Pâques 2013 – Déclaration de l’Association James Connolly d’Australie

10-melbourneLe dimanche de Pâques, des républicains irlandais vivant en Australie se sont rassemblés au cimetière Waverley, à Sidney, pour commémorer le 97è anniversaire du Soulèvement de Pâques. Une escouade de porte-drapeaux en uniformes [‘colour party’] composée de cinq personnes originaires de Cork, Donegal, Tyrone et Glasgow ont emmené la marche jusqu’au mémorial des martyrs, où la commémoration s’est tenue.

Conor de Dublin et Ardoyne officiait en qualité de maître de cérémonie. La Proclamation a été lue par Ciaran de Newry. Martin, du Donegal, a déposé une gerbe de fleurs aux pieds du monument. Lynsey d’Edinburgh a lu une déclaration des prisonniers politiques en Irlande. Le discours principal a été prononcé par Mick de Kilkenny, dont voici un extrait :

L’Association James Connolly adresse ses salutations révolutionnaires aux exilés irlandais dans le monde, aux militants républicains irlandais en Irlande et ailleurs, et en particulier aux prisonniers républicains détenus dans plusieurs prisons en Irlande et en Europe. Depuis 200 ans, des Irlandais viennent en Australie. Ils sont innombrables ceux qui, à l’image de Michael dwyer, « le chef du Wicklow » qui est enterré ici, n’ont pas eu le choix puisqu’ils ont été déportés ici à cause du rôle qu’ils ont joué dans le combat pour délivrer leur terre natale de la domination étrangère. Aujourd’hui, nous arrivons ici par centaines chaque semaine, certes pas dans les fers, mais quand même victimes de la cupidité européenne et irlandaise, où l’austérité imposée par ceux qui sont au pouvoir a des effets dévastateurs.

Cette année marque le centenaire du commencement d’une période de l’histoire irlandaise ayant duré une décennie, qui a commencé avec le lock-out à Dublin en 1913 et qui s’est terminées avec la contre-révolution de 1922-23. L’événement-pivot de cette période a été sans conteste le Soulèvement de Pâques 1916, qui vit un nombre relativement réduit d’hommes et de femmes frapper un coup retentissant pour que l’Irlande se libère de l’Empire britannique, au moyen d’une insurrection armée qui eut lieu principalement à Dublin et ses alentours. Cette action qui dura une semaine et l’exécution des dirigeants républicains par la suite, servirent à réveiller un sentiment qui semblait en sommeil dans la population irlandaise depuis plusieurs années avant 1916. Cet événement inspira une génération d’Irlandais à l’époque, qui se soulevèrent à nouveau au cours d’une intense une révolte populaire qui produisit une activité séparatiste dans toute l’Irlande. Le Soulèvement et ses conséquences ont inspiré les générations suivantes de républicains, la génération actuelle y compris.

Malgré les efforts des républicains déployés pendant des siècles, l’interférence britannique en Irlande reste d’actualité aujourd’hui. Les efforts légalistes [‘constitutional’] en vue de résoudre le problème britannique en Irlande, qui ont eux aussi des siècles derrière eux et qui englobent l’accord du vendredi saint de 1998, n’ont apporté ni la liberté ni la paix. Toute tentative d’établissement d’une paix durable, comme le montre une revue même sommaire de l’histoire irlandaise, doit s’attaquer à la cause fondamentale du conflit, à savoir la domination britannique. Tant que celle-ci n’est pas touchée, ces efforts seront vains.

Une conséquence de cette présence britannique est le caractère anormal du paysage social et politique dans l’Irlande occupée. Les dirigeants bourgeois basés à Londres, soutenus par leurs subordonnés à Stormont, agissent d’une manière qui serait jugée inacceptable dans n’importe quelle autre société supposément moderne et démocratique. Pour en avoir une preuve, il suffit de considérer l’obscénité des internements de Marian Price et de Martin Corey. Si l’on additionne leurs durées d’internement, cela fait cinq ans. Marian Price a été emprisonnée pour sa participation à la cérémonie de Pâques en 2011, dans la ville de Derry, et en ce qui concerne Martin Corey, aucune raison n’a jamais été communiquée pour justifier son internement, qui date du début de l’année 2010. En outre, les condamnations pour activité républicaine sont basées sur des preuves très faibles et peuvent être réfutées au tribunal, mais pas avant que les boucs-émissaires n’aient passé de longues années en prison. Cette sorte de pseudo-justice a toujours été un des aspects de l’implication britannique en Irlande.

Le secrétaire d’Etat britannique aux six comtés occupés a déclaré récemment que les actions des républicains ne faisaient que renforcer la détermination du gouvernement britannique. De notre côté, nous autres républicains disons que la continuation de l’interférence britannique ne fait que renforcer notre résolution, et notre fière histoire de résistance nous donne confiance en la victoire. Tant qu’il y a une présence britannique en Irlande, il existera au moins une section de la population irlandaise qui sera prête à résister. A cette section de la population irlandaise, nous adressons nos saluts.

Vive la république de toute l’Irlande. An Phoblacht Abu.

Source : ici

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