Pâques 2013 – Déclaration de RNU

Republican Network for Unity adresse ses salutations de Pâques à ses membres, sympathisants et aux républicains révolutionnaires appartenant à d’autres organisations. Nous adressons nos salutations et notre solidarité aux révolutionnaires du monde et nous faisons le serment de soutenir tous ceux qui continuent la lutte pour la libération nationale et le socialisme. Pâques est un moment où les républicains dans toute la nation se rassemblent dans les cimetières et auprès des monuments érigés en l’honneur des patriotes tombés, un moment où nous réaffirmons notre engagement à poursuivre la lutte pour le rétablissement de la république socialiste, pour laquelle tant de personnes ont donné leur vie. Pâques n’est cependant pas seulement un moment de recueillement et de souvenir, mais le moment idoine pour faire le bilan de l’année écoulée et donner la perspective pour l’année suivante. Il y a 97 ans, suite à cet exercice d’unité républicaine qui rassembla des hommes armés et motivés dans les rues de Dublin pour combattre un empire, le mouvement républicain a triomphé, a été détruit, s’est reconstitué, s’est démembré, s’est reconstruit à nouveau, plus de fois que nous ne pouvons l’évoquer ici.

Si nous, républicains pragmatiques et progressistes, ne pouvons radicalement changer nos méthodes, nous sommes condamnés à répéter ce cycle d’échecs, interminablement. L’Irlande d’aujourd’hui est entièrement différente de ce qu’elle était il y a cent ans, et en vérité on ne la reconnaît plus à seulement vingt ans de distance. L’avancée des technologies d’isolement personnel, l’effritement des communautés et l’accroissement des conduites anti-sociales dans nos rues ont jeté de nouveaux défis à la face de notre mouvement. Un consumérisme rampant encouragé par le capitalisme prédateur a fondamentalement réorienté la politique du républicanisme révolutionnaire. La destruction de nos communautés a atteint le cœur de la société irlandaise. La politique thatchérienne a envahi notre pays et a empoisonné l’élite politique au Nord comme au Sud. Les unionistes verts de la coalition emmenée par le parti Fine Gael dans les 26 comtés, ont allègrement adopté la ligne politique Tory de David Cameron.

L’administration britannique coloniale de Stormont singe de façon pathétique sa maison-mère [Westminster], appliquant avec servilité la politique agressivement anti-ouvrière et anti-populaire de cette dernière. La Pâques de cette année ne marque pas seulement les 97 ans du Soulèvement, mais aussi les 15 ans de l’accord du vendredi saint. La signature de cet accord et son acceptation par un groupement politique jadis révolutionnaire, a provoqué des ondes de chocs considérables au sein de notre communauté. Beaucoup de gens se sont réjouis, certains qu’après tant de conflit et de deuils, un digne accord avait été atteint ; d’autres étaient perplexes, incertains de ce que l’avenir réservait. D’autres encore, un contingent réduit mais significatif au sein du républicanisme, étaient absolument opposés à cet accord, pensant que tout traité de ce genre était fait pour écarter la question de la souveraineté, pas pour la résoudre.

L’accord anglo-irlandais de 1998 a été un pas en arrière pour les républicains irlandais, son acceptation a placé le mouvement révolutionnaire dans une posture encore plus fâcheuse que quinze ans auparavant. L’ethno-confessionnalisme a été institutionnalisé, le gouvernement des 26 comtés a renoncé à sa prétention à la souveraineté, sans engagement réciproque de la part des Britanniques. Le véto unioniste a été renforcé par l’acceptation du principe du consentement et les portes du marché de « l’Irlande du Nord » ont été grande ouvertes au capitalisme international, afin d’exploiter davantage la classe ouvrière.

On a vendu aux républicains le mythe selon lequel on revenait à Stormont pour mieux le détruire de l’intérieur. On nous promettait que la police et la justice seraient dépolitisées et que l’armée britannique s’en irait. On nous promettait que l’armée révolutionnaire resterait intacte. On promettait aux républicains une alternative socialiste à la politique droitière de la domination directe [du Royaume-Uni sur les 6 comtés]. Même le plus fervent partisan de l’accord doit reconnaître que rien de tout cela n’a eu lieu.

On a sonné le rappel aux nationalistes constitutionnels pour qu’ils maintiennent Stormont à flot. Un appareil de sécurité extrêmement politisé, dont le fer de lance est le MI5, dirige une force de police lourdement armée et agressivement anti-républicaine. Le ministère de la justice agit de manière éminemment politique et sa fonction est celle d’un poinçonneur local des décisions prises par le secrétaire d d’Etat à l’Irlande du Nord : les cas de Martin Corey, Marian Price, Ta McWilliams et Gary Adams sont des exemples frappants de cette réalité. L’armée britannique revient dans les airs et dans les rues, au grand jour et undercover, des milliers de militaires sont cantonnés dans les casernes, prêts à être déployés sur un coup de sifflet. L’armée révolutionnaire a été détruite, désarmée et démantelée sur l’injonction de l’unionisme. La politique de la domination directe a d’abord reçu un arôme local, puis a été appliquée entièrement.

Dans les 26 comtés, la coalition de droite se tient au sommet de l’une des législations les plus draconiennes du monde, interne des militants politiques en préventive, en accusant faussement des gens d’affiliation à des groupes illégaux, ou en ourdissant des machinations politique, contre Michael McKevitt par exemple. Leur refus d’agir de manière raisonnable et de demander le rapatriement de Michael Campbell, enfermé dans son trou d’enfer en Lituanie, en dit long sur la considération qu’ils ont pour leurs citoyens. Cela étant, le républicanisme révolutionnaire est loin d’être mort ; tandis que les soldats et policiers britanniques lourdement armés défendent leur aile politique à Westminster et Stormont, les républicains armés défendent la souveraineté irlandaise dans nos rues et dans nos champs. Les élites politiques dans les deux états d’Irlande appliquent les mesures de paupérisation, mais les républicains révolutionnaires sont sur le terrain, aux côtés du peuple, pour intervenir de façon concrète en leur nom. Republican Network for Unity est d’avis que Pâques est un moment de réflexion, pendant lequel nous réaffirmons notre engagement pour un changement politique réel et irréversible en Irlande, un changement politique qui apportera finalement une égale sollicitude à tous les enfants de la nation.

Source : ici

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