Padraig Pearse à propos du mouvement ouvrier

Padraig Pearse est le représentant classique du mouvement républicain irlandais. James Larkin est la figure tutélaire du mouvement ouvrier irlandais. Voilà un très bref aperçu, tiré d’une brochure de 1966, de l’appréciation du premier sur le second.

Pearse à propos de 1913

Padraig Pearse ne pensait pas que la conquête de la liberté de l’Irlande ne consistait qu’en l’expulsion de l’Etat britannique. Il reconnaissait que la domination britannique ne se réduisait pas à l’occupation par les forces britanniques. En 1913, alors qu’une grande bataille se livrait à Dublin pour forcer les employeurs à reconnaître le droit des ouvriers à s’organiser, Padraig Pearse écrivait une colonne régulière, intitulée « From a Hermitage », dans le journal Irish Freedom. Le ton de sa colonne était ironique, Pearse se faisant passer pour un ermite commentant de loin les événements du présent, sans s’y impliquer. Lorsqu’éclata la guerre ouvrière, comme on l’appelait, Pearse commença en faisant de l’ironie, puis termina en montrant quelle était son attitude fondamentale.

En octobre 1913, il écrivit ceci : « Il n’y a que deux façons de redresser les torts : la réforme et la révolution. » Il fit remarquer que Marie Antoinette, qui n’avait pas saisi la situation, avait fini sous la guillotine. Etablissant un parallèle avec les employeurs irlandais, il écrivit : « J’aimerai mettre quelques uns de nos citoyens bien nourris à la place de nos citoyens affamés, juste pour voir. Je tenterai une cure de famine sur eux. On dit qu’un pound par semaine est bien suffisant pour entretenir la vie d’une famille, dans une famine honnête, c’est en tous cas ce que nous disent les gens très riches, et les gens très riches sont des gens qui savent. »

Les riches

Il proposait donc que les riches tentassent de faire vivre leurs familles avec un pound par semaine. Il prit la mesure du phénomène : « Un tiers des Dublinois souffrent de sous-nutrition, la moitié des écoliers irlandais en primaire souffrent de malnutrition. Vingt mille familles dublinoises vivent dans une seule pièce. Il n’est pas rare de voir deux ou trois familles dans la même pièce, sans compter que parfois elles hébergent un locataire ! »

Ces remarquent montrent que Padraig Pearse n’était pas un mystique vivant dans sa tour d’ivoire et dans son monde imaginaire. Au contraire, il finit pas affirmer ses convictions profondes. Sa pensée n’était pas seulement issue d’une sympathie pour les pauvres, il s’agissait d’une attitude politique qui allait s’approfondir et se développer avec le travail fait en commun avec l’aile du mouvement ouvrier représentée par Connolly.

Il écrivit : « Dieu sait que nous autres, tristes résidus d’une nation courageuse, avons subi assez de honte en commun pour faire de nous des frères. Voici une question sur laquelle je ne puis pas rester neutre. Mes instincts me poussent du côté des hommes sans terres contre les maîtres des terres, du côté des hommes sans pain contre les maîtres des millions. Je considère comme un péché terrible le fait qu’il y ait des hommes sans terres dans cette île aux vallées fertiles mais gastes, et qu’il y ait des hommes sans pain dans cette ville où l’on fait tant de grandes fortunes et jouissances. »

James Larkin

« Je ne sais pas si les méthodes du M. James Larkin sont sages ou insensées (et il me semble qu’elles sont insensées à certains égards), mais il y a quelque chose que je sais : il y a un mal de beaucoup plus hideux qu’il faut redresser, et que l’homme qui tente de le faire en toute honnêteté est un homme bon et un homme courageux. »

Il faut remarquer ici qu’Arthur Griffith fit le mauvais choix. Il dénonça Larkin. Il n’y a pas de hasard dans les actions politiques des gens. L’antipathie de Griffith à l’endroit de Larkin venait de son attitude politique, dont il était d’ailleurs pas forcément conscient. De même, le soutien de Pearse à Larkin venait de sa perspective politique.

Source : ici

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