned Ireland, occupied in part by english imperialism, and we bring our unconditional support to the initiatives of the national liberation movement in Ireland.

The historic conflict in Ireland has indeed a social and democratic content : we stand alongside the people who strive to get rid of the oppressors and their henchmen, in order to live between equals, free and in peace. This is neither a religious war, nor a race war.

We see that the struggle continues, that the revolution goes on facing the twists and turns, and like a mole diggs its way to the light. Libération Irlande aims to be a modest herald and echo of this historical struggle for sovereignty and socialism in the whole Ireland of the 32 counties.

We pledge our solidarity to the true republicans and to the antifascist, communist, anarchist and ecologist groups. We will highlight the social, historical and cultural realities of the south of Ireland (26 counties) and the north of Ireland (6 counties), for these realities are the background and substratum of the struggle.

We also want to introduce to french-speaking people the life and work of prominent revolutionaries of Ireland such as James Connolly, Bobby Sands, Patsy O’Hara, Dan Keating, Bernadette Devlin McAliskey, Maura Harrington.

We are a new group, we haven’t got any ties with former structures like Solidarité Irlande, which have sunk embracing the fate of the Gerry Adams’ Sinn Fein surrender. We belong to another epoch. We stand against social-democracy, against imperialism, we stand for the friendship amongst peoples and for communism.

Our wish is to give our part in a support movement for the revolution in Ireland, and to bring on practical initiatives of solidarity in this direction.

4 commentaires pour Déclarations – Statements

  1. Je tiens à apporter mon appui à la cause des républicains irlandais qui, comme nous au Québec, ont été et sommes victimes de la royauté britannique. J’espère que des liens solides se tisseront entre nos luttes.
    Vive la république d’Irlande
    Vive la République du Québec.

    ps: Comme nombre de mes compatriotes, j’ai des racines irlandaises.

  2. Seán dit :

    Pathetic attack on Sinn Féin and the IRA on this website.

    The dissidents are a joke and are hated by the overwhelming majority of the Irish Population and Republicans alike. They have no strategy, no political support and are incapable of achieving anything.

    It’s also quite funny that you support RSF and the 32CSM, both of which reject socialism. The 32CSM have admitted they have no political leaning (an most of them haven’t a brain in their heads) while RSF have brought forward racist motions at their Ard Fheiseanna.

    You lot would be better off getting your own house in order in terms of Corsica, Brittany and the treatment of Muslims in France before shouting your mouths off about a situation you clealry have no understanding.

    Viva Sinn Féin
    Viva l’IRA
    Viva FLNC

    Fuck the dissidents.

  3. peadar dit :

    « qui se sent morveux, qu’il se mouche » Molière

  4. Monier Alain dit :

    Bonjour,
    je suis tombe sur ce recapitulatif des messages de « liberation Irlande », je le connais pour en avoir deja pris connaissance anterieurement. J’aimerai a nouveau m’exprimer d’une maniere plutot anecdotique sur lla critique Anti Francaise formulee, comme le constat d’une Anglophobie hereditaire Francaise.

    J’ai l’impression de me retrouver face a un coloque Jungien, ou les docteurs traitent le phenomene archetypal de l’inconcient Collectif Propre a une nation. Il y a bien un inconscient collectif comme phenomene culturel, politique, social que draine une nation. Mais la on rencontre carrement le mythe. Jeanne D’arc en serait la representation archetypale. Je crois que c’est un peu leger. Si Jeanne d’Arc a encore une consistance historique cela vient du fait qu’il y a eu une continuite dans un contentieux Franco-Anglais jusqu’a nos jours, sans quoi Jeanne ne serait reste qu’objet d’etude de specialistes., le culte a l’idole est un fait chez toute les nations et il ne sert plus que referent effectivement patriotique.L’affrontement Franco Anglais esr recurrent pour des raisons politiques, economiques c’est evident, mais si le couple a des echanges vigoureux, nul ne demande comme dans un couple ordinaire la separation. Faire une analogie entre antisemitisme et anglophobie est une comparaison hasardeuse, on retrouve ce genre d’echange de nos jours en politique entre droite et gauche. On retourne sur l’archetypal, le catholique traditionnelement contre le pret, l’usure, le protestant requerant la valeur de l’effort, de l’argent fourvoyeur du capitalisme. Si tout cela est vrai Jung a raison contre Lacan, Maurras, Renan, contre Mauss etc.

    Si il existe des structures qui se perpetuent, c’est bien evidemment qu’elles sont reactivees a travers les decennies, mais sans toutefois nier que des differences qui s’y operent, sachant que le mythe est hors de la raison.. Marx l’avait bien vu en affirmant que le capitalisme etait le meilleur garant, le plus efficace pour assurer le boulot. L’Angleterre joue le meme jeu vis a vis de la France, elle n’est guere plus respectueuse , mais se renvoyer la balle est un jeu sans fin. Laissons chacun respecter l’autre et il n’y aura pas de divorce, meme si il ya des differents. J’evoquerai pour ma part le Libre Echange qui semblait faire l’unanimite chez nos elites respectives, malgre l’anteriorite anglaise. Pour autant elle pose probleme aujourd’hui, et la fraction dissidente se trouve plus chez les Peuples, par ces effets que chez les Elites. Et la l’enjeu pose probleme.

    Le choix du » militant » Irlandais se passe de commentaire fourvoye qu’il est dans la tourmente. Pour autant il y a descrimintion entre celui qui a des raisons nationales plus identitaires que Marxistes, et celui marxistes qui fait prevaloir son internationnalisme (pour simplifier). Le choix est different et certains exemples pourraient faire croire que les « nationniste » sont dans l’erreur. Le Marxiste joue son mythe (toute ideologie est un mythe), mais seul ce mythe est « jusqu’au boutiste » du seul fait qu’il se veut indepassable, nul ne peut aller plus loin, il n’y a pas d’echappatoire sans tomber dans l’irreel. A ce titre on peut s’affirmer qu’il est le seul detenteur de la verite. Ceux qui anterieurement ont voulu jouer l’opportunisme dans ce champ d’action ont echoue. Tout en sachant bien entendu que Marx reste une reference dans le domaine de la critique de l’exploitation, et a ce titre aucun liberaux ne peut le contrecarrer.

    Un Francais de l’exterieur qui s’interresse a l’Irlande du Nord peut etre un militant jusqu’au boutiste parce que l’Irlande est en Europe, et que ce peut etre un champ d’experience revolutionnaire. Mais beaucoup sont d’abord passe passe par un autre le mythe , celui que la litterature, l’mage a montre.
    romantique et historique ou l’Angleterre avait d’ailleurs aussi la part. belle. Le jeune Francais que j’etais
    adorait Ivanhoe, le Prince Noir, il se foutait du roi de France, meme de la bataille de Castillon. De toutes les facons louix XI et ses « fillettes » etait mal vu. Le depart n’est pas anti anglo saxon.

    La suite vient d’elle meme, cet eveil ouvre le coeur et les yeux vers l’Irlande exprimant son desir de chasser l’anglais hors de chez lui. Cordialement Alain Monier

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