Les origines du drapeau tricolore irlandais

La constitution [de l’Etat des 26 comtés] n’attribue aucun symbolisme particulier aux couleurs de notre drapeau national. Mais celui-ci a-t-il la même signification aux yeux d’un fan de sports gaéliques au stade de Croke Park et aux yeux des unionistes qui ont mis le feu au drapeau, au milieu d’une foule à Belfast en décembre dernier? Autrefois, les drapeaux indiquaient l’allégeance à un clan et faisaient office de lignes de démarcation dans les batailles. Initialement, il s’agissait d’emblèmes gravés sur les boucliers et les cuirasses, puis on les érigea sur des pics afin qu’ils pussent être vus de loin. En ce sens, les pierres oghamiques sont des proto-drapeaux.

Pour remonter aux origines de notre drapeau, l’artiste Brian Hand, qui enseigne à l’institut technologique de Carlow, suggère une piste : celle du champ de courses d’Epsom, qui eut lieu il y a un siècle. Le 4 juin 1913, alors que les chevaux entamaient la dernière ligne droite, la suffragette Emily Davison bondit sur le cheval du roi George V et finit écrasée par lui. Dans ses mains, un morceau d’étoffe tricolore qu’elle avait tenté d’accrocher à la bride du cheval. Dix jours plus tard, son enterrement fut un événement international : 6.000 femmes marchèrent au son des fifres et tambours de dix orphéons, surmontés des drapeaux et banderoles de la Women’s Social and Political Union, qui étaient de couleur verte, blanche et violette. Il s’agissait de la plus massive exhibition de drapeaux tricolores depuis la révolution française, et l’événement fut largement photographié et filmé.

Les suffragettes portaient crânement leur alternative à la société impériale britannique, d’une façon profondément radicale. Le New York Times définit Davison comme « la première martyr de la cause ». Il était naturel en Irlande que le mouvement nationaliste portât la plus grande attention à cela. Il voyait là un drapeau moderne et aux lignes propres qui pourrait symboliser la république nouvelle. On peut constater que lors de l’enterrement d’O’Donovan Rossa en 1915, le premier événement de propagande du mouvement républicain à être photographié et filmé pour une audience internationale, le drapeau tricolore irlandais recouvrait de façon très visible le cercueil du chef Fenian.

Un nouveau symbole était né, mais la majorité des personnes présentes à cet enterrement n’avait aucune idée de sa signification. Même pendant le soulèvement de Pâques, certains volontaires et Fianna [jeunesses du mouvement] ne reconnaissaient pas le drapeau qu’on leur demandait de défendre dans les immeubles occupés. Car pour eux le drapeau irlandais était et avait toujours été le drapeau vert foncé frappé de la harpe d’or. Les premières apparitions des couleurs vertes, blanches et oranges datent des années 1820. Elles sont mentionnées en 1830 et en 1844, mais ne fut mieux connu que pendant la Famine de 1848, lorsqu’il fut pavoisé aux côtés du drapeau tricolore français lors des meetings célébrant la révolution française contemporaine, en mars de cette année-là.

En avril, Thomas Francis Meagher, dirigeant du mouvement Jeune Irlande, ramena de Paris un drapeau tricolore orange, blanc et vert que des sympathisants de sa cause lui avaient offert. Le grand Fenian John Mitchell eut cette remarque fameuse : « J’espère voir un jour ce drapeau flotter en tant que drapeau national. » Cependant, ce drapeau ne fut pas largement accepté et fut remarquablement absent des manifestations, des actions, des commémorations et des enterrements nationalistes et républicains. On l’a vu parfois lors de fêtes de la St Patrick ou lors de meetings de lutte, mais toujours pavoisé de façon secondaire, et l’ordre de ses trois couleurs n’était jamais formalisé. L’orange était parfois placé près de la hampe du drapeau, et à au moins une occasion, l’ordre était : orange, vert et blanc. On signale l’existence d’un drapeau parnellien aux couleurs jaunes, blanches et vertes, disposées horizontalement.

Brian Hand affirme que le plus grand usage de drapeaux tricolores a été fait par le mouvement des suffragettes pendant cette période de 60 ans; Les suffragettes utilisaient toute un gamme de drapeaux tricolores, dont le plus connu était celui de la Women’s Social and Political Union. Comme le mouvement connaissait des scissions au sujet de la militance, des grèves de la faim et d’autres problèmes, de nouveaux drapeaux tricolores apparurent, comme le vert, blanc et doré adopté par la Women’s Freedom League de Charlotte Despard en 1908. Il y avait aussi le drapeau vert et blanc de la Married Women’s Association, le vert, rouge et blanc de la National Union of Societies for Equal Citizenship et le vert, doré et blanc de la National Union of Women’s Suffrage Societies. Brian Hand a recueilli les photographies de ces drapeaux tricolores arborés dans les rassemblements et manifestations menées en Irlande dans cette période.

Ces couleurs apparaissaient sur les banderoles, les devantures des boutiques, sur les affiches collées sur les murs des usines, sur des poteries et sur des badges. Dans son livre Rebel Irish Women, RM Fox, dressant le portrait de Francis Sheehy Skeffington, nationaliste et partisan des suffragettes irlandaises, explique que cet homme portait un badge pour le vote des femmes et un ruban aux couleurs du mouvement suffragette – qui étaient également les couleurs nationales. » S’il est vrai que ce sont les suffragettes qui ont popularisé le vert-blanc-orange, cela a dû leur faire bizarre de voir leurs couleurs si abondamment pavoisées sur les principaux immeubles de Dublin lors du lundi de Pâques [jour du déclenchement de l’insurrection de 1916]

La signification la plus largement reçue de ces trois couleurs est que le « vert » nationaliste s’unit à l’ « orange » unioniste par le « blanc » de la paix. Mais pourquoi la Irish Republican Brotherhood et les Irish Volunteers ont-il choisi un drapeau qui symbolisait l’espoir d’union de gens de traditions différentes, alors même que les Irish Volunteers et les Ulster Volunteers collectaient des armes pour se combattre mutuellement? Il est peu vraisemblable qu’un camp ait arboré un drapeau de combat qui représentait la paix avec son ennemi, avant de l’avoir vaincu ou au moins neutralisé.

De son côté, Brian Hand pense que le drapeau tricolore appartient au départ à la tradition militante de gauche, qui était d’avis que les unionistes et les nationalistes devaient s’unir pour combattre leurs oppresseurs communs les capitalistes. C’est James Connolly qui proposa l’usage du drapeau tricolore au Conseil Suprême [de l’IRB] et ce drapeau flotta sur les immeubles de Dublin qui avaient été marqués par le lock-out de 1913, comme les entreprises Jabob’s et Eason’s. Ce drapeau signifait la victoire sur l’oppression capitaliste. On hissa ce drapeau au sommet de l’Imperial Hotel, qui appartenait à William Martin Murphy, l’industriel dont les pratiques tyranniques anti-ouvrières avaient déclenché le lock-out.

C’était un drapeau ouvertement égalitaire : trois bandes de couleurs égales, disposées selon une verticalité homogène, et non selon une horizontalité hiérarchique. La vue du drapeau tricolore flottant au-dessus de la ville bombardée et en flammes [il s’agit de Dublin] lors de la semaine de Pâques le fit chérir des citoyens, et après le soulèvement, la nation le fit sien. La puissance du drapeau fut renforcée par les actes désespérés et héroïques accomplis pour le défendre. Dans les années suivantes, son statut de drapeau national se consolida, et il fut adopté par la République en 1919. Pendant la guerre civile, les deux côtés le revendiquaient. Le gouvernement du Free State n’avait pas de ferme intention de l’adopter, et sa destinée resta incertaine jusqu’en 1937, au moment où il fut formellement défini dans la constitution : « Le drapeau national est le tricolore vert, blanc et orange. »

Ce drapeau s’est éloigné de ses origines, où il était l’étendard des femmes et des ouvriers. On le voit plus communément drapé autour des épaules des fans de sports quand ils vont voir un match, ou lorsqu’ils en reviennent en titubant, serviette humanitaire apportant chaleur et consolation. Mais il a encore une efficacité, en particulier en Irlande du Nord, où votre rythme cardiaque se ralentit lorsque vous passez des trottoirs peints en rouge, blanc et bleu à ceux peints en vert, blanc et orange.

Source : ici

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13 commentaires pour Les origines du drapeau tricolore irlandais

  1. Liam dit :

    Et un clin d’oeil qui plaira a Alain Monier
    http://www.alainbadiou.fr/category/concours/

    • Monier Alain dit :

      Merci Liam, tu as le sens de l’humour, de plus tu tires juste pour mon gout a la creation de cocktails, rien surement de tres detonnant, mais pour autant les liquides utilises sont tres operants dans leur domaine.
      Deleuze, Derrida,Lacan, tiercite necessaire de base indispensable afin d’experimenter ma creation et l’assumer pleinement
      Deleuze (difference et Repetition)
      Derrida (La differance)
      Lacan (cause de desir objet petit a, symptome)

      Ces Trois genies a leur facon on eu a se pencher sur Marx, en reconnaissant qu’ils avaient une dette envers lui. Les deux premiers ont longuement bataille avec Hegel. Lacan c’est autre chose, mais a ce titre partage l plus ou moins les memes demarches , mais chacun en a tire une conclusion differente.

      C’est la dialectique qui pour eux posait probleme, non pas sur le but , mais sur l’implication de son resultat. A ce titre tous trois, suggerent une remise en cause du statut de la causalite comme determinante incontournable. Il existe chez eux un Element Determinant qui permet d’assurer que notre causalite usuelle assure un seul champ de realite, celle de notre representation( Macro).La physique quantique (micro) joue sur un autre registre ou la causalite est deboute et l’element en cause est ce qui est nomme le « TIERS INCLUS » (voir definition), alors que notre quotidien se deroule sous le regime du TIERS EXCLUS. Je fais une citation importante  » Toute la difference entre une Triade de tiers inclus et une Triade Hegelienne s’eclaire par la consideration du role du temps. Dans une triade de Tiers Inclus les trois termes coexistent au »meme moment du temps »(simultanement). En revanche les Trois termes de la Triade Hegelienne se succedent dans le temps. C’est pourquoi la Triade Hegelienne est incapable de realiser la conciliation des OPPOSES, tandis que celle du Tiers inclus est capable de le faire. Dans la logique du Tiers Inclus les opposes sont plutot des CONTRADICTOIRES : la tension entre les contradictions batit une unite plus large qui les inclut.La logique du Tiers Inclus n’abolit pas celle du Tiers Exclu : elle restreint seulement son domaine de validite, la logique du Tiers Exclus est certainement validee pour des situations relativement simple. En revanche, la logique du Tiers Exclus est novice dans les cas complexes comme par exemple le domaine social u politique  » B. NICOLESCU.

      J’ai experimente cet « Effet » de depassement du Tiers Exclus » en m’assurant de l’experimentation Lacanienne au travers de l’objet petit a et l du Symptome. Cette experimentation est copie conforme de la difference que B.Nicolescu determine entre le Tiers Inclus et le Tiers Exclus, j’ y ajoute aussi pour ma part : (le petit a lacanien et le symptome la differance Deridienne, et la difference et repetion Deleuzienne). J’ai en ce domaine une confiance totale parce que cette rencontre est totalement objective, du fait de sa concretisation dans la realite, le Reel quantique, le Reel Lacanien ont eu vu sur la realite et l’ont transforme.
      Le clan a l’origine representait l’unite d’un groupe et sa representation par l’oriflamme et autre avait un veritable sens. La royaute a deplace cette representation pour la finaliser sur la dynastie, disons plutot sur le souverain .. La revolution Francaise a invente (David) des premices de 1794, jusqu’a sa concretisation effective entre1815 ou 182O. A cet effet la representation est revenue celle d’un peuple, elargissant a cet effet le cercle au dela du Clan.
      Le drapeau a retrouve ses origines que l’on ne peut nier, meme si il n’a plus aujpurd’hui la meme valeur representative a cause des derapages de l’Histoire. Les guerres de la revolution Francaise demandaient l’engagement du Peuple, celle des guerres en dentelles (meurtieres aussi) n’avaient pas le meme impact. Je ne connais pas suffisamment l’histoire Irlandaise pour avoir un point de vue determinant sur ce sujet, toutefois cette histoire doit avoir des affinites avec la Francaise(On pourrait anticiper sur les drapeaux qui vont au dela de la nation, rouge, noir etc, mais c’est encore une autre histoire). Merci a Liam de m’avoir permis une fois de plus.de faire gouter mon coktail, sera t’il apprecie c’est encore une autre affaire, les gouts et les couleurs !!! Cordialement Alain Monier

  2. Liam dit :

    Autre annecdote, Indiana Jones et l’IRA dans le contexte de la guerre civile chinoise, plus de vingt ans avant meme que les archives revelent le role de l’IRA dans cette guerre!
    http://indianajones.wikia.com/wiki/Shot_by_Both_Sides!

  3. Liam dit :

    Article et lien sur comment la police anglaise s’entraine pour le G8
    http://www.bbc.co.uk/news/22747083

  4. Liam dit :

    Bonne description de la realite economique nord irlandaise cachee par le village potemkin

    http://www.bloomberg.com/news/2013-06-02/belfast-troubles-mean-dodging-foreclosure-after-bombs.html

  5. Liam dit :

    http://www.irishtimes.com/news/recession-out-of-the-picture-as-fermanagh-puts-on-a-brave-face-for-g8-leaders-1.1409112
    La ou l’article se plante c’est que ce n’est pas seulement le Fermanagh ou on construit un village Potemkin, mais le nord dans son ensemble a ete transforme en gigantesque village Potemkin de la paix neo liberale

    • Monier Alain dit :

      Bonjour, Ouf ! enfin un article en Francais, cela me permet a moi et a d’autres non bilingues de juger de l’effet de facade, la poudre de perlin pinpin jettee a la face des immeubles pour pouvoir les inserer dans un nouveau Dysney Land ou en faire une succurcale de la chambre des Communes. G 8 vous avez dit G8, cela n’a rien a voir loin de la avec le point G qui lui au moins peut apporter du plaisir aux belles Irlandaises. Il y aurait tant a dire sur ce contorsium generateur de fuites mortelles. Mais quant est ce que Liberation Irlande traitera du Probleme Europeen qui semble la pierre d’angle de toutes constructions a venir mettant en cause toute participation Nationale Europeenne dont la France et en particulier L’Irlande du Nord dont l’espoir serait de ramener le Sud dans le giron d’une Republique Irlandaise enfin unie entrainant tous ceux qui sont prets a faire le parcours.(Au sujet de l’Europe je viens de lire un bouquin interressant :(Cohn Bendit ‘ l’Imposture) mais qui fait mal aux tripes, tant les impostures sont nombreuses et
      bien arrimees pour resister a tous les vents contraires. Cordialement Alain Monier

  6. Liam dit :

    Interview interessant du Secretaire d’Etat.

    Threat of terrorism in Northern Ireland ‘will last for years’

    Theresa Villiers says dissident republican groups will continue to plan attacks
    THE INDEPENDENT 5 June 2013

    Dissident republican groups are likely to pose a severe threat of violence for years to come, despite recent security successes, Northern Ireland Secretary Theresa Villiers has warned.

    In an interview with The Independent, Ms Villiers issued a sobering forecast about the continued ability of splinter groups to stage terror attacks.

    The Secretary of State said that while she was optimistic about Northern Ireland’s general prospects, she was concerned about the looming Orange marching season, when disturbances often break out. She described Loyalist protests about flags in recent months as “hugely worrying”.

    Asked about the activities of small but persistent republican terror cells, Ms Villiers said: “The threat is severe and is likely to continue to be so in the years to come. I’m afraid to say there isn’t an imminent prospect of these terrorist attacks coming to an end.

    “It is a tragedy that still police and prison officers and members of the military are at constant risk because of the targeting activities of dissident republicans.”

    There has been an upsurge in attacks on security services in recent months, including an attempted pipe bombing of two police officers last week, which dissident republican splinter group Oglaigh na hEireann claimed responsibility. In November 2012 prison officer David Black was ambushed and shot dead.

    Ms Villiers, the Treasury, MI5 and PSNI Chief Constable Matt Baggott are discussing providing more resources to deal with both the terrorist threat and outbreaks of Loyalist rioting.

    More immediately, 3,600 extra police from Britain will be in place for this month’s G8 summit, which will bring Vladimir Putin, Barack Obama and other world leaders to the province.

    Ms Villiers said the occasion would help spotlight Northern Ireland’s positive features. “It will be a great opportunity to demonstrate all that’s great about modern Northern Ireland. It’s a great place to invest in and a fantastic place to come as a tourist,” she said.

    The Northern Ireland Secretary sits on various Whitehall committees dealing with national security so will have input into the response to terrorist incidents in Britain.

    “I certainly think that in responding to the Woolwich atrocity it’s important to reflect on experience here in Northern Ireland,” she said.

    But the minister said she had not reached a view on recent speculation about the introduction of a broadcasting ban of the type which kept Sinn Fein off the airwaves in the 1980s.

    “I’m open-minded on this,” she said. “I think there is something pretty repellent about people being given airtime to propagate the kind of hatred we’ve seen in some interviews. But there are pitfalls with things like broadcasting bans and the Government will carefully balance the different issues.”

    David Cameron has said he found it “personally quite painful” to sit around a table with Sinn Fein’s Martin McGuinness. Asked how she felt, she admitted: “I’ve found that it took some getting used to, given all the history. But I just thought that if the range of political parties in Northern Ireland have found a way to work together, then I should be able to do that too.”

    She is insistent that the problems of sectarianism and community divisions require urgent attention. How did she feel when she visited Belfast’s notorious peacelines recently?

    “The perception is that this is part of the past and it’s almost a shock to see the reality of it,” she said. “My primary emotion was sadness that there is still a part of the United Kingdom which has these very serious physical divisions which actually reflect continuing deep-seated social divisions.”

    Does she regard Belfast’s political institutions as stable or fragile? “The institutions are probably more stable that at any time in the past 30 years,” she replied. “But we should never take it for granted. I’m not sure if fragile is the word, but a significant shock could have a destabilising effect. But on the whole I’ve been impressed by the resilience – given the circumstances I think it does operate in a remarkably stable way.”

  7. Liam dit :

    Ruairi O Bradaigh est decede cette apres midi

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