Les « dissidents »

Les « dissidents », héritiers du républicanisme irlandais

Synthèse écrite par Liam O’Ruairc, pour Libération Irlande.

Plus de dix ans après les Accords du Vendredi Saint qui étaient censés apporter la ‘paix’ en Irlande, des organisations républicaines poursuivent encore la lutte armée. Les républicains irlandais opposés aux Accords du Vendredi Saint sont qualifiés de ‘dissidents’ par les medias.

Voici comment les définit Pierre Joannon, le doyen de l’histoire irlandaise en France à la version online du magazine Le Point : « Les dissidents républicains sont des groupuscules qui se sont détachés du corps central de l’Armée républicaine irlandaise (IRA) et du Sinn Féin – la branche politique de l’IRA – lorsque ces dernières ont entamé le processus de paix qui s’est conclu avec les accords du Vendredi saint de 1998. Parmi eux, on compte deux organisations majeures : l’IRA-Véritable et l’IRA de la continuité (dont les fondateurs se sont séparés de l’IRA en 1997 et 1986, NDLR). Il n’y a pas de distinction réelle entre les deux : ce sont plus des distinctions de personnes qui ont pris le pas sur les distinctions idéologiques…. En somme, ce sont des « soldats perdus » qui n’accepteront jamais aucune espèce de compromis. » (Interview-Irlande : » Les dissidents républicains veulent faire régner la peur, LePoint.fr, mars 2009).

Mais cette appellation de ‘dissident’ est totalement erronée comme le rappellent tous les commentateurs sérieux. Le terme « dissident » vient du latin « dis-sedere » qui veut dire « se séparer de » . Mais on ne peut pas dire que les républicains opposés aux Accords du Vendredi Saint se séparent du républicanisme. Au contraire, comme le dit Eamonn McCann : « les groupes concernés ne sont pas des dissidents de la tradition républicaine. Ils s’opposent a l’abandon de cette tradition. » (Eamonn McCann, Passive support for ‘dissident’ Republicans, The Derry Journal, 16 février 2010).

Ailleurs, il ajoute : « les ‘dissidents’ ne sont absolument pas des ‘dissidents’, mais suivent la voie tracée par toutes les générations de républicains. Cela ne signifie pas qu’ils ont raison. Mais si les soi-disant ‘dissidents’ ont tort, cela veut dire que la tradition républicaine elle-même a tort. » (Eamonn McCann, The IRA were never accountable, The Sunday Journal, 6 juillet 2008).

C’est ce que souligne aussi un article du Irish Times : « Pour une minorité de gens ,l’Accord du Vendredi Saint de 1998 représente une trahison du républicanisme de 1916. Il implique une reconnaissance du ‘veto’ unioniste et de l’ ‘occupation’ britannique. Cette opinion minoritaire au sujet de l’Accord du Vendredi Saint comme ‘capitulation’ est en conformité avec l’attitude de l’IRA Provisoire durant les années 1980, durant sa campagne dans les années 1950, et les anti-traités durant la guerre civile. Elle est aussi en conformité avec les vues des insurgés de 1916. » (Seamus Murphy, It is time to leave behind 1916 and the ‘forever’ war, The Irish Times, 12 mai 2009) « .

On a tort de caractériser la Real IRA ou la Continuity IRA comme des ‘dissidents’. Ils ont la même base idéologique qu’avaient Gerry Adams et Martin McGuinness il y a trente ans ; et ce sont Adams et McGuinness et leur mouvement qui ont abandonné cette base idéologique. » (Malachi O’Doherty, Stormont dithers while the dissidents plan doomsday, The Belfast Telegraph, 24 novembre 2009).

En fait, comme l’écrit le professeur Henry Patterson, « en termes de républicanisme irlandais, ce sont Adams et McGuinness qui sont les véritables ‘dissidents’, ayant jeté tous leurs principes sacrés dans la poubelle de l’histoire. » (Henry Patterson, Inevitable deal would be mix of clarity and vagueness, The Newsletter, 6 février 2010). Car comme l’indique Vincent Browne, les Provos n’ont plus grand chose de républicain : « Beaucoup d’anciens Provos doivent se demander pourquoi ils ont risqué leur vie durant des décennies, vu que leurs dirigeants ont accepté ce qui ressemble au vieux Stormont avec quelques changements cosmétiques. L’Etat britannique conserve le contrôle de la souveraineté de l’Irlande du Nord et il y a encore des troupes britanniques sur le sol irlandais. Il n’y a pas d’Irlande unie. Et quand aux Accords du Vendredi Saint ? Qu’était-ce sinon une capitulation devant l’unionisme ?

Les ‘nationalistes’ irlandais ont accepté qu’il n’y aura pas de changements dans la position constitutionnelle du nord de l’Irlande sans le consentement d’une majorité dans le Nord. … La théorie de Gerry Adams et Martin McGuinness, selon laquelle il y a à présent un moyen d’unifier l’Irlande par des moyens démocratiques – impliquant que ces moyens démocratiques n’existaient pas avant – est totalement bidon. Bidon, car ce moyen démocratique n’est pas différent de celui qui existait depuis plus de 60 ans : persuader une majorité en Irlande du Nord d’opter pour l’unification. » (Vincent Browne, Killings a severe challenge to our pieties, The Irish Times, 11 mars 2009).

Comme le conclut Henry McDonald, « ce sont les ‘dissidents’ qui sont les véritables héritiers de 1916 ». (Henry McDonald, How Spirit of 1916 Rising is now lost on Sinn Fein, The Belfast Telegraph, 5 avril 2010). Loin d’être des « soldats perdus » comme l’affirme Pierre Joannon, ou des « restes mortels d’un ordre revolu » comme l’écrit le Irish Times (Dan Keenan, Lethal remnants of an old order, The Irish Times, 14 mars 2009), ils représentent ce que James Connolly appellait « la minorité respectable » (James Connolly, Collected Works – Volume Two, Dublin : New Books, 1988, p.177) qui s’opposera toujours a l’Etat britannique.

Les organisations opposées aux Accords du Vendredi Saint sont également à tort caractérisées comme étant des ‘scissions’ de l’IRA en 1986 et 1997 respectivement. (BBC website, The Search for Peace : Republican splinter threat). En effet, pour la majeure partie de ces républicains, ce ne sont pas eux qui ont ‘scissioné’ de l’IRA et du Sinn Fein, mais les Provisoires qui ont scissionné en violant la constitution du mouvement, et donc ils prétendent au titre du mouvement républicain ‘authentique’. En 1986, les fondateurs et dirigeants de l’IRA provisoires soulignent des irrégularités qui font que la décision d’abandonner l’abstentionnisme dans les 26 comtes est en contravention de la constitution du mouvement (Voir: Ed Moloney, A Secret History of the IRA, London: Allen Lane The Penguin Press, second revised and updated edition, 2007, p.296-297 et Robert W. White, Ruairi O Bradaigh: the life and politics of an Irish revolutionary, Bloomington and Indianapolis: Indiana University Press, 2006, p.309-310, Peter Taylor, The Provos: the IRA and Sinn Fein, London: Bloomsbury, 1998, p.361-362 ; Brendan O’Brien, A Pocket History of the IRA, Dublin : The O Brien Press, 2003 p.112-113).

Ruairi O’Bradaigh et Daithi O’Conaill forment donc le Republican Sinn Féin et l’IRA – Continuity Army Council qui disent ne pas être une ‘scission’ ou une nouvelle organisation, mais maintenir le mouvement républicain intact et et préserver son intégrité. C’est le ‘véritable’ mouvement car il n’a pas violé la section 1b de la constitution alors que les autres s’en excluent à cause de cela.

Ce ne sont pas eux qui ont quitté ou scissioné du mouvement, mais Adams et ses partisans qui s’en excluent automatiquement car ils ne suivent pas les règles et procédures prescrites par la constitution du mouvement. La plupart des fondateurs de l’IRA Provisoire et du Sinn Fein en 1969-1970 suivent O’Bradaigh et O’Conaill en 1986. (Sur le profil des militants de RSF voir en particulier : Robert W White and Michael R Fraser, « Personal and Collective Identities and Long-Term Social Movement Activism: Republican Sinn Fein », in Sheldon Stryker, Timothy J. Owens, and Robert W. White (eds), Self, Identity, and Social Movements, Minneapolis : University of Minnesota Press, 2000, pp.325-346).

Parallèlement ils forment un Conseil de l’Armée pour maintenir la ‘continuité’ de l’IRA, dont l’existence ne sera rendue publique qu’en janvier 1996 (‘Revolutionary’ IRA emerges, Saoirse, février 1996). C’est la première IRA alternative aux Provisoires (Pour une histoire interne de la CIRA voir: J. Bowyer Bell, Republican IRA: An emerging secret army, Saoirse, septembre 1996 et ‘Old Brigade’ links to ‘new’ IRA, Saoirse, mars 1997).

Sa première action armée majeure est une bombe qui detruit le Killyhevlin Hotel dans le comté du Fermanagh le 14 juillet 1996. Si l’IRA fidèle au conseil de l’armée pour la continuité (CIRA) n’a pas eu un impact militaire majeur, son poids idéologique est trés significatif. En termes idéologiques, RSF et CIRA sont le mouvement républicain le plus traditionaliste et légitimiste. Ils considèrent être non seulement le mouvement républicain authentique, mais aussi le gouvernement légitime ‘de jure’ (‘de droit’, par opposition au gouvernement de Dublin qui est le gouvernement ‘de facto’ –de fait).

Ils rejettent les institutions de l’état du Nord et du Sud de l’Irlande qu’ils considèrent comme une usurpation de la République de 1916 (Pour un historien défendant cette perspective voir: Brian P. Murphy, Patrick Pearse and the Lost Republican Ideal, Dublin: James Duffy, 1991 et son The Catholic Bulletin and Republican Ireland, Belfast: Athol Books, 2005). Le RSF et la CIRA ont été reconnus comme le mouvement républicain authentique par le dernier survivant du gouvernement républicain jusqu’en 1922, Tom Maguire, et étaient soutenus par Dan Keating, le dernier survivant de l’IRA de la guerre de 1919-1921 et 1922-1923 (Voir Ruairi O’Bradaigh, Dilseacht: The story of Comdt. General Tom Maguire and the Second (All-Ireland) Dail, Irish Freedom Press, 1997).

Pour Eamonn McCann, un journaliste et commentateur non-républicain, le RSF et la CIRA sont les organisations qui peuvent le plus légitimement prétendre au titre du mouvement républicain véritable et authentique. (Eamonn McCann, Most authentic claimants to Rising legacy are RSF, The Sunday Journal, 16 avril 2006).

La CIRA est bientôt rejointe par un groupe plus large, plus actif, et considéré comme étant beaucoup plus dangereux par les forces de sécurité: l’IRA dite ‘véritable’ (RIRA). (Jonathan Tonge, ‘They haven’t gone away you know’ : Irish Republican ‘Dissidents’ and ‘Armed Struggle’, in Terrorism and Political Violence, 2004, 16.3, p.671-93). Le 10 octobre 1997 la Convention Générale de l’IRA (Provisoire) vote une série de décisions « qui violaient clairement l’esprit et l’intégrite de la Constitution de l’IRA » post-1986.

De ce fait, le 23 octobre ceux qui étaient opposés à ces décisions quittent les Provisoires et se regroupent : « Oglaigh na hEireann a été reconstituée et l’intégrité de la constitution de l’IRA maintenue » . (Tom O’Hanlon, The Final Betrayal, The Sovereign Nation, décembre 2001). Vu que ce groupe s’opposait aux décisions anti-constitutionelles il se considère comme l’IRA authentique et pas comme une scission ou une nouvelle organisation. Parallèlement, le 7 décembre 1997, est fondé le 32 County Sovereignty Movement, un groupe de pression politique consideré comme proche de la RIRA et partageant ses analyses et perspectives politiques. Son objectif est de faire pression sur les Nations Unies pour établir que la partition de l’Irlande est illégale du point de vue du droit international. (Cf : 32 County Sovereignty Movement, Ireland Unfree : Policy and Strategy, Derry : 32csm, 2010).

Deux de ses représentants se rendent pour celà aux Nations Unies à New York le 22 avril 1998, et en mars 2001 apportent un Addendum a la Haute Commission des Nations Unies a Genève. La RIRA s’oppose au le cessez le feu des Provisoires car il est illégal d’apres les résolutions de la Convention de l’IRA de 1996. Sa première action date du 7 janvier 1998, suivie d’autres attaques avant de revendiquer officiellement son existence le 9 mai. (‘True’ IRA claims responsibility for blast, BBC website, 10 mai 1998).

Mais son offensive prend un coup fatal lorsque le 15 août 1998 une voiture piegée de la RIRA tue 29 personnes et en blesse 220 à Omagh. Ce n’était pas dans l’intention de l’organisation de tuer des civils et il reste énormement de questions sur la responsabilité des services secrets dans cet attentat. (L’attentat de Omagh et le procès qui a suivit demanderait un article à lui tout seul. Pour plus de détails voir en particulier : Liam Clarke, Four months before a car blew up in Omagh, the gardai and MI5 were told it would be there. Why did they do nothing ? The Sunday Times, 26 février 2006 ; Colm Heatley, Omagh : The Questions that still need answering, The Sunday Business Post, 12 août 2007, Colm Heatley, Omagh Bomb trial described as ‘farce’ by victim’s husband, ibidem, Liam Clarke, Secret service in dock over Omagh, The Sunday Times, 21 septembre 2008, John Ware, The words that might have saved Omagh, The Sunday Telegraph, 14 septembre 2008, John Ware, Omagh bombing inquiry must reveal the truth about GCHQ intercepts, The Sunday Telegraph, 21 septembre 2008).

La RIRA conservera une image désastreuse à cause d’Omagh. Vu le climat d’hystérie post-Omagh, la RIRA est forcée de déclarer un cessez le feu le 7 septembre 1998. L’organisation utilise son cessez-le-feu pour se regrouper et se préparer à une nouvelle offensive et publie le 20 janvier 2000 un communiqué qui sera interprété comme un appel à reprendre la lutte. (There is Only One Enemy, The Sovereign Nation, janvier-février 2000).

Au cours des deux années qui suivent la RIRA mène une serie d’attaques dans le nord de l’Irlande et en Angleterre. Les plus spectaculaires sont un attentat au RPG-22 contre le QG des services secrets MI6 à Londres et l’explosion d’ une voiture piégée a l’extérieur des bâtiments de la BBC le 4 mars 2001. Mais à partir du printemps de 2001, les activités de David Rupert, qui travaille pour le FBI et le MI5 au sein de la RIRA, mènent à l’arrestation de plusieurs de ses dirigeants.

Si déjà la RIRA avait mauvaise image à cause de Omagh, à présent se rajouttait à cela la réputation d’être infiltrée au plus haut niveau par les services secrets. (Sur cela voir : John Mooney and Michael O’Toole, Black Operations : The Secret War Against the Real IRA, Dublin : Maverick House, 2003. Noter que c’est un livre superficiel et politiquement douteux). Le clou final dans le cerceuil de la RIRA semble avoir été cloué lorsque le 20 octobre 2002, la presque totalité des prisonniers de l’organisation appelle le mouvement à se dissoudre car entièrement discrédité (Voir Prisoners’ Statement et Interview With Republican Prisoners, Forum Magazine : A Republican Journal, février 2003. Voir aussi : Interview with Republican Prisoners, Forum Magazine, octobre 2003).

Ces prisonniers et leurs sympathisants à l’extérieur forment un nouveau groupe appelé New Republican Forum qui publie un magazine mensuel de très grande qualité (Maeve Sheehan, Republican rebels try a new tactic, The Sunday Times, 23 février 2003). New Republican Forum existera jusqu’à la fin de 2006 avant de disparaître. En plus de cela, la RIRA est forcée de dissoudre sa Brigade de Belfast fin 2003 à cause d’accusations d’implications dans des activités criminelles.

Après une période prolongée d’inactivité, ce n’est que fin 2007 que RIRA fait vraiment surface quand elle tente d’exécuter des policiers le 8 novembre. Dans une interview début 2008, un porte parole du Conseil de l’Armée de la RIRA explique que le mouvement sort d’une période de restructuration et de réorganisation qui a duré trois ans. (Suzanne Breen, War back on – Real IRA, The Sunday Tribune, 3 février 2008). Depuis, la RIRA semble lentement et peut-être sûrement se distancier de sa stigmatisation associée a Omagh, aux infiltrations, aux scissions, et à sa prétendue « incompétence ». « Le moral est bon dans les rangs de l’IRA Véritable, il est plus haut qu’il ne l’a jamais été au cours des années récentes « . (Suzanne Breen, Steady growth in ranks of dissident republicans, The Sunday Tribune, 28 février 2010).

Depuis 2006, une série d’autres organisations sont apparues. Oglaigh na hEireann rend son existence publique en juillet 2008. (Suzanne Breen, Dissident group comes out of the shadows, The Sunday Tribune, 8 juillet 2008). Ce groupe est constitué principalement de personnes ayant quitté d’autres organisations comme RIRA ou les provisoires. Vu qu’un nombre non négligeable d’entre eux ont une experience solide dans le domaine de la lutte armée, cela rend ONH très dangereux. Cependant l’organisation n’a aucune idéologie claire qui la distinguerait d’autres mouvements et rejette explicitement non seulement la politique institutionnelle, mais la politique tout court. (Cfr. Allison Morris, Dissidents: ‘We have recruited ex-Provos’, The Irish News, 16 février 2009).

Il est douteux que ses membres aient rompu avec les autres organisations pour des raisons politiques car ONH n’a pas défini ses divergences idéologiques, politiques et organisationelles qui justifient la création d’un nouveau groupe armé ou même essayer de justifier son titre. Certains de ses membres sont associés au Republican Network for Unity (RNU) qui pourtant n’est pas unanime en faveur de la lutte armée. Fondé le 17 Juin 2007, RNU est un développement organisationel de « Ex-POW’s and Concerned Republicans against RUC/PSNI & MI5 » , un groupe de plusieurs centaines d’ex-prisoniers républicains et leurs familles crée en 2006, qui s’opposaient à la reconnaissance de l’appareil répressif d’Etat par les Provisoires et qui depuis essaient de créer un front uni des différentes organisations républicaines sur des questions d’intêret commun.

Eirigi est une organisation que parfois les medias associent aux ‘dissidents’ mais à tort. Eirigi est une scission purement politique (NB: n’a pas d’équivalent armé car Eirigi rejette la lutte armée dans les conditions actuelles) du Sinn Fein Provisoire, le 24 avril 2006. Initialement centré sur Dublin, le groupe devient national et se proclame parti politique lors de sa première conférence nationale le 12 mai 2007. Eirigi se décrit comme un groupe radical d’agitation socialiste republicain et possède deux conseillers municipaux qui ont fait défection du Sinn Fein Provisoire. (Dan Keenan, Radical group seek republican ground lost by Sinn Fein, The Irish Times, 27 juillet 2009). Le groupe a suscité un enthousiasme mal placé (voir par exemple l’interview de Brian Leeson par Philip Ferguson : Building an alternative movement in Ireland, The Spark, décembre 2008-janvier 2009).

Car ce groupe d’opposition soi-disant radical est certainement l’opposition la plus ‘loyale’ et la plus acceptable aux Provisoires. Eirigi restent fondamentalement des Provos, et le Sinn Fein Provisoire et sa politique étaient pour eux suffisament acceptables pour y rester jusqu’en 2006, plus de huit ans après les Accords du Vendredi Saint. Les autres organisations républicaines opposées aux Accords de 1998 se méfient grandement de Eirigi qu’elles considèrent avec raison comme fort suspect (Conor McMorrow, Éirigí: New kids on the republican block, The Sunday Tribune, 9 août 2009).

Eirigi a quelque chose de fondamentalement ‘faux’ et refuse de s’associer à des actions par exemple pour le soutien aux prisoniers républicains. (A noter que selon la BBC, environs 300 républicains ont été emprisonnés entre 1999 et 2009, cfr. Panorama, The Gunmen Who Never Went Away, BBC One 30 mars 2009. Jusqu’à 2006 ceux qui sont aujourd’hui dans Eirigi niaient l’existence de prisonniers politiques en Irlande disant que les derniers avaient ete libérés en 2000!).

Toutes ces organisations républicaines qui continuent la lutte armée aujourd’hui reçoivent une couverture médiatique extrêmement hostile. Les médias disent que leurs actions n’ont aucune justification. (Voir par exemple Dissident Violence Must Stop, Irish News 17 novembre 2008, édition spéciale du quotidien). Quelle base ont-ils pour justifier leurs activités? En 2010 on peut difficilement dire que les Nationalistes dans le Nord de l’Irlande sont encore des citoyens de deuxième classe qui sont encore opprimés. (Voir par exemple : Research shows Catholics gained more from NI peace process than Protestants, The Belfast Telegraph, 31 mars 2008 ; Jim Cusack, Who’s got the bling here – Catholics or Protestants ? The Belfast Telegraph, 18 juin 2008 ; Francess McDonnell, All communities hit equally by recession, The Irish Times, 31 mars 2009).

Mais pour la RIRA, ce ne sont pas les conditions économiques et sociales de la population nationaliste qui justifient la lutte armée dans les six comtés – « le combat républicain n’a jamais été pour le changement social et économiques au sein de l’état du nord, mais pour la destruction de cet état et forcer un retrait britannique. » Ce sur quoi se base la lutte armée est le fait que « l’état britannique déclare sa souveraineté sur une partie de notre pays et tant que cela durera la lutte armée sera toujours justifiée. » (28 janvier 2003 Real IRA Interview – Channel 9, http://irelandsown.net/rira3.html).

Les justifications données aujourd’hui a la lutte armée par les républicains opposés aux Accords de 1998 sont assez similaires à celles données par les Provisoires dans le passé. Par exemple, en 1989 Gerry Adams déclarait à ses contradicteurs que la lutte armée de l’IRA n’était pas légitime vu que le Sinn Fein représentait moins de 10 pour cent de l’électorat dans le nord et moins de 2 pour cent dans le sud : » L’IRA reçoit son mandat pour lutter contre la présence de forces britanniques dans ce pays. Elle ne cherche pas un mandat électoral. Sa justification vient du fait que l’état britannique déclare sa souveraine té sur cette partie de l’Irlande. » (Padraig O Malley, Northern Ireland : A Question of Nuance, Belfast : The Blackstaff Press, 1990, p.55).

Car le soutien électoral aux républicains opposés aux Accords de 1998 est très marginal. En octobre 2002, un sondage d’opinion organisé par la BBC et PriceWaterHouse indique que 1,5% du total des répondants soutiennent le Republican Sinn Fein et 1,3% les 32. Si 2,8% du total des répondants soutiennent les ‘dissidents’, parmis les répondants nationalistes cela monte a 7,1%, 3,8% soutiennent le Republican Sinn Fein et 3,3% les 32. (BBC website, Hearts and Minds poll : The details, 17 octobre 2002). Si les 32 ne sont pas un parti politique et ne se présentent pas aux élections, le Republican Sinn Fein a un poids électoral insignifiant. Le parti a en 2010 un seul élu, un conseiller municipal à Galway. Aux élections municipales de 2004 dans le sud, les sept candidats du parti ont reçu un total de 2.403 votes, soit 0,13% du total.

Dans le nord, les six candidats du parti ont reçu un total de 2.522 votes aux élections de 2007, soit 0,38% du total, et en moyenne 1,03% aux endroits où ils se présentaient. La réaction de la direction de leur mouvement à cela était : « Rappellons que la lutte pour la libération nationale irlandaise n’a jamais été mesurée par le nombre de votes que notre mouvement à reçu, mais par l’engagement du petit nombre de personnes qui sont restés fidèles et loyaux à la cause de la République de 1916. » (Easter Statement from the Leadership of the Republican Movement, Saoirse, avril 2007).

Et pour la RIRA : « Si nous les républicains qui s’opposent à la capitulation des Accords du Vendredi Saint de 1998 sommes une minorité de la population aujourd’hui, nous rejoignons en cela une longue et noble tradition qui remonte aux Fenians, aux insurgés de 1916, aux volontaires républicains des annees ’30, ’40 et ’50 qui n’avaient aucun mandat électoral, mais étaient convaincus de la justesse de leur cause et possédaient la force physique et morale de leur convictions… Nous sommes persuadés que l’histoire future nous jugera comme ayant été corrects dans notre analyse politique. » (Interview de la Real IRA du 28 janvier 2003 – Channel 9, http://irelandsown.net/rira3.html).

Mais si » Les dissidents républicains n’ont aucun mandat pour leur violence, leurs recrues viennent de quartiers défavorisés, de gens aliénés et de jeunes désoeuvrés qui n’ont jamais reçu aucun dividende de la paix. » (Editorial, IRA Dissidents Cannot be Ignored, The Sunday Tribune, 4 avril 2010).

Eamonn McCann rappelle que les dissidents jouissent de plus de soutien passif que ne le prétendent les medias et les gens « comme il faut ». (Eamonn McCann, Passive support for ‘dissident’ Republicans, The Derry Journal, 16 février 2010) « . Le Sinn Fein reste fort du point de vue électoral dans la population nationaliste. Mais dans la communauté traditionnellement républicaine, parmi les gens qui ont soutenu les Provisoires bec et ongles pendant le conflit, les dissidents trouvent des portes ouvertes. » (Suzanne Breen, The Bloody Rise of the Dissident IRA, The Sunday Tribune, 4 avril 2010).

Par exemple il y a des indications que des quartiers très pro-IRA comme Ardoyne sont passés des Provisoires aux ‘dissidents’ (Henry McDonald, We’ve lost control of Ardoyne, IRA warns, The Observer, 5 avril 2009).

La CIRA et la RIRA ont suffisamment de soutien que pour être capables de créer des zones liberées comme dans les villages de Roslea, Lisnaskea, Newtownbutler et Donagh dans le Fermanagh ou Meigh dans le South Armagh. (John Mooney, Gardai ‘know identity’ of dissident terrorists, The Sunday Times, 24 mai 2009 et Malachi O Doherty, Checkpoint, The Belfast Telegraph, 25 août 2009).

Selon des experts d’organisations non gouvernementales, la récession économique et le fait que l’Irlande unie n’est pas plus proche depuis les Accords de 1998 fait que la base de soutien des soi-disant ‘dissidents’ risque de s’élargir (Dan Keenan ; Nationalist gripes and recession ‘threat’ to peace, The Irish Times, 27 juillet 2009). En particulier, le secrétaire d’Etat à l’Irlande du Nord est inquiet du nombre non négligeable de jeunes qui semblent rejoindre les organisations républicaines engagées dans la lutte armée. (William Graham, Young people joining RIRA and CIRA worry Woodward, The Irish News, 5 septembre 2008).

Les indications sont que ces organisations grandissent lentement mais sûrement. (Suzanne Breen, Steady growth in ranks of dissident republicans, The Sunday Tribune, 28 février 2010). Comment caractériser les actions armées menées par les républicains opposés au traité de 1998 ? On ne peut pas parler de » guerre » vu leur quantité et leur qualité (Cf. une liste assez exhaustive des actions de la RIRA, ici et de la CIRA, ici).

Très désabusé, Ciaran MacLochlainn, l’ancien commandant des prisonniers de la RIRA dans la prison de Maghaberry décrivait en 2005 les choses ainsi « Ce qui existe à présent est quelque chose qui se situe quelque part entre l’illusion de faire la guerre et l’aspiration à faire la guerre, mais en réalité il n’y a pas de guerre. » (Barry McCaffrey, RIRA ‘war’ must end says senior dissident, The Irish News, 14 octobre2005).

De plus, jusqu’à récemment, de nombreux républicains considéraient des organisations comme la RIRA et la CIRA comme étant incompétentes du point de vue militaire. Jusqu’en 2009 elles n’avaient pas tué un seul membre des forces de sécurité. « L’IRA a combattu la Grande-Bretagne et la RUC jusqu’au bout, et nous sommes critiqués par des gens qui n’ont pas même commencé à les combattre » déclarait Martin McGuinness en 2007. Avec leur simulacre de guerre, ils parlent de « Make Believe IRA » – ‘simulacre d’IRA plutôt que d’IRA authentique (Anthony McIntyre, Who is McGuinness to talk of treachery? The Independent, 15 mars 2010).

En fait, les républicains continuant la lutte armée ont une compréhension beaucoup plus réaliste de leurs actions. Selon un responsable du conseil de l’armée de RIRA en 2008, « l’époque d’une campagne avec des opérations militaires sur une base quotidienne ou tous les quelques jours est révolue » , elle parle plutôt d’ « usage tactique de la lutte armée » pour caractériser ses activités. (Suzanne Breen, Exclusive – Real IRA : We will take campaign to Britain, The Sunday Tribune, 12 avril 2009).

Ce que la RIRA cherche à faire, c’est « de briser le mythe que la domination britannique n’est plus présente et que les choses sont normales. Les gens vont se rendre compte qu’on reste sous occupation ». (Suzanne Breen, War back on – Real IRA, The Sunday Tribune, 3 février 2008).

Suzanne Breen souligne qu’ « il n’y a pas de frime irréaliste prétendant la RIRA est capable de ‘libérer’ l’Irlande en quelques années. L’organisation a une stratégie cohérente pour le court et moyen terme : limiter la normalisation de l’Irlande du Nord et pousser les forces de sécurité dans un rôle plus combatif. Elle cherche aussi, comme le faisaient jadis les Provisoires, à déstabiliser tout accord politique qui court-circuiterait une Irlande unie. » (Suzanne Breen, Northern Editor’s Analysis, The Sunday Tribune, 12 avril 2009).

« Au sujet du conflit actuel, la Real IRA voit les choses à long terme. Une source républicaine explique que l’IRA s’est placée sur du long terme. Personne ne pense que le retrait britannique est au coin de la rue. Il s’agit de porter des coups à la politique de normalisation qui fait passer le conflit pour réglé. Il s’agit de maintenir en vie le républicanisme et de montrer aux Britanniques que tant qu’ils restent en Irlande, il y aura toujours des gens prêts à leur résister.’ » (Suzanne Breen, The Bloody Rise of the Dissident IRA, The Sunday Tribune, 4 avril 2010).

L’IRA « continuera a résister à l’occupation britannique sous toutes ses formes. Nous continuerons à rejeter le processus de pacification et normalisation, et nous continuerons à résister à tous ceux qui facilitent ces processus. » (Oglaigh na hEireann New Years Message 2007, The Sovereign Nation, janvier-février 2007). Les actions armées sont peut être limitées, mais leurs effets politiques concrets sont très réels.

Par exemple, après que la RIRA eut tué deux soldats britanniques en mars 2009, le principal quotidien de droite en Grande Bretagne notait que cette action prouvait que » l’Irlande du Nord n’est pas un coin ‘normal’ du Royaume-Uni. » (Philip Johnston, It is not that the Troubles are back –they never left, The Daily Telegraph, 9 mars 2009). Selon un éditorial du Belfast Telegraph : « Il est clair que les groupes dissidents ont la capacité de causer une perturbation assez sévère de la vie normale en Irlande du Nord. La série de détournements, incendies et alertes à la bombe à Belfast et Lurgan montre un degré de planification et un nombre élevé de participants à ces actions. C’est inquiétant qu’ils arrivent à montrer leur force vu que la police et les politiciens insistent sur le fait qu’il y a juste un petit nombre de dissidents qui ont très peu de soutien…Plus longtemps les dissidents arriveront à démontrer leur capacité, plus le risque que des gens rejoignent leurs rangs est grand. » (Editorial, Dissidents prey on the misguided, The Belfast Telegraph, 1er avril 2009).

Leurs attaques contre la police par exemple limitent fortement la capacité de l’Etat britannique à normaliser les six comtés (Liz MacKean, Files reveal growing NI terror threat, BBC Newsnight, BBC website, 28 octobre 2009 ; Diana Rusk, ‘Worryingly high’ numbers of Catholic leaving the force, et ‘Very real threats’ lead to 2-hour police delays, The Irish News, 17 novembre 2008).

Selon un ancien haut responsable de la police « il est temps d’arrêter de prétendre qu’il y a un environement normal pour la police en Irlande du Nord » et il faut faire appel a l’armée. (AdrianRutherford, Call for Army’s return to Nortthern Ireland streets, The Belfast Telegraph, 29 avril 2010). Un rapport de l’armée britannique montrait récemment a quel point le Nord est dangereux pour les soldats rattachés aux 22 bases présentes. (Rappelons que l’armée britannique n’a jamais quitté le nord de l’Irlande). Des centaines de lieux leurs sont interdits car considérés comme trop risqués. Le danger est tellement grand que par exemple tous les hôtels au nord de Dublin sont considérés comme risqués. Seuls certaines marques de taxis sont considérées comme sûres. Cela montre qu’ils sont exposés à des risques importants. (Sean Rayment, Republican terrorists plan ‘Christmas spectacular’ attack on British troops, The Sunday Telegraph, 6 décembre 2009).

Il y consensus parmi les experts et les médias qu’au printemps 2010 la menace portée par les organisations républicaines continuant la lutte armée est la plus forte depuis 1998 (Dan Keenan: The threat level rises from dissident republican groups, The Irish Times, 27 février 2010). Même le Wall Street Journal annonçait que « l’insurrection grandit en Irlande du Nord ». (Guy Chazan, Insurency Rises inNorthern Ireland, The Wall Street Journal, 23 février 2010).

Les gouvernements de Londres et de Dublin prennent très au serieux la menace representée par les organisations républicaines opposées aux Accords de 1998. Selon Dermot Ahern, Ministre de la Justice dans le sud, la menace representée par les dissidents est aussi sérieuse que celle que répresentait l’IRA Provisoire pendant les Troubles, et ces derniers ont aussi « des poches de soutien importantes » dans le sud. (Conor Lally, Threat ‘as strong as’ during Troubles, The Irish Times, 15 avril 2010 et Conor Lally, Terror threat now at highest level – Ahern, The Irish Times 1er mars 2010).

L’Etat britannique les considère comme plus dangereux que les groupes islamistes (Aislinn Simpson, Dissident Northern Ireland republican threat ‘higher than from Islamic extremists’, The Daily Telegraph, 28 juillet 2008). Il y a plus de plans d’attaques par les républicains que par les salafistes (James Kirkup, MI5: More terrorist plots from Irish Republicans than Islamic extremists, The Daily Telegraph 1er janvier 2010).

Un ancien haut responsable de la police d’Irlande du Nord craint même que ces organisations républicaines deviennent un jour plus grandes et plus dangereuses que les Provisoires ne l’étaient. (Dissidents could become bigger than PIRA, The Newsletter, 13 November 2009). C’est pour cela que Londres renforce les opérations de ses services secrets contre ces républicains (Henry McDonald, MI5 targets dissidents as Irish terror threat grows, The Guardian, 28 juillet 2008). Le MI5 utilise 400 agents à l’extérieur de Belfast avec un budget de 40 millions (Henry McDonald, MI5 spends £40m tracking IRA dissidents and al-Qaida, The Observer 24 mai 2009).

Le MI5 utilise 60 pour cent de sa surveillance électronique et 15 pour cent de ses resources humaines contre les ‘dissidents’. (Liam Clarke, The Troubles return with a dangerous whimper, The Sunday Times, 29 novembre 2009).

Fin 2009, il était annoncé que ses dépenses avaient plus que doublées au cours des neufs derniers mois pour lutter contre ces républicains. (Sean O’Neill and David Sharrock, MI5 doubles strength in Ulster as elite forces thwart police murder, The Times, 24 novembre 2009). Et les républicains continuant la lutte sont visés par les services secrets avec plus de moyens et d’intensité que ne l’avaient été les Provisoires. (Suzanne Breen, Same Game, New Rules, The Sunday Tribune, 29 novembre 2009).

Les services britanniques reçoivent même la collaboration de l’IRA Provisoire pour lutter contre les ‘dissidents’ (June Caldwell, IRA intelligence ‘passed to MI5’, The Sunday Times, 6 septembre 2008). Comme le note un éditorial du Guardian, « En privé, les experts n’auraient jamais imaginé qu’à la fin de 2009, le MI5 devrait investir plus d’efforts que depuis des années pour la surveillance des dissidents. » (Editorial, Northern Ireland – eerie echoes of the past, The Guardian, 31 décembre 2009). C’est probablement parce que les services secrets avouent que les groupes ‘dissidents’ sont difficiles a pénétrer (Gerry Moriarty, Splintered republican dissident groups are difficult to penetrate, The Irish Times, 11 mars 2009).

L’Etat britannique à même été obligé de rappeler d’Irak et d’Afghanistan des unités spéciales du Special Reconnaissance Regiment (de type SAS) pour lutter contre les actions armées des republicains. (Dan Keenan and Neil Carnduff, Intelligence forces recalled to North for security duty, The Irish Times, 6 mars 2009).

Déjà en 2007, alors que par exemple l’armée britannique retirait ses miradors du South Armagh, le nombre d’unités furtives menant des opérations de surveillance sur des ‘dissidents’ augmentait (Allison Morris, Watchtowers gone but spies still carry on, The Irish News, 3 décembre 2007). Récemment ces unités sont apparues à Lurgan dans des zones favorables à la CIRA [Continuity IRA] (Henry McDonald, Special forces intimidating republicans in Northern Ireland, says dissidents, The Guardian, 21 février 2010).

The Economist, magazine de la classe dominante anglaise se fait de gros soucis au sujet de la résurgence du républicanisme armé. Des unités devant être envoyées en Afghanistan doivent à la place être envoyée en Irlande pour renforcer les effectis locaux sous pression (Terrorism in Northern Ireland Resurgent : A political impasse means violence can flourish, The Economist, 10 décembre 2009).

Alors que David Cameron déclare officiellement que sa politique vise à renforcer l’Union et que son unionisme est très profond , les organisations continuant la lutte armée prouvent la vérité de la remarque de Ruairi O’Bradaigh disant que tant que le gouvernement britannique cherche à maintenir sa souverainete sur une partie de l’Irlande, il y aura toujours une IRA d’une sorte ou d’une autre pour s’y opposer (Henry McDonald, ‘As long as the British remain, there will always be some kind of IRA’, The Observer, 15 mars 2009).

« Le militantisme républicain est très loin d’être relégué aux livres d’histoire. » (Suzanne Breen, Same Game, New Rules, The Sunday Tribune, 29 novembre 2009).

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