Geoff Bell – L’Irlande et le monde

Etude parue dans la brochure Ireland’s British Problem datée de 1989, publiée par Socialist Outlook.

Le concept idéologique d’une nationalité irlandaise, et sa liaison pratique avec l’auto-détermination irlandaise peut aisément, même si c’est superficiel, être considéré comme un concept ringard, si ce n’est politiquement arriéré. Les socialistes ont tendance à voir le nationalisme comme cherchant à remplacer, ou même à contredire la politique de classe, et il est bien vrai que de nombreux exemples confirment cette idée, en particulier en ce qui concerne le nationalisme des Etats d’Europe de l’ouest. Les exemples de ce type de nationalisme, qui sont évidents en Grande-Bretagne et en Allemagne au 19è et au 20è siècles, se marient à un mépris raciste pour tous ceux qui sont extérieurs à ces nations et à une poussée impérialiste visant l’assujettissement d’autres peuples et nations.

Mais la tradition nationaliste irlandaise est l’antithèse de ce type de politiques, à l’image des nationalismes des autres peuples et nations sujettes à la domination coloniale et impérialiste : il s’agit d’un nationalisme motivé non par le désir d’infliger une telle domination sur autrui, mais par celui de construire un monde qui en soit libéré, et dans lequel l’auto-détermination soit la norme.

Une telle auto-détermination ne concerne pas uniquement les petites nations, pour être réelle, elle signifie également que les petites nations se détachent de la domination du capital, des compagnies industrielles, des institutions financières des plus grandes nations ou des groupes qu’elles forment. Comme le disait James Connolly dans une citation bien connue, datant de 1897 : « Si demain vous expulsez l’armée anglaise et faites flotter le drapeau vert sur le château de Dublin, tous vos efforts seront vains, à moins que vous n’ayez en vue l’organisation de la république socialiste. L’Angleterre continuera de vous dominer. Elle vous dominera par l’entremise de ses capitalistes, de ses propriétaires terriens, de tout le réseau des institutions commerciales et individualistes qu’elle a implanté dans ce pays. »

Le nationalisme de James Connolly n’était pas là, c’est certain, en remplacement de la politique de classe, c’était une expression de celle-ci. C’est pourquoi son nationalisme ne s’est pas orienté vers l’esprit de clocher « vert », mais dans une direction profondément internationaliste. Connolly faisait partie de la minorité des socialistes européens qui se sont opposés à la participation à la première guerre mondiale, guerre qu’il voyait comme « le crime le plus abominable du siècle », dans lequel « la classe ouvrière était offerte en sacrifice pour qu’une petite clique de dominants et de fabricants d’armes puisse satisfaire leur soif de pouvoir et de richesses ». Dans le même article, Connolly avait indiqué l’alternative : « En ce qui me concerne, le socialiste d’un autre pays est mon compatriote, et le capitaliste de mon propre pays est mon ennemi naturel. Je vois chaque nation comme donnant une contribution particulière à un grenier commun de civilisation, et je vois la classe capitaliste de chaque nation comme l’ennemi logique et naturel de la culture nationale, qui constitue la contribution particulière dont j’ai parlé. »

L’hostilité de Connolly à la Première Guerre mondiale était une manifestation de son socialisme, et aussi bien l’expression d’une tradition nationaliste irlandaise qui cherchait depuis longtemps à faire la différence entre les intérêts internationaux des Irlandais et ceux de la classe dominante britannique. S’il y a une personne qui représente le parangon de cette tradition, c’est bien Theobald Wolfe Tone, le dirigeant des Irlandais Unis, dont le soulèvement de 1798 a constitué une inspiration pour toutes les générations de républicains irlandais depuis lors.

« Nous devons rejeter avec mépris l’idée qu’autour d’une puissance doivent graviter d’ humbles satellites » écrivait-il en 1792, et pour lui et la tradition qu’il a contribué à établir, l’indépendance n’impliquait pas seulement la conquête de la république irlandaise, mais aussi l’exercice d’une politique étrangère indépendante, une fois la république établie. Ceci ne signifiait pas la neutralité en politique internationale de classe. Le soulèvement de 1798 était une alliance entre la direction républicaine irlandaise, de larges sections des Irlandais pauvres, et le gouvernement révolutionnaire de la France républicaine. Tone et ses camarades se sont alliés avec la France pas seulement parce que celle-ci était ennemie de l’Angleterre, mais aussi par identification avec les objectifs sociaux et économiques de la révolution française.

IPLe soulèvement de 1798 était une guerre nationale et une guerre de classe. Pour la classe dominante britannique, c’était le pire cauchemar : un soulèvement qui menaçait non seulement leur mainmise politique de l’Irlande, mais l’ordre social et économique tout entier qui régissait l’Irlande, et par extension, la Grande-Bretagne elle-même. Il n’y a dès lors rien surprenant à ce que le soulèvement ait été maté avec une telle férocité et qu’en 1800 la Grande-Bretagne ait imposé l’Acte d’Union qui abolissait le parlement restitué, instaurant la « domination directe » depuis Westminster et soumettant par là l’Irlande à un contrôle beaucoup plus serré de la part de la classe dominante britannique. « L’Union est le seul moyen » disait Crooke, sous-secrétaire à l’Irlande, au premier ministre Pitt, « d’empêcher l’Irlande de devenir trop grande et trop puissante ». Une Irlande indépendante politiquement et diplomatiquement, pourrait s’allier avec les ennemis de la classe dominante, spectre qui, depuis lors, continue de hanter cette classe.

C’est précisément pour empêcher cette virtualité qu’Edmund Burke, véritable demi-dieu idéologique du conservatisme britannique, avait préconisé de concédé des réformes aux Irlandais afin qu’ils ne se tournassent point vers la France révolutionnaire, et c’est invariablement pour cette raison, dans la crainte de quelque chose de pire, que la voie des réformes britanniques a été empruntée. Dans les années 1870, la conversion de Gladstone aux réformes en Irlande puis plus tard à la Home Rule [autonomie], a été, de son propre aveu, causée par l’activité des révolutionnaire Fenians, ou Irish Republicain Brotherhood.

Les gouvernements conservateurs [« Tory »] ont adopté une approche différente, pensant que la Home Rule était elle-même trop révolutionnaire, et préférèrent tuer la Home Rule par la gentillesse. Mais quels que soient les moyens employés, tous visaient à sécuriser l’Irlande pour leurs intérêts propres, politiquement, économiquement et diplomatiquement. Même ceux qui, après le soulèvement de Pâques 1916, pensaient qu’un certain degré d’auto-détermination était nécessaire, ont toujours tâché d’encadrer leurs propositions de façon à ne pas mettre en péril les intérêts lointains de l’Empire britannique. Par conséquent, quand la direction du parti travailliste adopta finalement en 1920 l’idée d’auto-détermination, elle ajouta la clause suivante : qu’une Irlande libre ne soit jamais autorisée à devenir une menace militaire ou navale pour la Grande-Bretagne.

Et quand les 26 comtés gagnèrent une certain degré d’indépendance vis-à-vis de la Grande-Bretagne, l’Etat qui émergeait restait constamment sous sa menace, pas seulement économiquement, mais aussi militairement. Lors des premières années de la Deuxième Guerre mondiale, l’Etat britannique prépara des plans d’invasion des 26 comtés, au cas où une telle action aurait été nécessaire dans le cadre du développement de la guerre avec l’Allemagne. L’expérience de la Deuxième Guerre mondiale renforça le poids des considération militaires en ce qui concerne l’Irlande.

Quand l’Irlande du Sud se déclara une république en 1949, la politique concernant le Nord fut adopté par le gouvernement travailliste dans les termes qui suivent, tirés d’un mémorandum du cabinet du premier ministre : « Maintenant que l’Eire ava cesser de prêter allégeance à la couronne, il devient de la plus haute importance stratégique que le Nord continue de faire partie des dominions de sa majesté. Aussi loin que notre regard puisse porter, la perspective que l’Irlande du Nord fasse partie d’un territoire séparé de la juridiction de sa majesté ne sera jamais à l’avantage de la Grande-Bretagne. De fait, il est hautement improbable que la Grande-Bretagne accepte jamais cela, même si le peuple d’Irlande du Nord le désirait. »

De 1800 à 1949, il y a une continuité dans la stratégie militaire britannique en ce qui concerne l’Irlande. L’indépendance totale de l’Irlande est hors de question. Il y a de même une continuité du côté des héritiers de Tone. L’internationalisme des Irlandais Unis fut repris par Jeune Irlande en 1848, motivée par la blessure de la famine, et inspirée par le mouvement « Jeune Italie » et par le mouvement révolutionnaire qui avait ébranlé l’Europe pendant cette année. Les Fenians ou Irish Republican Brotherhood (IRB) des années 1860 et 70 cherchaient une alliance avec les Etats-Unis d’Amérique, qu’ils percevaient comme le pays le plus démocratique du monde à l’époque. Ces espoirs furent abandonnés, mais cet épisode puis le soutien que l’IRB apporta par la suite à d’autres mouvements nationaux dans les colonies britanniques sont l’illustration de cette conscience internationaliste et anti-impérialiste. Connolly, le plus radical des dirigeants du soulèvement de 1916, tenta d’incorporer cette action dans un contexte de classe internationaliste, espérant par là « faire surgir l’étincelle » d’une révolution à l’échelle de l’Europe.

Ni Tone, ni Connolly ne sont mis en avant comme représentatifs du mouvement national dans son ensemble, ils sont seulement représentatifs de son aile radicale, pourvue d’une conscience de classe et internationaliste. Cela étant, même ceux qui se situent à la droite de cette tradition ont souvent été informés et modelés par les positions politiques opposées aux intérêts impérialistes britanniques. Par exemple, dans les années 1930, le gouvernement Fianna Fail de De Valera, dans les 26 comtés, mettait sans cesse en avant l’autorité de la Société des Nations (SDN) contre les politiques de grande puissance des grands pays européens. De Valera, par exemple, critiquait vertement l’invasion de l’Ethiopie par l’Italie et critiquait tout autant les grandes puissances européennes, la Grande-Bretagne y compris, qui dédaignaient les demandes de sanctions de la SDN contre le gouvernement fasciste italien.

L’échec de la SDN conduisit De Valera à adopter une position strictement neutraliste, dont l’esprit est resté d’une certaine façon dans les gouvernement successifs des 26 comtés. Les intérêts stratégiques et impérialistes de la Grande-Bretagne n’ont jamais pu tolérer une telle neutralité. Cela reste vrai aujourd’hui, peut-être encore plus que dans les séquences antérieures. En 1981, au début des pourparlers entre le premier ministre Charles Haughey et Margaret Thatcher, Michael Mates, expert « tory » en questions irlandaises et président du comité à la défense de ce parti, avait dit : « Si nous devions faire face à une nouvelle guerre, une Irlande neutre n’aurait pas du tout la même valeur que si l’Irlande était acquise à la cause de l’Ouest. Il importe que nos deux nations parlent d’une même voix sur les questions de défense. L’importance stratégique de l’île ne saurait être sous-estimée. »

Deux ans plus tard, Michael Hesletine fit une visite dans le Nord, en tant que ministre britannique de la défense. Il attaqua en public la neutralité, expliquant que les petites nations comme l’Irlande devaient permettre aux pays membres de l’OTAN d’assumer les charges de défense dans des ensembles plus vastes qui les englobent, même si ces pays ne sont pas membres du pacte atlantique. Ces remarques ont aussitôt été interprétées comme étant des attaques contre la neutralité irlandaise, même le gouvernement Fine Gael des 26 comtés, pro-britannique, avait qualifié cette sortie de « mal avisée et inutile », et s’était senti obligé de demander à son ambassadeur à Londres de faire parvenir une lettre de protestation en bonne et due forme au ministère des affaires étrangères. L’importance de l’Irlande pour l’OTAN est quelque chose qui va de soi.

Mais elle a été soulignée en 1983 par le général Farrar-Hockley, ancien général de l’armée britannique pour le Nord de l’Irlande et ancien commandant de l’OTAN en Europe septentrionale : « L’Irlande aurait une très grande valeur pour l’OTAN dans l’éventualité d’une guerre conventionnelle contre l’URSS. Les ports irlandais et ses pistes d’atterrissage seraient d’une valeur considérable en tant que bases arrières pour une approche à partir du nord. Son flanc ouest donne beaucoup de champ libre aux patrouilles aériennes. Ce serait d’une grande valeur pour nous. Il ne s’agit pas de demander à l’Irlande de mettre des divisions armées à notre disposition, mais d’une question de solidarité avec l’OTAN. »

Tout cela n’a pas échappé à l’Etat US, qui était un des plus fervents partisans de l’accord anglo-irlandais. La promesse de stabilité dans les rapports anglo-irlandais et dans l’Irlande en tant qu’ensemble était le grand argument de vente de cet accord. Enoch Powell, député unioniste et ancien ministre de la défense britannique, ne cessait de répéter que la politique US favorisait une Irlande unie, et qu’il en allait de même pour le ministère des affaires étrangères britanniques : « Les Etats-Unis, sous la forme de l’OTAN, jouissent dans le territoire de l’Irlande du Nord et dans ses eaux territoriales d’infrastructures importantes depuis de nombreuses années, et veulent que ces infrastructures soient étendues plus loin, puisqu’elles sont considérées comme vitales par les stratèges de l’OTAN. Posséder ces infrastructures et la possibilité de les étendre dépend du bon vouloir de la république irlandaise [les 26 comtés]. Ceci veut dire que la république irlandaise doit faire cet effort, avant même qu’une collaboration avec l’OTAN soit possible. »

Pas besoin d’être d’accord avec toutes les théories du complot de Powell pour s’apercevoir que ce qui se passe en Irlande intéresse au plus haut point les intérêts stratégiques US. Ces dernières années, les USA ont fait une interférence ouverte dans les affaires irlandaises par le canal du National Democratic Institute for International Affairs, qui a « blanchi » de l’argent de l’Etat US pour des buts qu’il n’est pas disposé à admettre ouvertement. Celui qui a reçu ces fonds, c’est le parti nationaliste bourgeois SDLP. John Hume du SDLP a justifié cela dans le prestigieux journal du ministère des affaires étrangères US, Foreign Affairs , en 1979. Il rappelait à ses lecteurs que l’Irlande était « une zone placée stratégiquement aux bords de l’Atlantique » et qui était « politiquement mûre pour des projets de subversion ». Il conclut sa démonstration en appelant à un « processus menant à une Irlande du consensus [« agreed Ireland »] qui donnerait à tous un rôle positif à jouer ».

Peu de doutes subsistent : John Hume, le gouvernement britannique et le gouvernement US ont vu l’accord anglo-irlandais comme le début de ce « processus », un processus susceptible de couper l’herbe sous le pied des « subversifs ».

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3 commentaires pour Geoff Bell – L’Irlande et le monde

  1. Monier Alain dit :

    Voici ce qui explique que dans sa reponse, celui qui fut un democrate de 1799, constamment opposant a napoleon s’oppose a cette vision mercantile de l’Europe confedere a un parlemen omnipotent contre la volonte nationale et particuliere dans une serie de textes ( L’Europe publics en Janvier 1815 sous le titre « Coup d’Oeil et reflexions libres sur les ecrits et les affaires du temps, recueil publie par M. Rigomer BAZIN, » il s’agit d’imaginer de transformer l’Europe en un seul corps dont un grand parlement srait la tete c’est conseiller aux nations de se demettre enfin du droit genant, dit on, d’exercer leur intelligence et leur volonte. L’Europe se consrtruit concretement sur un gouvernement anglo -francais de l’exploitation du monde, detournement s’il en est de l’idee d’une confederation a pretention democratique et Republicaine ..(L’Europe une idee nouvelle a la fin du XVIIIe siecle..

  2. Séb dit :

    … si l’Irlande a un intérêt militaire, c’est bien parce que les impérailistes Britanniques et leurs alliés ne peuvent pas imaginer résoudre leurs contradictions en dehors de la guerre

  3. Monier Alain dit :

    Bonjour
    Dommage que m’a non connaisance de la langue british m’interdise de lire et d’ecouter Jim LANE.
    Si l’Irlande peut devenir un » phare. » en Europe, ce n’est pas envisager un parcours a la Cuba, ce me parait aujourd’hui desuet ou plutot totalement improductif. Attaquer de Front aujourd’hui c’est la mort annoncee. Toutefois il y a a faire avec les moyens d’aujourd’hui, ceux comme arguments decisifs. Une information qui n’est pas uniquement propagande mais.
    qui touche le coeur et la raison est de nos jours tout autant determinant, conditionner n’est plus payants; Meme si nous sommes conditionnes, il existe en nous un besoin irresistible de verites

    Pour ce faire il y aurait lieu de connaitre l’environnement qui nous entoure, ce qui demande des reponses adaptees a notre epoque. Je montre ou le lieu de la lutte ce situe. Je ferai donc des citations et des argumentations. Un ring ou s’oppose Zizek et Miller jacques. L’un philosophe Pro marxiste, l’autre apres avoir ete maoiste, et passe avec armes et bagages a l’argumentation plus ou moins neo liberale. Ce qui les rapproches c’est le fait qu’ils argumentent tous deux sur Lacan, ce qui les divisent c’est leurs interpretations differentes du message, interpretant tout autant a leur tour les pensees de leur identique referent.
    Miller assene ces arguments : Nous vivons sur le registre du » semblant », La verite est trop forte pour nous, l’analyse c’est la conscience que ces semblants sont en fin de compte de pures illusions. La jouissance est le seul reel (trouver votre mode de jouissance). Le consumerisme est le desir profond d’acceder a cette jouissance. Ne compter que sur soi, surtout pas le mirage scientifique. Si le sujets veut se soustraire a ses semblants, les choses vont pour autant mal tourner pour lui (mieux vaut la routine). Le capitalisme offre les moyens offrant ce mode de jouir. Zizek repond avec juste raison au contraire le capitalisme tend a nous standardiser.

    Zizek a joute que le reel n’est pas juste derriere, cache par le semblant, c’est le » reel du semblant ». Si vous detruisez le « semblant » vous perdez aussi le « reel » . Sitation de l’ecrivain A. Allais « regardez cette fille, quelle honte ! Sous ses habits elle est totalement nue! » C’est ca le reel.
    Le reel n’est pas cache par les apparences, il est inclus dans ces apparences, alors que Miller dit je sais que tout n’est qu’illusion et j’accepte cyniquement le spectacle social.
    Zizek dit ouvertement « il ne s’agit pas de construire une societe « utopique ideale », mais au moins vous pouvez radicalement changer l’ordre des apparences, le restructurer, bien sur les apparences sont du « semblant » mais pour Lacan le « reel » est aussi un semblant du reel.On peut aussi s’interroger sur la finalite de sa theorie.

    Miller dit , la jouissance du symptome ( ce qui nous tient comme ce que nous croyons etre) existe meme dans la douleur). On jouit dans sa douleur (on ne veut pas se detacher de ce qui fait ce que nous sommes) heureux dans sa propre douleur. Ce qui met en doute les faits de compassion, pitie, aide samritaire donc sujet dans son inhumanite.

    La dans le constat reside le point determinant, essentiel . Miller dit le sujet est heureux, mais ne sans apercoit pas, en raison de son attachement a des IDEAUX, des images ideales. La cure a pour effet de s’en detacher, prendre ses distances a l’endroi du Moi Ideal (enfance) de l’IDEAL du MOI et de ses valeurs qui situent sa position. Il conduit le sujet a donner la preference a la jouissance sur l’Ideal. A ce titre la Cure analytique marque la societe contemporaine.( Pourquoi en est on venu la , peut etre en donnant la priorite a la production). Il ne faut pas se leurrer, nous sommes tous affectes par ce phenomene, et la solution a mon sens ne reside pas dans un pretendu controle, mais arriver a faire passer le necessaire avant l’avidite consumatrice qui parait apparemment aujourd’hui incontournable dans le monde. La jouissance prend toujours le pas sur l’Ideal. Aujourd’hui le plus de jouir est un parametre du social. Le combat ne se livre pas seulement contre l’autre (bourgeois, etc) mais il se situe aussi a l’interieur de nous,
    retrouver (si cela est encore possible, je l’espere) la pregnance de l’ideal sans retomber dans l’accumulation des victimes. J’espere que le Peuple Irlandais pourra se nourrir de cette realite
    en manifestant sa difference, restant adulte dans ses choix, montrant qu’il sait etre majeur pour trouver en lui sans tuteur une nouvelle alliance, une nouvelle realite, pa si eloigne de ses racines qui pour autant sera une version renouvellee. A ce titre marquer son independance morale et en meme temps nationale. Peut on inverser la priorite c’est la question. Toutefois a mes yeux, se declarer hors de toutes tutelles etrangeres en se fortifiant de sa realite intrinseque, me parait necessite incontournable. Cordialement Alain Monier

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