Le rire de nos enfants

Analyse écrite par Liam O’Ruairc au sujet des résultats bizarres du processus de paix entamé il y a plus de dix ans au Nord de l’Irlande. Le texte fait un bilan réaliste et dur de la situation actuelle en soulevant la question essentielle: qui a gagné cette guerre?

Aux yeux de nombreux observateurs, l’Irlande du Nord de 2011 est une société d’après les Troubles [euphémisme officiel désignant la période 1968-1998]. Au moyen de sa « propagande de paix », les médias prodiguent au public un récit explicite axé sur la « fin de la violence » et sur la réussite d’une « solution politique », accompagné en retrait d’un récit implicite selon lequel l’Irlande du Nord est « prête pour l’intégration dans la société de consommation et dans l’ordre économique global ».

Par exemple, dans ses éditoriaux, le journal The Irish Times ne cesse de souligner que le Nord est devenu « un endroit où la vie est meilleure » et qui « s’est immensément amélioré dans la période récente ». Les prétendus ‘Troubles’ sont « désormais passé du domaine de la contemporanéité au domaine de l’histoire ». Il y a peu, le Belfast Telegraph parlait d’une « nouvelle ère » : « L’Irlande du Nord a tellement changé ces dernières années qu’il devient difficile de se rappeler les jours les plus sombres des Troubles. Une nouvelle génération grandit, qui n’a aucun souvenir des bombes, des balles, des émeutes ou des routes bloquées. »

Le fossé des générations sépare ceux qui ont été impliqués dans le conflit, dont beaucoup sont déjà des grands-parents, et ceux qui avaient dix ans ou moins à l’époque de l’Accord de Belfast en 1998. « Les Troubles sont en train de s’évanouir de la mémoire et de passer dans l’histoire… Pour la plupart des jeunes générations habitant les bastions historiques des Provisoires, ‘la lutte’ n’est pas une réalité d’aujourd’hui. »

Lorsque le livre Voices from the Grave fut publié l’année dernière, Brian Feeney fit la remarque suivante : « L’histoire de Brendan Hughes est lointaine. La majorité de la population de Belfast-ouest a moins de 40 ans, la moitié a moins de 25 ans. Se disputer pour savoir qui a fait quoi il y a 35 ou 40 ans est de peu d’intérêt pour eux, c’est bon pour leurs parents et leurs grands-parents ». Les choses ont changé à tel point que les Troubles peuvent être présentées comme un « lot aseptisé pour le tourisme ». Pour beaucoup de gens, le conflit en Irlande du Nord apparaît donc comme une affaire réglée.

Le conflit dans le Nord de l’Irlande faisait partie de ce qu’on appelle plus généralement la ‘question irlandaise’. C. Desmond Greaves la définit ainsi : « C’est la question de savoir si la souveraineté de l’Irlande appartient au peuple d’Irlande ou à la couronne britannique ». Plus particulièrement, le conflit concernait le statut constitutionnel des six comtés.

On peut donc se demander à la faveur de qui cette question a été tranchée lors du processus de paix et de ses nombreux accords?

Pour Gerry Adams, « l’essentiel de l’accord du Vendredi Saint a été de faire que le gouvernement britannique s’engage désormais à légiférer en faveur d’une Irlande unie. ». « Ce qui est important, c’est que cet endroit n’est pas aussi britannique que Finchley [allusion de G. Adams à un mot fameux de M. Thatcher selon lequel ‘l’Irlande du Nord était aussi britannique que Finchley’, la circonscription électorale anglaise dont elle était députée]. Il s’agit du Royaume-Uni de Grande Bretagne et d’Irlande du Nord, avec la partie nord-irlandaise ayant un rapport semi-détaché. La loi sur le gouvernement de l’Irlande, qui donnait le pouvoir au gouvernement britannique pour toujours, a été abolie, et il s’agit maintenant d’un rapport entre deux partenaires, ou deux parents, qui décident de divorcer à un certain moment de leur parcours, au lieu de rester ensemble pour toujours. »

Toutefois, le secrétaire d’Etat à l’Irlande du Nord a souligné le fait qu’il ne s’agissait pas d’une sorte d’Etat hybride tourné vers le divorce, et il a expliqué que le gouvernement actuel « ne sera jamais neutre dans l’expression de son soutien à l’Union ».

En fait, selon Antony McIntyre, le Nord est désormais « plus britannique encore que le Finchley de Thatcher. Voyez Finchley, il n’y a pas là-bas de base massive du MI5 [services secrets britanniques pour la sûreté intérieure]. La Grande Bretagne n’a pas d’intérêt stratégique à garder Finchley. Mais le Nord de l’Irlande a plus de valeur stratégique pour l’Etat britannique actuel que Finchley. ».

Si l’aboutissement du processus de paix est bel et bien une défaite pour le républicanisme et une victoire pour l’unionisme, cela ne signifie pas qu’il n’a pas apporté de profonds changements. L’Accord de Belfast « n’a pas changé le statut politique constitutionnel d’origine, mais il l’a restructuré. Au fond, la vieille structure partitionniste a été re-pensée à la faveur d’un majoritarianisme assorti de partages de pouvoir. »

Quelles en ont été les conséquences?

L’Accord de Belfast a une double logique. D’une part, il représente une défaite pour le républicanisme, verrouille la partition et renforce la domination britannique. Mais d’autre part, il représente aussi une victoire pour le nationalisme puisqu’il promeut les intérêts communautaires à l’intérieur du Nord. Comme le remarque Suzanne Breen : « Il y a eu des avancées considérables pour les catholiques dans beaucoup d’endroits du Nord, mais toujours à l’intérieur des conditions constitutionnelles existantes. »

Des recherches menées par des professeurs de la Queen’s University de Belfast montrent que les catholiques ont reçu du processus de paix plus d’avantages sociaux et économiques que les protestants. Dix ans après l’Accord de Belfast, c’est la communauté nationaliste qui est la plus favorisée dans l’époque d’après les Troubles. Il n’est à ce titre pas surprenant que le journal des Provisoires expliquait très tôt qu’il y avait « une confiance grandissante dans la communauté nationaliste ».

Le processus de paix était présenté comme ayant créé une communauté qui « va de l’avant » et qui n’accepterait plus le statut de citoyens de seconde zone. Ceci peut être illustré en matière d’économie, de culture, d’éducation et de politique.

En 1990, lorsque l’agence de statistiques enquêtait sur les entreprises de plus de 25 salariés, les salariés catholiques représentaient 34,9% de la main d’œuvre répertoriée, avec une différence de 5,1 point de pourcentage par rapport aux 40% de catholiques qui étaient disponibles pour ces emplois. Vingt ans plus tard, ces chiffres ne sont plus d’actualité. Dans le rapport de décembre 2010, qui couvrait les entreprises de plus de 10 salariés, on lit que les catholiques forment 45,4% de la main d’œuvre, ce qui correspond au pourcentage de catholiques estimés disponibles pour ces emplois.

Au sujet de la question controversée de la police, le PSNI [Police Service of Northern Ireland] reçoit le soutien de tous les partis nationalistes, y compris Sinn Fein [provisoire], et la proportion de catholiques dans cette police a augmenté de 8% à 29,38%, chiffres qui satisfont aux attentes de la commission Patten, recommandant une proportion de catholiques dans la police située entre 29% et 33%.

Bien que la nécessité d’une loi sur la langue irlandais soit encore débattue, les sphères de la culture nationaliste comme la danse irlandaise, la musique irlandaise traditionnelle et les sports gaéliques sont en pleine expansion. Parler irlandais est même vu comme un indice d’appartenance à une certaine élite sociale et éduquée.

Comparés aux protestants, les nationalistes sont moins susceptibles de quitter le système scolaire sans qualifications et plus susceptibles d’y obtenir un diplôme. L’institution statistique scolaire, l’UCAS, ne recueille pas d’éléments sur l’appartenance religieuse des élèves et étudiants, mais en 2008-2009, sur tous les étudiants ayant déclaré une confession religieuse, 43,9% de ceux qui ont passé les examens de la Queen’s University de Belfast se reconnaissaient comme protestants, 56,1% comme catholiques.

Quant à l’Université d’Ulster, elle confirma qu’elle abritait dans ses quatre campus 11.099 étudiants enregistrés comme catholiques. En comparaison, les protestants étaient 6.378. Le quartier le plus riche de Belfast, Malone Road, est maintenant en majorité catholique, et la majorité des usagers de jets privés viennent de cette communauté, ce qui a suscité cette interrogation pertinente d’un observateur : « Pourquoi Bobby Sands s’est-il donc tué? Voulait-il que ses compatriotes catholiques du Nord possédassent des jets privés? Qu’ils roulassent en 4×4? »

Cette mobilité sociale vers le haut a débouché sur un triomphalisme nationaliste agressif, qu’on peut constater au tribalisme des t-shirts de football gaélique et du Celtic de Glasgow arborés par les étudiants et au marquage de territoire de la nouvelle bourgeoisie catholique sur Malone Road, qui suspend à ses fenêtres des drapeaux de GAA [Gaelic Athletic Association – fédération de sports gaéliques]

Pour le dire avec Paul Bew, ceci exprime la transition « de la rage ethnique à la vanité ethnique ». Le communautarisme nationaliste a maintenant les deux pieds fermement posés dans ce que Christopher Lasch appelait « la culture du narcissisme ».

Depuis 2001, les  Provisoires ont élargi leur base électorale et sont devenus le plus grand parti nationaliste dans le Nord et font partie de son gouvernement.

Selon l’ancien directeur des élections du parti, les Provisoires ont attiré à eux « un nouvel afflux d’argent catholique, largement apolitique, mais nationaliste dans ses aspirations. » Alors que naguère les Provisoires promettaient qu’il n’y aurait aucun retour au régime de Stormont, leur argument du jour est le suivant : « pourquoi devrions-nous avoir peur de Stormont? C’est notre parlement à nous aussi. »

Le succès électoral des Provisoires s’explique principalement par son aptitude à se présenter comme « le meilleur défenseur des intérêts nationalistes en Irlande du Nord ». Grâce à leur défense vigoureuse du principe de l’équité dans l’emploi et d’une législation respectueuse des droits de l’homme, incluses dans les Accords de Belfast, les Provisoires sont parvenus à créer une « parité d’estime » et une « égalité » pour les nationalistes dans les six comtés.

Si les conditions matérielles d’existence se sont améliorées pour les catholiques, le succès a néanmoins été inégal. Les populations qui ont le plus souffert du conflit sont celles qui reçoivent le moins de bénéfices de la paix.

A titre d’exemple, une étude menée dans le quartier de Whiterock à Belfast-ouest par le Dr. David Connolly de l’Université d’York, un professeur spécialisé dans les questions touchant aux sorties de crises internationales, conclut que la plupart des habitants estimaient que leurs conditions de vie avaient empiré depuis l’accord de Belfast de 1998. La moitié des foyers interrogés ressentaient un affaiblissement des liens communautaires. Deux tiers d’entre eux ressentaient du stress autour de leur habitat, même si nombreux étaient ceux qui reconnaissaient que le processus de paix avait apporté des bienfaits.

L’étude conclut que la pauvreté établie depuis longtemps et l’héritage des Troubles étaient les deux causes fondamentales du traumatisme affectant le quartier. En ce qui concerne le quartier d’Ardoyne, le journal The Economist remarquait l’année dernière que « nombreux sont les problèmes qui demeurent, comme la pauvreté, le chômage et l’aliénation sous plusieurs rapports. Bien que le processus de paix ait pratiquement éliminé les assassinats, il n’a que peu apporté en matière d’amélioration économique. Il y a quelques années, une vague de suicide juvénile fut l’indice criant du niveau d’effondrement familial et social. »

Contrairement à cette confiance et ce dynamisme de la population nationaliste, « la classe ouvrière protestante, et sa jeunesse en particulier, a été la grande perdante du changement en Irlande du Nord. Ils considèrent, et ils savent bien que ce sentiment est partagé par beaucoup de nationalistes qui s’en réjouissent, que les catholiques sont sur la pente ascendante, alors que les protestants sont sur la pente descendante ».

Ceci peut être illustré par le fait que la majorité des élèves et étudiant qui réussissent leurs études sont catholiques, alors que 13 des 15 endroits du Nord les plus sinistrés scolairement sont dans des zones loyalistes. Il y a dix ans, le secrétaire d’Etat à l’Irlande du Nord avertissait l’opinion de l’existence d’une « aliénation » protestante et du danger qu’il y avait à  voir l’Irlande du Nord devenir une « endroit inhospitalier pour les protestants ».

Voir des catholiques avoir des emplois, siéger au gouvernement et dans la police réformée a confirmé la vérité du cliché répandu dans les ghettos loyalistes mécontents, selon lequel « les catholiques ont tout, et nous, rien ». Un dignitaire de l’Eglise d’Irlande [protestantisme officiel] s’est exprimé ainsi : « Les gens qui vivent dans les quartiers populaires protestants, unionistes et loyalistes se sentent lourdement défavorisés, aliénés et tenus à l’écart du processus politique. »

Ce sentiment de déclin et de privation est très prégnant dans les quartiers loyalistes. Par exemple : « Sandy Row [quartier populaire protestant de Belfast] en a bavé depuis 40 ans. Mais alors que certains quartiers de Belfast connaissent un regain culturel et commercial, surtout dans les quartiers catholiques, cette enclave loyaliste subit un déclin grandissant. Il y a 40 ans, 15.000 personnes vivaient là. Aujourd’hui il n’y a plus que 700 maisons et appartements, et seulement 2.000 habitants. A l’époque, il y avait 108 boutiques et enseignes, il n’y en a plus que 40. »

A côté du quartier belfastois de Whiterock, le quartier protestant de Shankill est devenu le plus pauvre de toute l’Irlande du Nord. Si ce ne sont pas les catholiques, ce sont les immigrés qui sont accusés par les loyalistes d’être à l’origine de cette situation, des statistiques montrent que plus de 90% des attaques racistes ont lieu dans des quartiers loyalistes.

Les classes moyennes unionistes sont apathiques et ont en majorité déserté la sphère publique. Les institutions unionistes et loyalistes connaissent elles aussi un déclin irréversible. L’Ordre d’Orange a connu sa plus grande affluence en 1968, comptant alors 93.477 membres, alors qu’en 2006, dernière années où les statistiques sont disponibles, il n’en compte plus que 35.758.

D’après le grand dirigeant de l’Ordre, les gens rechignent à adhérer de peur d’être défavorisés dans des emplois comme la police et les services publics : « Les gens pensent que le fait d’être membre nuira à leur carrière. Pour la police, l’institution est une « organisation à déclarer » et on n’a pas le droit de cacher cette appartenance quand on veut y travailler. Cela sonne comme une maladie à déclarer. Au contraire, être membre de la GAA est considéré positivement. Il y a des équipes de policiers dans la GAA et des officiers haut-gradés vont aux matchs. »

Les protestants sont désormais sous-représentés dans certains secteurs publics comme le ministère du logement. Quant aux partis politiques unionistes, ils sont eux aussi en crise. En 1973, 447.085 votants soutenaient les partis politiques unionistes, ce chiffre est tombé à 340.890 en 2010, ce qui a alarmé certains observateurs.

Si les choses tournent mal pour les loyalistes et les unionistes, cela ne peut que renforcer le sentiment de victoire des nationalistes. Comme le remarque Liam Clarke : « l’unionisme politique est en détresse, mais l’Union elle-même est plus forte que jamais dans l’histoire de l’Irlande du Nord. Elle n’est pas en danger et peut être considérée comme acquise pour le futur anticipable.

Une crise des partis politiques unionistes et des institutions loyales n’implique par une crise de l’Union. Comme le souligne Arthur Aughey, aucune circonscription électorale de poids en Irlande ou en Grande Bretagne ne soutient l’unité irlandaise : « On disait autrefois ‘Nous sommes tous devenus marxistes’. Sur le sujet de l’Union, on peut dire que ‘nous sommes tous Irlandais du Nord aujourd’hui’ ».

Le paradoxe est qu’il y a le sentiment d’une victoire catholique, malgré le fait que les nationalistes et les républicains ont perdu la dispute constitutionnelle, alors que ceux qui ont gagné cette dispute se sentent jetés « du côté des perdants ». Ceci est rendu visible par les sondages qui montrent que l’Accord de Belfast est largement plus soutenu par les nationalistes que par les unionistes.

Si le républicanisme a bel et bien été vaincu, la situation que nous venons de décrire a été utilisée par les Provisoires pour accréditer l’idée que la campagne de l’IRA a été victorieuse. Cette interprétation repose sur le point de vue révisionniste considérant la campagne de l’IRA comme l’extension logique de la lutte pour les droits civiques et que la lutte armée a été victorieuse parce qu’elle a mené à l’égalité pour les nationalistes à l’intérieur du Nord de l’Irlande – à une « parité d’estime » et à une « Irlande des égaux ».

Il s’agit d’une ré-écriture de l’histoire pour justifier le présent. Bien que révisionniste dans sa nature, cet argument a néanmoins un noyau rationnel : « Les volontaires de l’IRA jusqu’aux années 1960 menaient une guerre de libération nationale, alors que ceux d’aujourd’hui mènent une guerre pour les droits civiques exprimée en termes de libération nationale. Le soutien dans le Nord n’émanait pas à l’origine de désirs et d’aspirations nationales, mais provenait du mouvement pour l’égalité civile. Sans la conscience des droits civiques, il n’y aurait eu que peu de soutien pour l’objectif traditionnel de l’IRA, celui d’une Irlande unie à gagner par la force. Sans cette conscience, il n’y aurait pas l’allégeance à une Irlande unie telle qu’elle existe dans les communautés catholiques.

Il y a de l’ironie dans le bon mot unioniste disant que « CRA [Civil Rights Association – le groupe qui dirigeait le mouvement pour les droits civiques àl a fin des années 1960 – début 1970] n’était qu’une autre façon d’écrire IRA » non parce qu’il était vrai, puisque l’IRA n’a jamais dominé totalement le mouvement, mais parce que les droits civils furent par la suite exprimés en termes de républicanisme. »

Voilà la raison pour laquelle Gerry Adams peut prétendre que « ce fut la seule campagne de l’IRA qui ait réussi ». Elle réussit en ce qu’elle fit tomber l’Etat orangiste et amena l’égalité pour les nationalistes. Pour Adams, les nationalistes seraient toujours « à genoux » en tant que « citoyens de deuxième classe » si l’IRA n’avait pas été là. Gerry Adams a déclaré que l’Etat orangiste tel qu’on le connaissait a disparu », chose qui est reconnue par certains de ces contradicteurs  républicains. Martin McGuinness a lui aussi souligné le fait que « l’Etat orangiste a disparu et qu’il ne reviendra jamais au grand jamais ».

Telle a été la réussite de la lutte républicaine d’après eux. Mais comme Henry McDonald le remarque : « l’idée selon laquelle des milliers de gens aient dû mourir et que des milliers aient dû aller en prison ou perdre la vie de sorte que nous ayons une loi sur la langue irlandaise ou le contrôle des pouvoirs de justice et de police DANS l’Etat d’Irlande du Nord est une distortion massive et délibérée de l’histoire. »

D’autres républicains critiques des Provisoires comme Brendan Hughes ne « ressentent pas la moindre satisfaction. Toutes les questions soulevées pendant cette lutte n’ont pas trouvé de réponse et la lutte républicaine n’a pas été portée à bonne fin. » Tommy Gorman s’est demandé si cette lutte valait vraiment la peine et un des fondateurs de l’IRA provisoire, John Kelly demandait : « Si c’est le MI5 qui domine, à quoi a servi cette guerre de trente ans? »

Alors que les gouvernements britanniques et irlandais tentent d’encourager la « normalisation graduelle » du Nord de l’Irlande, le processus est de plus en plus sous tension. La base économique du processus de paix rencontre des difficultés grandissantes face aux sombres perspectives de l’économie du Nord. Le sectarisme et les divisions ont augmenté depuis le processus de paix avec la multiplication, depuis les cessez-le-feu, des prétendus « murs de paix ».

Ces phénomènes indiquent qu’il s’agit plus d’un cas de « réconciliation sous la contrainte » pour reprendre l’expression d’Adorno, que d’une paix durable. Les actions armées menées par les républicains hostiles au statu quo actuel marquent les limites de la capacité de gouvernement britannique de normaliser les six comtés. Par contre, il est difficile de dire avec certitude qu’elles suffisent à entamer le processus de pacification. Les changements sociaux et économiques qui ont affecté la communauté nationaliste ont probablement réussi à contrer l’idée de l’impossibilité pour les catholiques de  trouver une place convenable à l’intérieur de l’Etat du Nord.

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Un commentaire pour Le rire de nos enfants

  1. helene dit :

    l’IRA à trahie Bobby Sands les Irlandais et la réunification de l’Irlande

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