Etre révolutionnaire dans le ventre de la bête

Le texte qui suit est la dernière partie, intitulée « Tâches domestiques », de la résolution politique inaugurale du Nouveau Parti Communiste (comité d’organisation) des Etats-Unis, publiée le 1er mai 2013.

Le prolétariat et les masses opprimées des Etats-Unis n’ont pas encore récupéré de la défaite décisive qu’a subi la vague des luttes nationales et de classe des années 1960 et 70. Le New Communist Movement, incapable de générer un authentique parti révolutionnaire prolétarien ou d’au moins créer les conditions pour la création d’un tel parti, a fini par se laisser coopter dans la gauche de l’appareil d’Etat et par se dissoudre dans la multitude des actionnaires du capital des Organisations Non Gouvernementales (ONG). Des fragments du New Communist Movement se sont échoués dans l’auto-marginalisation, conséquence de leur manque de pratique de la ligne de masses. D’autres éléments, appartenant aux luttes nationales, et aux groupes de guérilla anti-impérialiste, faute d’une théorie-guide claire, d’un parti prolétarien, d’une stratégie politique pour la révolution, d’une pratique de la ligne de masses et d’une stratégie militaire en vue de la Guerre Populaire, ont été séparés des masses et aisément écrasés par l’Etat, ne laissant dans leur sillage que de frêles comités de soutien aux prisonniers.

fuckweedLa société US a été largement restructurée par la contre-révolution préventive visant les nations opprimées de l’intérieur, d’une double manière. Tout d’abord, par un niveau sans précédent et génocidaire d’emprisonnement de masses contre les nationalités opprimées, et par la militarisation de la police. D’autre part, au moyen du multiculturalisme, de la politique électorale à fondement identitaire, des politiques de discrimination positive [« affirmative action »], et plus récemment par « le premier président noir de l’Amérique ». La résistance sur les lieux de production a été laminée par la restructuration de la production et la désindustrialisation. Les bureaucrates syndicaux du National Labor Relations Board (NLRB) ne « représentent » qu’une petite proportion des travailleurs. Depuis les années 1980, le populisme droitier a été, face à l’Etat impérialiste et sa restructuration néo-coloniale, une force d’antagonisme plus dynamique que la gauche prolétarienne, coincée dans sa marginalisation et son isolement.

Ce qui reste de la « gauche » aujourd’hui est dominée par le système des ONG et joue son rôle de tampon contre-insurrectionnel dans les mouvements de masses et dans la contre-culture anarchiste petite-bourgeoise. Il n’y a pas de base objective pour le « regroupement » de la gauche aujourd’hui. Tout simplement parce qu’il n’y a que très peu de choses à regrouper. La lutte des classes aux Etats-Unis se développe à l’échelle des actions de masses sporadiques et spontanées, ce qui inclut les grèves de la faim en prison, les manifestations de lycéens, la brève émergence du mouvement des immigrés, et l’ascension et le déclin du mouvement Occupy. Ce dernier est à part, étant donné qu’il a largement été une manifestation de mécontentement de la jeunesse petite-bourgeoise abattue par la crise. Cela étant, les conditions objectives existent pour le développement de la politique révolutionnaire et la construction d’organisations révolutionnaires au sein des masses. Parmi ces conditions, se trouvent la détérioration des conditions de vie et de travail pour le prolétariat, l’assaut génocidaire contre les nations opprimées de l’intérieur, et l’intensification à venir de l’austérité.

Bien que la taille relativement grande de l’aristocratie ouvrière et de la petite-bourgeoisie indique le caractère parasitaire de la société US en général, il existe une couche sous-prolétarienne qui se chiffre à plusieurs dizaines de millions de personnes, dont le cœur est issu des nations opprimées de l’intérieur et des immigrés venus des pays opprimés, et une couche semi-prolétarienne substantielle qui vit d’emplois salariés à temps partiel, d’expédients, et d’auto-entreprenariat misérable. Telle est la base sociale du développement d’une lutte prolongée dans ce pays, qui sera partie prenante de la révolution prolétarienne mondiale. Cette base sera, dans les périodes de crise aiguë, à même d’organiser beaucoup de couches intermédiaires dans un Front Uni contre la bourgeoisie impérialiste.

Source : ici

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Un commentaire pour Etre révolutionnaire dans le ventre de la bête

  1. Zhou Enlai dit :

    documentaire fait pour la CIA en Chine en 1958, très intéressant

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