Gerry Adams n’est plus indispensable

Source : Le Monde

Arrêté mercredi 30 avril par la police nord-irlandaise à laquelle il s’est livré de son plein gré, le leader républicain irlandais Gerry Adams a vu vendredi 2 mai sa détention prolongée de quarante-huit heures.

Le nationaliste de 65 ans est connu pour son activisme anti-britannique en Irlande du Nord au début des années 1970 et pour son rôle dans le processus de paix dans les années 1990. Président du Sinn Fein, qui fut longtemps l’aile politique de l’Armée républicaine irlandaise (IRA), cet homme à la grande stature et à la barbe poivre et sel a longtemps été un paria dans la Grande-Bretagne des années 1980, où il était banni d’antenne. Emprisonné à plusieurs reprises, Gerry Adams n’a jamais reconnu avoir été membre de l’IRA, mais il a déclaré, dans un langage alambiqué, ne jamais s’en être « dissocié ».

Au sein du mouvement républicain, il faisait partie des plus modérés et a été parmi les principaux artisans des accords du vendredi saint de 1998, qui ont mis fin à trente ans de guerre civile entre républicains catholiques et unionistes protestants. Depuis, Gerry Adams, qui est aujourd’hui député au Parlement de la République d’Irlande, a vu grandir sa stature de responsable politique. Il se rend régulièrement à la Maison Blanche et faisait partie des invités d’honneur aux funérailles de l’ancien président sud-africain Nelson Mandela.

Il fait actuellement campagne, au nom du Sinn Fein, pour les élections européennes et les élections locales irlandaises qui se tiendront le 25 mai. Ce qui fait dire à ses proches que cette arrestation vise avant tout à affaiblir le Sinn Fein et répond à des objectifs politiques.

De quoi est soupçonné Gerry Adams ?

Gerry Adams est soupçonné d’avoir commandité le meurtre de Jean McConville en 1972. Cette femme avait été enlevée devant ses enfants par l’IRA, qui la soupçonnait, à tort, d’être une informatrice des autorités britanniques. Une enquête policière a démenti qu’elle était « une indic » ; son seul tort aurait été d’avoir porté secours à un soldat britannique blessé dans un attentat. Elle avait été exécutée, et son corps n’avait été retrouvé qu’en 2003, enfouie dans le sable sur une plage du comté de Louth en République d’Irlande (comté que représente Gerry Adams aujourd’hui au Parlement irlandais). Le président du Sinn Fein dément toute implication. « Des accusations malveillantes très médiatisées ont été portées contre moi. Je les rejette. (…) Je suis innocent de toute partie du kidnapping, de l’assassinat et de l’enterrement de Jean McConville », a-t-il déclaré avant son arrestation.

Comment Jean McConville a-t-elle disparu ?

Jean McConville est l’une des 3 600 victimes des « troubles », l’euphémisme par lequel est désigné la guerre civile larvée qui a fait 3 600 morts entre 1969 et 1998. Cette mère de dix enfants, était une protestante de 37 ans, veuve d’un catholique. Elle faisait partie des seize « disparus » dont l’IRA n’a admis le meurtre, d’une balle dans la nuque, qu’en 1999, mais sa mort est l’un des crimes commis durant cette période prêtant le plus à controverse.

Jean McConville a été enlevée en 1972 par un commando de l’IRA, dans le quartier catholique des Falls, à Belfast-Ouest. Jeudi 1er mai, un de ses fils, âgé de 11 ans à l’époque des faits, a accordé un témoignage à la BBC, racontant avec précision l’arrestation. « On a frappé à la porte, et ils ont fait irruption, explique aujourd’hui Michal McConville. Avec mes frères et sœurs, on s’accrochait à ma mère, en pleurant, en criant, se souvient-il. Ma mère était dans un sale état parce que, la nuit d’avant, des membres de l’IRA l’avaient retenue pendant plusieurs heures et battue », poursuit-il, décrivant ses « coupures » et ses « bleus ». « Nous savions qu’ils allaient recommencer, donc nous étions très angoissés. »

Une semaine après l’enlèvement, des membres du commando sont retournés voir la famille. Le jeune Michael a été encagoulé et soumis à un simulacre d’exécution. Il a reconnu plusieurs des kidnappeurs, qui habitaient le voisinage. Le garçon a compris que sa mère était morte quand, « environ deux semaines plus tard, un homme de l’IRA est venu à la maison pour déposer son porte-monnaie et sa bague de mariage ». Aujourd’hui père de famille, il a dit taire l’identité des meurtriers, encore terrifié par les menaces de mort proférées contre lui-même et sa famille. En revanche, sa sœur, Helen McKendry, affirme être désormais prête à témoigner. « Je n’ai plus peur », a-t-elle confié au Guardian.

Pourquoi cette affaire rebondit-elle aujourd’hui ?

L’affaire McConville a refait surface après que la police nord-irlandaise eut gagné en justice le droit d’accéder aux enregistrements de chercheurs du Boston College, une université privée américaine. Dans le cadre du « Belfast project », dont l’initiative revient à un ancien de l’IRA, Anthony McIntyre, des interviews de paramilitaires catholiques républicains ont été recueillies ces dernières années, à la condition de ne divulguer leurs propos qu’à titre posthume. Dans l’un de ces entretiens, Dolours Price, condamnée à sept ans de prison pour un attentat de l’IRA de 1973 contre le tribunal londonien d’Old Bailey, désigne Gerry Adams, comme celui qui a ordonné le meurtre de Jean McConville. Cette ancienne membre de l’IRA avait déjà ouvertement accusé dans la presse Gerry Adams en 2010, en colère contre le processus de paix et les compromis trop importants qu’il aurait noués. Ces déclarations avaient attiré l’attention de la police nord-irlandaise qui a alors mené bataille pour accéder aux enregistrements du « Boston Project ».

Au final, et malgré l’opposition des initiateurs du projet, la police a pu mettre la main sur onze entretiens menés avec sept anciens membres de l’IRA. Leur contenu n’est pas public, mais, outre Dolours Price, au moins deux autres personnes y accusent M. Adams. La première est Brendan Hugues, un ancien ami du chef du Sinn Fein, brouillé avec lui et aujourd’hui décédé. L’autre accusation provient de l’ancien chef du personnel de l’IRA, Ivor Bell. La police l’a arrêté en mars et inculpé pour complicité de meurtre. Mais les preuves contre le dirigeant du Sinn Fein sont cependant limitées, et les enregistrements seront difficilement utilisables car provenant de personnes mortes.

Source : ici

Le dirigeant républicain Gerry Adams a été remis en liberté dimanche 4 mai au soir après quatre jours de garde à vue en Irlande du Nord à propos d’un meurtre commis par l’IRA en 1972. Son dossier va être transmis au procureur, a précisé la police dans un communiqué. La police avait le choix entre libérer Gerry Adams, l’inculper ou demander une nouvelle prolongation de la garde à vue.

A sa sortie de garde à vue, Gerry Adams a critiqué la manière dont la police d’Irlande du Nord a géré son arrestation. « Ceux qui ont autorisé [cette arrestation] n’ont pas pris la bonne décision stratégique, a dit M. Adams lors d’une conférence de presse au Balmoral Hotel à Belfast. C’est absolument un mauvais signal. »

Il a également critiqué le moment choisi pour son arrestation, dicté selon lui par des « motivations politiques », en pleine campagne de son parti pour les élections européennes, alors qu’il s’était déclaré disponible pour un interrogatoire voici deux mois. « Ils n’avaient pas besoin de faire cela en pleine campagne électorale, je les avais contactés il y a deux mois », a-t-il dit. « Je soutiens que ceux qui ont autorisé mon arrestation et ma détention auraient pu s’y prendre autrement », a-t-il déclaré devant la presse, assis à la tribune à la droite du vice-premier ministre d’Irlande du Nord, Martin McGuinness.

Enlèvement et meurtre de Jean McConville

Le dirigeant républicain, âgé de 65 ans, qui est aussi député en République d’Irlande, était entendu depuis mercredi soir par les enquêteurs chargés d’élucider l’enlèvement et le meurtre en 1972 de Jean McConville. Cette protestante et mère de 10 enfants, âgée de 37 ans, avait été enlevée devant ses enfants par l’IRA, qui la soupçonnait, à tort, d’être une informatrice des autorités britanniques. Elle avait été exécutée et son corps n’avait été retrouvé qu’en 2003, enfoui dans le sable sur une plage du comté de Louth en République d’Irlande.

Gerry Adams dément fermement toute implication dans ce crime et a toujours nié avoir appartenu à l’Armée républicaine irlandaise (IRA), dont le Sinn Fein a été l’aile politique. Le président du parti a déclaré dimanche que l’essentiel des accusations portées contre lui provenaient d’articles de presse, de livres ou de photos. Ces accusations s’inscrivent, a-t-il dit, dans le cadre d’une « campagne malveillante, mensongère et sinistre ».

Seize ans après les accords de paix, l’Irlande du Nord se retrouve donc confrontée à un lourd passé, qui a fait 3 500 morts entre 1969 et 1998, et qu’elle n’arrive pas à gérer. L’arrestation de Gerry Adams a provoqué une crise entre les nationalistes catholiques du Sinn Fein et les protestants du DUP (Parti unioniste démocrate) du premier ministre nord-irlandais Peter Robinson, avec lesquels ils partagent le pouvoir.

Source : ici

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43 commentaires pour Gerry Adams n’est plus indispensable

  1. Monier Alain dit :

    Bonjour,
    Je profite de cet article du monde, partie prenante du systeme de la globalisation et donc enferer dans ses rapports de force, la introduit par Liberation Irlande pour demontrer surement que l’on peut jetter impunement les » pions » qui ont pu servir anterieurement et qui aujourd’hui sl’action est devenue obsolete. Cela prouve dans la circonstance , que le fait de se ralier a Tony Blair (referent ) coute a Gerry Adam la »reconnaissance eternelle par expiation » . Comment croire qu’il pouvait en etre autrement. En fait chacun agit en son ame et conscience, et en la circonstance Tony Blair et Gerry Adam ne sont pas quittes de responsabilites ecrasantes. Pour autant si Gerry Adam en porte un poids a la mesure de ses actes, Celui qui fut le Premier ministre de la GB en ne salissant pas ses mains, mais a travers ses choix politiques contreverses, mais legalises par les instances legales, meriterait la sentence de » l’indignation » puisque que la « loi » discremine entre les responsables. Les lois sont dictees suivant les interets en jeu dans une societe donnee. A cet effet on devrait aujourd’hui, tellement l’injustice est criante, se poser la question bien reelle : » Qui doit etre dans notre decennie le detenteur de la legitimite ?? »Cela renvoie a des interpretations diverses, mais pour autant la question se pose dans ce contexte de globalisation., tentaculaire et ecrasante. Ne disons pas ,plus tard,: » On ne savait pas on ne voulait pas cela ! »
    Cordialement Alain Monier

    • Monier Alain dit :

      Bonjour, Ne peut on pas se poser legitimement la question de savoir si la ligne de « Liberation Irlande » n’a pas evacue le Republicanisme National Irlandais au profit exclusif de la Revolution Socialiste.determinant de la pensee traditionnelle Marxiste Leniniste. Cordialement Alain Monier

  2. feudeprairie dit :

    Le titre de l’article dit tout! Espérons que cet évènement réveille encore plus de monde quant au jeu de dupes que représente le « processus de paix ».

  3. Liam dit :

    En 1986, la chaîne de télévision anglaise Channel 4 programmait un dialogue entre Cornelius Castoriadis et Christopher Lasch. Jamais rediffusé ni transcrit, inconnu des spécialistes des deux penseurs, cet entretien inédit est une contribution magistrale et extrêmement accessible au débat contemporain sur la crise des sociétés occidentales. Il analyse la naissance d’un nouvel égoïsme, au sortir de la Seconde guerre mondiale et à l’entrée dans la société de consommation. Les individus se retranchent de la sphère publique et se réfugient dans un monde exclusivement privé, perdant ainsi le « sens de soi-même (sense of self) » qui rend possible toute éthique. Le sens de soi-même n’existe en effet que lorsque les individus sont dégagés des contraintes matérielles et n’ont plus à lutter pour leur survie. Sans projet, otages d’un monde hallucinatoire sans réalité ni objets (même la science ne construit plus de réalité puisqu’elle fait tout apparaître comme possible), mais dopé par le marketing et les simulacres, les individus n’ont plus de modèles auxquels s’identifier. Le double échec du communisme et de la social-démocratie les laissent orphelins de tout idéal politique. Leur moi devient un moi vide (an empty self) que se disputent des lobbies devenus quant à eux les derniers acteurs de la scène politique. L’analyse est noire et féroce, mais elle pourrait avoir été faite hier, tant elle est d’actualité. Un texte très marquant, qui devrait trouver un fort écho.

    La Culture de l’égoïsme
    Michael IGNATIEFF
    Bonsoir. Dans cette série d’émissions, nous parlons des divers aspects du prix à payer pour
    la modernité. La perte des liens de communauté et de voisinage est peut-être le plus
    douloureux. Dans un monde fait d’étrangers, nous avons tendance à nous replier de plus en
    plus sur la famille et le foyer, ce havre qui nous protège d’un monde impitoyable. Pourtant, nos
    traditions politiques nous disent qu’un certain sens de la communauté est nécessaire à
    l’homme, que nous ne pouvons devenir pleinement humains qu’à travers notre appartenance
    commune, comme proches et comme citoyens. En l’absence d’une telle vie publique, les
    individus que nous sommes en viennent à se réduire au noyau vide de leur être privé.
    Comment nos identités sont-elles affectées par la modernité ? Est-ce que nous devenons plus
    égoïstes, moins capables d’engagement politique, plus enclins à nous murer face à nos voisins
    et à nos proches ?
    Pour discuter de ces questions, Christopher Lasch, historien américain, auteur de La Culture
    du narcissisme1 et plus récemment du Moi assiégé2 , le plus connu de ceux qui critiquent le
    vide au coeur de l’identité moderne ; et Cornelius Castoriadis, psychanalyste français et
    théoricien de la société, et depuis près de quarante ans en première ligne dans le débat
    français sur l’individu et la société.
    Cornelius Castoriadis, comment décririez-vous le changement qui est intervenu dans notre
    vie publique ?
    Cornelius CASTORIADIS
    Le problème, selon moi, s’est posé pour la première fois à la fin des années cinquante, avec
    ce que je voyais déjà à l’époque comme la désagrégation du mouvement ouvrier et du projet
    révolutionnaire qui lui était lié. J’ai été forcé de décrire un changement de la société capitaliste
    qui affectait en même temps, de plus en plus, le type d’individus que cette société produisait.
    Pour le changement dans la société, je crois que nous y reviendrons ; le changement dans les
    individus tenait – pour aller très vite – à la faillite des organisations ouvrières, des syndicats,
    des partis, etc., traditionnels, au dégoût provoqué par ce qui était en train de se passer, et aussi
    à la capacité du capitalisme d’assurer aux gens un niveau de vie croissant, leur permettant
    d’entrer dans la fameuse société de consommation. Les gens tournaient le dos, pour ainsi dire,
    aux intérêts communs, aux activités communes, publiques, ils refusaient de prendre des
    responsabilités et se retranchaient en eux-mêmes dans une sorte de « monde privé » formé par
    la famille et un très petit nombre d’amis. Je mets « monde privé » entre guillemets pour éviter
    les malentendus. En réalité, rien n’est jamais totalement privé. Même quand vous rêvez, vous
    vous servez de mots, que vous empruntez à la langue anglaise. Ce que nous appelons
    individu est, en un sens, une construction sociale.
    Michael IGNATIEFF
    Un sceptique dirait que la critique de l’égoïsme et de l’individualisme dans la société
    capitaliste est aussi vieille que cette société elle-même, qu’elle remonte à trois cents ans. Que
    diriez-vous à ce sceptique ? Comment le convaincre que l’individu moderne, celui qui va avec
    la société de consommation capitaliste de l’après-guerre, a quelque chose de différent, qu’il y a
    là une nouvelle espèce d’individualisme, peut-être même d’égoïsme ?
    Christopher LASCH
    Ce à quoi nous avons affaire, ce n’est pas tant un individualisme à l’ancienne, avec son
    exaltation de l’individu, qui, comme vous le remarquez, a fait l’objet de critiques dès
    l’émergence de ce type nouveau de personnalité, aux XVIIe et XVIIIe siècles : cet individualismelà
    semble céder le pas au repli sur soi que Cornelius vient d’évoquer. Ce qui est, selon moi,
    une bonne approche. J’ai décrit le « moi minimal » ou le « moi narcissique » comme un moi de
    plus en plus vidé de tout contenu, qui en est venu à définir ses buts dans la vie dans les termes
    les plus restrictifs possibles, en termes de survie pure et simple, de survie quotidienne. Comme
    si la vie de tous les jours était si problématique et le monde si menaçant qu’on ne pouvait
    espérer, au mieux, que de s’en sortir, de vivre au jour le jour. De fait, c’est le conseil
    thérapeutique au pire sens du mot. C’est ce qu’on donne aux gens dans le monde qui est le
    nôtre.
    Michael IGNATIEFF
    Quand vous parlez de survie, est-ce que vous n’allez pas un peu trop loin ? Certains ne se
    reconnaîtraient pas là-dedans. Ils pourraient penser que ce terme convient aux victimes d’une
    horrible tragédie, mais là, vous parlez de la vie de tous les jours dans la société la plus riche du
    monde. Pourquoi « survie » ?
    Christopher LASCH
    Je crois que c’est une façon de définir ce qu’il y a de nouveau. La survie est une
    préoccupation depuis toujours, une préoccupation première pour la plupart des gens. Mais
    c’est seulement à notre époque qu’elle semble avoir acquis un statut presque moral, comme si
    la survie était, non pas la condition de possibilité d’une vie morale, mais tout ce qui existe. Si
    l’on voulait retourner aux Grecs, je crois qu’on verrait très clairement la différence. Pour eux,
    pour Aristote en particulier, la condition d’une vie morale, d’une vie pleinement vécue, c’est
    d’être libéré des besoins matériels, que d’ailleurs les Grecs associaient au domaine privé de la
    maison, soumis aux contraintes biologiques et matérielles. Ce n’est qu’à partir du moment où
    l’on sort de ce domaine qu’on peut vraiment parler d’un sentiment du moi, d’une identité
    personnelle, d’une vie civique. Une vie morale, c’est une vie vécue en public.
    Michael IGNATIEFF
    Donc nous n’avons plus une vie vécue dans le domaine public, mais une vie réduite à son
    essence la plus nue, à la survie. Cornelius, vous pratiquez la psychanalyse. Est-ce que cette
    image de l’individu moderne sonne juste à vos oreilles, vous qui avez affaire à l’individu
    moderne tous les jours sur le divan, du lundi au vendredi ?
    Cornelius CASTORIADIS
    Pour moi, ce qui a été dit a une implication très claire. « Au jour le jour », pour reprendre
    cette expression très juste, c’est ce que j’appelle l’absence de projet. Et cela s’applique à la
    société comme à l’individu : il y a trente ou soixante ans, les gens de gauche vous parlaient du
    Grand Soir, les gens de droite du progrès indéfini, etc. Aujourd’hui, personne n’ose plus
    exprimer un projet ambitieux, ni même à peu près raisonnable, qui aille au-delà du budget ou
    des prochaines élections. Il y a donc un horizon de temps. De ce point de vue, on peut dire que
    le terme de « survie » est critiquable parce que, évidemment, chacun pense à sa retraite, et
    aussi à ses enfants, à leur éducation, comment leur faire avoir un diplôme universitaire ou
    professionnel, etc. ; mais cet horizon de temps est privé. Personne n’est partie prenante d’un
    horizon de temps public. De même, personne – là encore, avec toutes les nuances requises –
    n’est partie prenante d’un espace public. Bien sûr, nous le sommes tous, mais prenez la place
    de la Concorde ou Piccadilly Circus, ou encore, je ne sais pas, New York aux heures
    d’embouteillage : vous avez un million d’individus noyés dans un océan de choses sociales, ce
    sont des êtres sociaux, dans un lieu social, et ils sont complètement isolés, ils se détestent les
    uns les autres, et s’ils avaient le pouvoir de désintégrer les autos qui sont devant eux, ils le
    feraient ! C’est de cela que nous parlons : aujourd’hui, l’espace public, c’est quoi ? Il est plus
    que jamais présent. Pour être précis, il est dans chaque foyer avec la télévision, mais de quoi
    s’agit-il au juste ?
    Michael IGNATIEFF
    C’est un espace vide.
    Cornelius CASTORIADIS
    Il est vide, ou en un sens c’est encore pire. C’est un espace public pratiquement réservé à la
    publicité, à la pornographie – et je ne parle pas que de pornographie au sens strict, il y a des
    philosophes qui sont des pornographes…
    Michael IGNATIEFF
    Alors se pose une question intéressante : est-ce une cause ou une conséquence de
    l’effondrement du domaine public ? (à C. Lasch) Quel est ici le lien entre l’individu et le
    domaine public en crise ?
    Christopher LASCH
    Ce qui me frappe, c’est que nous vivons dans un monde sans réalité solide… On dit souvent
    que la société de consommation nous entoure d’objets, qu’elle nous pousse à leur accorder
    trop d’attention, mais je crois que c’est une idée trompeuse. Le monde où nous vivons me
    semble extrêmement instable, c’est un monde fait d’images fugitives et qui tend de plus en plus
    – en partie, je crois, grâce à la technologie des moyens de communication de masse – à
    acquérir un caractère hallucinatoire : une sorte de monde d’images fantastiques, par opposition
    à un monde d’objets bien réels qu’on peut s’attendre à voir durer plus longtemps que nous.
    Cette impression de continuité historique qu’apporte, entre autres choses, la familiarité avec
    des objets solides, palpables, semble de plus en plus céder le pas à un assaut d’images
    conçues, le plus souvent, pour faire appel à nos fantasmes. Je crois que même la science, qui
    jusqu’ici passait pour un des principaux moyens de faire advenir une vision du monde plus
    rationnelle, plus réaliste, apparaît dans notre vie quotidienne comme une succession de
    miracles technologiques qui font que tout devient possible. Dans un monde où tout est
    possible, en un sens rien ne l’est. Et puis, les frontières entre le moi et le monde environnant
    tendent à se brouiller de plus en plus.
    Michael IGNATIEFF
    Dans ce que vous dites là, il y a presque une définition du domaine public. Vous dites (entre
    autres choses) que le domaine public est caractérisé par la continuité historique. En fait, dans
    notre culture d’aujourd’hui, il serait plutôt caractérisé par l’emprise des médias. L’accès au
    domaine public nous est donné par les médias, c’est un monde d’images hallucinatoires dont
    les dimensions temporelles sont très limitées. Leur correspondance avec la réalité est très
    problématique. La vie publique apparaît comme quelque chose de fantasmatique, un monde
    rêvé. Mais cela ne répond pas à ma question, qui a à voir avec les causes et les
    conséquences. (à C. Castoriadis) Je me demande si vous pourriez rebondir là-dessus : quel
    est le rapport entre l’individu que nous avons décrit et la crise du domaine public dont nous
    parlions il y a un instant ?
    Christopher LASCH
    Je crois qu’on aurait tort de chercher à distinguer les causes et les conséquences : à mon
    avis, les deux vont de pair. Les évolutions ou les changements sociaux sont ipso facto des
    changements dans la structure des individus, dans leur façon d’agir et de se comporter. Au
    fond, tout est social, mais la société comme telle n’a pas d’adresse, on ne peut pas la
    rencontrer. C’est vous et moi, elle est dans la langue, dans les livres, dans les objets… Mais je
    dirai que la première chose à souligner à cet égard, c’est la disparition de tout véritable conflit
    social et politique.
    Michael IGNATIEFF
    Disparition, pourquoi ?
    Cornelius CASTORIADIS
    Je ne vois pas de conflits. Que se passe-t-il aux États-Unis ? Prenons l’exemple classique :
    dans les années soixante, les Noirs entraient dans les centres-villes, ils incendiaient les
    magasins, et ainsi de suite ; puis, à la fin des années soixante-dix, début de l’ère Reagan, vous
    avez 10 % de chômage dans la population globale, soit 20 % chez les Noirs et 48 % chez les
    jeunes Noirs, et ces jeunes Noirs ne font rien. Je ne veux pas dire qu’ils devraient tous aller
    brûler des magasins, mais ils ne font rien. En France, vous avez une situation où les gens sont
    virés de leur travail, et ils ne font rien. En Angleterre, vous avez cette tragédie avec les mineurs,
    je ne veux pas débattre là-dessus, mais là il y a manifestement les derniers feux de quelque
    chose qui est en train de mourir. Ce n’est pas compliqué à comprendre, je crois : les gens ont
    l’impression, à raison, que les idées politiques qu’on trouve sur le marché tel qu’il existe
    maintenant ne valent pas la peine qu’on se batte pour elles. Ils pensent aussi que les syndicats
    sont des organismes bureaucratiques plus ou moins conçus pour servir leurs propres intérêts,
    ou des lobbies.
    Je crois que ces conflits sociaux et politiques ont eu une grande importance. Contrairement
    au lieu commun marxien, l’histoire de la société n’est pas celle de la lutte des classes. La
    plupart du temps, les esclaves, les opprimés sont restés à leur place en acceptant l’exploitation
    et l’oppression et en bénissant les tsars. Le propre de notre monde, du monde occidental,
    européen, c’était précisément cette dynamique interne du conflit, cette mise en question de la
    société. Elle a engendré ce que j’appelle le caractère duel des sociétés occidentales. Pour les
    marxistes, c’étaient des sociétés strictement capitalistes. C’est un aspect. Mais l’autre, c’est que
    ce sont aussi des sociétés où, à partir du XIIe siècle, les luttes pour l’émancipation, pour la
    démocratie, pour limiter les pouvoirs de l’État, etc., se sont sédimentées dans des institutions et
    dans des types anthropologiques qui sont autre chose que les sujets du Tsar, de l’empereur de
    Chine ou d’un empereur aztèque. Il y avait donc ces deux éléments. Le second, l’élément des
    luttes, pendant toute une période au XIXe siècle, et jusqu’aux années trente ou quarante [du
    vingtième]3 , a surtout pris la forme de mouvements ouvriers, et aussi celle de la première
    vague, la plus authentique, du mouvement féministe – parce que le vrai féminisme, ce n’est pas
    Betty Friedan4 , c’est la première fille qui a eu le courage d’aller à l’université étudier la
    médecine et voir des cadavres d’hommes nus, sans s’arrêter aux objections de sa famille. Et la
    première femme qui a rejoint un syndicat, en 1808. Ces femmes-là, pour une raison ou pour
    une autre, ont échoué, à cause du totalitarisme bolchevique d’une part, et d’autre part à cause
    de l’adaptation de la social-démocratie au capitalisme. Tout se passe comme si les gens en
    concluaient qu’il n’y a rien à faire, et qu’il faut donc se replier sur soi. Ce qui, d’ailleurs,
    correspond au mouvement intrinsèque du capitalisme – expansion du marché, consommation,
    obsolescence programmée, etc., et plus généralement expansion de la domination sur les
    peuples, non seulement comme producteurs, mais comme consommateurs.
    Michael IGNATIEFF
    Je serai tenté de dire que vous préjugez de l’issue de la lutte.
    Christopher LASCH
    J’allais juste ajouter que la politique devient de plus en plus une question de groupes
    d’intérêts, où chacun revendique pour son propre compte une part des bienfaits de l’Étatprovidence,
    en définissant ses intérêts dans le sens le plus étroit possible et en excluant
    délibérément toute revendication plus générale ou toute tentative de formuler les
    revendications d’un groupe en termes universels. L’un des exemples que vous avez
    mentionnés, celui de la lutte des Noirs aux États-Unis, illustre bien ce point. Je voudrais
    mentionner un autre exemple de la façon dont des idéologies apparemment radicales,
    militantes, révolutionnaires ont effectivement contribué, dans la période récente, à ce
    processus. Le mouvement pour les droits civiques de la fin des années 50 et des années 60
    était, à beaucoup d’égards, un retour à une conception antérieure de la démocratie. Elle
    donnait voix à ceux des objectifs des Noirs qui pouvaient parler à tous. Elle s’en prenait au
    racisme, pas seulement au racisme blanc, mais au racisme [en général]. Le mouvement du
    Black Power, qui a démarré au milieu des années 60, semblait beaucoup plus militant – il
    accusait Martin Luther King et d’autres leaders de la première phase de ce mouvement d’être
    des réactionnaires bourgeois –, il a réellement reformulé les objectifs du mouvement noir. Il
    s’en prenait au racisme blanc comme si le racisme était un phénomène réservé aux Blancs,
    d’une manière qui rendait beaucoup plus difficile une redéfinition de la lutte des Noirs (même
    si, à long terme, elle l’a rendue plus facile) – au fond, il s’agissait de redéfinir les Noirs des
    États-Unis comme un groupe d’intérêts parmi d’autres, réclamant sa part du gâteau sans
    formuler aucune revendication d’ordre général. Je crois que c’est l’une des raisons qui
    expliquent le déclin du militantisme chez les Américains.
    Michael IGNATIEFF
    Pour étendre cette analyse au cas de l’Angleterre, l’un des arguments touchant la grève des
    mineurs que vous avez évoquée, c’était qu’elle a échoué précisément parce qu’elle n’a pas été
    capable de se présenter autrement que comme porteuse de revendications sectorielles. Si elle
    avait pu développer un discours comme « La lutte des mineurs est la lutte de tous », alors on
    aurait pu avoir une issue différente. Je ne veux pas dire qu’ils n’ont pas essayé, mais, pour des
    raisons très complexes, cette revendication publique n’a pas réussi à convaincre d’autres
    secteurs de la population.
    Nous ne pouvons pas nous étendre ici sur cette grève, mais je crois que nous pouvons
    l’utiliser comme exemple d’un phénomène très important, très intéressant : la difficulté
    qu’éprouvent les divers groupes, dans la société, à présenter [leurs revendications] en parlant
    au nom et en faveur de l’intérêt public. Il y a le sentiment – Christopher en a parlé tout à l’heure
    – que la politique s’est scindée en différents groupes d’intérêts, et c’est à cela que nous
    pensons quand nous parlons d’une crise dans le domaine public : les gens ne parlent qu’en
    leur propre nom, pas au nom de la collectivité. Pourquoi ? C’est ce que nous devons
    comprendre. Christopher, des idées là-dessus ?
    Christopher LASCH
    Cela a quelque chose à voir avec le déclin de la parole publique à tous les niveaux, dans la
    formulation de revendications qui soient présentées comme autre chose que des intérêts
    particuliers émanant de groupes très particuliers, et notamment de groupes de victimes – ce
    phénomène est en partie lié à la valorisation des victimes et à la tendance croissante à recourir
    à la victimisation comme seul critère de justice susceptible d’être reconnu. Si vous pouvez
    prouver que vous avez été victimisé – que vous avez été l’objet de discriminations, et plus ça a
    duré, mieux c’est –, cela sert d’appui à vos revendications, j’insiste, des revendications
    émanant de groupes très particuliers qui considèrent comme allant de soi que leur histoire est
    extrêmement spécifique et n’a que peu de rapports avec celle des autres groupes ou avec
    l’ensemble de la société, qu’elles n’ont pas du tout leur place dans le discours public et ne
    pourraient même pas être comprises par les autres groupes. Là encore, l’exemple du
    mouvement des Noirs est instructif parce que, sans être trop précis sur les dates, à partir du
    milieu des années 60, les Noirs et leurs porte-parole en Amérique ont commencé à proclamer
    comme un article de foi que personne d’autre ne pouvait même comprendre leur histoire.
    Cornelius CASTORIADIS
    Ou bien les néoféministes. On ne peut comprendre les femmes que si…
    Christopher LASCH
    … que si on est une femme, pour commencer.
    Cornelius CASTORIADIS
    Ou peut-être si on se fait castrer, ou je ne sais quoi.
    Christopher LASCH
    Oui, la comparaison est assez juste. La possibilité d’un langage qui soit compris par tous et
    constitue la base de la vie publique, de la discussion politique, est exclue presque par
    définition.
    Cornelius CASTORIADIS
    Si vous le permettez, je reviendrai sur Aristote, que vous avez évoqué, sans le nommer, juste
    avant cette émission. Aristote, dans ses Politiques, mentionne une loi athénienne que je trouve
    très belle : elle stipulait que, lorsque la discussion à l’Assemblée était susceptible de
    déboucher sur une guerre avec une cité voisine, les habitants de la zone frontalière étaient
    exclus du vote. Ça, c’est la conception grecque de la politique, et c’est celle que je soutiens
    toujours, dans son principe.
    Christopher LASCH
    C’est juste le contraire [d’aujourd’hui].
    Cornelius CASTORIADIS
    Juste le contraire. Imaginez une disposition de la Constitution américaine ou de la loi
    britannique suivant laquelle chaque fois que seraient discutés au Sénat des problèmes
    concernant des États principalement producteurs de coton, les sénateurs de ces États seraient
    exclus du vote. Pourtant, c’est ce qui devrait se passer ! Et toute la conception politique libérale
    est fortement enracinée dans la philosophie politique du XVIIe siècle, si l’on met de côté
    Rousseau. Dans cette conception, la politique est là pour permettre à chacun de se défendre
    contre l’État ; elle ne veut pas dire que nous nous posons nous-mêmes comme une
    communauté politique, pas du tout. Vous avez le monarque, l’État, etc., et l’on essaie d’arracher
    un certain nombre de libertés, de droits. Et puis vous avez tout ce marchandage entre les uns
    et les autres, les groupes d’intérêts, les représentants, et ainsi de suite. À la fin, cela donne une
    société politique fragmentée entre différents intérêts, ceux-là mêmes que les élus sont censés
    représenter.
    Michael IGNATIEFF
    En disant cela, vous critiquez la démocratie libérale basée sur l’intérêt. (à C. Lasch)
    Partagez-vous cette critique ?
    Christopher LASCH
    Une des réponses possibles serait de dire qu’au XVIIIe et au XIXe siècle il subsistait au moins
    des vestiges de traditions plus anciennes, opposées au libéralisme de plusieurs façons
    importantes, même si on les assimile souvent au libéralisme, ce qui est trompeur. Par exemple,
    une tradition de pensée républicaine et civique, remontant jusqu’à Aristote, et ranimée au XVIe
    siècle, en France.
    Cornelius CASTORIADIS
    À coup sûr, Jefferson ne concevait pas le corps politique [polity] comme une combinaison
    d’intérêts opposés.
    Michael IGNATIEFF
    Mais alors, que dites-vous – je vous repose la question du sceptique – à ceux qui
    soutiennent que les conceptions du bien public et de l’intérêt commun qu’on trouve dans le
    courant républicain non libéral [civic republicanism], ou encore dans le mouvement ouvrier que
    vous citiez tout à l’heure, n’ont simplement aucun attrait, ne disent rien, ne font pas le poids
    face à la réalité que nous vivons dans nos sociétés d’aujourd’hui ? Que notre société est
    simplement trop divisée, trop conflictuelle, trop vaste, trop loin de la cité-État athénienne ou
    même du town meeting de la Nouvelle-Angleterre ? Ces traditions ont leur noblesse mais elles
    se sont perdues, évanouies, elles ont disparu.
    Christopher LASCH
    Je trouve significatif, pour revenir encore une fois à cet exemple, que le mouvement
    américain des droits civiques se soit appuyé si massivement, et selon moi de façon fructueuse,
    sur la tradition biblique. Ses idées, son langage étaient saturés par cette tradition particulière et
    l’on ne peut pas imaginer ce mouvement sans elle. Cela suggère que, dans certains secteurs
    de nos sociétés, ces traditions ne sont peut-être pas tout à fait mortes. Il y a dans la culture
    contemporaine très peu de chose qui les encourage ou qui soit susceptible de favoriser cette
    sorte de langage ou cette conception de la politique, mais cela n’a peut-être pas autant décru
    que nous le supposons en général.
    Cornelius CASTORIADIS
    Il y a eu un tournant historique. L’histoire a connu deux périodes où est intervenu un
    changement massif et soudain, à la fois dans l’institution de la société et dans la structure
    psychique des individus : l’une en Grèce ancienne, avec des limites, bien sûr, et une autre
    dans l’Europe moderne, également avec des limites, mais qui a suivi une expansion continue
    jusqu’à un certain moment, disons les années 30 ou 40 du XXe siècle. En quoi consistait-il ?
    Pour faire court, dans la situation qui précédait on avait ce que j’appelle une société
    hétéronome, c’est-à-dire qu’on ne pouvait même pas penser qu’il soit possible de mettre en
    question la loi ou la représentation du monde qui avait cours dans la tribu. Tout d’un coup –
    disons-le, si vous voulez, avec des guillemets –, « tout d’un coup », au VIIe ou au VIe siècle, des
    gens se sont mis à demander : « Est-ce que la loi est juste ? », et ils ont construit la démocratie
    là-dessus. Ils se sont mis à demander : « Est-ce que ces dieux, les douze dieux [olympiens],
    existent ? », et ils ont commencé à construire la philosophie. Là, nous avons la création de
    l’Antiquité ; ensuite, cela recommence à la fin du Moyen Âge, avec la proto-bourgeoisie qui
    reconstruit des communautés politiques, des organes de gouvernement [polities], en réclamant
    au prince, à l’Église ou au seigneur féodal un certain nombre de droits – nous avons encore, en
    un sens, cette façon de faire. Après quoi, bien sûr, le mouvement s’accélère jusqu’à se
    développer bien au-delà de ce que les Grecs auraient pu imaginer, même en rêve.
    D’où vient ce désir ? Je crois que c’est une possibilité de l’être humain, pas une fatalité. Ce
    qui serait beaucoup plus fructueux, c’est de se demander – autre question sans réponse : où en
    sommes-nous aujourd’hui ? Sur les 55 millions d’Anglais, 55 millions de Français, 230 millions
    d’Américains, etc., combien ont réellement la volonté d’agir de façon responsable pour prendre
    leur sort en main ? Voilà le problème. Est-ce qu’ils ont vraiment ce désir-là, ou est-ce qu’ils
    préfèrent continuer à ouvrir leur frigo et à regarder la télé ?
    Michael IGNATIEFF
    Permettez-moi de suggérer une autre ligne de pensée, qui risque moins d’être interprétée à
    tort comme une sorte de catastrophisme historique. Ne peut-on pas penser que ces
    jouissances privées que les États libéraux de l’Occident se sont fait un devoir absolu de
    satisfaire seront perçues de plus en plus – et à raison – comme tellement vides, tellement
    triviales que l’attrait de ces régimes, historiquement fort, décroîtra lui aussi ? Les relations
    personnelles, par exemple, deviennent de plus en plus pauvres, précaires, et la vie familiale
    est mal en point. On parle beaucoup de retour aux valeurs familiales et toute cette sorte de
    choses, cela me paraît en beaucoup de sens une fausse piste, mais en même temps cela
    révèle un mécontentement grandissant au sein même des sociétés d’abondance : celles qui
    arrivent le mieux à satisfaire à grande échelle les besoins et les désirs privés semblent ne plus
    remplir cette tâche si efficacement. Et cette critique vise moins l’État que la qualité de la vie
    privée dans la société moderne.
    Cornelius CASTORIADIS
    Tout cela, je crois, est parfaitement exact. Je dirai, d’une façon peut-être un peu arrogante,
    qu’il y a trois niveaux. D’abord la réalité, le fond du problème. Le fond du problème, c’est que
    l’accroissement de la consommation et de la satisfaction dans la vie privée est un
    accroissement du rien. C’est quelque chose qui est de plus en plus plat, de plus en plus vide.
    (à C. Lasch) Vous avez eu quelques remarques très justes, je trouve, dans votre livre, sur la
    qualité des objets. Personne ne parle de cela. On acquiert des objets, mais de quelle qualité ?
    Et pas seulement du point de vue de l’utilisateur. Un philosophe allemand dirait que ce sont
    des choses sans « choséité », des objets en plastique, de faux objets. Et c’est vrai. Je compare
    les jouets que je dois acheter pour ma petite fille avec ceux que j’avais enfant : un monde les
    sépare. La même chose vaut pour les relations. Là, nous pourrions peut-être revenir à la
    question que vous me posiez, en rappelant ma pratique de psychanalyste, sur la qualité des
    relations – toute cette affaire de sortir, de s’agiter, de coucher avec tel ou telle, d’avoir des
    aventures, etc., à quel point cela a peu de chose à voir avec une véritable satisfaction sexuelle
    et/ou avec un véritable amour. Cela, c’est une chose, c’est la réalité. Du point de vue, je le
    redis, d’un observateur arrogant qui dit : « Je connais la réalité. »
    Le second point, c’est la façon dont les gens la perçoivent. Et cela, c’est difficile ; c’est tout le
    problème. Est-ce qu’ils la perçoivent comme je l’ai décrite ? Est-ce qu’ils sont contents ? Nous
    vivons dans une société où les effets de l’ascenseur social se font encore sentir, si bien que les
    gens peuvent comparer [leur situation] avec celle de leur enfance, beaucoup plus dure, ou
    avec la vie de leurs parents, etc.
    Et troisièmement, j’y insiste à nouveau, le mécontentement peut déboucher sur n’importe
    quoi. À l’heure actuelle, il fait partie intégrante du mouvement law and order5 aux États-Unis
    parce que les gens sont excédés par ce qui se passe – même si, comme on le sait, ils se
    conduisent en hypocrites…
    Michael IGNATIEFF
    Il y a, je crois, une autre question étroitement liée à celle-ci, et qui (à C. Lasch) se rattache à
    certaines choses que vous avez pu formuler : l’idée que la consommation satisfait les gens,
    que les réfrigérateurs, les autos et la télé leur apportent le bonheur, présuppose un moi d’un
    certain type, un moi qui choisit, il choisit certains produits et en rejette d’autres – le
    consommateur souverain. Selon vous, si je comprends bien, tous ces produits ont pour
    destination un centre vide. Il n’y a personne sur le pont de ces petits navires ; c’est, je crois, ce
    qui vous frappe.
    Christopher LASCH
    Oui, l’idée du consommateur souverain est une bonne approche de plusieurs aspects du
    problème. Elle présuppose un individu capable d’utiliser en connaissance de cause les
    possibilités grandissantes de la technologie, plutôt que d’en être le jouet. Et ce qu’il y a de
    triste, c’est que la consommation considérée comme culture, et non comme la simple
    abondance des biens, semble avoir pour résultat que les gens sont les jouets passifs de leurs
    fantasmes…
    Cornelius CASTORIADIS
    … ou de stimuli externes très éphémères, comme la publicité, les modes du moment.
    Michael IGNATIEFF
    Et tout cela rend dérisoire l’idée d’un individu souverain sur quoi, pour une grande part, se
    fonde le libéralisme politique. Cela nous ramène, je crois, au « moi minimal » dont nous avons
    parlé : je pense qu’il est temps de l’examiner de beaucoup plus près. Le mot « narcissisme »,
    par exemple. Il a été question du « moi narcissique » et (à C. Castoriadis) je me demande ce
    que vous, en tant qu’analyste, auriez à dire sur ce concept. Pouvons-nous arriver à mieux
    comprendre pourquoi ce moi est vide, incapable de choix, pourquoi il semble si dénué
    d’objectifs propres ? Que répondriez-vous à ce que Christopher a dit à ce sujet ?
    Cornelius CASTORIADIS
    L’image du moi : qui suis-je ? Question sans fin, bien sûr. Pourtant il ne peut exister de
    société qui ne donne une réponse à cette question de l’individu : « Qui suis-je ? » Et il ne suffit
    pas de dire : je suis Cornelius Castoriadis, né à…, non, ce n’est pas de cela qu’il s’agit. Chacun
    de nous a besoin d’être quelque chose de substantiel, et ce besoin a un lien essentiel avec
    cette autre chose que l’institution de la société doit fournir aux individus : un sens, ou un cadre
    de signification, pour leur vie. Or cette [fonction] est aujourd’hui confrontée à une crise grave
    parce que, à la question « Qui suis-je ? », une femme ne va sûrement pas répondre : « Je suis
    une bonne ménagère qui fait de bons petits plats pour son mari et qui élève ses enfants comme
    il faut en leur apprenant à lire la Bible… », elle ne répondra pas cela et [de fait] elle ne sait pas
    qui elle est. Mais si la femme ne sait pas qui elle est, alors évidemment l’homme ne sait pas
    non plus qui il est, il ne pourra pas dire fièrement : « Je suis le machin-chose de la General
    Motors, je gagne tant… » – qui peut dire cela ? Très peu de gens.
    Il y a donc une crise de l’identité en ce sens ; [ce qui ne fonctionne pas], c’est la
    correspondance avec des rôles, ou des possibilités de rôles, prédéterminés que le sujet puisse
    investir, valoriser et reprendre à son compte ; c’est un des aspects de la crise dont nous
    discutons aujourd’hui.
    Michael IGNATIEFF
    Il me semble que nous devrions essayer de préciser un peu les choses. Ce qui, je crois, a
    été dit très clairement – et c’est intéressant –, c’est que le moi, la structuration de l’identité de
    chaque individu, est une question politique. Les sociétés qui échouent à proposer aux gens
    des rôles qui leur soient propres, un ensemble d’identités stables, solides, leur permettant
    d’affronter des temps difficiles, ne remplissent pas leurs devoirs envers ses membres. Je crois
    que c’est là le coeur de notre problème. Quelle sorte d’individus pouvons-nous inventer ?
    Quelle sorte de théorie politique du sujet pouvons-nous commencer à construire ? Prenons
    l’exemple de la femme, de la ménagère qui a traversé quinze ans de féminisme et qui se dit :
    « Bon Dieu, ce n’est pas ça que je veux comme rôle », ou pensons au mari piégé dans un
    travail qui ne lui laisse pas de temps pour être avec ses enfants et qui se dit : « Bon Dieu, je ne
    veux pas de ce rôle, je veux être un père, pas juste un producteur de profits »… Partout dans la
    société, on voit des gens qui se débattent contre les rôles assignés par la société. Alors, cette
    liberté de lutter pour un moi différent, pour se libérer des vieilles identités, comment la mettre en
    rapport avec ce qui, nous le sentons tous, fait défaut : un discours partagé sur ce que doit être
    l’individu ? Comment réconcilier la liberté pour l’individu de se choisir et, en un sens, de se
    faire lui-même, avec l’existence d’une société ayant un discours partagé sur l’individualité ?
    Christopher LASCH
    Je trouve un peu trompeur de parler d’individus libres de choisir une identité ou de se
    construire un moi. Je crois qu’il est très important de montrer à quel point on n’est jamais libre à
    cet égard, à quel point nous sommes captifs de tout un tas de choses, d’un passé, souvent
    même sans en avoir conscience. Personne n’est sans passé, même si la société nous incite à
    le nier, personne n’a carte blanche pour se faire une identité. Il y a là, je crois, l’une des
    illusions que les idéologies d’aujourd’hui tendent à encourager. Il nous faut donc reconnaître
    les limites au degré de liberté qu’ont les individus au sens où ils pourraient choisir des identités
    interchangeables, voire en changer toutes les semaines. Je ne connais pas la réponse à votre
    question, mais je suis convaincu qu’elle a quelque chose à voir avec ce que je dis là, au-delà
    de la liberté de choisir et de n’être pas contraint par des rôles sociaux imposés.
    Michael IGNATIEFF
    Ne peut-on pas alors poser la question autrement et dire : d’accord, vous avez raison, il n’est
    pas possible de se débarrasser à tous vents de son identité ou d’en changer tous les quatre
    matins, les êtres humains ne sont pas des serpents, ils ont un passé, une histoire, ils ne
    peuvent pas dépouiller leur identité comme une mue. Très bien. Mais ne peut-on pas, alors,
    parler de « caractère » ? Dans beaucoup de vos écrits, je retrouve l’idée de caractère dans un
    sens très ancien, traditionnel. Je veux dire que nous ne pouvons pas prescrire telle ou telle
    identité, ce serait stupide, mais une société peut dire quel genre de caractère mérite, selon elle,
    respect et admiration. Elle peut dire : « Voici le genre de personne que nous honorons, que
    nous respectons », et c’est peut-être vers cela que la parole publique devrait tendre.
    Cornelius CASTORIADIS
    Pour les sept dixièmes de nos auditeurs, ce que vous venez de dire serait ridicule, et c’est
    une partie du problème. Ce qui soutient l’image du moi, c’est aussi le fait que les autres la
    reconnaissent et, en un sens, l’approuvent. Elle a besoin d’être ainsi « épinglée » [à autre
    chose qu’elle]. Or, avec l’écroulement du monde public, c’est justement cela, que Hegel
    appelait « reconnaissance », que nous appelons « respect » et que les Grecs appelaient kléos
    e t kúdos, qui perd toute signification. [Qu’est-ce qu’on reconnaît aujourd’hui ?] Les stars qui
    sont là le temps d’une saison, puis disparaissent.
    Michael IGNATIEFF
    Mais jusqu’où allez-vous pousser ce pessimisme ? Voulez-vous dire tous les deux que dans
    une société comme la nôtre il n’y a simplement pas de place pour un magistère moral et que
    tout ce qu’on peut espérer, c’est, comme le dit Andy Warhol, d’« être une star pendant quinze
    minutes » ? Que dans nos sociétés, plus personne ne peut se lever et dire : « Écoutez, je
    pense que certains types de caractère sont dignes d’estime, et d’autres non » ? Je doute fort
    que sept dixièmes du public sachent ce qu’ils pensent, mais permettez-moi d’avancer cette
    hypothèse : aucune société ne peut fonctionner sans une notion de base du caractère humain,
    c’est-à-dire qu’on ne ment pas, on ne vole pas, on essaie d’être un bon père ou une bonne
    mère.
    Cornelius CASTORIADIS
    Je serais très heureux si j’avais tort, et si notre auditoire était entièrement d’accord avec vous.
    Mais j’espère aussi que nos auditeurs soulèveraient un certain nombre de problèmes. Et c’est
    là que ça coince. Vous dites qu’il faut être un bon père ou une bonne mère, mais qu’est-ce que
    cela veut dire aujourd’hui ? Lorsque j’étais enfant, un bon père, c’était un père qui défendait à
    sa fille de sortir après huit heures du soir jusqu’à ses vingt ou vingt-deux ans au moins, ou
    même plus tard, ou alors avec un chaperon. Est-ce que ça, c’est un bon père de nos jours ? Le
    problème va plus loin. Même si l’on s’accorde pour dire que les critères de décence,
    d’honnêteté et de moralité sont absolument indispensables à la vie d’une société – et j’espère
    qu’on s’accorde là-dessus –, cela soulève une question énorme ; c’est là que je dis que l’affaire
    est ambiguë, c’est d’ailleurs aussi positif. Nous n’acceptons pas un père ou un mari patriarcal,
    je pense que nous avons raison…
    Michael IGNATIEFF
    Tout à fait.
    Cornelius CASTORIADIS
    … mais dans cette situation nouvelle, qu’est-ce que cela signifie d’être un homme ou d’être
    une femme, qu’est-ce que cela signifie pour une femme de travailler tout en s’occupant de la
    lessive, est-ce qu’on va partager [les tâches ménagères] et [si oui], est-ce une solution ?
    Michael IGNATIEFF
    Je n’appelle pas de mes voeux je ne sais quel sens moral inné censé valoir pour tous, mais
    je pense vraiment que l’une des conséquences du débat que nous avons ce soir, un genre de
    débat qui a cours au moins depuis le début des années soixante, c’est de poser très fortement
    cette question : à quel moment la liberté pour l’individu de se choisir et de se faire lui-même, de
    choisir ses propres valeurs, doit-elle céder devant le sentiment qu’il existe des obligations
    sociales collectives engageant tous les individus en tant qu’êtres humains ?
    Cornelius CASTORIADIS
    Vous avez parlé de liberté ; c’est un point très important. La liberté n’est pas une chose facile,
    ce n’est pas un concept facile. En un sens, si nous parlons de la vraie liberté, je dirai que c’est
    un concept tragique. De même que la démocratie est un régime tragique. Parce qu’il n’existe
    pas de limites extérieures, pas de théorèmes mathématiques qui vous diraient : « Il faut
    s’arrêter ici. » La démocratie est un régime où nous disons que nous faisons nos propres lois
    en nous fondant sur notre propre moralité, notre moralité commune. Mais cette moralité, et je
    m’adresse à mon ami crypto-chrétien Christopher Lasch, même si elle devait coïncider avec les
    lois de Moïse ou celles de l’Évangile, elle ne vaut pas parce que c’est écrit dans l’Évangile, elle
    vaut parce que nous, en tant que corps politique, l’acceptons, l’assumons et disons : « Tu ne
    tueras point. » L’autorité ne vient pas de Dieu. Même si 91 % de la société est composé de
    croyants qui acceptent l’autorité du commandement divin, pour la société politique l’autorité ne
    vient pas de Dieu, mais de la décision des citoyens. Or ceux-ci sont souverains. Où est la limite
    de cette souveraineté ? Vous avez, je crois, un dicton en Angleterre selon lequel le Parlement
    peut tout, sauf faire d’un homme une femme. La limite, c’est le biologique. Mais nous savons
    que l’identité biologique est en train de devenir malléable. Cela veut dire que le Parlement
    britannique pourrait décider demain que les blonds n’ont pas le droit de vote. C’est pour cela
    que la démocratie peut périr, et elle a quelquefois péri au cours de l’histoire, comme un héros
    tragique. Dans la tragédie grecque, le héros ne meurt pas parce qu’il y avait une limite et qu’il
    l’aurait transgressée : ça, c’est le péché, le péché chrétien. Le héros tragique meurt de son
    húbris, il meurt de transgresser dans un champ où il n’existait pas de limites connues d’avance.
    Si nous sommes libres, nous décidons individuellement et collectivement nos lois et personne
    ne peut nous dicter notre choix : c’est nous qui décidons du juste et de l’injuste.
    Michael IGNATIEFF
    Je crois que la mention du terme de tragédie nous donne une occasion de conclure, sur
    l’idée que la moralité humaine est l’objet d’un choix humain, collectif, que la vie des hommes
    est une affaire de choix, de choix tragiques entre des valeurs, sans personne pour définir
    d’avance les limites : c’est une bonne idée de s’arrêter là-dessus. Au fond, cette discussion
    aura été dominée par deux figures, celle d’Aristote et celle de Freud. Aristote, parce que nous
    avons commencé avec l’idée d’un domaine public hérité de nos traditions les plus anciennes,
    la conviction que l’on ne saurait être humain complet à moins de devenir un(e) citoyen(ne)
    prenant part à la vie collective du domaine public. Nous sommes partis de cette tradition-là, elle
    nous hante. L’autre figure, associée tout au long de la discussion au moi, au moi moderne,
    pose des questions très incisives à cette tradition politique classique. À travers la théorie
    freudienne, la théorie psychanalytique telle que Christopher Lasch et Cornelius Castoriadis
    l’ont adaptée, nous arrivons à une hypothèse extrêmement stimulante selon laquelle, dans la
    société actuelle, nous ne produisons plus d’individus capables de mettre en oeuvre la vision
    d’Aristote. Et c’est l’un des messages de ce soir, c’est une question difficile : sommes-nous
    devenus des gens d’une autre sorte ? Avons-nous perdu cet idéal ? Nous nous arrêterons làdessus,
    je pense. Bonsoir.

  4. Monier Alain dit :

    Bonjour, merci a Liam pour ce long expose. Il est d’une evidence certaine, indiscutable. Le choix de ces philosophes n’est pas de la pure ortodoxie Leniniste, mais la Psychanalyse a une tres bonne critique pour parler du social.
    Le probleme en fait ne reside pas dans la critique qui fait unanimite, mais la question est toujours que faire ? la Lenine etait indepassable. Lacan a dit « l’inconscient c’est la politique », et il avait raison en suggerant que l’inconscient c’est la necessite du social, le rapport a l’autre inconditionnel, meme si il y a de l’Autre dans le langage. l’autre se rencontre dans le processus d’individuation, il est une part de nous meme. Mais ce fait demontre que l’inconscient a travers le lien social ne sait pas ce que represente le concept de Democratie (pour simplifier) L’histoire nous en apporte
    caution.
    L’Humanisme et non l’humanitaire( trop invoque) est devenu le fondement de notre Ideal, a des degres divers bien evidemment. On en est loin c’est toujours un ideal. Mais ce qui vient encore compliquer les choses, c’est que nous sommes engage dans un processus, je dirai pris par un systeme « capitaliste » dont Marx a ete le premier a en derouler le fonctionnement, avec justesse et precision. Nous restons dans le Marxiste avec Castoriadis, et la critique de Lasch. Castoriadis lui a forge des arguments a base tres Psy pour se sortir de la froideur Leniniste.
    Mais son argumentation a partir de la decouverte Marxienne reste tres theorique, comme toutes ideologies, ou un mythe s’affirme comme possible..

    Disons que Castoriadis est sense representer la Critique et l’espoir d’une solution. Ce que ne fait pas Lacan qui se contente de planter un decor. A cet effet je reste Lacanien et Freudien non pas parce que la soupe ressemble a notre traditionnelle garbure, mais parce que leur constat mais en evidence le probleme que necessite la repression des Pulsions pour arriver a une configuration societale parfaite. Ce qui fait que je reste tres prudent sur les choix a envisager pour que l’inconscient se configure parfaitement avec le social, ce qui est sa vocation, dans la mesure ou son agencement est multiple, ou plutot Differant. Trop de prudence nui, l’histoire passe dessus tout les conservatismes. Un exemple qui semble se concretiser celui de la Famille avec ce qu’elle implique aujourd’hui, famille recomposee,
    couples homosexuels et lesbiens desireux d’avoir un enfant avec les possibilites offertes aujourd’hui et demain, la fait rentrer en plein dans le social, repoussant de plus en plus ce qui pouvait paraitre comme structure biologique perdant aujourd’hui sa consistence, devenant un elerment parmi d’autres. Il y a le cas contraire celui de la precipitation des evenements, a risques inevitables ou on croit voir des avancees. J’ai toujours dit pour ma modeste part que l’evenementiel avait une part preponderante pour le devenir, dans la mesure ou il s’offre sans que l’on l’attende. A ce titre Trosky n’avait peut etre pas tord, comme l’exprime l’auteur de l’article precedent dont Liam a indique la reference. Cordialement Alain Monier

  5. Monier Alain dit :

    Bonjour,
    j’ai repere des citations de Christophe Premat qui situe le penseur Jacques Derrida, ce pourrait resumer mon reel positionnement intellectuel et par la meme politique.

    Il cite Deleuze sur sa motivation Differencielle  » pour lui c’est l’activite de la novation(plutot que de la nouveaute) comme condition d’un Devenir qui ne va pas a son terme, mais vers lui meme soit encore vers sa propre difference.

    La Difference Deridienne retient l’Etre de la difference, d’arriver a son terme. Non seulement il ne s’agit pas d’abord de difference entre des termes, mais la difference elle meme; ne peut se terminer, elle est a elle meme sa fin, et cela ne fait pas un terme, c’est a dire que la difference ne s’y identifie pas. C’est une difference qui n’en finit pas d’approcher l’autre sans transformer totalement le meme.

    Cette pensee qui est la mienne, n’est pas seulement le fait d’une motivation philosophique et Politique particuliere, mais le fait je le repete d’un « evenementiel » personnel, a ce titre je la defends donc comme profondement mienne, d’autant qu’elle a pu s’accrocher a de grands penseurs. Il y a comme exemples des courants de pensees, de decouvertes qui se trouvent declarees en meme temps, alors que chacun des interresses est reste dans son compartiment, isole.

    Mon but servir la « cause Irlandaise » sans se poser reellement d’ou cela vient, mais il y a surement un besoin de traquer l’origine, comme celui que l’on rencontre chez les enfants adptes. Je sais bien comme le dis Derrida qu’il n’y a pas d’origine, qu’il y a deja repetition. Mais comme l’affirme Lacan ce manque d’origine inherent a la nature humaine est un manque insatiable qui nous ouvre vers le Desir. Un desir san fin puisqu’il n’existe que comme manque.

    J’ai bien sur pleinement conscience de mes divergences sur le but final a atteindre, mais pour autant La Liberte Irlandaise a travers sa reconnaissance pour le Destin qu’elle se donnera est l’objet de mon esperance, et je m’y tiens tant que vous me permettrez d’y apporter ma quote part fut elle si mince. Cordialement Alain Monier

  6. Liam dit :

    Carlsberg sort une publicite utilisant les murs de Belfast
    http://creativity-online.com/work/carlsberg-border-football/35207

  7. Liam dit :

    Je suis tombe sur une traduction francaise partielle de l’article de Brendan O Neill sur le canular des 800 bebes :
    L’histoire des 800 bébés inhumés dans une tombe collective était un canular

    Lu ici :

    « Cette histoire est un canular répandu dans les médias grand public et était, pour eux, simplement trop bonne pour être vraie. Il est révélateur que, maintenant qu’on a découvert que l’on brûlait des corps de bébés dans des incinérateurs pour récupérer de l’énergie, les médias ont ignoré le fait pendant longtemps, alors qu’une rumeur concernant des religieuses agissant il y a près d’un siècle a fait les choux gras de tous les médias grand public. Ils ont laissé percer le bout de l’oreille. Admettons-le : ils ne se soucient aucunement des bébés, ils ne se soucient que d’attaquer l’Église et de faire apparaître les catholiques comme des hypocrites.

    Il n’y a qu’un péché dans le monde des médias grand public, c’est l’hypocrisie. Mais, voyez-vous, la seule personne sans péché dans cette affaire, c’est le nihiliste. […]

    Bien que les médias attribuent l’allégation d’avoir « jeté les corps dans une fosse septique » à Catherine Corlesse, historienne amateur locale, elle le dément. Sa tentative de corriger cette affirmation erronée a été racontée par le journal Irish Times samedi, mais les médias grand public qui avaient si joyeusement répandu la suggestion d’origine l’ont presque totalement passé sous silence […].

    Finbar McCormick, professeur de géographie à l’Université Queen’s de Belfast, a sévèrement gourmandé les médias pour avoir décrit la dernière demeure de ces enfants comme une fosse septique. Il a ajouté « Cette structure peut être décrite de façon plus adéquate comme étant un puits servant de caveau, une méthode d’inhumation utilisée récemment encore aujourd’hui dans plusieurs régions d’Europe.

    « Au XIXème siècle, on a construit des puits chemisés de briques et couverts d’une grande dalle qui servaient souvent aussi de pierre tombale horizontale. Ce type de sépulture était commun dans les cimetières urbains au XIXème siècle et on en construit encore beaucoup dans les pays méditerranéens. J’en ai récemment vu en construction dans un cimetière croate. Le puits était maçonné par des blocs de béton, recouvert à l’intérieur de plâtre et avait une couverture faite de grandes dalles de béton.

    « De nombreuses maternités dans les hôpitaux irlandais disposaient d’une sépulture commune pour les enfants mort-nés ou morts peu après la naissance. Cette sépulture pouvait se trouver dans un cimetière voisin, mais aussi dans une zone réservée sur le terrain de l’hôpital. »

    Pour quiconque est familier de l’Irlande (j’y ai été élevé pendant les années 50 et 60), l’histoire de religieuses qui auraient volontairement jeté des bébés dans une fosse septique n’a aucun sens. Bien que certaines de ces religieuses aient peut-être été des mégères du genre « Je suis bien meilleure que tout le monde », s’il y a quelque chose dont elles étaient imprégnées, c’était la crainte de Dieu et donc il est peu vraisemblable qu’elles aient pu traiter des restes humains de la façon outrageusement blasphématoire qu’implique l’histoire de la fosse septique.

    Alors, que reste-t-il de cette histoire ? Un fait semble incontestable : les conditions de vie dans les orphelinats irlandais jusqu’aux années 60, et même plus tard, semblent sorties d’un roman de Dickens. Le taux de mortalité y était très élevé. Mais qui blâmer pour cela ? Une partie importante du problème semble avoir été la pauvreté générale de l’époque (l’institution au centre de ce scandale a fonctionné des années 20 jusqu’au début des années 60). Les orphelinats irlandais manquaient désespérément d’argent, et ils étaient abominablement surpeuplés, ce qui signifiait que si un bébé attrapait une maladie contagieuse, tous allaient l’attraper. Un des dangers les plus importants était la tuberculose, maladie alors incurable qui se répandait comme un feu de brousse dans des locaux surpeuplés. […] »

  8. Liam dit :

    livre disponible en pdf ici
    http://libgen.org/book/index.php?md5=9d042762c62e5409f417d6feeef633fb

    Feminist Identity Development and Activism in Revolutionary Movements
    Theresa O’Keefe
    This book examines the development of feminist identities among women active in revolutionary movements and how this identity simultaneously contributes to and conflicts with the struggle for women’s emancipation. It is based on groundbreaking interviews with women who were active in the contemporary Irish republican movement and activists in the broader women’s movement.

    The book explores how and why women became active in the armed Irish republican movement including an intricate examination of their roles within the IRA. It documents how the gendered experiences of the conflict and of participation in republicanism fostered feminism in many women and how this newfound republican feminism was positioned relative to the broader women’s movement in the Northern Ireland. This comparison raises significant questions regarding the limitations of autonomous women’s organising and its ability to be inclusive

  9. Liam dit :

    Texte de JEAN-LUC NANCY
    Nul depuis cinquante ans ne pouvait douter que Heidegger ait partagé l’antisémitisme dominant l’Europe des années 30, même si on ne trouvait dans ses textes aucune déclaration de cette nature.

    A cet égard nous n’apprenons rien dans les Carnets noirs. Les exclamations et imprécations qu’ils suscitent témoignent plutôt d’une candeur difficile à comprendre. N’avait-on pas de longtemps analysé la mise à l’écart voire la forclusion de la source juive ou judéo-chrétienne par la pensée d’une Grèce archi- originaire ? Lyotard, Derrida, Lacoue-Labarthe, au premier chef, et bien d’autres (Levinas, Granel, Haas, Courtine, Zarader, Janicaud, Marion, Badiou, pour ne nommer que quelques Français) peuvent être convoqués pour témoigner à des titres divers de la circonspection lucide avec laquelle Heidegger a été considéré. Encore faut-il lire, cela va de soi, puis se remettre au travail au lieu de gesticuler. (Lire, par exemple, dans Psyché II de Derrida, p. 46, le témoignage très clair d’une parfaite conscience de l’antisémitisme de Heidegger. Il parle, à propos du Discours de rectorat, de ce qui « ouvre à une réaction archaïsante vers l’artisanat rustique et dénonce le négoce et le capital dont on sait bien à qui ces notions étaient alors associées. » On ne saurait être plus clair.)

    De même, on n’a pas omis de dénoncer le silence obstiné, farouche et insupportable de Heidegger sur les camps d’extermination. Peut-être d’ailleurs ce silence a-t-il à voir avec ce que contiennent les Carnets.

    La publication de ces carnets pose-t-elle de nouvelles questions ? Oui, mais lesquelles au juste ?

    On doit se demander pourquoi Heidegger avait exclu de tous ses textes publiés les mentions faites dans ses carnets privés de ce que Peter Trawny, leur éditeur, nomme très justement « antisémitisme historial » ?

    Une seconde question s’adresse à nous, quel que soit notre rapport à Heidegger. Elle ne surgit pas de ces seuls carnets, mais ils la réactivent : sommes-nous vraiment au clair avec ce qui est en jeu dans l’antisémitisme ? Savons-nous donc vraiment de quelle faute Heidegger est coupable ? Car il l’est, comme beaucoup d’autres, mais de quoi au juste ? De quoi s’agit-il dans l’antisémitisme ? Question jamais assez ni jamais bien posée, et qui s’adresse à tous, non au seul Heidegger (ni aux seuls antisémites visibles ou déclarés).

    A la première question on peut esquisser une réponse provisoire. Heidegger a exclu toute mention d’antisémitisme (et d’anti-judéochristianisme) de ses écrits car il a su qu’une telle mention l’engagerait dans une de ces deux voies : ou bien rejoindre le biologisme nazi qu’il méprisait (voir les Beiträge), ou bien établir que l’antisémitisme doit jouer un rôle structurel dans la pensée d’un destin de l’Occident, ce qui pourrait mettre cette pensée dans l’embarras. En évitant cette seconde entreprise, Heidegger montre qu’il ne pouvait ou qu’il n’osait pas s’y risquer : fût-ce malgré lui il en devinait l’inconsistance. Il touchait donc à une limite de sa pensée.

    La seconde question s’enclenche ici : cette limite n’est-elle pas encore la nôtre, si nous pensons peu ou mal la constitution fondamentale – « spirituelle » disait Lacoue-Labarthe – de l’antisémitisme dans l’Occident ?

    Hegel avait donné une indication en parlant du peuple juif comme « témoin du malheur de la conscience ». Mais on n’a pas voulu savoir quel était ce malheur propre à l’Occident et on s’est caché la douleur qui s’aggravait. Même la vigueur et la vertu dreyfusardes sont passées à côté du problème de fond (témoin Blanchot, qui tout en reprenant la leçon de l' »affaire » veut dépasser l’éthique de la Loi)[1]

    Freud voit dans le christianisme un reproche adressé à un oubli juif du meurtre du père. Mais ce reproche est la conversion d’un malaise : qu’a-t-on fait en humanisant le Dieu imprésentable ? Ainsi le judaïsme de la diaspora aura représenté ce que les chrétiens trahissaient : la séparation des deux royaumes. Et l’interdiction de posséder la terre aura conduit les juifs à prendre sur eux la souillure du prêt à intérêt.

    Ces repères suffisent pour indiquer l’essentiel d’un antisémitisme en effet « historial »: le peuple juif a été identifié comme le mal dont l’Occident sentait, à son corps défendant, devoir payer la croissance illimitée de son savoir et de son pouvoir. Pour Heidegger cette croissance (la technique, le capital, la raison normative) devait se comprendre comme un oubli par l’Occident de sa propre origine et destination. De cet oubli – pourtant commencé avec Platon…- les Juifs, Rome et le judéochristianisme devaient être à la fois, par substitution fantasmatique, les témoins et les agents.

    Cela même permet de discerner comment Heidegger a pu penser sur deux versants hétérogènes. D’un côté il ouvrait la question dite « de l’être » : il remaniait de fond en comble ce qui jusque chez Husserl s’était nommé « transcendance ». Nous n’en avons pas fini avec ce remaniement, qui n’a nul besoin d’être antisémite. D’un autre côté Heidegger voulait, de manière au fond très conformiste et mythologisante, que ce geste relance un « destin » de l’Occident à partir d’une provenance unique, exclusive, excluante voire exterminatrice. L’histoire réappropriait ce que l’existence aurait dû disséminer. Aussi est-ce très exactement au revers de Heidegger que Derrida (qui dès 1964 étudiait l’histoire chez Heidegger) écrivit le mot « destinerrance ». On peut l’interpréter de deux façons : 1) l’idée d’un destin fut l’errance de Heidegger – 2) à nous maintenant de dérouter voire d’égarer le destin occidental. Et d’en finir ainsi avec l’antisémitisme.

    Bien entendu, ce qui précède ne forme qu’une indication sommaire et provisoire. Même le motif du destin reste à décomposer chez Heidegger. Werner Hamacher me suggère par exemple que « destinerrance » peut être considérée comme issu de Heidegger. Peut-être y a-t-il en effet chez lui deux registres ou deux portées du « destin ». Nul doute qu’il y ait là des ressources de pensée, et telles qu’elles nous permettront d’aller plus avant dans ce qu’il nous incombe toujours de penser sur notre provenance et donc sur notre avenir.

  10. Liam dit :

    « une réaction archaïsante vers l’artisanat rustique et dénonce le négoce et le capital »
    – l’anticapitalisme du petit magazin contre le supermarche – c’est tout Saol Nua et la politique economique d’RSF!

  11. Liam dit :

    Les esclaves oubliés de l’histoire : la traite des Irlandais
    http://www.egaliteetreconciliation.fr/Les-esclaves-oublies-de-l-histoire-la-traite-des-Irlandais-26263.html
    Les commentaires des lecteurs sont du style:
    « Je connais une Irlandaise 100 pour cent pur jus et je peux dire que l’esclavage a juste changé de teint. La Culture irlandaise est juste une occasion de fête, sinon, en temps normal, ce sont tous des anglais à la particularité qu’ils ont les dents un peu moins longues et que les filles sont blanches et trapues. »
    Par ailleurs est-ce qu’il y a des reactions interessantes au FLNC qui rend les armes?

  12. Liam dit :

    Article remarquable sur la culture therapeutique que defend l’Etat britannique
    http://www.theguardian.com/books/2014/jun/25/thrive-richard-layard-david-clark-review

    • Monier Alain dit :

      Entente cordiale.
      Vous Francais vous vous battez pour de l’argent. Et nous Anglais, nous nous battons pour l’honneur.
      – Chacun se bat pour ce qui lui maque ! (robert Surcouf)

      Ce que les Anglais cherchent surtout a l’etranger, c’est a recontrer des gens. Des gens, c’est a dire, bien entendu, des Anglais comme il faut qui habitent la maison ou la rue voisine George Mikes

      Qu’est ce que l’Angleterre ? Une colonie anglaise qui a mal tourne (Clemenceau)

      L’Angleterre qui reproche a la Russie sa Pologne, ne voit pas l’Irlande qu’elle a dans l’oeil (victor Hugo)

      La pensee en Angleterre, n’est pas une maladie contagieuse (Oscar WiLde)
      Max O’Rell les filles de John Bull (1884)

      L’Anglais est sans contredit taille pour faire des colonies, mais certes il ne l’est pas pour faire l’amour. Max 0’Rell les filles de john BVull (1884)

      En realite les gents sont mechants, ils ne font que des miseres a notre chere Albion.
      mais c’est l’ete ont peut bien s’amuser a les taquiner, eux qui ne jouent cloturant l’Irlande dans un reduit ou la liberte ne passe pas. Cordialement Alain Monier

  13. Liam dit :

    Pour ceux que ca interesse. Le BICO lance une nouvelle revue, La Revue Heideggerienne
    avec des articles de Brendan Clifford et Desmond Fennell dont des textes sont sur LI. Plus d’infos ici:

    The Heidegger Review

    ISSN 2055-7779

    Issue 1, July 2014 Editor: John Minihane Manager: Jack Lane

    Editorial Why Heidegger is interesting.

    (This is a version of a talk on Heidegger given in Belfast on May 25, 2014.) John Minahane

    A comment on the above Jack Lane

    Ireland needs an intellectual life Desmond Fennell

    Heidegger’s Philosophical

    Notebooks 1939-1941 John Minahane

    Tom Kettle and the War against Nietzsche Brendan Clifford Alexander Dugin And The Fourth

    Political Theory Peter Brooke

    Correspondence to: johnminahane@yahoo.ie

    Pulished by Athol Books , 33 Athol Street,

    Belfast BT14 4GX

    Subscriptions:

    4 issues.

    Electronic: ¤10, £8.

    Postal: Eurozone and World Surface: ¤24; Sterling zone: £15.

  14. Monier Alain dit :

    Bonjour, l’ete consiste a considerer le temps comme determinant essentiel parlons en :
    Univer Bloc : le futur est deja realise et le passe existe encore, mais tous deux sont statiques, interdisant tout changement (deterministe)

    Presentisme : considere que le futur n’est pas encore realise et que le passe n’existe plus, ce qui laisse une marge de manoeuvre concernant le futur (indeterminisme)

    le futur existe deja, c’est une authentique realite, mais que cette realite n’est pas completement configuree, pas integralement definie, qu’il y a pas encore place pour du jeu, des espaces pour la volonte, le desir, l’invention. C’est l’intrication de ces deux theories qui peut permettre ce statut.( Etienne Klein)

    La boucle de retroaction ( que j’ai experimente en psy) est ce qui permet a l’effet de reconfigurer le passe a travers le present determinant un nouveau futur. La reside la remise en « en cause de la Cause », dont de la linearite. pour aller plus loin ces messieurs les savants jouent avec le Temps le faisant permuter.
    Voila des nouvelles du Temps et j’y passe aussi de bons moments, ne deprimant pas de la meteo. cordialement Alain Monier

  15. Liam dit :

    Interview en francais de Eric Hobsbawm sur les mouvements independantistes qui est interessant
    http://didiereribon.blogspot.com/2012/04/entretien-avec-eric-hobsbawm-1980.html#!/2012/04/entretien-avec-eric-hobsbawm-1980.html

  16. Monier Alain dit :

    Bonjour,
    Decidement Adam donne beaucoup a penser, il est vrai qu’il fut le premier avec Eve.
    Didier Eribon, j’ai relu un peu ses etats de services, et a ce titre il merite beaucoup de respect, ses jugements sur la gauche en general, le tournant de Liberation en fut un avatar determinant.Tres pret de Foucauld sur sa critique du pouvoir, il ne dementit pas (si je ne me trompe pas)la fantaisie Foucaldienne sur la verite revolutionnaire de la revolution Iranienne. Cela demontre seulement une chose qui peut etre grave, le fourvoiement ideologique de nos intellectuels memes les plus credibles et c’est a prendre au serieux et a ne pas considerer comme « un peche de jeunesse ». Lorsque l’on critique l’on parle de quelque part, qui n’est pas un lieu toujours tres jolie, jolie, c’est exact car enchasse il y a toujours du ressentiments et des positionnements caches.

    Toutefois place dans tout registre il y a toujours une part d’idealite qui reste « vrai » et qui peut souvent configurer dans des interpretations differentes. Chacun plus ou moins y est confronte sans quoi la pensee n’evolurait pas dans ses contradictions. Les motivations humaines suivent deux regimes qui peuvent s’interpenetrer, tout en restant distinct des l’originaire. Le corps est le lieu des affects qui marque une identite incontournable. « l’esprit » ou le lieu du langage se plaque sur cette pretendue formation et s’y adapte en tout sens. Lacan a travers Kant et Sade a bien montre l’impasse des bons sentiments du bon droit, de l’imperatif categorique.

    pour resume jaffirmerai toujours la contingence humaine, humaniste, avec son corrolaire « l’erreur ». Bien entendu l’erreur fait partie de l’apprentissage de la vie. Mais il est regrettable que chaque generation repasse le meme examen, et c’est intolerable a beaucoup d’intellectuels. Meme si les societes progressent et c’est leur finalite elles n’epuisent pas le projet du Devenir afin d’eviter la mort, elles ont besoin pour alimenter la Flamme- Dieu s’etant absente- d’invoquer des projets
    pour tenir en haleine l’esperance de tous. C’est necessaire et c’est aussi dangereux. La reside le noeud du probleme, peut etre que le noeud Boromeen par le message de retroaction est une solution, je ne sais. Les croyants et les autres se disputent toujours pour savoir si Dieu existe ou n’existe pas. Pour ma part je crois que le Probleme est mal pose, on devrait considerer qu’il existe et pouvoir repondre aux croyants, que leur Dieu (apres de passage de Spinoza sur la revelation)) est bien etrange, il nous manipule, il nous determine, en nous laissant le choix de Burridan. Determinisme oui, indeterminisme dans les possibles oui. Le choix comme la Science est devenu probabiliste, d’ou la part desinterpretations qui nous ramene a la contingence. Il y a le pari Pascalien, oui pour remplir une existence, donc pour passer le temps. Il n’y a pas de vision du Tout. et de Tout; il n’y a que des choix opportunistes. Cordialement Alain Monier

  17. Liam dit :

    Jetter un coup d’oeil a cette collection
    http://radicalarchive.tumblr.com/search/irish+republican
    il y a aussi des tas de trucs sur d’autres luttes

  18. Liam dit :

    (la premiere interview jamais publiee de l’INLA)

    WHY WE KILLED AIREY NEAVE – THE INLA
    Magill April 1979

    The INLA is considering « retaliatory » military actions in the South in response to alleged Garda bru- tality, it acknowledges its responsibility for the Barna Gap robbery last June and it disavows any immediate intention of further operations in Britain,according to an exclusive interview with Magill by the chief of staff and the director of intelligence of the organisation. The following is thefulltext of the interview which has been checked for accuracy by a member of the INLA headquarters staff.

    Q. Why did the INLA kill Airey Neave?

    Airey Neave was assassinated by us because he was a militarist.In January 1977 he demanded the strengthening of the UDR, more SAS men in the North and the re-introduction of internment. It was Neave’s ambition asTory Secretary of State for Northern Ireland to intensify repression and there after to impose,a political »solution ». Thus he was a prime target but in addition we felt that it was time that the Westminster armchair militarists suffered directly the consequences of their policies.

    Q. Were there any other British politicians on your target list?

    No. Airey Neave was our sole target at this time.

    Q. Do you plan to kill or attempt to kill any other British politicians?

    No, we have no such plans right,now. Our intention is to mark time on the British front for the time being.

    Q. When was the bomb placed in Neave’s car?

    We are not prepared to be specific about the details of the operation or about the make-up of the.device,but we can state the following: the active service unit which placed the bomb breached the security of the House of Commons on the day of the assassination; the bomb was placed undert he driver’s seat; the kind of device used was previously used twice in Northern Ireland, once in the killing of aUDR member and the other in the injuring of a RUC reservist; we can also state categorically that the circumstances of our placing and detonating the device were such as to ensure that only Neave would bekilled.

    Q. When was the decision taken to kill Neave?

    The decision was taken by the INLA army council several weeks ago and was re-affirmed more recently by the headquarters staff .The final decision was taken after the no confidence vote in the House of Commons on the night previous to the assassination.

    Q. How strong is the INLA in Britain and was the unit which assassinated Neave based there or in Ireland?

    We measure the strength of our movement in Britain by its ability to carry out the tactical objectives of the INLA. Judging by the results of our first operation there we are confident that it can carry out any operation it is asked to undertake. That unit was and is based in England.

    Q. What is the strength of the INLA generally?

    The organisation has come a long way since 1975 when it was formed.Then we were armed only with shotguns, now we have acquired modern weapons such as the AK 47 and others which we haven’t shown publicly yet.There is no shortage of volunteers because in the North there is a mass basis to the,armed struggle and there are thousands of people willing to join any organisation that is seriously fighting British imperialism.But it is perhaps in the area of political cohesiveness that is our greatest strength. You could arm 10,000 volunteers with the best and most modern of equipment but if they lacked political conviction and clarity it would be ineffective. We therefore put a high value on the political awareness of our volunteers and on that criteria we believe we are very strong.

    Q. What are the objectives of themovement?

    Basically to secure the establishment of a 32 county democratic republic. We are a republican and socialist organisation and our fight is for national liberation and socialism. The objectives of our national liberation struggle is to end foreign political, economic,and ideological domination and establish a free sovereign republic.It follows that we are opposed to the British presence in Ireland and we demand the immediate withdrawal of British troops and the disbandment of the auxiliary forces of the UDR and the RUC.But.national liberation is more than simply « Brits Out ».It also means withdrawal from the EEC and the breaking of the power of the multi-nationals.Our objec- tives are socialist for we believe there cannot be a free country without a free working class.

    Q. You obviously justify a military campaign for the attainment of the objective of British withdrawal, do you intend pursuing your economic objectives through military means also as seemed to be suggested in a recent statement published in The’Starry Plough?

    The basis for any military campaign is that it attracts mass support and that it is the only option open once all peacefu ldemocratic means have been closed.These circumstances obviously apply to the struggle for national liberation in the North and don’t apply to the struggle for the other objectives,especially in the South. We support any group that is campaigning to have Ireland withdraw from the EEC and to counter the power of the multi-nationals in Ireland.

    Q. You claim that the justification for a campaign of violence at all is its mass support in Northern Ire-land,what is the evidence of such mass support?

    The very fact that a campaign of resistance to the British presence and the Northern state has
    continued relentlessly for nearly 10 years now is evidence of such , mass support.Thousands of men have been in jail as a resul tof this resistance and this too is proof of broadly-based support.
    But at successive elections those supporting a campaign of violence have won thepopular support.
    We accept this is so but it is solely because of the confused political circumstances and the often unpoliticised militarism that has taken place: It has also to do with the absence of unity among those campaigning to get the British out of Ireland. These factors have confused the electorate and fragmented the political form of resistance.

    Q. So you are deciding what is good for the people, irrespective of what they think they want. Is this not the worst kind of elitism,apart from being entirely undemocratic?

    If you judge politics and opular feeling solely on he basis of election results then you could validly argue that our position is elitist. But we are contending that there is mass support for a campaign to get the British out and to secure national liberation and, despite the election results, the fact that a campaign has lasted for so long is on its own proof of such mass support.

    Q. Getting back toy our recent statement about a military campaign in the south,what specifically is your position on that?

    As we stated earlier,we do not believe that the same circumstances that apply in the North pertain to the South. The North is an inherently undemocratic state and all avenues towards peaceful change have been closed off ,so there is really no alternative there but to engage in a military cam- paign. That is not true of the South. However,we have said that we are reviewing the position in re-gard to that in the light of continuing Garda torture of people in custody and especially of mem- bers of our organisation.If this continues then we will have to consider direct retaliatory action against the torturers.

    Q. When was the INLA established and how is it organised?

    The INLA was established in 1974 and for a while was a loosely knit organisation. However it isnow thightly controlled.The highest authority is the army convention which meets once a year and elects the army council, which in turn appoints a headquarters staff which runs the organisation.We are obviously not going to state how many members we have or who holds positions in the movement.

    Q. What connection does the organisation have with the IRSP?

    No links at all and specifically we would like to refute the,contention that the INLA is the military wing of the IRSP. However, we do support the political objectives of the IRSP, but the INLA doesn’t control the IRSP nor does the IRSP control the INLA,they are two quite separate organisations.

    Q. Is there much dualmembership?

    There may be some but this is not relevant to the control of either organisation.

    Q. Do you have any links with other liberation movements elsewhere in the world?

    The INLA has links with no organisation whatsoever.There is no question of any joint action or even co-operation but of course we do support liberation struggles and movements elsewhere and we have established some contacts with members of these movements but that is as far as it goes.

    Q. Doyou have contacts with the Red Brigades in Italy and the Red Army Faction in Germany?

    We do no twish to be specific about our contacts but we do support the objectives of these organisations in fighting against the latent fascism in their respective countries.

    Q. What contact do you have with the Provisional IRA and have you conducted any joint operations with them?

    There have been no joint operations and no formal contacts but obviously we acknowledge that they have been in the forefront of the war of national liberation and we admire their resolution and durability.On a political level we would be critical of the Provos,primarily because of their failure to clearly define their ultimate objectives,but we admire them militarily.

    Q. Has the INLA conducted operations in the South?

    The INLA has conducted no operations against military targets in thesouth but it has conducted some robberies to finance the campaign in theNorth.

    Q. Specifically, what robberies have you conducted in the South, for instance were you responsible for the Barna Gap robbery in County Limerick last June and the mail train robbery in 1975?

    We were responsible for the Barna Gap robbery and were emphatically not responsible for the mail train robbery for which three innocent people were convicted last December.We are not prepared to comment on,any otheroperations.

    Q. How many prisoners does the INLA have?

    We have a total of 94 prisoners in the 32 counties and 27 are on the blanket protest in HBlock in Long Kesh.

    Q. Did the INLA kill Sykes, theBritish ambassador to Holland?

    No. But we approveof the operation.

  19. Liam dit :

    Je viens de decouvrir les ecrits de Joseph Massad.
    http://oumma.com/La-persistance-de-la-question
    L’attitude de Sartre vis-à-vis des Palestiniens est assez comparable à celle d’Emmanuel Levinas et de Jacques Derrida, telles que décrites par Joseph Massad. Emmanuel Levinas a singulièrement développé une éthique puissante en apparence, mais qui s’effrite sitôt éprouvée au réel. Une éthique de l’infini qui trouve paradoxalement sa limite dans l’autre palestinien. En effet, Massad rapporte que lorsque l’on interroge le philosophe après les massacres de Sabra et Chatila, celui-ci élude d’une manière assez obscène la question, et qu’il va jusqu’à justifier ce qui est advenu aux “autres” Palestiniens. N’ont-ils pas eux aussi des visages ? Dans Ethique et Infini (Fayard, 1982), Levinas écrivait : “La peau du visage est celle qui reste la plus nue, la plus dénuée. La plus nue bien que d’une nudité décente : il y a dans le visage une pauvreté essentielle ; la preuve est qu’on essaie de la masquer en se donnant des poses, une contenance.”

    La pauvreté essentielle des visages des Palestiniens réfugiés n’a manifestement pas touché ce penseur dont l’éthique, au final, est à géométrie variable – selon que vous serez juif ou musulman, les jugements des philosophes vous rendront blanc ou noir ! L’autre discours que Massad déconstruit est celui de Derrida. Il montre comment “l’abrahamique” derridien est une notion orientaliste projetée sur l’Islam :

    “Le Coran (…) ne fait aucune mention de religions ou de fois ‘abrahamique’ ou ‘abrahamanique’ selon le terme utilisé par Said dans l’Orientalisme, et l’invocation coranique ‘millat ibrahim’ qui embrasse tous les prophètes d’Abraham à Muhammad, souvent invoquée à l’appui de la notion de ‘religions abrahamiques’, n’était pas nécessairement, voire pas du tout un geste visant à inclure dans ce groupement le christianisme et le judaïsme en tant que religions (…) S’il est vrai que le Coran prend la relève des écritures du judaïsme et du christianisme, il n’appelle pas pour autant les musulmans à prendre la relève des juifs et des chrétiens, mais plutôt à les inclure en tant que peuple du Livre.”

    La notion “abrahamique” ainsi articulée permet d’oublier le sémitisme, Derrida refuse d’articuler la question palestinienne à la question juive. Le vol colonial sioniste s’apparente, selon lui, à la violence originelle propre à la fondation d’un Etat. Il minimise donc l’impact des violences sionistes, tout en imputant la faute à l’islam – alors même que, comme le souligne Massad, “la lutte contre le sionisme a toujours été partagée par les musulmans et les chrétiens palestiniens et arabes (…)” Enfin, Massad offre une analyse intéressante du recours à la justice par Derrida, lorsque celui-ci refuse de condamner le colonialisme israëlien – alors qu’il condamne pourtant sans hésitation l’apartheid en Afrique du Sud et ne s’inquiète pas d’être “juste” entre ceux qui commettent la ségrégation et ceux qui la subissent :

    “Ce n’est pas une notion de justice aristotélicienne ou marxienne qu’invoque ici Derrida, en vertu de laquelle la justice signifie traiter également des gens égaux et inégalement des gens inégaux. Il semble plutôt s’engager en faveur d’une conception bourgeoise libérale de la justice, selon laquelle il convient de traiter également les égaux et les inégaux.”

    Force est de constater la justesse, l’utilité voire l’urgence de la critique déployée par Joseph Massad dans son recueil – car les effets d’une analyse aussi puissante vont au-delà des spéculations philosophiques. Chaque lecteur, chaque lectrice, dans son souci de démêler le vrai du faux, est convoqué et incité à ne pas céder à la facilité qui consisterait à dénigrer l’Autre sur la base de jugements racistes foireux. Il s’agit bien d’articuler politiquement la question palestinienne à la question juive – pour trouver peut-être une communauté dans la quête de justice.

    Joseph Massad, La persistance de la question palestinienne , (La Fabrique, 2009)

  20. Alain Monier dit :

    Bonjour Liam,
    On peut veritablement admettre que Derrida est aussi un etre humain sujet a une rethoriquer affective qui destabilise le principe de Verite ,qui en fait n’existe pas. Il y a par contre du Reel qui lui se donne comme tel. M.Joeph Massad a peut etre raison dans sa critique -je ne ne me suis pas interroge a ce sujet. Mais je peux formuler une hypothese c’est que sa demonstration aura surement une lacune, une faille. Meme Marx n’a pas pu- non pas par incompetence- mais en rencontrant effectivement la realite contingente que est tomber sur le Reel et sa notion d’incompletude. Je le repete je crois que la realite est aleatoire de par l’incidence du reel.. « une verité » ne s’affirme que dans un certain conditionnement social qui peut paretre permanent, mais n’est en fait que provisoire.

    La realite contingente nous demontre ou en est la situation de la vision du Coran, chacun s’accroche a sa branche, meme le plus clairvoyant en restera toujours au registre de ce que peut representer une religion. Une Religion n’est jalmais epuree.

    De ce fait, je ne peux que nous renvoyez a notre deficience sur la Realite. Mais il doit etre surement possible de demontrer que Derrda a des apoprioris, comme Massad sans aucun doute. A mon sens cela relativise tout imperatif categorique. Cordialement Alain Monier

  21. Alain Monier dit :

    Bonjour , le Vol de l’etourneau

    les bandes d’etourneaux ont une ma nierei de voler qui leur est propre, et semble soumise a une tactique uniforme et reguliere, telle que serait celle d’une troupe disciplinee, obeissant avec precision a la voix d’un seul chef.

    C’est la voie de l’instinct que les etourneaux obeissent, et leur instinct les porte a se rapprocher du centre du peloton, tandis que la rapiditer de leur vol les emporte sans cesse au dela en sorte que cette multitude d’oiseaux ainsi reunis par une tendance commune vers le meme point aimante, allant et venant sans cesse’ circulant et se croisant en tous sens, forme une espece de tourbillon fort agite, dont la masse entiere, sans suivre de direction bien certaine, parait avoir un mouvemnt general d’evolution sur elle meme, resultant des mouvements particuliers de circulation propres a chacune de ses parties, et dans lequel le centre tendant perpetuellement a se developper, mais sans cesse presse, repousse par l’effort contraire des lignes environnantes qui pesent sur lui, est constamment plus serre qu’aucune de ces lignes lesquelles le sont elles memes d’autant plus qu’elles sont plus voisines du centre. Malgre cette singuliere maniere de voler, les etourneaux n’en tendent pas moins, avec une vitesse rare, l’air ambiant et gagnent sensiblement a chaque seconde un terrain precieux pour le terme de leurs fatigues et le but de leur pelerinage.

    les Parties en desordre:
    la multitudes doiseaux .. allant et venant sans cesse, circulant et se croisant en tout sens est agitee de lmouvements particuliers de circulation propres a chacunes de ses parties qui aboutissent a ce que le centre soit sans cesse presse, repousse par l’effort contraire des lignes environnantes qui pesent sur lui.

    l’organisation active ou « organisaction »
    Cette organisation genere la formation d’une espece de tourbillon fort a gite, dont la masse entiere .. parait avoir un mouvement general d’evolution sur elle meme ». Cette maniere de voler qui lui est propre, semble soumise a une tactique uniforme et reguliere.

    L’emergence du Tout ordonne mais incertain
    Cette emergence se manifeste par le centre qui tendant perpetuellement a se developper est constamment plus serre qu’aucune des lignes environnantes, lesquelles le sont elle memes d’autant plus, qu’elles sont plus voisines du centre. Il en resulte la formation d’une « troupe disciplinee, obeissant avec precision a la voix d’un seul chef. En fait a la voie de l’instinct, mais cette troupe n’arrive pas a suivre de direction bien certaine, car la rapidite de leur vol l(les etourneaux) les empiorte sans cesse au dela du centre. (A suivre) pour plus de developpement le vol de l’etourneau Francois Terrin

  22. Liam dit :

    A l’occasion de l’enterrement de TOny Catney un extrait d’un long interview qu’il a donne l’an dernier
    http://thepensivequill.am/2014/08/tony-catney-sharing-his-political.html

  23. Alain Monier dit :

    Bonjour,
    Je souhaite vous faire part d’une interrogation faite a la suite d’un condense du livre De jean Loup Amselle (metissage, branchement et triangulation des cultures)
     » Reference au PACS (c’est la figure inversee du metissage, celle de la Memete ou de l’Identite, que s’est concentre la polemique. Pour les adversaires seuls les couples heterosexuels sont mixes. Pour les Partisans, tous les couples, et donc les homosexuels entrent dans cette categorie. Mais le frappant c’est que dans les deux cas, aucun des protagonistes n’a souhaite defendre l’Identite ou le Meme. Cette valorisation du metissage, qui n’est que l’aspect symetrique de la repulsion qu’exerce cette notion, en dit long sur le soubassement raciologique de la Republique.
    Pourquoi celle ci ne pourrait elle reposer sur l’alliance du meme avec le meme ? Apres tout la conception republicaine de la ctoyennete suppose que les citoyens sont des atomes identiques les uns aux autres, or contradictoirement la Republique en cela fidele heritieres des societes lignageres et aristocratiquesq d’antan obeit a un principe non republicain de fusion, d’assimilation ou d’integration d’elements differents . Le melange du sang(qu’un sang impur … Marseillaise). Il devient necessaire de postuler des origines distinctes correspondant aux differents segments de la population. A notre insu et a l’insu des Republicains, une conceptions implicitement polygeniste habite donc notre imaginaire national. La distinction, sur les PACS, les clones a entre autres merites, celui de mettre en etat de crise generalisee les fondements biologiques du social ainsi que la familialisation de la PSY  »

    Je dois avouer que moi meme je suis pris dans cette contradiction, je preche la Differance, la Difference a travers la philosophie, le langage, mais paradoxalement je reste ferme sur le meme comme intregrationniste, pour ne pas tomber dans de refus de l’autre. Ce meme ne se rencontre t’il pas dans les parametres du Communisme realise. Pour autant Marx avait bien trouver la parade en affirmant « a chacun ses besoins », signe qu’il avait bien entrevu un malaise., mais c’est une solution hypothetique.

    Dans ma position, je ne peux que resoudre cette contradiction en continuant d’affimer ma position differentielle, en niant le positionnement de l’auteur sur le constat republicain qu’il enonce. Du seul fait que l’on ne sort pas du fondement rationnaliste, en se distinguant par le fait que la difference aussi rejette l’Origine, l’identite originaire qui placerait tel ou tel peuple, telle ou telle ethnicite.comme « pure ». Il y aurait bien un etat de fait pour l’exploitation qui reside dans la circulation des etres humains. Les guerres en furent les fondements premiers. Dire que le Colonialisme porte tout les peches est un peu dur. Des Identites aujourd’hui proclamees se sont fondes contre la lutte des occupants. L’invasion Islamique comme le dit Amselle a joue aussi un role dans le changement des fondements La question qui m’est pose et qui se pose a beaucoup.est : L’alternative reside t’elle entre la guerre des civilisations ou la creolisation du Monde. J’ai rencontre une etude affirmant que Marx fut plus Hegelien que Hegel en utilisant deja les boucles retroactives (que je nomme souvent). A cet effet il montrerait a Hegel que l’existence de l’Etat ne repond retroactivement qu’a etre d’une d’une classe. Pour ma part je vois dans la boucle, un changement de parametre sortant du Meme pour passer a une difference qui est autre. Il n’y a pas d’origine de ce Meme qui est different chaque fois, mais qui pour autant reside dans un Reel qui n’a que faire avec la realite contingente. Pour autant la Dialective retroactive est surement un bon moyen d’investigation et d’extrapolation, meme si le Multiple reste la disposition incontournable. Cordialement Alain Monier

  24. Liam dit :

    Merci pour cet article alain monier
    Voici un bon article critiquant des arguments de ‘gauche’ pour voter oui au referendum sur l’avenir de l’Ecosse le 18 Septembre
    http://www.spiked-online.com/newsite/article/the-yes-campaigns-version-of-history-is-scotch-mist/15645
    En termes de comparaison c’est la separation de la Norvege et de la Suede, pas la liberation d’un peuple opprime

  25. Alain Monier dit :

    Bonjour, Liam excusez moi, mais je n’ai pas tres bien compris dans quel sens il faut prendre votre commentaire. Cordialement Alain Monier

  26. Liam dit :

    http://www.belfasttelegraph.co.uk/news/local-national/northern-ireland/more-than-a-quarter-of-northern-ireland-adults-lack-basic-necessities-like-food-heat-or-clothing-report-30536278.html

    Une etude de l’Universite de Belfast montre que plus de 25% de la population d’Irlande du Nord vit dans la pauvrete et manque de choses comme chauffage, nourriture et vetements.
    L’etude montre que ceux qui ont le plus souffert du conflit sont les plus affectes:
    – 38% des adultes qui ont eu un proche blesse ou tue sont dans ce cas
    – 45% des familles dont quelqu’un a ete emprisonne a la suite de conflict sont dans cette situation
    – 56% des familles dont les maisons ont ete perquisitionnees par l’armee ou la police sont dans cette situation
    – 58% de ceux qui ont ete expulses de leur maison ou quartier sont repris dans cette categorie

  27. Liam dit :

    http://poverty.ac.uk/pse-research/legacies-troubles

    Pour un resume en deux pages avec des statistiques simples a comprendre

  28. Alain Monier dit :

    Bonjour, Liam n’a pas estime devoir me repondre. Toutefois ce rapport de l’Universite de Belfast est eclairant sur la situation du quart de la population d’Irlande du Nord, c’est assez effrayant et la population y est particulierement ciblee ce sont ceux qui ont exprime de la resistance aux pouvoirs etablis. Liam ne semble pas voir d’un bon oeil la necessite d’une certaine independance Ecossaise, estimant surement qu’ils n’ont pas a ce plaindre economiquement. Je pense qu’il n’a pas lieu d’etre inquiet car la majorite des Ecossais n’est pas prete a quitter la Tutelle ecnomique de l’Angleterre. qu’ils estiment etre la garantie de leurs mieux vivre. Tout cela se discute. A cet effet au meme titre que la Bretagne pour un francais fait partie de son patrimoine affectif, l’Ecosse pour un Irlandais peut etre fait parti de son patrimoine culturel. anglo saxons. Liam n’a pas donne d’explication sur ce sujet donc je me permet d’extrapoler, peut etre en me trompant. Cordialement Alain Monier

  29. Alain Monier dit :

    Bonjour,
    Dans son ecrit sur » ou va l’Angleterre 1926″, leon Trosky affirmait : »les ouvriers anglais peuvent neanmoins apprendre beaucoup plus chez Cromwell que chez McDonald,Snoden, Web rt toute la confrerie conciliatrice., Cromwell fut en son temps un grand revolutionnaire et sut defendre, sans s’arreter devant rien, les interets de la nouvelle societe bourgeoise contre l’ancienne societe aristocratique. C’est ce qu’il faut apprendre chez lui , le lion mort du XVII e siecle vaut a cet egard beaucoup mieux que quantite de chiens vivants: » il rajoutait  » elucider le sens de la revolution Historique du XVII e siecle et le contenu revolutonnaire du chartisme est un des devoirs les plus important des marxistes anglais : »
    Ma critique va etre aise dans la mesure ou je deplace le probleme, en regardant l’Irlande et les Irlandais d’alors non pas avec l’oeil d’un Trosky revolutionnare mais avec la vision plus terre a terre du prix qu’a paye l’Irlande et les Irlandais par le sang verse et la perte de sa « liberte ». Liberte entre parenthese pour bien signifier que le sens de ce mot est different selon la vision de l’histoire. De toutes les facons, je crois etre mal place, car il apparaitrait (d’apres mes recherches) qu’un de mes ancetres possible est venu avec Guillaume le Conquerant(1O66). Il se serait installe en Angleterre comte de Typerrary., integre a l’Angleterre s’etant surement converti a la religion Anglicane sous Henry VIII. Ensuite surement s’etant « fourvoye avec Cromwell, il aurait participe a l’entree en Irlande et installe en recompense, surement dans Dublin. Fuite surement apres la chute de Cromwell en New Netherland en 1659. Une branche a choisit la France, pourquoi ce choix ,si partisan de Cromwell, peut etre et je le souhaite en indelicatesse avec la Famille. J’ai plante mon decord qui n’a pas d’importance pour tout un chacun.
    L’interet de la question reside en fait sur le sens de l’histoire vu par Trosky, que je respecte en temps qu’homme tres important dans l’histoire de l’humanite. Mais que peut penser un Irlandais de hier et d’aujourd’hui, si tant soit peu il se retourne sur toute son histoire, c’est que le prix a payer fut tres lourd. L’Irlande du Nord n’est pas sorti de l’impasse et Trosky se trompait en declarant (je ne fais pas allusion a la revolution Russe dans ses phases de 19O5 et 1917, car il en tire une // avec la revolution Irlandaise du 17 e siecle : je cite « le Chartisme n’a pas vaincu parce que ses methodes etaient souvent » erronees » et parce qu’il est venu « trop tot. » Il n’etait qu’une anticipation historique. ( toujours le fait de rater le coche, bon moment, mauvais moment). il rajoute : » le Chartisme n’est pas liquide. L’histoire liquide le liberalisme et prepare la liquidation du pacifisme faussement ouvrier, justement pour ressusciter le chartisme sur des bases historiques nouvelles infiniment elargies. La vrai tradition nationale du mouvement ouvrier anglais est la. » Fin de citation.(Trosky comme les revolutionnaires Chartiste, avait surement mal evalue les forces en presence, surement une erreur sur le temps a venir, trop de precipitation ou alors erreur pure et simple). Mon but n’est pas d’humilier qui que ce soit par de quelconques arguments, ni de discrediter Trosky, mais seulement de chercher toujours chercher. En fait on est devolu a cela. L’Irlande a telle un avenir dans tout cela ? Cordialement Alain Monier

  30. Alain Monier dit :

    Bonjour, Parlons peu, parlons bien de musique et par la meme de Devenir possible en dehors des conditionnements.
    ( Ecrire les impossibles « geocities ».) :  » Adorno dans un article celebre avait forgeait la notion fonciere pour comprendre la musique d’aujourd’hui, du fetichisme de la musique. Il pensait surtout a une regression de l’ecoute au XXieme siecle et qui consiste, d’abord a entendre a travers des fixations metonymiques. Metonymie comme phenomenes de deplacement de perception du tout vers les parties

    Et il faut aussi parler de fixation parce que c’est un travail metonymique qui se bloque dans la fasciation pour les parties.La totalite fonctionelles de l’oeuvre,’ musica en l’occurence) est l’element responsable pour la production du sens, se dissout dans un ensemble de moments partiels. tel est le fetichiste qui detruit de facon metonymique le corps de la femme pour pouvoir jouir d’un des traits isoles de son corps(objet partiel ‘il n’y a pas de rapport sexuel). L’auditeur moderne se trouve dans une position de jouissance fascinante envers les moments partiels, ce qui lui desoblige de reconstruire la totalite. Selon Adorno, si cet auditeur peut savourer une jouissance metonymique c’est qu’l les troUve. Au lieu de cette dialectique entre le particulier et l’universel, nous avons des oeuvres qui se transforment en un conglomerat d’inspirations que l’on imprime dans l’esprit des auditeurs au moyen des techniques comme l’intensification et la repetition, sans que l’organisation de l’ensemble fasse en revanche la moindre impression sur ceux ci.

    C’est surtout a cette tonalite reduite a un conglomerat d’inspirations deja vues que le createur StevE Reich retourne. Peut donc dire que nous sommes devant une musique fetichiste ? Je dirai que tout l’enjeu de sa musique est la. Dans les meilleurs moments elle nous fait decouvrir et la avec la psychanalyse, que la fixation a valeurs de dechets (objet a), a ce qui est mortifie dans notre langage est condition pour la SUBLIMATION, car elle nous ouvre une reconnaissance de soi dans ce qui est opaque et dans ce qui est reduit a la condition d’objet. Et donner la vie a ce qui etait totalement mort,donner la vie a toutes les rEpresentations chosifies de l’imaginaire social, c’est peut etre le dernier programme esthetique a notre disposition. Cordialement Alain Monier

  31. Alain Monier dit :

    bonjour, je m’accroche pour faire part d’une nouvelle scientifique parmi d’autres mais quiposent des questions surtout lorqu’elles arrivent du Pays de Galles. :
     » quelques scientifiques comme le docteur Wickramasinghe du centre d’ Astrobiologie de l’universite de CARDIF, tendent a nous confirmer la these de Richard Hoover. « nous croyons que le temoignage de M.Hoover (celui la c’est un gentil), conjuge a d’autres conclusions que les etudes genetiques recentes indique que la vie a une origine genetique qui conduit de 10 milliards d’annees en arriere dans le temps . Certaines de ses formes de vie ont ete livrees a la terre par l’intermediairs des cometes la en l’occurence ont a trouve des bacteries ressemblant aux algues bleue verte de notre planete Comment de tels organismes peuvent survivre dans l’espace et d’ou vient la vie dans l’univers.. Nos ancetres visiteurs des etoiles ? cordialement Alain Monier

  32. Alain Monier dit :

    Bonjour,
    Un sujet interressant (Babel et la diversite des langues A.Utaker)
     » Il n’y a pas de langue privilegie ni un sens ou un contenu detache d’une langue. La paraphrase et le multilinguisme nous aident a reconnaitre que cette situation n’a rien avoir avec le particularisme et le relativisme qui hantent la pensee de l’universalisme. Il faut des langues (l’anglais ne suffit pas – c’est l’auteur qui le dit), sinon le mondialisme risque d’etouffer notre seule issue : le cosmopolisme langagier. Dans cette situation, l ne faut pas seulement des traducteurs, il nous faut une theorie du langage enfin instruite par la pratique effective de la traduction »
    Tres beau texte qui interroge. La science nous parle d’une langue unique, une langue du « Paradis » dont la division aurait eu lieu a travers l’espace et le temps. La reconstituer ne serait il pas la privation de toute evolution linguistique en fait une fin du langage, comme une fin de l’histoire. La contreverse a lieu tout autant entre l’unite unique de la descendance humaine qui s’est diversifie a travers l’espace et le temps. D’autres y voient plusieurs rameaux distinctifs. Les Premiers (Jordan) refutent donc le melange neerdanthal Croc Magnon (2 figures distincte genetiquement) ce qui pourrait mettre a mal la vision unique.Les seconds (Langaney) l’admettent. Je ne peux juger, se serait un choix subjectf. Toutefois les dernieres nouvelles sur la genetique nous montre que le neerdantalien a laisse des traces « chez nous ». Alors qui a raison dans ces contradictions?
    Pour ma part ce qu’il en resulte c’est que l’on rencontre une dualite entre le fait de considerer une voie unique (humanite, langue), qui finit en fait par se differencier. Le But que nous nous asseignerions, serait de retourner a cette vision unique .meme si on l’affuble d’un retournement qui serait qualitafif. A moins d’un miracle qui depasserait l’evenementiel on signerait notre fin et donc celle de la fin de notre histoire. En fait  » la fin » fait deja parti des probabilites millenaires, a moins qu’un nouvel arche de Noe, nous entraine dans l’aventure de l’espace, pour sauver notre espece. Et de tout cela L’Irlande est contributive, je ne l’oublie pas un seul instant. Cordialement Alain Monier.

  33. Alain Monier dit :

    Rectificatif : j’ai fait une erreur en citant Langaney pour la diversite. Jordan le critique sur un autre domaine, en fait leurdifference parait legere. Ils affirment tous que c’est chaque individu est une espece en soi, et non pas un groupe. Mais cela ne change en rien le constat que j’ai evoque sur le fait que le retour a tout origine entrenerait toute fin en soi du langage, de l’humain. A ce titre serait totalement incoherente en dissipant pour revenir a l’Unite. A moins que nous soyons incapables de la comprendre en la determinant suivant nos valeurs, nos idees. Cordialement

  34. Monier Alain dit :

    Joyeuse ST PATRIXCK 2016 et la liberte de l’irlande Alain Monier

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