La semaine dernière dans la prison de Maghaberry : trois jours de grève de la faim pour soutenir Gavin Coyle

Les prisonniers des trois groupes de prisonniers, correspondant aux trois groupes républicains représentés dans cette prison de haute sécurité, se sont associés dans cette grève de la faim, ce qui est un fait digne d’être remarqué

Communiqué de l’IRPWA

gavcoyle1smlCe soir, dimanche 23 mars, le prisonnier républicain Gavin Coyle a communiqué au personnel de la prison de Maghaberry qu’il commençait une grève de la faim de 72 heures pour protester contre le refus réitéré de l’administration pénitentiaire de le loger dans l’aile 4 de la Roe House [les ailes 3 et 4 de ce bâtiment logent les prisonniers républicains]. Gavin a retiré de sa cellule toute nourriture, lait, thé, café, etc. et a précisé aux personnels de la prison qu’il refuserait toute nourriture pendant les 72 heures de sa grève de la faim. Gavin est détenu depuis avril 2011 dans la partie de la prison nommée “Care & Supervision Unit” (CSU) [quartier d’isolement], après qu’on lui eût refusé l’accès à l’aile 4 de la Roe House. Il fut allégué que la raison de ce refus était la présence de “menaces de mort” à son encontre de la part de républicain.

La réalité de ces menaces a été immédiatement réfutée par les républicains, en particulier les républicains emprisonnés, qui ont demandé son transfert immédiat dans la Roe house, mais les autorités pénitentiaires ont refusé en prétendant détenir des informations sur ces menaces. Peu après, la véritable raison de son maintien en isolement dans la CSU est apparue, lorsque Gavin reçut la visite d’un agent du MI5 qui tenta sans succès de le retourner. Depuis avril 2011, Gavin a subi de nombreuses approches de ce genre, facilitées par l’administration de Maghaberry. Le Care & Supervision Unit (CSU) où Gavin est emprisonné depuis presque trois ans, que les prisonniers appellent “le mitard”, est en gros un lieu de punition.

Le régime y est plus strict, les détenus sont claquemurés 23h par jour en cellule, ce n’est absolument pas un endroit approprié pour de longues détentions. Des études scientifiques ont montré que la santé mentale des détenus ainsi maintenus en isolement de longue durée subissait en général de lourdes atteintes. Quoiqu’il en soit, que le prisonnier subisse ou pas ces maux particuliers, la souffrance qu’il endure est cruelle et inhumaine et relève de la torture. L’isolement de longue durée imposé à Gavin Coyle contrevient à l’article 3 de la convention européenne sur les droits de l’homme, qui précise que “personne ne doit être sujet à la torture, à des peines ou des traitement inhumains ou dégradants.” L’isolement carcéral prolongé est injustifiable à tous points de vue, que ce soit en tant que punition ou pour d’autres raisons.

Gavin Coyle est un prisonniers républicain et a droit, d’après le “Rapport Steele de 2003”, d’être logé dans une aile républicaine séparée, et nous de l’IRPWA exigeons que Gavin Coyle soit transféré immédiatement dans l’aile 4 de la Roe House pour y purger le reste de sa peine. L’IRPWA apporte son soutien et sa solidarité à Gavin pendant sa grève de la faim de 72 heures.

Source : ici

Communiqué de Cogús

Etant donnée la situation injustifiable du prisonnier républicain Gavin Coyle, en isolement ininterrompu, et étant donnée sa décision de mener une grève de la faim de trois jours, les prisonniers de guerre liés à Cogús annoncent leur intention de rejoindre leurs camarades dans la Roe 4 pour une durée de 48 heures, qui commencera demain matin (mardi) à 9h du matin. Les prisonniers de guerre liés à Cogús avertissent l’administration de Maghaberry de prendre acte de l’importance de cette décision et de ne pas imaginer qu’elle pourrait marginaliser une quelconque section des prisonniers sans obtenir en retour une action de protestation.

Les prisonniers de guerre liés à Cogús et leurs partisans exigent un statut politique pour Gavin Coyle et la fin de son isolement forcé. Il doit être transféré dans les ailes républicaines sans plus de délais.

Source : ici

Communiqué de RSF

Dans une déclaration rendue publique le lundi 24 mars, le ministère des prisonniers de guerre de Republican Sinn Féin a exigé que Gavin Coyle soit transféré du quartier d’isolement de Maghaberry à l’aile républicaine de la Roe House.

Les prisonniers de guerre de la CIRA dans la prison de Maghaberry, comté d’Antrim, ont entamé une grève de la faim de 72 heures pour soutenir Gavin Coyle, qui est enfermé depuis avril 2011 en quartier d’isolement et qui exige de rejoindre la Roe House, où les prisonniers républicains sont regroupés.

Pendant son incarcération à Maghaberry, le MI5 a tenté de le recruter pour en faire un informateur, pratique méprisable facilitée par le régime pénitentiaire et par le gouvernement britannique. L’administration a allégué que des prisonniers de guerre républicains auraient menacé de mort Gavin, ce qui est un mensonge : cette menace n’existe pas et n’a aucun fondement. Ceci a été confirmé à la fois à l’administration pénitentiaire et au soi-disant ministre de la justice David Ford : il n’y a aucune menace contre Gavin de la part des prisonniers de guerre de la Roe House. Il y a lieu de croire qu’il ne s’agit que d’une stratégie de division menée par le RUC/MI5.

Toutefois, il existe une menace pour sa santé : l’isolement est destiné à briser un prisonnier, et plus il est isolé plus la pression s’accumule sur lui. L’usage du MI5 pour l’intimider et le transformer en informateur est un élément de cette pression. Ce genre de traitement contrevient à toutes les réègles de la convention européenne sur les droits de l’homme. Les prisonniers de guerre de la CIRA commenceront leur jeûne à partir de midi le lundi 24 mars 2014. Le ministère des prisonniers de guerre de Republican Sinn Féin exige le transfert immédiat de Gavin Coyle à la Roe House.

Source : ici

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22 commentaires pour La semaine dernière dans la prison de Maghaberry : trois jours de grève de la faim pour soutenir Gavin Coyle

  1. Liam dit :

    En francais, je recommande ce texte disponible sur le web

    De Frantz Fanon à Edward Said: L’impensé colonial
    Sonia Dayan-Herzbrun

    Abstract

    Un texte n’existe que dans la mesure où il est lu et ses différentes lectures contribuent à en montrer la richesse et l’intérêt. En France on a longtemps lu et on continue encore à lire Fanon, en particulier Les damnés de la terre, à la lumière de la préface que Sartre avait rédigée, à la demande de Fanon lui-même, après une rencontre et d’intenses discussions entre les deux hommes au printemps 1961 à Rome. Le premier chapitre des Damnés de la terre, intitulé “De la violence” avait été publié séparément dans les Temps Modernes, la revue dirigée par Jean-Paul Sartre, comme s’il s’agissait là de l’essentiel de ce livre. Il y a eu depuis beaucoup d’autres lectures de l’œuvre de Fanon, et en particulier de ce livre difficile et complexe. Je voudrais m’attacher, dans les pages qui vont suivre, à la lecture faite par Edward Said des textes de Fanon tout au long de sa carrière, à partir du moment, où, à la suite de la guerre de 1967 entre Israël et les pays arabes, et l’occupation de la Cisjordanie et de Gaza, ainsi que l’annexion de la partie Est de Jérusalem, Said va mêler intimement élaboration théorique et agir politique.

    Il est d’autant plus intéressant, d’un point de vue français, de porter attention à cette lecture, que Fanon aussi bien que Said, sont largement marginalisés dans le champ intellectuel et universitaire. Ils sont l’un et l’autre le symptôme d’une tache aveugle dans la pensée française dominante, peu encline à analyser le phénomène colonial. Il ne s’agit pas seulement des lacunes de l’histoire coloniale, qui commence tout juste à se développer. Le regard porté par Frantz Fanon sur la colonisation française en Algérie est difficilement supportable dans un pays qui se veut la “patrie des droits de l’Homme” et des valeurs universelles, tout comme la mise en évidence du racisme dans la France des années 1950. Ce qui semble encore davantage difficile à admettre, c’est que la domination coloniale puisse concerner aussi les catégories intellectuelles, les productions de l’imaginaire, et la construction des subjectivités. Lors de la parution, en 1980, de la traduction française d’ Orientalism, la levée de boucliers contre l’ouvrage fut telle qu’il fallut attendre vingt-cinq ans pour une nouvelle édition du livre qui était devenu introuvable. Entre temps Edward Said était mort, et sa notoriété internationale telle qu’il était impossible de continuer à faire comme si cet ouvrage avait cessé d’exister. On peut naïvement s’étonner d’une telle réaction, en face d’un livre dans lequel il est largement question d’écrivains et de savants français, et qui surtout a été écrit en partie dans le sillage intellectuel de Michel Foucault. Said avait cependant déjà pris, à cette époque, des distances avec la théorie foucaldienne, en s’appuyant sur d’autres théoriciens, au premier rang desquels Fanon. L’importance qu’il accordait à Fanon était antérieure. En effet, dans Beginnings, son premier ouvrage important de théorie littéraire, qui précédait Orientalism, Said avait déjà situé Fanon parmi ceux qui, avec Freud, Orwell, Lévi-Strauss et Foucault, avaient contribué à la production d’un “langage mental commun.”

    • Monier Alain dit :

      Bonjour,
      On a bien l’impression en lisant les pages finales es Damnes de la terre, que Fanon, s’etant fixe pour tache de combattre a la fois l’imperialisme et le nationalisme ortodoxe au moyen d’un contre recit capable de deconstruire le recit dominant, ne put completement expliciter la complexite et la force anti identitaire de ce contre recit. Mais dans l’obscurite et la difficulte meme de sa prose, il y a suffisamment de suggestions poetique et visionnaires pour defendre l’idee d’un proce de liberation, dont les buts ne sont pas automatiquements realises par l’independance des nouvelles nations. Tout au long des damnes de la terre (qu’il ecrit en francais), Fanon s’efforce en quelque sorte de lier ensemble l’europeen et l’indigene dans une nouvelle communaute non antagoniste fondee sur la conscience anti imperialisme »
       » Said vivant les problemes de traductions insurmontables en est venu a etudier de facon previlegiee la condition « d’exil, » dans ses multiples modalites comme une situation qui sans doute ne suffit pas a produire la dissidence des interpretations mais qui au long de l’histoire, en a aussi facilite les realisations les plus hardies, en destabilisant l’adherence des sujets a une communaute unique beneficiant de « l’evidence » et de l’autorite », et en les installants en quelque sorte au point meme (instable, inconfortable) ou la traduction est a la fois necessaire quotidienne et malaisee. On retrouve donc une lecon comparable a celle que proposaient L’Yotard en termes de « differend » et Derrida en terme « d’exappropriation » malgre toutes les divergences qui separent d’ailleurs ces auteurs.
      Il n’est pas simple de se sortir d’une hegemonie de la langue maternelle (naturelle ou imposee  » La p ratique constructive celle de la traduction, incite un sujet ou un locuteur qui n’est pas avec sa langue « maternelle » dans un processus de « traduction » de sa propre langue (autant plus difficle qu’il n’y a pas pour cela de regles et de codes). C’est ca que derrida appelle (la traduction absolue » qui fonctionne par rapport a toutes les autres (rencontres de langues etrangeres) a la fois comme une predisposition et comme un obstacle. Politique et Traduction (lyotard, Derrida, Said)
      Une vraie question se pose devant un tel obstacle que represente le langage entre l’assujeti et celui qui l’impose. L’exil comme celui de Beket est il en soi ,meme si il offre des gages ,une solution en soi. Cordialement Alain Monier

      • Monier Alain dit :

        Bonjour, Encore une fois je ne cherche nullement a contrecarrer qui que ce soit, a n’influencer personne, mais a demontrer seulement que l’on peut penser tout autrement avec perspicacite. Cordialement Alain Monier

      • Monier Alain dit :

        Bonjour,
        Je reviens sur Franck Fanon apres ma lecture de son livre « Peau noire masque blanc  » ce qui a facilite ma reflexion c’et le fait de savoir si des valeurs dites du Passe peuvent encore et toujours servir a la cause du Futur. Fanon tire sa conclusion sur ce theme.
         » La densite de l’histoire ne determine aucun de nos actes » Faire table rase du passe
        en se determinant seulement homme pour la iberte » a ce titre le noir n’est pas plus que le blanc » affirmant bien ainsi qu’il n’y a pas plus de liberte noire que blanche »
        Les exemples de comportement ont bien evolues depuis les annees cinquante. Pour autant ce qui reste bien fonde dans ce livre est le fait que le noir s’est bien reference sur le blanc. Pour autant Fanon n’assigne pas aux noirs le devoir de retrouver ce qui aurait ete alors leurs pratrimoines historiques. Il se veut d’une certaine facon marxisant, dialectitien, mais pour autant il ne veut pas engager le Passe victimaire ou autres comme peuvent le faire les marxistes, . Ce qui le differencie d’eux, c’est que lui affiche la couleur, il constate, mais ne se sert pas variations historiques. Le marxiste va dire passons a la phase de liberation nationale, mais en fait ne vous meprenez pas ce n’est qu’une etape transitoire. (en fait si transitoire qu’elle n’en est pas sorti). Fanon affirme la lutte sans la fonder sur une ideologie.(encore que)

        Mais pour autant il ne sort pas du cercle vicieux de la repetition. Affirmer la demarcation avec le passe tout en se referencant sur un avenir dont les racines profondes viennent d’un passe immemoriel. et culturel. A ce titre comme il le dit d’ailleurs « je suis devenu un blanc »

        Notre ami Marxisme ne tombe pas sous ce travers. Pour lui le passe existe bien, il est judicieux ,a travers le combat dialectique pour franchir les etapes, qui sont significatives montrant a la fois le bien fonde de l’exploitation et la mesure pour y palier.
        A cet effet Marx a trouve la cause scientifique de l’exploitation, c’est la plus value » . Il a raison, il a trouve la faille et a ce titre les ideologues liberaux n’ont pas de reponses adequates. Mais ce que le marxiste ideologique ne veut pas voir apres l’echec de la main mise marxisante c’est que comme le disait Lacan, il n’y a pas de sujet de la Science, il y a l’inconscient du sujet qui ne peut s’ajuster a une affirmation totale sur la verite scientifique. Comme le dit d’une autre facon Derrida avec le Pharmacon, il y a le remede et le poison. L’atome par exemple ,comme referentiel porte en lui des reponses concluantes, mais en meme temps il draine avec lui des dangers incontournables que l’individu pretendument conscient ne peut maitriser, si ce n’est en relancant sans cesse la recherche, sans certitude aucune. En Mathematique le Theoreme de Godel, n’a jamais dit que rien n’etait assure mais plutot qu’il etait impossible de constater une certitude absolue, il y a de l’indiscernable. A cet effet une verite classique tombe dans le registre de l’indetermination. Determinisme Classique, Indeterminisme quantique qui peut s’inserer dans le processus classique;

        En fait la plus value comme constante scientifique classique tombe dans l’indetermine lorsqu’elle veut se fondre dans l’humain. Elle a des atouts dialectiques dans les luttes sociales, politiques, mais elle a aussi s es travers a travers ses echecs multiples, repetes.

        En fait le capitalisme est le meilleur pourvoyeur de la destructuration sociale venant du passe. On sait que le passe doit sans cesse se transformer ,en tout domaine de la culture occidentale, sans cela toute consistance humaine peut disparaitre. Marx a bien compris ce que devait etre la fonction du capital. Il y a trouve un remede, mais ce remede est de la meme eau, fluidique, vaporeux, incontrolable, insaisissable; sans le containeriser, l’enfermer, lenfouir mais dans quel but alors.. .
        Seul peut etre un « saut quantique », mais ce serait sortir du meme.

        A ce titre on peut faire son examen de conscience, s’interroger, sur le fait que la determination et l’indetermination comme contingence etant notre statut humain. Des valeurs fussent elles culturelles immemoriales mais qui sont a la porte de nos mains ne doivent pas etre rejetes. Bien sur nous savons bien que le contrat Social de Rousseau, breviaire de la Revolution Francaise n’a servi qu’a installer une « classe » sociale qui s’affirme toujours tout en n’etant pas intercheangable comme l’a demontre la Republique Romaine en echouant par La dictature imperiale a cause des luttes civiles.

        Il y a donc toujours lieu d’assumer la defenses des libertes, a ce titre La Lutte pour une Irlandre souveraine, dans son integrite, avec ses choix republicains Irlandais reste le noble combat que nous a legue le Passe a travers sa representation humaine, et le porter a sa concretisation vaut toujours pour un Irlandais. Cordialement Alain Monier

  2. Liam dit :

    Pour ceux qui lisent l’Allemand
    http://www.zeit.de/2014/05/interview-silvio-vietta-heidegger-schwarze-hefte
    interview de Silio Vietta
    Silvio Vietta auteur de « Heidegger critique du national-socialisme et de la technique » traduit en francais sous ce titre

  3. Liam dit :

    Largement superieur au Monde Diplomatique!

    http://www.lapenseelibre.org/pages/accueil-5462951.html

    Philo-socio-anthropo-histoire

    Revue en ligne éditée par une partie de la rédaction de La Pensée élargie à d’autres collaborateurs et consacrée au renouvellement de la pensée critique de la globalisation, du politique, de l’économique, du social et du culturel.

    En 1939, paraissaient les trois premiers numéros de La Pensée. Intellectuels, artisans de la science, militants révolutionnaires, travailleurs à la recherche de vérité, les fondateurs et les premiers lecteurs de la revue entendaient, à travers l’inspiration rationaliste du marxisme mener le combat pour la science, la raison, la paix, la fin des exploitations et marginalisations. Ils firent le choix d’entrer en résistance. Certains le firent jusqu’au sacrifice de leur vie.

    Puis, quand la bête immonde submergea l’Europe, La Pensée libre reprit en France dans la clandestinité, le flambeau de la réflexion et du courage. Après la libération, La Pensée expliqua les inégalités, les injustices, le colonialisme, l’exigence critique demeurait, le besoin de résister, de s’insurger, ne l’était pas moins !

    Aujourd’hui, malgré des révolutions souvent perverties, des crises inédites qu’on a laissées inexpliquées ou demeurées dans le cadre d’interprétations anachroniques, des mutations erratiques, des pensées trahies, des pratiques laissées au hasard, certains intellectuels (malheureusement trop peu nombreux) et des fractions des peuples (pas encore assez nombreuses) n’entendent nullement renoncer à l’exercice de la pensée critique radicale, au besoin renouvelé d’émancipation et de libération humaine dans le contexte d’une globalisation accélérée. Ceux-ci, chacun en leur guise, sont riches d’expériences et de savoirs, et portent le souvenir de leurs héros tant de l’action que de la pensée. Les États, les nations, les peuples, les classes, les principes, les savoirs sont bousculés, démantelés, éclatés, atomisés, voire niés, mais, malgré tout cela, ils continuent à vivre. Certes, les vieilles dominations réactualisées en mondialisation généralisée sont plus contraignantes, les exploitations se renouvellent, l’esprit du néo-colonialisme fait renaître la bête immonde, toujours présente au sein des démocraties libérales comme l’avaient déjà perçu et Brecht et Benjamin, lesquelles camouflent, sous le joug hédoniste de la société du spectacle et de la marchandisation généralisée des rapports humains, de nouveaux crimes et l’irruption d’un totalitarisme « soft » ou « hard » selon les lieux, produit par une pensée uniformisée et globalitaire.

    Mais « depuis 200 générations », depuis que les penseurs et les philosophes ont mis en place les fondements de la pensée critique (Cf. L’Apologie de Socrate), des hommes ont entrevu le moyen de briser leurs chaînes qu’ils ont ou que l’on veut leur attacher. Par ailleurs, toutes les civilisations ont apporté leur palette à « l’arc-en-ciel des cultures humaines » (Lévi-Strauss). La longue marche des Hommes en lutte pour la vérité, la justice, l’émancipation, s’appuie sur un patrimoine de tâtonnements, de recherches théoriques, mais tout autant de courage dans l’exercice pratique et qui ont permis des avancées révolutionnaires, mais aussi engendré des échecs, et qui, au bout du compte, ouvrent aujourd’hui le chemin de l’espoir.

    Le réalisme de la pensée marxiste se conjugue désormais à une herméneutique qui se veut révolutionnaire, reprenant, dans un contexte politico-économique en partie renouvelé, le souffle de l’esprit transmis par des siècles de combats et d’espérance. À l’heure où le risque existe de voir la pensée sclérosée derrière un drapeau prétendument démocratique et permissif qui, de fait, asservit et mutile, la patience des penseurs d’une part, et le combat des résistants de tous les continents de l’autre, permettent d’entrevoir, à terme, la renaissance d’une Pensée libre.

  4. Liam dit :

    trailer du nouveau film de Ken Loach sur James Gralton, affaire qui avait remue le republicanisme et le communisme irlandais dans les annees 30.

    http://www.theguardian.com/film/video/2014/apr/02/jimmys-hall-trailer-ken-loach-film-video

  5. Monier Alain dit :

    Bonjour,
    Qu’est ce qu’une pensee libre ? » la conjugaison du realisme de la pensee marxiste et le souffle de l’esprit transmis par des siecles de combats et d’esperance !!! ». On pourrait le supputer ainsi si ce n’etait encore qu’un extrapolation; un saisissements de faits a interpreter a partir d’un principe de pensees lineaires. Il n’y a pas de pensee vraiment lineaire, il y a de l’accidentel, du different, de l’evenementiel. L’evenementiel peut survenir a travers la dialectique, ou par l’accidentel. En science combien de decouvertes sont le fait d’une intuition survenue subitement dans un reve, forfuitement par un evenement exterieur a l recherche proprement dite. La pensee, la dialectique sont agissantes c’est incontestables, mais elles ne sont jamais totalement explicites. D’ailleurs les erreurs viennent de telles interpretations. Hegel en a ete le porte parole, Marx a estime a juste raison que sa pensee devait etre mise a l’endroit. Marx en demontrant la face cachee de l’exploitation n’a pas a mon sens entrevu qu’il y avait derriere tout cela un Reel qui ne se laisse pas aprehender sans tomber dans le piege du non sens.

    C’est en cela que je peux affirmer qu’une pensee libre au sens ou on l’entend generalement
    n’existe pas. Il y a comme en science experimentale des raisonnements justes parce que demontres dans un contexte donnee, avec des parametres civilationnels determinees et par la meme fermees. On peut dire alors, mais dans ce cas il y a bien des facteurs nouveaux a aprehender. Oui mais ils seront conjecturels a un evenement, dont la maitrise ne nous appartient pas comme fondement. Cela surviendra comme un cheveu dans la soupe. De plus un savant qui travaille sur une recherche pretend affirmer que l’objectivite le tient, qu’ il l’a maitrise. Peut etre dans la mesure ou il fait abstraction de sa realite subjective, c’est cela l’objectivite scientifique.
    En fait il se met le doigt dans l’oeil car l’intuition qui surgit comme reel, lui permettant d’aprehender cette nouvelle realite, se formule grace a la subjectivite qu’il est : » papa, maman, freres, soeurs, le proffesseur, l’adulte, en fait tout le toutim. » Ou est la pure pensee objective derivant de l’experience dalectique/ Je pense donc qu’il n’y a pas de pensee Libre. Il y a des faits, des heritages que l’on nous transmets que l’on accepte ou l’on refuse comme valeurs en soi. Mais il est impossible sans une investiture evenementielle sociale ou individuelle d’evoluer dans le vrai sens du terme. Meme si Lacan apres analyse nous entretient d’une pensee plus « eclairee » par rapport aux contingences, on ne sort pad du Reel , se Reel qui s’affirme comme un rien sans fin, porteur de multiples indefinis. « Pas d’un meilleur monde possible », mais un monde ou les differences jouent avec le meme et l’autre. Cordialement Alain Monier

  6. Liam dit :

    La derniere version de la bible statistique (edition 2014) vient de sortir
    http://www.community-relations.org.uk/programmes/peace-monitoring/
    Passionant! Les sections sur la repression (sense of security -sic) et l’economie politique (equality) sont passionantes!

  7. Liam dit :

    http://www.belfasttelegraph.co.uk/business/news/aerospace-sector-deal-to-boost-economy-by-hundreds-of-millions-30153275.html
    l’industrie de l’armement cree £1 milliard par an en Irlande du Nord, emploie 8000 personnes directement et 9600 indirectement

  8. Liam dit :

    http://www.irishtimes.com/culture/culture-shock-the-nazi-past-that-causes-a-cultural-problem-1.1750605

    les revisionistes de Dublin 4 (tres anti republicains) sur Heidegger employant la meme methode

  9. Liam dit :

    http://www.theguardian.com/world/2014/apr/04/kigali-plan-rwandan-city-afford-new-homes-offices

    un article sur la reinvention neoliberale de Kigali. Les paralles avec Belfast ou Londonderry sont frappants

  10. Liam dit :

    http://www.theguardian.com/tv-and-radio/2014/apr/04/game-of-thrones-northern-ireland-economy-tourism

    Comment Games of thrones contribue a re-creer l’image de la nouvelle Irlande du Nord

  11. Liam dit :

    Une serie de plusieurs sondages d’envergure sur comment les jeunes voient l’avenir en Irlande du Nord
    http://www.belfasttelegraph.co.uk/news/local-national/northern-ireland/the-young-two-thirds-of-our-young-people-want-to-build-their-future-outside-northern-ireland-30159933.html

    65% ne voient pas la paix
    67% veulent emigrer et ne voient pas d’avenir economique

    etc

  12. Liam dit :

    Article EN FRANCAIS assez detailles de Lutte Ouvriere. Ces articles sont plus precis et recherches que ceux qu’on trouve dans les medias mainstream en France

    Irlande du Nord – Après le cessez-le-feu de l’IRA : les ambiguïtés du « processus de paix » et les enjeux pour la classe ouvrière (1994)
    http://www.lutte-ouvriere.org/documents/archives/la-revue-lutte-de-classe/serie-actuelle-1993/irlande-du-nord-l-accord-de-paix

    Irlande du Nord – L’avenir du « processus de paix » et les tensions inter-communautaires (1995)
    http://www.lutte-ouvriere.org/documents/archives/la-revue-lutte-de-classe/serie-actuelle-1993/irlande-du-nord-l-avenir-du

    Irlande du Nord – « L’accord de paix » : une étape vers la constitution d’une Union anglo-irlandaise ? (1998)
    http://www.lutte-ouvriere.org/documents/archives/la-revue-lutte-de-classe/serie-actuelle-1993/irlande-du-nord-l-accord-de-paix

    Irlande du Nord – La fin de la « campagne militaire » de l’IRA et le « processus de paix » (2005)
    http://www.lutte-ouvriere.org/documents/archives/la-revue-lutte-de-classe/serie-actuelle-1993/irlande-du-nord-la-fin-de-la

    Irlande du Nord – Le « processus de paix » n’a fait que cacher les problèmes (2010)
    http://www.lutte-ouvriere.org/documents/archives/la-revue-lutte-de-classe/serie-actuelle-1993/article/irlande-du-nord-le-processus-de

    • Monier Alain dit :

      Bonjour,
      Lutte ouvriere dans cet article une fois de plus joue sur tous les tableaux en assenant sans cesse sa ritournelle. « Unite de toutes les forces d’Irlande du Nord pour faire face a cette tache au dela de l’impasse nationaliste ». Les troskistes en la matiere prechant la revolution permanente n’ont jamais su que faire des preches. Pour eux les epoques sont toujours pretes pour renverser le capital. Litanies, litanies meme aujourd’hui ou tout semblerait benefique a un reveil populaire, rien ne se passe vraiment, la peur du lendemain, de la crainte d’une terrible recession mais fin a toutes veleites de remise en cause des conditions sociales et economiques. de 2O10 date de l’article a nos jours, meme si les Peuples sont las de la politiques traditionnelles, ils attendent le » sauveur » et non pas le desir de se prendre en main. Je me suis toujours insurge contre ses bonimenteurs qui en france joue la legalite, sans se mouiller, ayant en fait toujours peurs des mouvements spontanes. L’Irlande du Nord a des Militants qui prennent des risques ou leur vie est en danger. Je ne justifie pas la lutte armee, car elle est totalement inadapte dans un pays Europeen, le Peuple ne suivra pas car il se rend compte qu’il a tout a perdre, meme si il constate que la regression economique et sociale est le lot courant ,il n’attend que d’etre porte par une politique aventureuse mettant fin a l’echec de la representation.

      Cela ressemble fort a des periodes anterieures ou des Peuples se sont jettes dans les bras de Dictateurs, meme un pays comme l’Allemagne ou le PC etait tres important
      a vu une grande partie de la classe ouvriere se jetter dans les bras de la dictature Hitlerienne, les classes bourgeoises etant deja acquises a ce pouvoir pret a defendre leur interets. Rien a l’horizon ne prefigure un Evenement liberateur, mais en fait c’est une bonne chose car un Evenement de la sorte n’est pas previsible. Alors les annonces de Lutte ouvriere me laissent froids. En ne peut leur enlever de participer a de bonnes critiques de la societe, mais la s’arrete leur competence. Comme disait Coluche » je ne promets pas le grand soir », en ce sens il avait raison, car il estimait qu’il y avait mieux a faire. Meme si son jugement etait restrictif il se rendait bien compte que rien n’allait en France et ailleurs. Cela n’a pas perturbe l’ordre du monde, et plutot rendu service a nos politiques incapables d’actions. Tenir un etat des lieux c’est tres bien, c’est indispensable, lutter contre l’injustice, la suppression des libertes est deja un combat en soi. Le reste si il y a un reste viendra en son temps ou ne viendra pas si les forces en presence ne change pas, c’est evident. On peut esperer, ne pas desesperer, mais on ne peut affirmer avec certitude que la verite triomphera. L’Irlande a une tache a accomplir, il reste pour elle tout faire, mais je suis confiant la tache est difficile, mais la possibilite des demain possible et realisable. Cordialement Alain Monier

      • Monier Alain dit :

        Bonjour,
        Aujourd’hui 1er Mai 2014, fete du travail ; je dirai plutot que c’est la fete au Travail!!!.
        Pour revenir a la fete, on pourrait penser que manifester va a l’encontre de ce que disait un gendre a son beau pere : « Le droit a la paresse » pour contrarier le dit beau pere qui lui ne parlait que de travail. Le droit a la paresse est une bonne raison de faire un pied de nez a l’exploitation. Le Probleme aujourd’hui c’est qu’avec la suprematie du tout travail, on pert toute contenance et l’on se jette dans les bras de toutes les impostures. Apres cet apercu sur le 1er MAI, un petit texte de jacques Sapir.
        « la negation des frontieres est une demarche tentante. S’y retrouvent aussi bien les defenseurs les plus acharnes de la globalisation marchande que leurs contempteurs internationalistes les plus farouches. L’idee de frontieres est a priori odieuse car ces dernieres impliqueraient la separation d’etre que leur nature devrait unir.
        Dire cela n’est pourtant pas autre chose que pretendre que la nature de l’homme existe en dehors de toute relation a une organisation sociale. Accepter et revendiquer au contraire que la dimension sociale soit premiere permet de comprendre que nier les frontieres revient a nier ce qui rend possible la democratie, soit l’existence d’un espace politique ou l’on puisse verifier et le controle et la responsabilite.
        Cette derniere, en effet, ne peut se contenter comme chez Habermas d’etre simplement deliberative. Quoi que l’on fasse on ne peut evacuer la question de la definition relativement precise des participants a la deliberation de la pertinence de leurs decisions. la questions de l’appartenance (qui est dedans et qui est dehors est inevitable.
        L’appartenance doit etre territoriale, et non liee a une caracteristique de l’etre des individus. Les frontieres construisent en realite les espaces politiques sans lesquels la democratie ne saurait fonctionner (legalite, legetimite et l’ordre democratique Jacques Sapir 2013

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