Quelques petits aperçus sur l’histoire des Ecossais

Glanés sur le net, au détour d’un texte écrit par un membre du Mouvement Républicain Socialiste d’Ecosse, critiquant une brochure trotskyste britannique.

Lorsque Keir mentionne les Ecossais en Ulster, il passe trop vite, n’expliquant pas leur présence. Le roi Jacques VI d’Ecosse [devenu Jacque Ier d’Angleterre en 1603] n’avait pas laissé le choix à ces gens en 1606, ou bien on les déportait, ou bien on les pendait. Lord Percy se plaignait du fait que les clans écossais des régions-frontières ne jouaient pas au cricket et n’acceptaient pas l’Union Royale [souhait de Jacques Ier d’être roi unique de toute la Grande-Bretagne], ne cessant d’attaquer ses hommes-liges et de voler ses vaches. Certains parmi ces exilés tentèrent de revenir en Ecosse, et furent pendus. Le roi Jacques Ier voulut étendre la colonisation en installant des planteurs anglophones venus de la région de Fife, à l’Est de l’Ecosse, connus sous le nom d’Aventuriers du Fifeshire, dans les îles de l’Ouest de l’Ecosse, de langue gaélique, au moment de l’adoption des Statuts d’Iona [en 1609, ces statuts imposaient l’anglicisation de la noblesse écossaise]. Mais les têtes de ces Aventuriers leur furent rendues, rangées dans des tonneaux.

De leurs côté, les planteurs écossais dans les colonies anglaises d’Ulster étaient si bons fermiers que les propriétaires terriens catholiques importèrent encore davantage de fermiers éconssais : des gens de langue gaélique, venus de Galloway et de Carrick. Ces Ecossais s’identifiaient aux Irlandais indigènes et les aidaient dans leurs rébellions.

Quant à la rébellion des Irlandais Unis en 1798, elle fut dirigée principalement par des presbytériens. L’Ordre d’Orange anglican avait été fondé pour contrecarrer l’alliance entre catholiques et presbytériens, scellée par les lois de la reine Anne en 1704, qui lésaient les presbytériens dans la province d’Ulster. On les avait empêché de rejoindre l’Ordre d’Orange jusqu’aux années 1840, moment où le gouvernement chercha à s’assurer leur soutien en rémunérant les ministres de leur culte. La plupart des Ecossais irlandais migrènt de l’Ulster vers les Amériques, et durent y travailler sous le régime de l’engagisme [indentured servants]: sept années de travail pour un maître, pour à la fin recevoir un titre de propriété dans les territoires de la frontière, plus à l’Ouest.

C’étaient eux, les premiers « Hill Billies » des Appalaches, qui accueillirent George Washington lorsqu’il était au plus bas, et dont il dit plus tard qu’ils avaient été, eux les Ecossais Irlandais, les meilleurs combattants contre les Britanniques. Les Ecossais irlandais tirèrent les premières salves à Kings Mountain dans le Tennessee et mirent en déroute les Tuniques Rouges [soldats britanniques à l’époque de la guerre d’indépendance américaine], tellement haïes. Celles-ci avaient reçu pour ordre d’incendier les maisons, les écoles et les églises presbytériennes, qui étaient considérées comme des bastions de la révolution. Je mentionne ces faits, pour répondre aux propos hâtifs proférés au sujet des Ecossais et des Irlandais, puisqu’il existe cette tradition dans la gauche britannique, jouant la carte ethno-confessionnelle pour apporter un soutien de pure forme aux Irlandais en rabaissant les Ecossais, qui cesse de fonctionner quand des véritables Irlandais leur expliquent de quoi il retourne.

Source : ici

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