La prophétie de Gerry Adams

Texte #1. Irlande Libre, p. 94

Il n’est cependant pas complètement exclu que, dans certaines circonstances, le gouvernement britannique trouve l’idée d’une Irlande unie parfaitement acceptable. Il a en effet toujours manifesté son intérêt pour l’ensemble de l’Irlande. Même l’accord de base établissant les Six Comtés et les Ving-six Comtés prévoyait un conseil de l’Irlande, et il est possible d’envisager qu’à leurs yeux la partition ne constituait qu’une nécessité temporaire, leur permettant de consolider territorialement le contrôle britannique sur l’Irlande et d’en faire la tête de pont de leur influence sur l’ensemble de l’île. L’unité territoriale des Six Comtés et des Vingt-six Comtés ne mettrait pas nécessairement les intérêts britanniques en péril. En fait, le gouvernement de Dublin a joué le rôle d’associé subalterne vis-à-vis de Londres, en exprimant la continuité des intérêts communs ayant toujours existé entre les classes dirigeantes irlandaises et britanniques.

Ce n’est pas la réunion de deux petits Etats séparés en une seule unité géographique qui effraie le gouvernement britannique. La perspective qui les effraie est celle d’une autodétermination nationale : une nation unie définissant et appliquant une politique indépendante, à la fois sur le plan intérieur et sur le plan extérieur, et agissant dans l’intérêt du peuple irlandais tout entier. Une telle Irlande échapperait au contrôle à la fois colonial et néo-colonial de la Grande-Bretagne.

Texte #2. Irlande Libre, p. 218-219

crapuleescrocL’Irlande et la Grande-Bretagne ont beaucoup à gagner à la paix. Une paix durable en Irlande est tout autant profitable à la population britannique qu’elle ne l’est à la nôtre. Les milliards qui sont à présent dépensés dans la guerre pourraient être investis dans la paix : emplois, logements, crèches, transports, santé et éducation. La subvention versée par la Grande-Bretagne aux Six Comtés atteint maintenant 4 milliards de livres par an, dont la plus grande partie pourrait être économisée dans le Nord et en Grande-Bretagne si l’on arrivait à une paix durable. Sans autres changements de politique économique, l’unification des économies créerait des dizaines de milliers d’emplois. La paix va générer un flot d’activités nouvelles et d’investissements.

Un processus de paix bien organisé comprendra un programme de transition économique et de reconstruction, qui englobera un programme d’aide internationale. C’est dans l’unité de l’Irlande que réside la logique du développement économique et social, et non dans l’union avec une industrie britannique en déclin ni dans l’escalade des dépenses de guerre. Même les éléments les plus conservateurs de la société irlandaise, les banquiers et la communauté des affaires le reconnaissent maintenant, comme en témoigne cet extrait du rapport du New Ireland Forum de 1983 :

« La division de l’île a été une source perpétuelle de dépenses, en particulier pour le commerce et le développement des régions frontalières, mais également pour les deux gouvernements, qui ont mené des politiques économiques séparées sur une petite île aux problèmes et aux moyens identiques. Nous concluerons en disant qur la partition et son incapacité à amener la stabilité politique ont généré des coûts supplémentaires dans de nombreux secteurs et ont inhibé le développement socio-économique de l’Irlande, en particulier dans le Nord. La division a eu un effet négatif sur le moral de la société en général et a contribué à un rétrécissement des vues, au nord comme au Sud. Si cette division n’avait jamais existé, ou si l’on avait encouragé les traditions unioniste et nationaliste en Irlande à y mettre fin en se mettant mutuellement d’accord, la population de l’enbsemble de l’île serait en bien meilleure position de profiter de ses ressources et de faire face aux défis communs auxquels la société irlandaise, au Nord comme au Sud, est confrontée en cette fin de XXè siècle. »

On ne tirera donc pleinement profit de l’intégration des deux économies qu’en mettant un terme à la partition.

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4 commentaires pour La prophétie de Gerry Adams

  1. Liam dit :

    C’est une traduction de The POlitcs of Irish Freedom ou de Free Ireland – Towards A Lasting Peace? C’est le meme livre mais la seconde edition fait de la revision politique – le chapitre sur le SDLP et le gouvernement de Dublin est abandonne

  2. voilà ce qui est écrit :

    Free Ireland © Gerry Adams, 1986, 1994, 1995
    First published in English by Brandon book Publishers LTD, Dingle, Ireland

  3. Liam dit :

    C’est l’edition « revue ». Au fait les commentaires ont disparu du droite de la page…

  4. voilà c’est réparé!

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