Seamus Deane – Le dernier choc

LE PREMIER FRÈRE

Tu es l’homme le plus seul
Dans la foule. Tu agis
Car il n’y a rien que tu possèdes.
Tu vis entre le lancer
Et la chose lancée.
Ta solitude est exacte.

LE SECOND FRÈRE

Vers quoi nous tournons-nous enfin?
Nous déconcertons la police et les troupes,
Nous laissons les villes en flammes,
Nous pouvons continuer longtemps
Car, chemin faisant, nous apprenons.

Nous apprenons de nouveaux mots
Pour l’acte à qui l’on ne peut donner de nom;
Les contraintes que le pouvoir de la haine
Inexorablement impose;
La disposition à attendre
Le dernier choc.

LE PREMIER FRÈRE

Tu sors de la masse,
Son visage nocturne implanté
Dans une peur profonde et sensuelle
Dans tous tes membres et tes souvenirs,
Et ton regard entre
Dans mon poème comme une lumière.

in Guerre Civile,  Imago Poiesis, Paris, 1982, traduction d’Anne Bernard

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