6 Comtés – « La politique à l’ancienne est aveugle aux changements dans la formation sociale »

Suite de l’article écrit par Liam Clarke le 10 avril dans le Belfast Telegraph, commentant le rapport statistique de l’année 2012-13 sur la situation générale des Six Comtés : il est très important de remarquer que les affiliations politiques tendent à ne plus suivre mécaniquement les affiliations ethno-confesssionnelles.

Mercredi matin, le deuxième rapport annuel sur le suivi de la paix sera distribué aux 108 députés de Stormont. Une lecture qui a de quoi dégriser, étant donné que l’économie est au plus bas et que la classe politique ne possède pas les leviers ou de la capacité à s’attaquer à la crise. Ces députés doivent se demander s’ils se sont engagés dans des politiques de diversion. Est-ce que les questions qui passent au premier plan, comme le référendum sur la frontière ou le drapeau pavoisé sur le fronton de la mairie de Belfast contribuent à résoudre les problèmes de la société ? Ou ne s’agit-il que d’une stratégie visant à dévier l’attention de ces derniers ?

Les politiques doivent se mesurer à deux des découvertes les plus frappantes du rapport. Notre société est devenue une « société de minorités » et l’identification automatique entre religion et politique, qui existait autrefois, ne se fait plus. Cette conclusion peut être tirée d’un recensement de 2011, publié il y a quelques mois. Pour la première fois dans l’histoire, les gens nés dans les deux communautés principales se retrouvent dans une situation de quasi-égalité numérique, mais cela n’implique pas une correspondance sur le plan de l’identité nationale revendiquée, comme cela était le cas autrefois. 48% d’entre nous sont nés dans la communauté protestante, mais une bien plus faible proportion, 40%, se considère comme britannique. Il y a presque autant de gens venant d’un background catholique : 45%, mais dans leur cas, le lien entre cet aspect et la nationalité revendiquée est encore plus relâché qu’en ce qui concerne la communauté protestante : seuls 25% des gens se considèrent irlandais. Les 21% restants de la population se considèrent nord-irlandais, et moins d’une personne sur dix a choisi plus d’une identité.

Les statistiques qui vont sortir la semaine prochaine vont montrer ces ruptures dans le cadre des communautés de naissance. Etre une société de minorités a certaines implications. Par exemple, il est impossible dans une démocratie qu’une communauté ethnique ou religieuse ne prédomine. Une telle chose n’est pas une stratégie viable, et en général, les gens ne s’en plaignent pas. A ce titre, on note que le taux de violence ethno-religieuse, raciste et homophobe est en train de baisser, les gens semblent coexister plus paisiblement qu’auparavant. On remarque même une modeste augmentation du nombre de personnes habitant dans des quartiers mixtes, et les sondages montrent un désir de mélange dans le système éducatif. Ce changement social se tient sur le fond de la stagnation économique, de pertes d’emplois et de bas salaires. Tout ceci exige d’inventer un nouveau type de vie politique, pas un effort pour ré-oxygéner les divisions qui ont affligé notre passé.

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