Message adressé à la soirée rennaise pour les prisonniers politiques et Georges Abdallah

Message à la soirée de soutien aux prisonniers politiques et à Georges Abdallah, organisée par la branche étudiante du Sindikad Labourerien Breizh (Syndicat des Travailleurs de Bretagne )

georgesabdallahmarianpricedublin27petiteLibération Irlande remercie chaudement le SLB de Roazhon de nous donner la parole lors de cette journée internationale consacrée aux prisonniers politiques, et à notre courageux camarade Georges Ibrahim Abdallah. Comme il a été impossible d’envoyer un représentant de notre groupe dans votre ville, nous vous faisons parvenir notre solidarité et notre amitié politique par ces quelques mots.

Le film Hunger qui vous est présenté ce soir a connu un grand succès d’estime, mais il n’a pas été accompagné d’un regain d’intérêt ou de solidarité pour les prisonniers politiques républicains irlandais. Le sort et le combat actuel des prisonniers républicains irlandais est complètement passé sous silence en Grande-Bretagne et en Irlande, et partout ailleurs, que ce soit dans les médias ou dans les discours politiques, y compris dans l’extrême-gauche. Un peu comme Georges Abdallah chez nous, dont le nom est inconnu du commun des mortels, alors qu’il est le Mandela des prisons françaises.

Nous pensons que cette ignorance du combat de nos camarades révolutionnaires emprisonnés dans l’Etat français et ailleurs ne vient pas seulement de la censure directe de l’Etat, mais surtout de la dépolitisation et de l’apathie caractéristiques de la sinistre période contre-révolutionnaire que nous subissons. A ce titre, votre soirée pour les prisonniers politiques progressistes et révolutionnaires est un vrai petit brise-glace, et nous vous saluons le poing levé.

Hunger a un sujet politique, qui est la grève de la faim de Bobby Sands, mais ce n’est pas un film politique. C’est un film expressionniste sur la douleur et le corps, l’abjection et la sainteté, mais on n’apprend rien sur le combat républicain, sur le contexte historique agité de l’époque, rien sur les débats politiques et les acteurs politiques. Cela n’enlève rien au film, qui est très frappant, et c’est le choix du réalisateur, qui est avant tout un artiste issu de la scène de l’art contemporain. En gros, ce film ressemble autant aux grèves de la faim de 1980 et 1981 que le portrait de Mao Tsé-toung par Andy Warhol ressemble au maoïsme.

La meilleure façon d’honorer la cause de Bobby Sands et ses neuf camarades morts en grève de la faim en 1981 est de soutenir le combat des prisonniers républicains irlandais d’aujourd’hui.

Pour éclairer votre lanterne, informez-vous auprès du site Libération Irlande et si vous souhaitez travailler à la construction d’un mouvement de solidarité internationaliste avec la résistance irlandaise, contactez-nous, nous en serions ravis.

Le site du SLB :

Cet article, publié dans Prisonniers politiques, Solidarités internationales, est tagué , , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

3 commentaires pour Message adressé à la soirée rennaise pour les prisonniers politiques et Georges Abdallah

  1. Liam dit :

    Pour ceux qui seraient a Belfast la semaine prochaine

    Minority Histories and Other Republics: An Interdisciplinary Conference on Alternative Constructions of Irish Republicanism

    9th May, 2014

    11.30am Old Common Room, Lanyon Building

    Queen’s University, Belfast
    11.30 – 11.45: Opening Remarks

    11.45 – 13.15 Panel 1. Republican Subjectivities

    Dr Theresa O’Keefe (NUIM) – The Unusual Suspects: the history and impact of republican feminist organising in the north of Ireland.

    Dr Feargal Mac Ionnrachtaigh – ‘Reclaiming republicanism from below’- the contemporary Irish language revival and the unfinished project of Decolonisation’.

    Matt Hunt (QUB) – Cultures of 60s Republicanism.

    13.15 – 14.15 Lunch

    14.15 – 15.45 Panel 2. Within and without the Republic

    Dr Laura McAtackeny (UCD) – ‘The Will of the People Must Prevail / with the Boys in the Camps / and the Girls in the Jails’: inserting gender into the narratives of the Irish Civil War (1922- 1923).

    Connor Morrisey (TCD) – Protestant nationalists and the conscription crisis in 1918.

    Liam O’Ruairc – The World-Historical Significance of the 1916 Rising.

    15.45 – 16.00 Coffee Break

    16.00 – 17.30 Panel 3. Republican Consensus/Critique

    Dr Kevin Bean (Liverpool University) – Past, Present and Future: Republicanism, Marxism and the National Question in Ireland.

    Kevin Hearty (UU) – How did we get here? Policing, ‘progressive republicanism’ and ‘constitutional nationalism’.

    Dr F. Stuart Ross – You Cannot Put a Rope Around the Neck of an Idea: Irish Republicanism and Political Dissent in the Post-Good Friday Era.

    17. 45 – 18.45 Panel 4. Republicanism, Class and Historiography

    Kerron Ó Luain (QUB) – Ribbonism and Fenianism: conflict and conformity within working-class Irish nationalism.

    Fionntain Hargey (QUB) – Silencing the Bronze Voice: Conformity, the Revisionist Project and Perceptions of Irish Republicanism.

    Discussant: – TBC

  2. Liam dit :

    article en francais sur les mouvements nationaux en irlande 1850-1922 interessant
    http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/mat_0769-3206_1996_num_43_1_402071
    il rappelle ce point important: en Irlande il y a eu convergence entre identite nationale et un Etat.
    « Il n’y a rien de naturel ou de mecanique dans cette evolution. Si tous les groupes humains historiquements constitues en communautes culturellement homogenes avaient obtenu un Etat, l’ONU rassemblerait des milliers d’Etats Nations et non pas deux petites centaines. Ce n’est donc pas une nation pre-existante qui cree le nationalisme , c’est le contraire, c’est le nationalisme qui cree la nation. Les premieres histoires du nationalisme sont generalement ecrites par des militants nationalistes dont les actions s’inscrivent dans la reconquete d’une nation eternelle. L’historien ne trouve pas trace de cette nation eternelle, mais il peut ecrire l’histoire de la construction de cette volonte collective qui a nom nationalisme. »
    C’est un point qui echappe totalement a un groupe comme RSF (voir par exemple Saoirse Avril 2014) pour qui il y aurait une nation irlandaise eternelle qui aurait le « droit naturel » a l’independance.

  3. Monier Alain dit :

    Bonjour, il est evident qu’il n’y a pas d’Irlande eternelle qui n’aurait qu’a resurgir. Il est evident que le nationalisme est surtout une affaire du 19ieme siecle, meme si la revolution francaise fut une reference. Il est vrai que les rapports politico religieux sont au fondement d’une socialite. Je citerai a ce propos Maurice Godelier : » A l’interieur du rapport politoco religieux, ce ne sont pas les rapports entre les hommes et les dieux qui ont en tant que tels la capacite d’imposer un ordre politique.Un territoire doit etre conquis par la force des armes ou herite d’ancetres. ses frontieres doivent etre connues sinon reconnues des societes voisines qui occupent et exploitent des espaces proches. Dans tous les cas un territoire doit etre defendu par la force ; force des armes, mais aussi celle des puissances invisibles que les rites qui preparent une guerre ou l’accompagnent sollicitent pour affaiblirs les ennemis et soutenirs les guerriers. C’est donc seulement quand certains elements d’une religion sont mobilises, utilises pour etablir et maintenir la souverainete d’un ensembles de groupes sur un territoire et ses ressources que se trouve verifiee, l’hypothese que les rapports politico religieux ont capacite de fabriquer une societe  »
    C’est bien clair et net , L’Irlande a cet effet entre tres bien dans cette configuration. En France La revolte Vendeenne, Chouanne, qui au depart ne fut nullement hostile aux idees de justice de la revolution, resta fidele a sa foi et pour ce faire en allant chercher sa noblesse pour refuser ce principe unitaire d’une nation une et indivisible qui detruisait les particularismes et le plus important mettre a bas la legitimite de la foi catholique et du roi qui en etait l’emanation et d le gestionnaire des terres et des peuples qui composaient la dite nation.

    Il est certain que le rappel a une existence charnelle de L’irlande repose sur tous ceux qui ont voulu d’une maniere ou d’une autre rejetter l’injustice;, la descrimination, la mise a mal de leur fondement religieux. Le nationaliste comme tel est bien venu ensuite avec le romantisme des elites. Ceux qui jusqu’alors defendaient leurs valeurs n’anticipaient pas un tel avenir qui ne se presentaient pas a l’intelligence, mais il fallait qu’ils luttent pour une certaine justice, une certaine liberte, ils est donc legitime de faire reference a eux. Le vendee voulait garder « sa liberte », son Dieu. En fait il s’estimait juste. La nation s’est ensuite imposee pour affirmer son dire ce que representait la mesure de ses droits et des Devoirs . Ce fut des l’aube du XVIII ieme siecle jusqu’a la fin du 19ieme que cette necessite s’offrait. Meme si les revendications nationales se veulent  » mondialistes », elle ne peuvent se passer que sur la constitution d’une Nation, d’un Etat., il n’y a pas inversement de l’ordre d’apparition.

    Donner plein droit a l’Unite Irlandaise repose donc sur la lutte constante contre ce que fut l’oppression Anglaise pendant plusieurs siecles, sous qu’elle forme qu’elle apparut. Cette constante de luttes sans failles est la meilleure concretisation des trois principes Republicains. Sans ces resistances au fil du temps, rien effectivement ne pourrait pretendre a une liberte Irlandaise. A cet effet aujourd’hui certaines causes sont defendus comme liberatrice sans avoir aucune realite pouvant se preter a la formation d’une nation. Ce qui se joue c’est surtout avancer masque, on veut une nation pour la detruire ensuite et s’ouvrir a une entite mystique sans fondement autre que ce qui fut toujours a l’oppose de toute creation sociale, Seul nation et l’etat une telle association au trois principes. Gerer les « pouvoirs » de tout les corps qui compose la nation est une tout autre histoire, d’autant que l’on sait en France que contrat social de Jean jacques ne fut que l’assurance pour une partie de la societe de prendre et garder le pouvoir social et economique. Cordialement Alain Monier

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s