Republican Sinn Féin – Les promesses faites aux prisonniers républicains n’ont pas été tenues

Les promesses d’une décision mettant fin à la fouille corporelle des prisonniers de guerre dans la prison de Maghaberry (comté d’Antrim) ont été pulvérisées par une déclaration, faite le 13 février, disant que l’engin de scan ne serait pas installé dans la prison. Cette promesse d’installation du scanner, faite par David Ford, ministre de la justice de Stormont, à la fin de l’année 2012, avait été un élément-clé motivant les prisonniers républicains à arrêter leur grève de l’hygiène, ayant duré trois ans, en novembre 2012. Ils avaient arrêté leur grève « pour donner au régime pénitentiaire une autre opportunité de reconnaître et d’appliquer l’accord signé par toutes les parties en août 2010 ». L’arrêt des fouilles corporelles et l’octroi de la libre association pour tous les prisonniers de guerre étaient les clés de voûte de cet accord, qui avait pu être passé suite à des pourparlers prolongés ayant impliqué l’administration pénitentiaire et le ministère de la justice de Stormont, et ayant été facilité par deux personnes « extérieures ».

Le 14 février de cette année, le bureau de David Ford et l’administration pénitentiaire ont donc fait machine arrière et ont déclaré que les engins de scan « ne parvenaient pas à détecter, lors des tests, des choses cachées, comme de la drogue, des ciseaux et des couteaux. » Ils allèguent que plus de mille prisonniers ont participé à cette « expérimentation » des scanners, pendant ces trois derniers mois, à la prison de Magilligan et de Hydebank Wood. Le fait que les prisonniers ont été choisis pour ces tests dans les prisons ordinaires, et non parmi les prisonniers de guerre de la Roe House, en dit long sur cette expérimentation. Les prisonniers ordinaires n’ont pas une grande marge de manœuvre lorsqu’ils sont confrontés à une « proposition » de l’administration pénitentiaire. Il est banal qu’on leur propose des allègements de peine s’ils acceptent de coopérer avec les autorités : « Fais-le, c’est dans ton intérêt », ce qui n’est qu’une menace voilée. Ajoutons à cela que l’expérimentation a été menée par les gardiens de prison eux-mêmes. Les résultats correspondaient donc à un certain intérêt.

Mais un intérêt personnel plus sinistre était présent, car des emplois étaient en jeu. Si la Roe House était gérée en tant qu’aile politique, il n’y aurait alors plus besoin d’un si grand nombre de gardiens en poste chaque jour. Aujourd’hui, il y a deux ou trois gardiens en poste pour chaque prisonnier. Si l’accord de 2010 était appliqué, le nombre de gardiens devrait beaucoup se réduire, à cause de l’abolition de la fouille corporelle et de l’octroi de la libre association. Qui plus est, le régime pénitentiaire en rajoute dans son attitude vengeresse, en imposant une nouvelle règle destinée à empirer une situation, déjà funeste. On a dit aux prisonniers de guerre qu’ils allaient subir des tests de détection de drogue avant d’avoir une libération conditionnelle. Ceci est sans précédent en ce qui concerne les prisonniers républicains, bien que l’administration pénitentiaire mente en affirmant le contraire, prétendant que cette pratique a toujours été en vigueur. Même la médiatrice Pauline McCabe a reconnu que les prisonniers républicains étaient « peu susceptibles de trafiquer ou de consommer de la drogue ».

Par conséquent, l’imposition des fouilles corporelles, avec toute la brutalité qui l’accompagne, en vigueur dans la prison de Maghaberry contre les prisonniers de guerre républicains, va continuer à l’avenir. Cette pratique ne sera jamais acceptable, pas plus que le harcèlement et l’intimidation des prisonniers de guerre menés par les gardiens. Bien qu’il y ait des différences entre eux, ils obéissent tous à leurs maîtres à Whitehall [siège du gouvernement britannique, à Londres] et Stormont [son annexe à Belfast], de façon à rendre la vie des prisonniers de guerre la plus lamentable possible. En effet, une alternative existe, mais elle est à inacceptable à leurs yeux – une Roe House bien tenue qui voit les prisonniers de guerre républicains être traités comme tels : des prisonniers de guerre républicains ayant un statut de prisonniers politiques à part entière.

POW Department, Sinn Féin Poblachtach, 5 mars 2013

Source : ici

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3 commentaires pour Republican Sinn Féin – Les promesses faites aux prisonniers républicains n’ont pas été tenues

  1. Comme ce fut toujours le cas dans l’histoire de Londres et de sa succursale satellitaire,les promesses ne valent jamais grand chose et les ennemis des Républicains demeurent des ennemis sournois, vicieux et méprisants.

  2. Séb dit :

    je pense que c’est surtout une manière de casser le moral des détenus de faire ainsi semblant de leur céder qqchose puis de changer de position. Du coup, ils vont avoir bcp plus de mal à repartir en grève que s’il avait continué la précédente…

  3. Séb dit :

    que s’ilS avaiENt continué

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