Joyeux anniversaire Robert Emmet!

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Robert Emmet – Proclamation du gouvernement provisoire irlandais (1803)

Le gouvernement provisoire au peuple d’Irlande :

RobertEmmet_July1803« Vous êtes maintenant appelés à prouver au monde que vous êtes dignes de tenir votre rang parmi les nations , que vous avez droit de réclamer d’être reconnu comme un pays indépendant, en brisant le joug de l’Angleterre de vos propres mains.

Par le développement de ce système, que nous organisons depuis huit mois sans aucun secours étranger, vous prouverez au peuple anglais qu’en ce pays règne un esprit de persévérance qu’il est hors de son pouvoir de calculer ou de réprimer ; vous lui prouverez qu’aussi longtemps qu’il voudra maintenir son injuste domination sur l’Irlande, il ne pourra ni compter sur son obéissance, ni juger de ses intentions ; vous lui montrerez que la question qu’il lui importe maintenant de prendre en considération n’est pas de savoir s’il pourra résister à une séparation que nous avons la ferme intention d’effectuer, mais bien s’il veut, par une résistance sanguinaire, créer une antipathie mortelle entre les deux pays, ou s’il ne convient pas plutôt d’employer les uniques moyens qui lui restent de chasser ce sentiment de nos cœurs par un prompt et fidèle acquiescement à notre juste et inaltérable résolution.

Si le secret avec lequel a été conduit le complot a fait supposer à nos ennemis qu’il est de peu d’étendue, quelques jours suffiront pour les détromper. Cette confiance, qui a été une fois déçue en se reposant sur des secours étrangers, en laissant affaiblir graduellement tous nos moyens, s’est relevée ; nous avons fait serment de ne compter que sur nos propres forces, et que la première tentative pour introduire en ce pays un système de terreur, pour porter atteinte à la vie d’un seul individu, serait le signal de l’insurrection. Aujourd’hui nos plans sont mûrs pour l’exécution, et la promptitude avec laquelle dix-neufs comtés vont se lever pour y concourir, prouvera que le peuple d’Irlande ne manque ni de confiance, ni d’accord.

En faisant un appel à nos concitoyens, ce nous est un devoir de justifier nos droits à leur confiance, par une déclaration précise de nos vues ; nous proclamons donc solennellement que notre objet est d’établir en Irlande une république libre, indépendante ; que nous n’abandonnerons ce projet qu’avec la vie ; que nous ne quitterons notre poste qu’autant que l’Angleterre aura reconnu notre indépendance ; que nous n’entrerons en aucune négociation avec le gouvernement de ce pays, tant qu’une armée anglaise pèsera sur notre sol : telle est la déclaration que nous demandons au peuple irlandais de soutenir. Nous nous adressons surtout à cette partie de l’Irlande qui a été une première fois paralysée par le défaut de communication ; qu’elle prouve que c’est à ce motif seul que doit être attribuée son inaction ; à cette partie de l’Irlande qui s’est placée à la tête de la nation, par son courage dans les souffrances ; à cette partie de l’Irlande qui, une première fois, offrit de prendre sur elle le salut de la patrie ; à cette partie de l’Irlande où brilla pour la première fois le feu de la liberté ; que le Nord se soulève et secoue le joug de l’oppression !

Hommes de Leinster, aux armes !

C’est au courage que vous avez déployé naguère que la patrie est redevable de la confiance qu’elle ressent en ce moment, et du découragement qui saisira nos ennemis lorsqu’ils reconnaîtront que cet effort est général. Mais, hommes de Leinster, vous devez à votre pays quelque chose de plus que de l’avoir animé par votre exemple passé ; si, il y a six ans, lorsque vous vous soulevâtes sans armes, sans dessein, sans coopération, ayant à combattre vous seuls plus de troupes qu’il n’y en a en ce moment dans tout le pays, vous pûtes pendant six semaines opposer une résistance ouverte au gouvernement, à quelques miles de la capitale, que ne ferez-vous pas aujourd’hui, que cette capitale et l’Irlande entière sont prêtes à vous soutenir ?

emmettttMais ce n’est pas sur ce point que je dois vous adresser la parole ; non, nous vous parlons maintenant, et par vous à tout le reste de l’Irlande, d’un sujet qui ne nous est pas moins cher que le succès de votre patrie, son honneur : vous êtes accusés par vos ennemis d’avoir violé cet honneur ; ces excès qu’ils ont eux-mêmes provoqués, qu’ils ont honteusement exagérés, ils vous les attribuent ; l’occasion de vous justifier par des actions vous est aujourd’hui offerte pour la première fois. Nous vous conjurons de donner un démenti à ces imputations, en évitant soigneusement toute apparence de pillage ou de vengeance : vous ressouvenant que vous avez déjà perdu l’Irlande, non par faute de courage, mais faute de discipline ; nous espérons que vos souffrances passées vous auront donné l’expérience ; que vous respecterez la déclaration que nous faisons maintenant et que nous sommes résolus d’appuyer de tous nos moyens.

La nation seule possède le droit de punir un individu ; tout homme qui en tue un autre hors du champ de bataille, et sans les formes d’un jugement, se rend coupable de meurtre ; l’intention du gouvernement provisoire d’Irlande est de réclamer du gouvernement anglais ceux d’entre nos concitoyens qui ont été déportes à cause de leur attachement à la liberté ; dans ce dessein, il retiendra comme otage tous ceux de ses partisans qui tomberont entre ses mains ; il invite donc le peuple à respecter ces otages et à se rappeler qu’en répandant leur sang, ils laisseraient leurs propres compatriotes à la merci de leurs ennemis.

L’intention du gouvernement provisoire est de résigner ses fonctions aussitôt que la nation aura choisi ses délégués; mais en même temps il est résolu de donner pleine force aux résolutions ci-après ; en conséquence, il prend toutes les propriétés du pays sous sa protection, il punira avec la dernière rigueur toute personne qui les violerait, et nuirait par-là à nos ressources présentes et à notre prospérité future.

Toute personne qui refusera de marcher, en quelque lieu qu’on lui ordonne, sera coupable de désobéissance envers le gouvernement, qui seul est compétent pour décider en quel lieu ses services sont nécessaires ; rappelez-vous qu’en quelque partie de l’Irlande que l’on combatte, l’on combat pour la liberté.

remember98Toute personne qui tentera d’accréditer la calomnie propagée par nos ennemis, que ceci est une guerre de religion, se rendra coupable du crime énorme de diffamation envers son pays ; les distinctions religieuses ne forment que l’un des nombreux abus dont l’Irlande se plaint : notre intention est non-seulement d’abolir cette oppression, mais toutes celles qui nous accablent ; nous combattons afin que chacun d’entre nous puisse avoir une patrie ; cela fait, chacun d’entre nous pourra avoir sa religion.

Nous connaissons les craintes que vous avez manifestées : vous redoutez, en quittant vos comtés respectifs, de laisser vos femmes et vos enfans à la merci de vos ennemis ; mais rassurez-vous : s’il est des hommes assez bas pour persécuter des êtres incapables de résistance, montrez-leur, par vos victoires, que nous avons le pouvoir de punir, et par votre obéissance, que nous avons le pouvoir de protéger ; ces hommes reconnaîtront alors que la sûreté de tout ce qui leur est cher dépend de la conduite qu’ils tiendront envers vous : marchez donc avec confiance, repoussez les ennemis étrangers, et laissez-nous le soin d’assurer la tranquillité domestique ; rappelez-vous que non-seulement la victoire, mais l’honneur de votre patrie est remis entre vos mains ; dépouillez tous ressentimens particuliers, et montrez au monde que le peuple irlandais est non-seulement brave, mais aussi généreux, et qu’il sait pardonner.

Hommes de Munster et de Connaught

Vous avez vos instructions, nous espérons que vous saurez les suivre ; l’exemple du reste de vos concitoyens est devant vous ; vos forces sont entières : il y a cinq mois, vous étiez prêts à agir sans aucun autre secours ; montrez aujourd’hui ce que vous déclarâtes alors, que vous n’attendiez que l’occasion pour prouver que vous possédez le même amour pour la liberté et le même courage dont est animé le reste de vos concitoyens ; nous nous adressons maintenant à cette partie de nos concitoyens, qu’il est plus nécessaire de persuader par une déclaration franche, que de vaincre en un champ de bataille : en faisant cette déclaration, nous ne voulons pas rappeler des événemens qui, bien que de nature à couvrir de honte leurs auteurs, pourraient peut-être réveiller dans les esprits de ceux qui en furent ou les instrumens ou les victimes, une animosité que nous voulons étouffer.

Nous n’entrerons donc point dans le détail des atrocités et de l’oppression dont a été accablée l’Irlande pendant sa réunion avec l’Angleterre, mais nous justifierons notre intention de nous séparer de ce pays, par des souvenirs historiques qui attestent que durant six cents ans il lui a été impossible de se concilier l’affection du peuple irlandais ; que durant cette époque cinq rebellions ont éclaté pour secouer son joug ; qu’elle a été obligée d’avoir recours à un système de tyrannie inouïe pour se défendre ; qu’elle a brisé tous les liens d’une réunion volontaire, en ôtant le nom même d’indépendance à l’Irlande, par l’intermédiaire d’un parlement corrompu ; que, pour disculper ses mesures, elle a elle-même autorisé les projets des Irlandais-Unis, en déclarant expressément, par la bouche de ses ministres, que « jamais l’Irlande ne pourrait jouir des avantages de sa réunion avec l’Angleterre ; qu’il est nécessaire, lorsqu’un pays est réuni à un autre, que les intérêts du plus faible cèdent aux intérêts du plus fort ; que l’Angleterre a soutenu et encourage les colons anglais dans leur oppression sur les natifs de l’Irlande ; que l’Irlande a été laissée dans un état d’ignorance, de rudesse et de barbarie pire dans ses effets et plus dégradant par sa nature que celui dans lequel on l’avait trouvée six siècles auparavant. »

ann devlinMaintenant à quelle cause ces effets doivent-ils être attribués ; est-ce la malédiction du Dieu tout puissant qui a maintenu un esprit d’obstination dans le peuple irlandais pendant six cents ans ? Sont-ce les doctrines françaises qui ont produit six rebellions ? Les sophismcs de l’ambition ont-ils pu effacer de l’esprit de tout un peuple le souvenir de sa défaite, et exciter dans l’enfant au berceau les mêmes sentimens que son père emporta dans la tombe ?

Cet aveu si honteux que nos ennemis ont fait de leur dessein, ne pourra-t-il détruire les calomnies répandues sur les nôtres ; la confiance qu’on leur accordait ne pourra-t-elle s’attacher à la déclaration solennelle que nous faisons maintenant à la face de Dieu et de notre pays ? nous ne combattons point contre la propriété, nous ne combattons contre aucune secte religieuse, nous ne combattons point contre des opinions et des préjugés passés, mais bien contre la domination anglaise ; nous ne nions pas cependant que certains hommes, non point parce qu’ils ont soutenu le gouvernement de nos oppresseurs, mais parce qu’ils ont violé les lois communes de la morale, nous ont mis hors d’état de leur donner la protection d’un gouvernement.

Nous ne voulons point hasarder l’influence que nous pouvons avoir sur le peuple et le pouvoir qu’elle peut nous donner pour prévenir les excès d’une révolution, en entreprenant de tranquilliser l’homme qui s’est rendu coupable de tortures, de pillages et dé meurtres ; que la franchise avec laquelle nous l’avertissons de ses dangers soit une garantie pour ceux qui n’ont point passé les bornes légitimes.

Nous espérions, dans l’intérêt même de nos ennemis, pouvoir les prendre par surprise et faire triompher la cause de la patrie avant qu’ils eussent eu le temps de s’y opposer ; mais quoique le succès ait trompé notre attente, nous nous réjouissons cependant de voir qu’ils n’ont point obéi avec empressement à l’appel de ceux qui les ont trompés ; nous les invitons, maintenant qu’il en est encore temps, à ne pas se compromettre davantage contre un peuple auquel ils sont incapables de résister, et pour soutenir un gouvernement qui, d’après leur propre déclaration, a perdu tout droit à notre obéissance.

C’est à ce gouvernement entre les mains duquel réside, sinon l’issue, du moins la couleur que va prendre cette guerre, que nous nous adressons maintenant ; quel parti va-t-il adopter ; aura-t-il recours à une résistance ouverte et honorable, ou bien son intention est-elle d’employer ces lois que la coutume a placées dans ses mains, et de nous forcer à user de représailles pour notre défense ?

Combien est inutile un système de terreur destiné à empêcher le peuple irlandais de se soulever pour conquérir ses droits, une triste expérience l’a déjà démontré ; quel serait l’effet d’un pareil système en cas de succès, nous vous l’avons déjà fait connaître. Nous vous adressons maintenant une autre considération. Si la question qui nous divise va recevoir une décision solennelle et définitive, si nous avons été trompés, la réflexion doit vous indiquer quelle serait la conduite la plus propre à nous convaincre. II faudrait nous montrer que telle est la différence de force entre les deux pays, qu’il vous est inutile de déployer toute votre puissance, nous montrer que vous avez quelque chose en réserve pour réprimer non-seulement de nouveaux efforts de la part du peuple, mais des efforts rendus plus terribles encore par l’assistance étrangère ; il faudrait nous prouver que cette prospérité, que nous avons vainement supposée s’accroître en dépit de vos efforts, il ne tient qu’à vous de l’anéantir.

Mais, au nom de vos intérêts, n’ayez point secours à un système qui, en aigrissant nos esprits, nous laisserait encore cette illusion douloureuse que nous avons été forcés de plier, non pas sous les lois d’une puissance supérieure, mais sous les efforts de la faiblesse armée du désespoir ; considérez aussi combien il est périlleux de distinguer les rebelles des ennemis. Déjà vous avez été contraints une fois de renoncer à cette distinction ; que si vous étiez obligés de l’abandonner envers l’Irlande, vous ne pourriez le faire aussi tranquillement qu’envers l’Amérique, à cause de l’état d’exaspération où vous avez porté l’esprit de la nation ; un peuple que vous proclamez avoir été voué à la barbarie et à l’ignorance, avec quelle confiance pouvez-vous lui dire : tant que la cruauté a été à mon avantage, je vous ai massacré sans pitié ; mais la mesure de mon sang commence à excéder celle du vôtre, il n’est plus de mon intérêt que ce sanglant système continue ; ayez donc pour moi cette commisération que je ne vous ai apprise ni par mes préceptes ni par mes exemples, dépouillez vos ressentimens, faites-moi quartier, et oublions l’un et l’autre que je ne vous l’ai jamais fait.

Cessez donc, nous vous en supplions, de violer inutilement l’humanité, en faisant usage d’un système impuissant comme instrument de terreur, impuissant comme moyen de défense, impuissant comme moyen de conviction, ruineux pour les relations futures des deux pays en cas de succès, et destructif de ces instruments de défense qui vous seront alors doublement nécessaires ; mais si telles ne sont pas vos résolutions, écoutez les nôtres : nous n’imiterons point votre cruauté, nous ne mettrons nul homme à mort de sang-froid ; les prisonniers qui tomberont entre nos mains seront traités avec le respect dû au malheur ; mais si un seul soldat irlandais est frappé hors du combat, notre armée aura ordre de ne faire quartier à qui que ce soit. Concitoyens, si une nécessité cruelle nous force aux représailles, nous ensevelirons notre ressentiment dans le champ de bataille ; si nous devons succomber, nous succomberons là où nous avons combattu pour notre pays ; pleins de cette résolution que l’expérience du passé nous a démontrée nécessaire, convaincus de la justice de notre cause qui va se juger maintenant, nous en appelons à Dieu et à notre épée, et comme la cause de l’Irlande mérite de prospérer, ainsi puisse le ciel lui donner la victoire ! »

Source : ici

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Anecdotes étonnantes sur Robert Emmet et Blaise Pascal

Robert Emmet, enfant

Il annonça de bonne heure de rares et brillantes facultés. Un singulier mélange d’enthousiasme et de sagacité, une grande force d’attention, une ardente et poétique imagination jointe a un esprit exact et pénétrant, le rendaient également propre aux études littéraires et scientifiques. Il se distinguait aussi par une indomptable énergie de volonté unie à une grande douceur de caractère. Ce n’est pas sans intérêt que l’on voit se dessiner dès l’enfance les premiers traits des natures d’élite; et Madden raconte dans La Vie de Robert Emmet une anecdote, puérile en apparence, mais qui révèle la force de sa volonté et la pénétration de son esprit. Il eut de bonne heure la passion des sciences exactes ; les mathématiques et la chimie furent dès l’âge de douze ans ses études favorites. Il avait l’habitude de faire des expériences de chimie dans la maison de son père.

A la suite d’une de ces expériences, il se mit à étudier un livre d’algèbre, et chercha la solution d’un problème qui, de l’aveu de l’auteur, était de la plus extrême difficulté. Dans sa préoccupation, il porta imprudemment la main à sa bouche, et s’empoisonna avec du sublimé corrosif, qu’il venait de manipuler peu d’instants auparavant. Les violentes douleurs qu’il éprouva aussitôt l’avertirent de son danger, et de la cause de ses souffrances. Toutefois, craignant qu’en punition de son imprudence on ne lui interdît désormais l’usage de ces dangereuses expériences, il ne voulut prévenir personne ; il descendit dans la bibliothèque de son père, prit un volume de l’Encyclopédie, et trouva à l’article « Poison », que la craie délayée dans de l’eau était recommandée comme remède dans un cas pareil au sien ; se souvenant qu’il avait vu de la craie au fond d’une remise attenante à la maison, il descendit dans la cour, brisa la porte de la remise qui était fermée, parvint à trouver cette craie, en fit usage, et se remit tranquillement à l’étude du problème qui le préoccupait.

Le lendemain matin, son précepteur, le docteur Lewis, le voyant paraître à déjeuner, la figure si décomposée qu’il en était à peine reconnaissable, l’interrogea avec anxiété, et obtint de lut l’aveu qu’il avait passé toute la nuit dans de cruelles tortures, mais que profitant de l’insomnie, il n’en avait pas moins continué à étudier son problème, et l’avait résolu.

Robert Emmet, par Louise Haussonville, M. Lévy frères, 1858, Paris, pp.7-8

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Blaise Pascal, enfant

Ainsi dès son enfance il ne pouvait se rendre qu’à ce qui lui paraissait vrai évidemment; de sorte que, quand on ne lui disait pas de bonnes raisons, il en cherchait lui-même, et quand il s’était attaché à quelque chose, il ne la quittait point qu’il n’en eût trouvé quelqu’une, qui le pût satisfaire. Une fois entre autres, quelqu’un ayant frappé à table un plat de faïence avec un couteau, il prit garde que cela rendait un grand son, mais qu’aussitôt qu’on eut mis la main dessus, cela l’arrêta. Il voulut en même temps en savoir la cause, et cette expérience le porta à en faire beaucoup d’autres sur les sons. Il y remarqua tant de choses qu’il en fit un traité à l’âge de douze ans, qui fut trouvé tout à fait bien raisonné.

Son génie pour la géométrie commença à paraître lorsqu’il n’avait encore que douze ans, par une rencontre si extraordinaire, qu’il me semble qu’elle mérite bien d’être déduite en particulier.

Mon père était homme savant dans les mathématiques, et avait habitude par là avec tous les habiles gens en cette science, qui étaient souvent chez lui; mais comme il avait dessein d’instruire mon frère dans les langues, et qu’il savait que la mathématique est une science qui remplit et qui satisfait beaucoup l’esprit, il ne voulut point que mon frère en eût aucune connaissance, de peur que cela ne le rendit négligent pour la langue latine et les autres dans lesquelles il voulait le perfectionner.

Par cette raison il avait serré tous les livres qui en traitent, et il s’abstenait d’en parler avec ses amis en sa présence; mais cette précaution n’empêchait pas que la curiosité de cet enfant ne fût excitée, de sorte qu’il priait souvent mon père de lui apprendre la mathématique; mais il le lui refusait, lui promettant cela comme une récompense. Il lui promettait qu’aussitôt qu’il saurait le latin et le grec, il la lui apprendrait. Mon frère, voyant cette résistance, lui demanda un jour ce que c’était que cette science, et de quoi on y traitait; mon père lui dit en général que c’était le moyen de faire des figures justes, et de trouver les proportions qu’elles avaient entre elles, et en même temps lui défendit d’en parler davantage et d’y penser jamais.

Mais cet esprit qui ne pouvait demeurer dans ces bornes, dès qu’il eut cette simple ouverture, que la mathématique donnait des moyens de faire des figures infailliblement justes, il se mit lui-même à rêver sur cela à ses heures de récréation; et étant seul dans une salle où il avait accoutumé de se divertir, il prenait du charbon et faisait des figures sur des carreaux, cherchant les moyens de faire, par exemple, un cercle parfaitement rond, un triangle dont les côtés et les angles fussent égaux, et les autres choses semblables. Il trouvait tout cela lui seul; ensuite il cherchait les proportions des figures entre elles.

Mais comme le soin de mon père avait été si grand de lui cacher toutes ces choses, il n’en savait pas même les noms. Il fut contraint de se faire lui-même des définitions; il appelait un cercle un rond, une ligne une barre, et ainsi des autres. Après ces définitions il se fit des axiomes, et enfin il fit des démonstrations parfaites; et comme l’un va de l’un à l’autre dans ces choses, il poussa les recherches si avant, qu’il en vint jusqu’à la trente-deuxième proposition du premier livre d’Euclide. Comme il en était là-dessus, mon père entra dans le lieu où il était, sans que mon frère l’entendît; il le trouva si fort appliqué, qu’il fut longtemps sans s’apercevoir de sa venue.

On ne peut dire lequel fut le plus surpris, ou le fils de voir son père, à cause de la défense expresse qu’il lui en avait faite, ou le père de voir son fils au milieu de toutes ces choses. Mais la surprise du père fut bien plus grande lorsque lui ayant demandé ce qu’il faisait, il lui dit qu’il cherchait telle chose, qui était la trente-deuxième proposition du premier livre d’Euclide. Mon père lui demanda ce qui l’avait fait penser à chercher cela. Il dit que c’était qu’il avait trouvé telle autre chose; et sur cela, lui ayant fait encore la même question, il lui dit encore quelques démonstrations qu’il avait faites, et enfin en rétrogradant et s expliquant toujours par les noms de rond et de barre, il en vint à ses définitions et à ses axiomes.

La Vie de monsieur Pascal, par Gilberte Périer, sa soeur.

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Arrestations devant une armurerie dans le comté d’Offaly

Article paru le 12 février 2014 sur le site independent.ie

Ursula ShannonUrsula Shannon, âgée de 30 ans, diplômée du Trinity College à Dublin et membre du groupe républicain socialiste Eirigi, et ses co-accusé John McGreal, âgé de 37 ans, et Colin Brady, âgé de 24 ans, ont été placés en détention préventive suite au jugement du Tribunal Criminel Spécial. Ce tribunal sans jury a appris que les mis en examen portaient des perruques et des déguisements lorsqu’ils furent arrêtés par la police armée devant une armurerie.

La Cour a pu visionner les enregistrements des caméras de vidéo-surveillance, qui montraient la camionnette volée dans laquelle les trois voyageaient, et le procureur a invité la Cour à conclure que les personnes dans la camionnette se préparaient à braquer l’armurerie et à voler les armes à feu qui s’y trouvaient. Les mis en examen ont plaidé non-coupables de la possession illégale des deux armes de poing et des 32 pièces de munitions qui ont été saisies à Tullybeg, Rahan, dans le comté d’Offaly le 27 novembre 2012, mais ils n’ont pas contesté les preuves sur ce point. (…)
John McGreal a gardé le silence lorsqu’on lui posait des questions, quant à Shannon et Brady, ils ont répondu : « pas de commentaires ». Le juge Paul Butler a dit que la Cour n’avait aucun doute que chacun des mis en examen était en possession des articles incriminés. Il a ajouté que l’absence de réponse des mis en examen sur ces points précis permettaient à la Cour de conclure qu’ils possédaient bel et bien ces armes, et que pour cette raison, les trois mis en examen étaient jugés coupables du délit en question.

Le procureur a dit que les gardai avaient reçu le renseignement confidentiel qu’un véhicule volé serait utilisé dans un braquage mené par des républicains dissidents contre une propriété du comté d’Offaly. La Cour a également appris que la fouille de la camionnette avait mis au jour les deux pistolets, le gomme-cogne, des munitions, des cordes, des perruques et des déguisements. Les gardai ont expliqué que les mis en examen avaient pris des mesures pour dissimuler leur apparence physique et portaient des couches de vêtements superposés pour les faire sembler plus lourds qu’ils n’étaient. L’accusation a ajouté que Shannon et McGreal portaient des perruques.

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Nathan Hastings a été arrêté

Article paru le 25 février 2014 dans le Belfast Telegraph

nathan hastingsNathan Hastings, âgé de 21 ans, habitant le quartier de Strathfoyle à Derry, a comparu hier devant le Tribunal de Derry. Il est accusé d’avoir été trouvé en possession d’explosifs et d’armes le 12 avril de l’an passé. Le témoignage a été donné par un policier qui est resté anonyme et qui a parlé derrière une vitre teintée.

Ce policier, identifié sous le nom de code A37, a expliqué qu’il s’agissait d’une « opération dirigée par les services de renseignement » et qui a abouti à une arrestation. Il a ajouté qu’il avait été briefé par les services de renseignement le jour J et qu’il faisait partie d’une force de réaction rapide qui était là pour prêter assistance aux autres policiers. Il a précisé qu’après avoir arrêté deux voitures dans Northland Road à Derry, il avait fouillé la voiture de marque Citroën et avait trouvé les armes et les explosifs. Lorsqu’on lui demanda pourquoi il avait fouillé la Citroën et non l’autre voiture, il répondit que son travail était « colmater les brèches » partout où il y en avait. Ensuite, on demanda au policier s’il avait été préalablement informé que la Citroën contenait les armes, et le policier répondit : « non ».

Il fut décidé que les audiences allait continuer au Tribunal de la Couronne à Belfast et Hastings n’a ni posé de questions ni demandé l’assistance de témoins dans cette phase.

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Stephen Murney a été acquitté après 14 mois d’internement

Article paru dans le Belfast Telegraph du 25 février 2014

stephen murneyUn militant républicain qui avait posté sur facebook des photos de policiers vient d’être acquitté de l’accusation de terrorisme qui pesait contre lui, suite au verdict d’un juge qui a conclu qu’il n’y avait dans cette affaire aucune preuve d’intention criminelle.

Stephen Murney, officier de presse [responsable des relations extérieures] du parti Eirigi a accusé la police et le parquet de l’avoir interné en préventive, lui qui a passé « 14 mois en prison pour rien » après avoir été innocenté hier. M. Murney, qui vient du quartier de Derrybeg Terrace à Newry, avait été emprisonné l’année dernière sur le fondement de sept chefs d’inculpation, dont la possession, la collection, la publication d’informations susceptibles d’être utilisées à des fins terroristes, entre le mois d’août 2011 et le mois de juillet 2012

S’adressant au public à la sortie du tribunal, après avoir été acquitté de toutes les accusations, M. Murney a remercié ses avocats et a dit que sa détention était un « internement en préventive », avant de s’engager à reprendre son poste d’officier de presse d’Eirigi. Pendant le procès sans jury tenu au tribunal de la Couronne à Belfast, le Parquet a affirmé que ces photos avaient été trouvées sur un ordinateur accompagnés de deux vidéos sur un Iphone, pendant la perquisition de son domicile à Newry en novembre 2012.

En effet, M. Murney avait pris des photos de policiers en juin 2012 au moment du passage en ville de la torche olympique qui avait été l’occasion d’une manifestation de soutien aux prisonniers républicains et contre les fouilles intégrales menées à la prison de Maghaberry. M. Murney, qui était à ce moment l’officier de presse d’Eirigi, avait participé à cette manifestation et avait par la suite posté les photos sur son compte facebook. Il avait d’autre part publié des photos le montrant en train de se faire arrêter et fouiller par la police, et des photos de visages de policiers encadrant la parade du 12 juillet à Newry.

Lors de la perquisition de son domicile en novembre 2012 avaient été découverts des photos de policiers en service, à Newry et Belfast et une vidéo d’une minute d’une opération de police sur l’autoroute A1, pendant laquelle un mini-bus soupçonné de transporter des explosifs avait été arrêté et fouillé. Lorsqu’à l’audience au tribunal, on lui demanda de s’expliquer au sujet de cet incident, M. Murney a déclaré qu’il y avait des enfants à bord et que leurs parents lui avaient demandé l’assistance d’Eirigi, en précisant que son intention était d’enregistrer la scène en vidéo.

S’appuyant sur des preuves, M. Murney a montré que ces photos ne pouvaient pas servir à des fins terroristes, expliquant qu’il les possédait pour faire ses comptes rendus en qualité d’officier de presse. Lorsqu’on lui demanda la raison des photos le montrant en train de se faire arrêter et fouiller, M. Murney expliqua qu’il enregistrait l’incident pour transmettre ce témoignage au Comité pour l’Administration de la Justice, étant donné qu’il considère qu’il subit un harcèlement de la part de la PSNI [police de l’entité d’Irlande du Nord]. La juge Corinne Philpott a dit : « Il n’y a pas de preuve qu’eirigi soutienne la violence ou défende l’idée d’actions violentes contre la police, ou que l’organisation ait un lien direct avec ceux qui soutiennent l’activité terroriste. » Elle a affirmé que le Parquet avait échoué à démontrer son accusation et a jugé que l’accusé était acquitté.

Une déclaration faite par la suite au nom de M. Murney affirmait ce qui suit : « Même s’il était parfaitement clair dès le début que ces accusations étaient sans fondement aucun, la PSNI et le Parquet ont persévérer dans leurs chicanes juridiques pour finir par me faire emprisonner à partir de décembre 2012. On ne saurait définir autrement ces chicanes que comme de l’« internement en préventive »

Source : ici

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Martin Corey relâché, mais pas libre pour autant

Editorial de Saoirse – Irish Freedom, février 2014

martin corey jeuneMartin Corey a été libéré de la prison de Maghaberry, dans le comté d’Antrim, le 15 janvier 2014, après avoir été interné pendant presque quatre ans sur l’ordre du secrétaire d’Etat britannique. En Avril 2010, Martin fut arrêté dans son domicile à Lurgan, dans le comté d’Armagh), sur l’ordre de Shaun Woodward, secrétaire d’Etat [à l’Irlande du Nord] à ce moment et amené directement à la prison de Maghaberry, sur le fondement de prétendues preuves secrètes et d’allégations, au contenu et à l’origine indéterminées, sur son engagement républicain et sur le fait qu’il serait un “risque pour le public”. Selon un porte-parole de Republican Sinn Féin : “Il a été emprisonné sans passer par la case justice, depuis son arrestation il n’a jamais été interrogé sur quelque incident que ce soit et de fait ses avocats n’ont jamais pu consulter ni contester les preuves secrètes à son encontre qui ont été présentées au Parquet.” Lors d’une audience en 2012, il avait été fait vaguement référence à un certain “agent provocateur” qui aurait informé les forces de la couronne britannique sur Martin, ses mouvements et ses contacts.

Le juge avait demandé s’il existait des preuves de ces alléguations, et l’accusation représentant l’Etat britannique avait fait référence aux papiers signés de secrétaire d’Etat qu’il avait par-devers lui, papiers considérés comme relevant de la sécurité nationale. Le juge lui avait alors répondu qu’il avait affaire à deux séries de preuves, l’une publique et l’autre secrète. L’accusation fit alors référence à un cas antérieur concernant Martin Corey, qui contestait sa détention, et dans lequel cet “agent provocateur” avait fourni des preuves lors d’une session non-publique. Comment peut-on considérer comme légal, même sous la loi britannique en Irlande, le fait qu’un juge ne puisse pas voir le matériel qui est censé fonder son jugement? La réponse est sans doute à trouver dans ce qui eut lieu par la suite, car après que le juge eut fait plusieurs références aux lois qui gouvernent ce genre de choses en Angleterre, l’accusation répondit : “Eh bien, voilà la façon dont on fait les choses ici en Irlande du Nord ».

martin coreyMartin a donc été libéré de prison mais il n’est pas libre. Même si certaines conditions qui accompagnent sa libération sont incertaines et inconnues, ce qui est certain c’est qu’il n’a pas le droit de vivre chez lui à Lurgan et que personne, ni lui ni personne parmi ses associés, y compris son avocat, n’a le droit de parler aux médias de ses conditions de libération. Martin a été libéré de prison sous le couvert de la nuit, par la sortie de derrière et emmené dans une voiture sans plaque d’immatriculation à la gare de Moira, où il fut pris en charge par son avocat et conduit vers une destination secrète.

Cait Trainor, présidente du comité de soutien pour la libération de Martin Corey, a dit dans une interview à la BBC : « Il est clair que la perpétuation de l’emprisonnement de Martin Corey était politiquement embarrassant pour le ministère à l’Irlande du Nord (Northern Ireland Office – NIO), et sa libération eut lieu de façon à ce que le minimum de publicité ne l’accompagne ». Dans un communiqué, le NIO a déclaré que le ministère public avait décidé de libérer Martin Corey en conditionnelle : « ces conditions visent à gérer les risques que cette libération entraîne ».

Cela étant, Peter Murphy, l’avocat de Martin, a fait remarquer ce qui suit : « Etant donnés les obstacles placés devant Martin Corey, ses défenseurs, et la nature kafkaïenne de ce processus juridique, nous demandons à tous ceux qui sont dans leur bon sens de réfléchir un instant à ce système où le droit fondamental à la liberté des personnes peut être aboli d’un trait de plume sans qu’il y ait moyen de contester ces assertions. » Il ajouta : « En tant qu’avocat de la défense, c’est un sacrilège pour nous de voir qu’un homme peut perdre presque quatre ans de sa vie sans jamais entendre quelque précisions que ce soit concernant les accusations portées contre lui, et sans connaître celui qui l’accuse. »

Martin avait été condamné à de la prison à perpétuité en 1973 pour sa participation au meurtre de deux agents du RUC par l’IRA, mais il fut libéré en 1992. Depuis, Martin était redevenu un visage familier dans sa ville natale de Lurgan. Il travaillait avec son frère (aujourd’hui décédé) et avait repris le fil de sa vie. Rien ne l’avait préparé à sa ré-arrestation et à son internement subséquent. L’arrestation et la détention de Martin Corey pendant presque quatre ans fait partie de la politique consistant à « attaquer » et emprisonner ceux qui s’opposent au processus en cours de normalisation de l’entité artificielle par l’Etat britannique.

L’internement en préventive est banalisé et n’est utilisé que contre les républicains dans les 6 comtés occupés. En mai dernier, les avocats de Martin Corey avaient dit qu’ils allaient contester sa détention auprès de la cour européenne des droits de l’homme. Ceci reste une option.

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Margaretta d’Arcy, militante anti-guerre, a été emprisonnée pour avoir foulé le tarmac de l’aéroport Shannon

Article paru dans Saoirse – Irish Freedom, février 2014

Margaretta d'ArcyCette femme du comté de Galway, âgée de 79 ans, encourait une peine de sursis de trois mois pour avoir refusé de signer un papier exigeant d’elle de se tenir à distance des « zones non autorisées » de l’aéroport Shannon. Margaretta a pris en main sa propre défense tout comme l’avait fait Mary Kelly en 2003 lorsque cette dernière avait été accusée de « dommage criminel contre un avion de la US Navy », suite à son attaque à la hache d’un avion de guerre. Margaretta avait produit une pièce de théâtre intitulée Big Plane, Small Axe [« gros avion, petite hache »] qui suit le parcours judiciaire de Mary Kelly, des tribunaux de Kilrush et Ennis jusqu’à son incarcération à Limerick.

Bien connue en tant qu’écrivaine et membre de l’association d’artistes Aosdána, Margaretta d’Arcy a été condamnée par le tribunal d’Ennis en décembre 2013, en compagnie de son camarade Niall Farrell, suite au réquisitoire de l’accusation selon lequel ils avaient « mis en danger des vies » en gênant l’atterrissage de deux avions à l’aéroport de Shannon en octobre 2012. Ces deux membres de la Galway Alliance Against War avaient répondu qu’ils avaient le droit légal de protester contre l’usage de l’aéroport par l’armée US. Ils ont tous deux écopé de peines de prison de trois mois, qui ont été commuées en sursis avec obligation de signer un papier les engageant à rester éloignés pendant deux ans des zones non autorisées de l’aéroport de Shannon. Mais comme Margaretta d’Arcy a refusé de signer ce papier, elle fut arrêtée, le 15 janvier, à son domicile de Woodquay, dans le comté de Galway, et emmenée à la prison de Limerick pour purger sa peine.

Le 17 janvier, un rassemblement fut tenu devant le ministère de la justice des 26 comtés à Dublin. A ce rassemblement bien étoffé, on trouvait nombre de ses camarades du CPI [Parti Communiste d’Irlande] et du PANA [Alliance pour la Paix et la Neutralité], des artistes et des députés. Le musicien Dylan Tighe et l’acteur Donal O’Kelly écrivirent une lettre de protestation contre « l’infâme emprisonnement de l’artiste Margaretta d’Arcy ». La lettre est postée sur leurs pages facebook et ils appellent le public à signer la lettre, dans l’espoir de rassembler le plus grand nombre possible d’artistes irlandais. Dans cette lettre, ils expliquent que les artistes irlandais sont fort marris de l’emprisonnement de d’Arcy, ajoutant que « ce traitement s’appliquant à femme de 79 ans est outrageusement inapproprié ». La lettre apporte en outre sa solidarité complète aux actions de Margaretta d’Arcy, « applaudit sa bravoure dans ces temps d’extrême couardise », et appelle à sa libération immédiate.

soutien pour D'arcy en PalestineUn autre rassemblement a été tenu devant la prison de Limerick dans la soirée du 15 janvier, qui fut lui aussi très bien garni. L’organisation Shannonwatch a déclaré qu’elle continuerait à tenir ces rassemblements et à exiger le départ des troupes US de l’aéroport de Shannon.

Dans une déclaration faite le 20 janvier, Republican Sinn Féin a appelé à la libération de Margaretta d’Arcy de la prison de Limerick et a condamné son incarcération : « Margaretta d’Arcy est une source d’inspiration pour tous les militants qui se battent pour que l’aéroport de Shannon cesse de servir au transport des troupes US dans leur guerre impériale en Afghanistan. Republican Sinn Féin a fait campagne depuis plusieurs années contre l’usage de cet aéroport par les troupes US, puisque c’est un aéroport civil et ne devrait pas être utilisé par du personnel militaire ni pour du transport de munitions ; or ces vols ont été autorisés et même facilités par les autorités et l’Etat, complice de cette guerre injuste.

Margaretta d’Arcy est une dame courageuse qui préfère aller en prison que de se compromettre. Soutenez les protestations, envoyez-lui des cartes postales et des lettres et faites connaître son cas dès que l’occasion se présente. Insufflez à la jeune génération la croyance en ce qui est juste et le courage de défendre ce qui est juste, tout comme Margaretta d’Arcy. »

Le 22 janvier, quatre camarades de Margaretta, originaires de Galway ont été évacués du tribunal d’Ennis, dans le comté de Clare, après qu’ils eurent perturbé la séance en exhibant des banderoles et en scandant des slogans anti-guerre. Un grande nombre de partisans de D’Arcy étaient présents. (…) Alors que le juge concluait l’audience, Maura Harrington, la fameuse militante du groupe Shell To Sea, commença à scander le slogan : « Free Shannon Airport from the US military ». D’autres personnes se sont jointes à elle et se sont levées en montrant des affiches. Les Gardai [policiers de l’Etat des 26 comtés] ont immédiatement exclu de la salle Maura Harrington et son mari Naoise O Mongain, et les ont incarcéré sur ordre du juge. Ils furent relâchés par la suite. (…).

Dans un communiqué du 25 janvier, le groupe Shannonwatch qui l’avait visité à la prison de Limerick rapporte ce qui suit : « Pendant la visite, nous avons fait part à Margaretta du haut niveau de soutien pour sa cause et pour sa prise de position ferme contre la collusion de l’Etat avec les crimes de guerre US. Nous lui avons montré des photos des manifestations à Galway, Limerick, Dublin, Londres, et Bil’in en Palestine, ainsi qu’une sélection d’articles paru à son propos dans la presse, depuis son emprisonnement.

Elle fut ravie que la question de l’usage de l’aéroport de Shannon par les troupes US soit mis en lumière et exprima sa gratitude envers tous ceux qui ont montré leur soutien. Margaretta était en grande forme et nous a parlé avec passion de tout un tas de choses. Elle s’en est à nouveau prise aux conditions d’incarcération lamentables, et de la déprivation sensorielle que doivent subir les prisonniers. L’impact sur les femmes emprisonnées est une question qui mérite la plus urgente des attention. Elle remarquait que bien que des quantités de recherches soient faites sur la question des prisons, où les prisonniers restent le plus souvent des sujets passifs, il n’y a que très peu de rapports avec les prisonniers eux-mêmes et très peu de choses sont faites en direction de leurs besoins. (…)

Les militants de Shanonnwatch qui ont rendu visite à Margaretta ont été à nouveau frappés par son énergie, son humanité et son intégrité. « Comme toujours, elle se préoccupe de l’objectif, qui est de faire cesser la collusion honteuse de l’Irlande avec les crimes de guerre US par l’intermédiaire de cette autorisation de transit de leurs personnels, et aussi des conditions de détention des femmes à la prison de Limerick, qui sont très mauvaises » a dit Zoé Lawlor. « C’est toujours un plaisir de passer du temps avec une femme qui a de telles convictions ».

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Le monde qui combat présente une main au monde qui souffre, et saisit de l’autre celle du monde qui triomphe

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Rassemblement devant l’ambassade d’Inde à Dublin, le 25 janvier 2014

Dans le cadre de la Journée internationale de solidarité et de lutte pour les prisonniers politiques en Inde

Aujourd’hui, nous avons célébré la journée internationale de solidarité et de lutte avec les prisonniers politiques en Inde dans la fraternité et la camaraderie. Devant l’ambassade indienne à Dublin, des membres de l’Irish Republican Socialist Party, de Republican Network for Unity, des 1916 Societies, de Sinn Féin Poblachtach (Republican Sinn Féin), du Cumann Seain Mhic Eachaidh, du Dublin Anti-Internment Committee, des républicains indépendants et des militants anti-impérialistes ont rejoint leurs camarades dans le monde entier dans la protestation contre le gouvernement indien et en solidartité avec le peuple de l’Inde dans le soutien à la guerre populaire en Inde.

Une lettre de protestation a été transmise à l’ambassade de l’Inde à Dublin de la part du peuple d’Irlande, exigeant que le gouvernement indien abroge toutes ses lois draconiennes contre le peuple, qu’il mette fin à l’opération Green Hunt et qu’il libère sans condition les militants et prisonniers de guerre de la guerre populaire en Inde. Une déclaration au nom de tous les républicains socialistes irlandais a été lue par Stephen Cummins de l’IRSP de Dublin, en solidarité avec nos camarades opprimés et qui portait les revendications sus-mentionnées. Une banderole maoïste rouge faite par les prisonniers de guerre du Cumann Seain Mhic Eachaidh incarcérés dans la prison de Portlaoise a été fièrement déployée aux côtés des drapeaux et banderoles des camarades rassemblés.

Le succès de cette journée a été confirmé par l’esprit de camaraderie montré par les participants. Nous rendons hommage à tous les camarades présents qui ont prouvé par leur compassion, leur camaraderie et leur esprit de solidarité internationale que nous sommes des égaux dans la lutte et dans le respect incassable et fraternel. Nous souhaitons que nos camarades emprisonnés en Inde recevront la nouvelle de notre protestation et que dans leurs cellules la nuit, et dans leurs tourments les plus difficiles, ils sachent que toujours le coeur de l’Irlande bat pour leur libération et pour la nôtre. Lal Salam!

Stephen Cummings, membre de l’IRSP à Dublin, a lu le message suivant lors du rassemblement :

“Nous sommes venus aujourd’hui manifester notre solidarité avec nos camarades maoïstes qui sont sur la ligne de front ou sous les verrous. Le CPI-M, Parti Communiste d’Inde Maoïste partage le même rêve que nous, républicains socialistes irlandais. Ils ont adopté un programme socialiste marxiste dans le cadre de leur lutte politique et armée, la politique contrôlant le fusil, et ils ont construit un vaste mouvement de masses contre l’impérialisme et pour faire la révolution en Inde. Leurs objectifs sont très similaires à ceux des républicains socialistes et de toutes les organisations politiques socialistes marxistes : établir des droits égaux, donner aux masses le pouvoir de contrôler les ressources naturelles de l’Inde, des salaires égaux pour les deux sexes et abolir le servage, le travail des enfants, abolir le système des propriétaires terriers et imposer une réforme agraire radicale. Par un changement radical qui remporte la victoire sur le système capitaliste, le rêve devient de plus en plus une réalité. Par leur guerre populaire, ils ont arraché aux mains du fascisme et de l’impérialisme le contrôle de vaste zones rurales. A vous anti-impérialiste, marxistes, socialistes, républicains, internationalistes et révolutionnaires authentiques, je vous demande de rester fidèles et de continuer de soutenir la lutte maoïste et d’autres causes internationales où l’on prend les armes pour renverser ce même système capitaliste qui nous met tous à genoux, là bas comme ici. Lal Salam.”

Source : ici

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L’art de Sylvia Pankhurst

Une exposition des œuvres d’art et d’artisanat de Sylvia Pankhurst, qui a lieu en ce moment à Tate Britain à Londres, nous prouve que Sylvia – la militante et écrivaine suffragette, la communiste et anti-impérialiste – s’en sortait plutôt bien. Pas autant toutefois que le conservateur du musée voudrait nous le faire croire. Une lettre mise en avant à l’exposition dit qu’elle tient le haut du pavé « en tant que précurseure de l’avant-garde européenne ». Cette prétention est excessive, pour ne pas dire plus. La visite de cette exposition vaut le coup et à ne surtout pas rater pour les admirateurs de Sylvia Pankhurst, car elle prouve que c’est en matière de politique, et non de beaux arts, qu’elle a vraiment tenu le flambeau.

sylvia_pankhurst_the chainmakerPour situer les expériences artistiques de Sylvia Pankhurst dans leur contexte, il faut remarquer qu’à la même époque il y avait les mouvements Die Brücke et Der Blaue Reiter en Allemagne, les fauvistes et les cubistes en France, et les futuristes en Italie. A cette époque, l’avant-garde en Grande-Bretagne, c’était plutôt le mouvement arts-and-crafts, beaucoup plus soigné et moins expérimental, dirigé par William Morris. Richard Marsden Pankhurst, le père de Sylvia, faisait partie des fondateurs de l’Independent Labour Party.

On le connaissait sous le sobriquet du « docteur rouge », et nombre de penseurs radicaux rendaient visite à la maison des Pankhurst lorsqu’elle était enfant, dont William Morris. L’influence du mouvement arts-and-craft se perçoit clairement dans les parchemins enluminés faits en 1909. Ils avaient été offerts aux femmes emprisonnées lors du combat pour le suffrage féminin, par la Women’s Social and Political Union, le groupe militants fondé par la mère de Sylvia, Emmeline, et par sa sœur Christabel.

Le dessin des « anges aux trompettes », qui orne le parchemin, est une réminiscence de Walter Crane, le précurseur de l’Art Nouveau. Ces anges devinrent le blason de la WSPU, qui devait être au goût des femmes de la haute société, destinataires de la campagne d’Emmeline et de Christabel. Mais les peintures et les dessins faits par Sylvia lors de sa « tournée dans le Nord » en 1907, destinée à recueillir des documents et des tranches de vie au sujet du travail des femmes révèlent qu’ellle n’avait pas perdu de vue la classe ouvrière, contrairement à sa mère et à sa sœur.

Etant donné les préoccupations de Sylvia pour la condition féminine, nous pouvons qualifier ses peintures de réalistes sociales. Cependant, ces œuvres ont un côté naïf et simpliste un peu déplaisant pour l’œil, disons « laborieux». Les œuvres les plus accomplies de l’expositions sont trois portraits datés de 1910, qui montrent des jeunes femmes en coiffes. Ces tableaux démontrent la maîtrise d’un réalisme bien observé, et moins abrupt que dans les tableaux antérieurs, et un bon flair dans l’usage du medium.

Sylvia améliorait son niveau pictural au moment où elle laissa tomber les beaux arts pour la politique. Elle gagnait en maturité politiquement aussi, mais il faut aller voir ailleurs qu’à l’exposition pour s’en rendre compte. Le prospectus de l’exposition dit qu’en 1912, elle abandonna les beaux arts pour se consacrer à la East London Federation of Suffragettes (ELFS), organisation mise sur pieds pour faire en sorte que les femmes des classes laborieuses soient représentées dans le mouvement pour le suffrage féminin ». En réalité, la ELFS militait pour les droits des femmes et des hommes (le droit de vote n’a été accessible à tous les hommes qu’en 1918). Peu de temps après, Sylvia fut exclue de la WSPU à cause de ses convictions démocratiques, de son internationalisme et de son refus d’obéir à la ligne incarnée par sa mère et sa sœur, qui voulaient abandonner le combat pour le suffrage au bénéfice de l’effort de guerre dans la première Guerre mondiale.

Sa compréhension de la condition des femmes dans le capitalisme, à cette époque, autrement dit le fait qu’elle comprenne que le combat pour l’émancipation des femmes était à sa racine une question de classe, était assez unique. Son soutien à la liberté de l’Irlande, son opposition à la Première Guerre mondiale, au contrôle des populations et à l’eugénisme, et sa foi en le changement social au sens large et en l’abondance pour tous la signale comme une héroïne importante du 20è siècle.

La créativité extraordinaire de Sylvia et son militantisme sans compromis ont joué un rôle clé dans l’obtention du vote pour toutes les femmes en 1928. L’exposition est très valable et intéressante. Si Sylvia s’était accrochée aux beaux arts au lieu de se consacrer à la politique, on aurait vu de beaux dessins, de beaux tableaux et de belles esquisses, mais sa véritable innovation ne résidait pas dans son art mais dans les mouvements politiques qu’elle a menés. Sa décision de mettre la politique au poste de commandement est ce pour quoi nous la remercions.

L’exposition Sylvia Pankhurst a lieu au musée Tate Britain jusqu’au 23 mars 2014

Source : ici

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The Soldiers of Cumann na mBan

Par Brian O’Higgins

..Kitty-McLaughlinAll honour to ÓGlaigh na hÉireann,
All praise to the men of our race,
Who, in day of betrayal and slavery,
Saved Ireland from ruin and disgrace.

But do not forget in your praising,
Of them and the deeds they have done,
Their loyal and true-hearted comrades,
The Soldiers of Cumann na mBan.

They stand for the honour of Ireland,
As their sisters in days that are gone,
And they’ll march with their brothers to freedom,
The Soldiers of Cumann na mBan.

No great-hearted daughter of Ireland,
Who died for her sake long ago,
Who stood in the gap of her danger,
Defying the Sassenach foe,

Was ever more gallant or worthy,
Of glory in high sounding rann,
than the comrades of ÓGlaigh na hÉireann,
The Soldiers of Cumann na mBan!

O, high beat the hearts of our Mother,
The day she had longed for is nigh,
When the sunlight of joy and of freedom,
Shall glow in the eastern sky;

And none shall be honoured more proudly,
That morning by chieftan and clan,
Than the daughters who served in her danger,
The Soldiers of Cumann na mBan!

They stand for the honour of Ireland,
As their sisters in days that are gone,
And they’ll march with their brothers to freedom,
The soldiers of the Cumann na mBan!

Source : ici

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Tabassé et taserisé pour n’avoir pas rendu un engin espion

eddiebreenLe 16 décembre 2013, un membre de Republican Sinn Féin a découvert un dispositif espion caché dans le coffre d’une camionnette près de la roue de secours. Republican Sinn Féin profite de l’occasion pour appeler tout le monde à la plus grande vigilance devant toute activité suspecte dans votre localité et à rapporter immédiatement ces incidents à nos membres. On nous pousse à croire que les unités de reconnaissance spéciales de l’armée britannique, le MI5 et leur laquais ne patrouillent plus dans nos quartiers. Mais la découverte de cet engin espion et les actions du RUC/PSNI montrent une fois encore la réalité des coups fourrés britanniques en Irlande.

Car après avoir découvert que leur engin espion avait été découvert et mis hors service, ils ont eu l’audace d’envahir le domicile d’un parent du membre de Republican Sinn Féin et d’exiger de lui qu’il leur dise où se trouvait l’engin. Suite à son refus, ils ont frappé Eddie et lui ont donné des coups de taser. Les blessures qu’il a subies parlent d’elles-mêmes. Elles furent suivies d’une visite à l’hôpital.

Un membre du comité central de Republican Sinn Féin a ainsi commenté les faits : « Eddie Green, de la ville de Craigavon, se trouve maintenant à l’hôpital après avoir subi une attaque au taser et un passage à tabac par la police britannique, parce qu’il ne montrait pas aux policiers l’engin espion trouvé dans la camionnette. Le MI5, et des flics de tous poils, se sont rués pour retrouver cet engin lorsqu’il a été retiré du van. Les policiers du RUC/PSNI sont arrivés à Craigavon très peu de temps après la découverte de l’engin espion par le propriétaire du véhicule. Il ne nous échappe pas que ce genre d’injustices correspond à la norme de la domination britannique en Irlande.

Face à elles, nous restons fermes et nous les dénonçons à chaque occasion. Nous ne serons ni achetés, ni intimidés. Republican Sin Féin condamne sans équivoque les actions des forces britanniques sur le sol irlandais. Cet engin espion n’est certainement pas un cas isolé et nous appelons nos membres à tout vérifier dans leurs voitures et dans leurs maisons après un raid mené par les forces de sécurité britanniques. Le traitement qu’ils ont infligé à Eddie Breen était une vengeance pour la perte de l’engin espion. »

Source : Saoirse, janvier 2014, p.5

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Le monde brutal des prisonniers politiques en Inde

prisionerAprès avoir passé trois jours à voir son fils, un adolescent, se faire torturer, Utpal Mahato n’en pouvait plus. En désespoir de cause, il a demandé à son fils de dire aux policiers ce qu’ils voulaient entendre – à savoir qu’il avait participé à une des attaques terroristes les plus meurtrières de toute l’histoire de l’Inde. En effet, le village de Rasua dans la région tribale de Junglemahal, dans le Bengale de l’Ouest, est un village de suspects aux yeux de la police. C’est non loin de cette localité que le 28 mai dernier, un groupe de personnes avait saboté les rails de la ligne ferroviaire reliant Calcutta à l’Inde centrale.

Peu après, le Jwaneswari Express sortit des rails, et avant que les autorités ne puissent réagir, un train de marchandises venant d’une autre direction le percuta, ce qui engendra la mort de 148 passagers. Mise en demeure d’obtenir rapidement des résultats, la police s’est tournée vers les villages environnants et s’en est prise à des suspects. Les habitants de la localité parlent d’intimidation systèmatique et de torture, de la part de la police. « Ils m’ont mis dans la prison du commissariat et m’ont passé à tabac » dit M. Mahato. « Quand ils apprirent que j’avais un fils, ils l’ont embarqué lui aussi. Ils nous ont attaché les mains et les pieds et nous ont suspendu en l’air. Ils nous frappaient les plantes des pieds avec un bâton ».

M. Mahato, qui est ouvrier, a pu faire prouver par son employeur qu’il se trouvait à la frontière de l’Etat, à Odisha, au moment de l’incident, mais son fils Hiralal, âgé de 17 ans, n’a pas eu cette chance. « Il a été battu sauvagement » nous dit M. Mahato, une douleur contenue dans le regard. « A la fin, je n’en pouvais plus. Je lui ai demandé de dire qu’il était dans le coup, car c’était la seule façon de les faire s’arrêter. »

Environ 40 personnes ont été accusées d’avoir participé à cette action. Quatre familles du village de Rasua ont des enfants qui attendent leur procès. Ils nient toutes implication, mais disent que leur crime est de faire partie d’un mouvement appelé Comité Populaire Contre les Atrocités Policières [People’s Committee Against Police Atrocities (PCPA)]. Le PCPA a été formé en novembre 2008 après une incursion brutale de la police, cette-fois en réponse à la tentative d’assassinat du ministre Bhuddadeb Bhattarcharya par les insurgés maoïstes, qui sont actifs dans la région depuis 15 ans.

Les récits faisant état de passages à tabac et de harcèlement sexuel de la part de la police avait suscité une grande colère populaire dans toute la région du Junglemahal. Des dizaines de milliers de villageois ont manifesté sous les bannières du PCPA, forçant la police à évacuer la région pendant huit mois. Le PCPA a établi des sous-comités dans plus de 1.300 villages, cette lutte est considérée comme exemplaire dans le contexte des luttes pour les droits des « tribaux » d’Inde. Mais comme les maoïstes sont étroitement liés à ce mouvement, celui-ci a été qualifié de front maoïste par la police et le gouvernement. Lorsque la police est revenue dans le Junglemahal en juin 2009, elle a capturé des centaines de membres du PCPA, les accusant d’être maoïstes et de mener la guerre à l’Etat. Un certain nombre de dirigeants du mouvement ont été tués et davantage sont emprisonnés sous l’égide d’une loi anti-terroriste draconienne, appelée loi de prévention des activités illégales [Unlawful Activities (Prevention) Act], qui rend illégal le simple fait de faire partie d’une organisation interdite, qu’un délit ait été commis ou pas.

« La police venait dans nos maisons et arrêtait les gens au hasard, avant de les tabasser » dit Mayna Mahato, dont le mari, Bholanat, est accusé d’avoir participé à l’attaque du Jwaneswari. « Si quelqu’un est arrêté, la loi dit qu’il doit être présenté devant les juges dans les 24 heures, mais ils ont gardé Bholanath pendant une semaine. Il a été sévèrement tabassé au commissariat. Ils ne nous disaient pas où ils le retenaient. Nous allions de commissariat en commissariat pour le retrouver, mais ils ne nous disaient rien. » Alors que je parle avec elle, d’autres femmes nous rejoignent et nous rapportent leurs propres récits de harcèlement, expliquant que les policiers avaient volé chez elles leurs télévisions, leurs radios, de l’argent, et détruisaient les cartes de rationnement et les papiers d’assurance quand ils n’obtenaient aucun renseignement. « Ils voulaient savoir où était mon frère » dit Saraswati Mahato. « Ils m’ont arraché des mains ma fille de 4 ans et m’ont menacé de la jeter dans le puits si je ne parlais pas. »

Lors d’une interview donnée anonymement, un membre très haut placé de la police du Bengale de l’Ouest a reconnu qu’il était démuni devant ces agissements perpétrés dans ces régions lointaines. « Nous punissons les policiers en cas de plaintes et de violations des droits de l’homme » dit-il. « Mais il est difficile d’éradiquer entièrement le phénomène. Les policiers étaient sous haute pression, ils devaient obtenir des résultats dans l’affaire du Jwaneswari. C’est une région immense, il est difficile de savoir ce qui se passe au niveau local. »

Il a reconnu que la police jetait souvent en prison des innocents lors des raids menées contre le PCPA. « Je ne nie pas qu’il y ait beaucoup de passants et de simples sympathisants emprisonnés » dit-il. Cette question a été soulevée au plus haut niveau de l’Etat du Bengale de l’Ouest, par le ministre Mamata Banerjee, qui vient de gagner les élections et de mettre fin à 34 ans de pouvoir communiste dans le Bengale de l’Ouest. Mme Banerjee a gagné du crédit dans le Junglemahal en promettant que les démarches qui s’imposent seront faites pour libérer tous les prisonniers politiques qui croupissent en prison sans procès ». Des rumeurs persistantes font état de négociations entre elle et les maoïstes, afin de s’assurer leur soutien dans cette zone.

Des groupes de défense des droits civils affirment qu’au moins 700 personnes, peut-être des milliers, sont concernées. Mais ils font face au problème qui est que la notion de prisonniers politiques n’existe pas au Bengale de l’Ouest. La police, qui rechigne à admettre que les arrestations ont un motif politique, a accusé ces personnes de divers crimes et délits, que les critiques considèrent comme des fabrications. Monoj Mahato, ancien porte-parole du PCPA, qui a té accusé d’une série de meurtres et qui est en attente d’un procès, nous dit : « J’ai signé une pétition pour être traité en tant que prisonnier politique, mais on ne m’a jamais accordé cet honneur ». « Ils m’ont accusé de meurtre parce que j’ai défendu le peuple et parlé des problèmes qu’il subit dans sa vie quotidienne. C’est la seule raison.

Nous souhaitons parler à Mamata de nos problèmes, avant de se faire élire, elle disait vouloir se battre pour les droits des gens de Junglemahal. Si elle ne le fait pas, le véritable visage de ce gouvernement se révèlera comme n’étant que l’autre face de la même pièce ».

Source : ici

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25 janvier à Dublin : solidarité avec la révolution en Inde

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Six Comtés – Au sujet des unionistes catholiques

Reportage paru dans le journal The Irish Times du 13 juillet 2013

Peter Robinson, le premier ministre de l’Irlande du Nord du parti DUP [Democratic Unionist Party] a dit qu’il souhaitant que davantage de catholiques soutiennent l’union. Il exprime le point de vue de son intérêt unioniste bien compris. Il sait que les changements démographiques vont engendrer une majorité catholique en Irlande du Nord dans une vingtaine d’années, et que si catholique veut dire nationaliste, alors l’union est en danger. Cependant, beaucoup de nationalistes, et un certain nombre d’unionistes, rejettent cette notion de catholiques unionistes. On entend souvent cette remarque : « Ils sont comme les licornes, ils n’existent pas ».

Mais bien qu’ils ne soient pas très nombreux, ce ne sont pas des créatures mythiques, et ils pourraient jouer un rôle dans la détermination de l’avenir institutionnel de l’Irlande du Nord. Prenons comme exemple Eimhear McFarlane, âgée de 19 ans, et Tony McMahon, originaire tous deux du comté de Down. Une fois l’an au moins, McFarlane va à Glasgow avec son père pour applaudir le Celtic de Glasgow au stade de Parkhead. « Je suis une vraie supportrice du Celtic » dit-elle fièrement. McFarlane est membre du Parti Conservateur en Irlande du Nord, et McMahon, qui a joué dans l’équipe de football gaélique du comté de Down à la fin des années 1980/début 1990 est membre du parti nouvellement formé NI21, favorable à l’union. Tous deux sont pour maintenir le lien avec la Grande-Bretagne, tout comme le sont Torr Coggan, Tina McKenzie et Stephen Goss, interviewés dans ces colonnes.

Si cinq personnes d’origine catholique, dont deux de Belfast-ouest – Goss et McKenzie – sont à ce point disposés à arborer leurs couleurs, ils ne doivent pas être tout à fait seuls dans ce cas. Ces personnes sont très éloignées du climat de tension qui entoure les parades du 12 août. Ils considèrent comme sans intérêt ces déploiements de drapeaux et n’ont pas d’attachement émotionnel envers ces parades. Toutefois, ils sont sincères dans leurs convictions, ont bien pesé leurs positions et sont arrivés à la conclusion politique, économique, sociale et idéologique selon laquelle l’Irlande du Nord est mieux lotie dans l’union avec la Grande-Bretagne que dans une Irlande unie. McFarlane possède un passeport britannique et un passeport irlandais et se voit comme « irlando-britannique ». A l’âge de 16 ans elle prit la décision de se politiser. Elle passa en revue l’offre politique des différents partis et décida, en considérant principalement l’avantage économique qu’il y avait à maintenir le lien avec la Grande-Bretagne, de rejoindre les Conservateurs. Voilà donc un exemple d’une jeune catholique qui soutient l’union. Est-ce que cela fait d’elle une unioniste?

C’est ici qu’intervient Tina McKenzie, âgée de 40 ans, présidente du nouveau parti NI21, fondé par John McAllister et Basil McCrea, ancins membres de l’Ulster Unionist Party. Ce nouveau parti unioniste ne porte pas le mot « unin » dans son nom. « Si quelqu’un me demandait : êtes-vous unioniste?, je réprondrais par la négative », dit McKenzie, qui est originaire du quartier de Lenadoon à Belfast-ouest, lequel n’est pas connu pour être un basion conservateur. « Mais si on me demandait si je suis pour que l’Irlande du Nord reste dans le Royaume-Uni, je répondrais par l’affirmative ». Les membres du parti NI21 qui nous ont accueillis ont insisté sur le fait que la moitié des 250 à 300 personnes qui ont participé le mois dernier à la réunion de lancement du nouveau parti étaient catholiques. La plupart du temps, ces catholiques partisans du maintien du lien avec la Grande-Bretagne sont déterminés par des mobiles très pratiques et terre-à-terre.

Ils font remarquer que l’Irlande du Nord a été relativement protégée et choyée grâce à son lien avec la Grande-Bretagne et se demandent quelle aurait été la situation dans le cadre d’une Irlande unie. Les révélations concernant les banques irlandaises et l’effondrement de l’économie irlandaise, et leur confiance caractéristique en la livre sterling plutôt qu’en l’euro, es font regarder toujours plus vers l’Est et toujours moins vers le Sud. Les anciens arguments au sujet de la discrimination exercée par l’unionisme et des droits civils ne touchent pas les catholiques unionistes que nous avons rencontrés, soit qu’ils n’ont pas de souvenir de ces luttes, soit qu’ils les voient comme des affaires révolues et résolues.

Stephen Goss, 25 ans, étudiant, est en thèse d’histoire. Il vient d’Andersonstown, quartier nationaliste de Belfast-ouest. Il souhaite devenir professeur d’université.

« Je viens d’Andersonstown, qui est un quartier inhabituel pour un unioniste je le concède. J’ai rejoint les Conservateurs à l’âge de 18 ans, mais il ne s’y passait pas grand chose, alors j’ai rejoint les rangs du Ulster Unionist Party à l’université de Queens, au moment où Reg Empey le dirigeait. L’UUP était très accueillant, mais certaines remarques du dirigeant Tom Elliott m’indisposaient et j’étais mal à l’aise avec la direction de Mike Nesbitt. Donc je suis revenu chez les Conservateurs, et je suis désormais président de Conservative Future in Northern Ireland (structure pour les Tories de moins de 30 ans). Mes parents ont été surpris d’apprendre ça, et j’imagine que ça les mettait mal à l’aise. D’autres personnes trouvaient ça bizarre et curieux. On me disait que je ferais mieux d’entrer au SDLP.

Je pense que faire partie du Royaume-Uni est plus logique et plus sensé que d’intégrer la République. Au niveau économique c’est certain. En outre, au niveau affectif, je m’identifie davantage à la culture britannique qu’avec la culture irlandaise, bien que j’ai été élevé largement dans cette dernière. Je pense que la monarchie constitutionnelle est une bonne idée. Avec une république, il y a des chances de tomber sur un régime de type présidentiel à exécutif fort. Avoir un monarque qui se situe loin au-dessus de la politique est une meilleure incarnation de la nation. En ce qui concerne les parades, je suis d’avis que l’Ordre d’Orange a le droit de défiler, mais qu’il devrait respecter les sentiments des gens des quartiers qu’ils traversent. De leur côté, les résidants de certains quartiers ne devraient pas sortir de leurs gonds et s’offenser de ces parades. Il y a davantage d’unionistes catholiques qu’on ne le croit. Un nombre de plus en plus grand de catholiques sont plutôt satisfaits de rester dans le Royaume-Uni, mais ne se déclareront pas ouvertement unionistes, à cause des associations d’idées et des connotations de ce mot. Mais ce sont des unionistes de fait. »

Eimhear McFarlane, âgée de 19 ans, originaire du sud du comté de Down, habite à Belfast et souhaite étudier le commerce à Londres. Elle souhaite également se présenter aux élections municipales en tant que conservatrice.

« Je soutiens les équipes de football gaélique de Down et d’Armagh, et je vais au stade de Parkhead au moins une fois par an pour soutenir le Celtic de Glasgow. Je suis très fière de mon origine catholique et je me vois comme irlando-britannique. Je suis intéressée par la politique depuis mon adolescence, j’ai dit à mon père que je voulais rejoindre un parti politique. Il m’a répondu : « On en reparlera quand tu auras fait des recherches sur tous les partis politiques au Royaume-Uni ». J’ai fait mon enquête, et six mois après, je lui en ai reparlé et je lui ai dit que je voulais rejoindre les Tories. Il était d’accord. J’avais 16 ans. Je suis allé au collège de l’Assomption (catholique) à Ballynahinch, puis au lycée de Downpatrick. Je n’étais pas la plus populaire au cours de politique en terminale. J’étais la seule Tory et on me chambrait sur Margaret Thatcher tous les jours. La majorité des gens de ma classe sympathisaient avec Sinn Féin. Mais toutes ces réactions, les « Up the Ra! », etc. ne m’ont pas rebutée.

Quand j’étais plus jeune, j’ai joué en quelque sorte avec ces idées de républicanisme idéalisé, l’Irlande une, le rêve unitaire. Mais, en lisant l’histoire de ces luttes et l’histoire britannique, j’ai fini par me dire que tout cela est trop idéalisé. Et quand je pense aux jeunes catholiques qui votent Sinn Féin ou aux jeunes protestants qui votent DUP, je ne peut que trouver ça consternant qu’il n’y ait pas de politique normale ici. Je ne voterai jamais, même dans un million d’années, pour l’un opu pour l’autre [Peter Robinson ou Martin McGuinness]. J’aime Basil [McCrea] et John [McAllister] du NI21; ce sont des gens très bien, mais je ne quitterai pas les Tories pour autant. Je n’ai jamais été tentée par la gauche, je suis plutôt de centre-droit et je suis pour sortir de l’Union Européenne. Je trouve Cameron trop tiède, je trouve Boris [Johnson] très attirant.

Torr (Victoria) Coggan, âgée de 21 ans, originaire de Waringstown, dans le comté d’Armagh, étudie le commerce et l’économie à l’Université Queens de Belfast

« Ma mère est catholique, mon père protestant, et moi je suis catholique pratiquante. Mes parents n’avaient pas de fortes inclinations pour l’unionisme ou le nationalisme, il préféraient laisser leurs enfants décider cela par eux-mêmes. Je suis allé dans des écoles mixtes, du primaire à Banbridge jusqu’en prépa à Loughbrickand, ce qui a contribué à briser les barrière traditionnelles qui enferment la plupart des gens lorsqu’il s’agit de se forger des opinions politiques. Ma mère a toujours su que j’étais plutôt de droite, ce qui fait qu’elle n’a pas été si surprise quand je lui ai dit. Une partie de ma famille a modérément apprécié la chose. On m’a souvent coupé la parole, mais j’ai tenu ferme et aujourd’hui ils s’y sont faits. Je ne me suis jamais disputé avec mon frère ou ma soeur jumelle à ce sujet, il faut dire qu’ils ne sont pas très politiques. Mais j’ai croisé beaucoup de gens qui m’ont montré leur désaccord, mais dans la vie, il faut avoir confiance en ses opinions.

Je pense qu’à un niveau très élémentaire, l’union est plus raisonnable. Elle apporte plus d’opportunités pour l’Irlande du Nord. Si l’on pense à la crise économique récente et les soucis que l’Irlande a connue, la situation serait insoutenable si l’Irlande du Nord ne faisait pas partie du Royaume-Uni. J’avais 17 ou 18 ans quand je me décidai à être pro-union. Ce qui m’a déterminée en ce sens, ce sont mes études de commerce et d’économie. C’est cela qui m’a fait décider que oui, officiellement, j’étais conservatrice et unioniste. J’ai rejoint cette année le parti Conservateur. Je suis responsable des affaires financières du groupe Conservative Future et dirigeante du groupe des étudiants conservateurs de l’université de Queens. Je ne pense pas me présenter aux élections tout de suite, mais peut-être dans quelques années. »

Tina McKenzie, âgée de 40 ans, est présidente du parti pro-union NI21. Cette femme mariée et mère de trois enfants vient du quartier de Lenadoon à Belfast-ouest, elle est cadre dans une entreprise de recrutement.

On ne m’a jamais reproché mon point de vue. Les gens à qui j’en ai parlé n’ont pas manifesté de surprise, mais tous savent quel genre de personne e suis, je veux construire une Irlande du Nord meilleure. Tout le monde ici qualifie tout catholique d’Irlande du Nord de nationaliste, mais qu’est-ce qu’un nationaliste? C’est un partisan de l’Irlande unie, mais je n’en suis pas partisane. Le fait que je sois catholique ne fait pas de moi une nationaliste, pas une unioniste non plus d’ailleurs. Je suis nord-irlandaise, catholique et pro-union – par conséquent, votre religion ne définit pas votre appartenance politique. Vous ne pouvez pas mettre les gens dans une de ces deux boîtes, les choses sont plus complexes aujourd’hui. Tous les sondages montrent qu’il y a beaucoup de catholiques en Irlande du Nord qui sont à l’aise avec le fait que l’Irlande du Nord fait partie du Royaume-Uni, sans vouloir pour autant qu’on leur retire leur nationalisme, qui fait partie de leur culture. Culturellement, j’ai plus de choses en commun avec mes voisins protestants qu’avec les gens du Sud, parce que nous avons grandi dans la même société en Irlande du Nord. »

Tony McMahonn âgé de 45 ans, originaire de Newry dans le comté de Down, est marié et père de deux enfants. Cet ancien joueur de football gaélique travaille pour le groupe étatique financier Invest Northern Irland. Il soutient le nouveau parti pro-union NI21.

« J’ai joué dans l’équipe du comté de Down à la fin des années 1980-début 1990. J’ai joué toutes les années où l’équipe n’a pas gagné – elle a gagné la coupe d’Irlande en 1991 et en 1994. Je me définirais comme nord-irlandais. J’ai un passeport britannique et un passeport irlandais. Si la République d’Irlande joue contre l’Irlande du Nord en football, je ne regarde pas le match, mais s’il y a un match de rugby Irlande-Angleterre, je soutiens l’Irlande. En ce qui concerne les Troubles, j’ai eu beaucoup de chance, j’ai été très protégé contre ce genre de choses. La raison qui fait que je soutiens l’union est principalement économique, et a à voir avec mes deux enfants qui sont assis ici à côté de moi, mon petit garçon et ma petite fille, je veux le meilleur avenir pour eux.

Lorsqu’il s’agit d’économie, la plupart des entrepreneurs et gens d’affaire se moquent bien de ces histoire de vert et d’orange. Faire partie du Royaume-Uni offre des avantages énormes d’un point de vue économique. il y a aussi des avantages dans les rapport avec l’étranger, à l’opposé de l’étroitesse du point de vue irlando-centré. En ce qui concerne la livre sterling, je pense qu’il est important de conserver un certain contrôle sur sa propre monnaie. Comme mes origines sont catholiques et nationalistes, les gens pensent que les gens comme moi sont tous pour l’Irlande unie, mais tel n’était pas mon cas et tel n’est pas mon cas. En soutenant NI21, je ne pense pas que mon opinion sur l’union ait changé. Je pense que notre temps et notre énergie devraient être dépensés dans d’autres choses que dans le combat pour une Irlande unie. »

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