Apollo 11, coup de propagande pour l’impérialisme américain

Il y a 44 ans, en fin juillet 1969, des astronautes US débarquaient sur la lune. Voici ce qu’en disait Red Patriot, organe de la Irish Revolutionary Youth, dans son numéro d’août 1969

Lors du dernier mois, les journaux d’Irlande ont couvert en long et en large l’entreprise américaine du voyage sur la lune. Les journaux ont chanté les louanges des « prouesses technologiques » des Américains et du courage de ses astronautes. Examinons les raisons qu’ils nous proposent pour justifier ce projet lunaire. Est-ce que l’atterrissage d’hommes sur la lune est vraiment un « grand pas pour l’humanité » ? Est-ce que c’est vraiment parce que « l’exploration de nouveaux mondes est inscrite dans la nature humaine », que ce programme spatial a été entrepris ? Et s’agit-il vraiment, comme le dit une lettre au journal Evening Press, « du plus grand événement de l’histoire après la mort de Jésus Christ » ?

redpatriot69A y regarder de plus près, on constate que le développement du programme spatial a obéi à deux grands objectifs : tout d’abord guérir les problèmes économiques des Etats-Unis, et d’autre part donner un nouveau souffle à la propagande politique US, en redorant son blason aux yeux du monde.

Examinons le rôle du programme spatial dans le système économique US. Les profits engrangés chaque année par les grandes compagnies capitalistes monopolistes, comme Standard Oil, General Motors, etc. grâce à leurs intérêts dans le monde entier, s’élèvent à des milliards de dollars. Ces profits se font au prix de grandes souffrances et d’une grande misère parmi les peuples d’Amérique Latine, d’Asie et d’Afrique et de tous les pays exploités, y compris les Etats-Unis eux-mêmes. Le problème persistant auquel font face les grandes compagnies est de trouver de nouveaux marchés pour continuer leur expansion et maintenir leur investissement.

Si ces nouveaux marchés font défaut, il y a sur-production, le marché sature et la demande de produits vient à baisser. Dans ces circonstances, les capitalistes cupides cherchent à éviter ces pertes en retirant leurs capitaux et en arrêtant la production. Ceci engendre du chômage, moins de dépenses, moins de production, et une dépression. Depuis que sont apparues les grandes compagnies monopolistes aux Etats-Unis, vers la fin du siècle dernier, la menace de la dépression a constamment hanté le système capitaliste outre-atlantique. Ce spectre n’a pu être conjuré que par deux guerres mondiales et par le développement de certaines industries comme l’industrie automobile. Et plus récemment, par les gigantesques dépenses d’armement et les guerres de Corée et du Vietnam. Les contrats que ces grandes compagnies obtiennent du gouvernement en temps de guerre sont un moyen rapide de restaurer la production et d’augmenter leurs profits.

Depuis la guerre de Corée, la menace de la dépression a empiré. Pour résoudre ce problème, les capitalistes monopolistes ont cherché de nouveaux débouchés pour leurs investissements. Une des conséquences de cela a été l’essor des publicités commerciales et l’industrie de la grande distribution. Des milliards de dollars sont dépensés afin d’appâter les gens vers l’achat de produits dont ils n’ont pas vraiment besoin, ce qui crée des marchés pour des biens qui ne satisfont pas les besoins de la société. A titre d’exemple, nous pouvons citer les fortes ventes de produits cosmétiques et de gadgets inutiles comme les brosses à dents électriques. Les voitures sont construites pour ne durer que quelques années afin de stimuler de fréquents achats, les apparences rutilantes sont privilégiées, au détriment de leur sûreté.

Voilà une des façons dont les monopoles s’efforcent de prévenir une dépression. De nouvelles façons d’atteindre le même but ont été tentées par John F. Kennedy, alors qu’il était président. Il a augmenté les dépenses nucléaires du gouvernement et lancé un programme spatial. Ceci représentait les contrats énormes pour les monopoles comme U.S Steel, Bell Telephone Co., IBM. Il avait vu également l’intérêt que représentait la publicité de la conquête spatiale, qui détournait l’attention des politiques US qui engendraient tant de troubles dans le monde. Pour les monopoles, ce programme spatial était un bon moyen d’émousser les contradictions croissantes à l’intérieur de leur système économique. Il ne s’agissait que d’un chemin parmi d’autres d’investissement inutile, de production orientée non pas vers la satisfaction des besoins réels de la société, mais vers l’augmentation des profits du big business.

595px-Apollo_11_insigniaQuiconque en douterait n’aurait qu’à jeter un œil sur les statistiques de l’Etat US lui-même. Les proportions de pauvres, d’illettrés, de taudis et de crimes, etc. montrent que les véritables besoins des gens sont négligés parce que ce ne sont pas des investissements assez profitables. Il faut remarquer que près d’un tiers des travailleurs américains ont des emplois qui dépendent de l’industrie de l’armement, dont la production est consacrée au maintien de l’oppression des gens du commun, de l’intérieur et de l’étranger, alors que s’entendent de toutes part des récriminations pour des infrastructures urbaines, des services sociaux, la prévention de la pollution, etc.

Tous ces faits montrent l’absurdité des chants de louanges adressés à l’atterrissage sur la lune. Loin d’être la réponse à la noble aspiration à explorer l’univers, cela est à comprendre comme une tentative du big business d’échapper à ses propres difficultés. Comme une tentative aussi d’arborer un visage agréable devant les peuples du monde, qui manifestent de plus en plus en colère devant l’oppression engendrée par les politiques impérialistes du big business déployées à l’échelle mondiale.

La valeur propagandesque de l’atterrissage sur la lune a été augmentée par tout le barouf qui a été fait autour de la chose et qui a traîné en longueur, comme l’ouverture des paquets de terre lunaire pendant deux semaines, le maintien en quarantaine des astronautes, et ainsi de suite. D’ailleurs, le timing du tour du monde de Nixon n’a pas été laissé au hasard, il a eu lieu juste après l’atterrissage sur la lune, et Nixon a tout fait pour profiter du prestige donné par ce haut fait pour faire sa propagande dans des pays comme la Thaïlande et l’Inde, où la lutte armée a été déclenchée contre l’impérialisme US.

Certains ont pu critiquer tout ce spectacle en disant « que les Américains feraient mieux de dépenser cet argent pour les millions de personnes qui meurent de faim ». Ces gens sont conscients du gâchis qui est impliqué par tout cela, et du besoin qu’il y a à résoudre les problèmes de l’homme ici sur terre, plutôt que de s’aventurer dans l’espace. Mais comme nous l’avons fait remarquer ci-dessus en décrivant le fonctionnement du système économique US, il est clairement impossible pour les classes dominantes US de donner tout simplement de l’argent pour guérir la pauvreté dans le monde. Ils ne seront pas charitables de cette façon, pas plus qu’ils n’abandonneront leurs intérêts économiques dans les nations d’Afrique, d’Asie et d’Amérique Latine ou qu’ils ne cesseront de soutenir les Etats réactionnaires qui s’y trouvent.

La seule façon pour les travailleurs et les peuples opprimés de résoudre leurs problèmes est de prendre eux-mêmes l’initiative et de mener la lutte populaire contre leurs oppresseurs. Le fruit d’une telle lutte sera un vrai grand pas en avant pour l’humanité ici sur terre, et signifiera l’élimination de l’exploitation de l’homme par l’homme.

Nous autres en Irlande, qui voyons notre pays être vendu de plus en plus aux intérêts du business étranger (comme les supermarchés, E.L à Shannon, la reprise par des Américains de nos deux plus grandes compagnies laitières), devons combattre toutes les idées qui tendent à justifier les fétiches de l’impérialisme américain et organiser le combat contre lui.

Source : ici

Cet article, publié dans Analyse, coups fourrés, est tagué , , , , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Un commentaire pour Apollo 11, coup de propagande pour l’impérialisme américain

  1. peadar dit :

    http://www.abusdecine.com/critique/room-237

    Une autre étude réalisée à travers « Shining » concerne la potentielle implication de Stanley Kubrick dans la réalisation d’un film sur l’alunissage d’Apollo 11 en 1969. Longtemps des rumeurs ont circulé sur sa collaboration avec la Nasa qui lui aurait permis de réaliser « 2001, l’Odyssée de l’espace » dans les meilleures conditions possibles contre le montage d’un film sur le premier pas de l’homme sur la Lune. Celui qui revient sur cette théorie ne remet absolument pas en doute le fait que Neil Armstrong ait marché sur notre satellite mais voit dans « Shining » la confession du réalisateur sur sa participation au film de l’alunissage pour l’agence spatiale américaine… Il est vrai que des détails troublants figurent dans « Shining ». Notamment, pourquoi Kubrick change-t-il le numéro de la chambre mystère passant de 217 dans le bouquin à 237 pour le film ? La première raison invoquée par la direction de l’hôtel où a été tourné le film était que cette dernière craignait que plus personne ne veuille l’occuper, d’où le choix du nouveau numéro. Faux répondent les détracteurs : l’hôtel a également (et encore aujourd’hui) une chambre 237 ! N’y a-t-il pas un lien avec le fait que la distance Terre-Lune soit proche de 237 000 miles ? Comment interpréter enfin que Danny, l’enfant de l’histoire, dans une scène où il se rend vers cette chambre 237, porte un pull-over avec la fusée Apollo 11 ? Je ne reviendrai pas sur l’anagramme partielle entre « ROOM N° » et « MOON », mais tout ça a de quoi relancer les rumeurs…

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s