Commémoration de la bataille de la vallée de la Jarama

La vallée de la rivière Jarama vit se livrer une des plus importantes batailles de la guerre d’Espagne en 1937, où combattirent les Brigades Internationales, parmi lesquelles de nombreux volontaires irlandais. Voici le texte de présentation des organisateurs de la marche commémorative.

Le 76è anniversaire de la Bataille de la vallée de la Jarama aura lieu entre le 14 et le 17 février. L’événement principal sera, comme toujours, la marche de Jarama, le samedi 16. C’est la dixième année que nous commémorons cette bataille. Il y a dix ans, une cinquantaine d’amis ont entrepris d’organiser cette commémoration, suivant les conseils de son principal promoteur, Bob Doyle. Le 12 février 2003, nous avions érigé, près de la Colline des Suicidés, un modeste amoncellement de pierres en hommage à Kit Conway, un ami de Bob, et aux autres membres du Bataillon Britannique et de la XVè Brigade Internationale.

brigadas-700x503Suite à cela, d’autres monuments furent érigés, comme le grand monument aux Brigades Internationales à Morata, en 2006, et le monument à Charlie Donnelly à Rivas, en 2010. Nous posons au fur et à mesure des stèles commémoratives sur le champ de bataille de la Jarama pour rappeler la lutte héroïque des antifascistes espagnols et internationaux, et ces commémorations sont de plus en plus largement célébrées.

La marche de cette année sera consacrée particulièrement aux volontaires francophones (Français, Belges, Algériens, Marocains et Tunisiens) qui ont combattu à Jarama. Ils étaient nombreux, plus de 3.000, et faisaient partie des quatre bataillons incorporés dans la XIVè Brigade Internationale, la Marseillaise, la XIè, la Commune de Paris, la XIIè, André Marty, et dans les bataillons du six Février (XVè Brigade Internationale). Beaucoup d’entre eux ont perdu la vie dans les oliveraies de la vallée de la Jarama. L’un d’entre eux, Alfred Brugères, un jeune communiste, qui avait été blessé au combat à la cité Universitaire, a trouvé la mort alors qu’il faisait barrage à l’avancée des troupes fascistes sur le plateau de Morata.

Nous souhaitons rendre un hommage particulier à François Mazou, qui combattit dans le bataillon 6 février. Il était venu à madrid en 1986 pour rendre hommage à ses amis et camarades volontaires, les « oubliés de la Jarama », comme il les appelait dans un document présenté au gouvernement régional de Madrid. Grâce à ses efforts, le souvenir de ces combattants a commencé à être reconnu. D’abord par le truchement du mémorial placé en 1989 près d’une fosse commune où reposent les morts, puis de la grande plaque posée en 1994 sur le mur extérieur du cimetière de Morata.

Cette année, nous verrons probablement le brigadiste Jospeh Almudéver, mais nous regretterons la triste absence du brigadiste David Lomon, récemment disparu. Nous aurons avec nous une délégation de représentants français de l’ACER (Amis et Combattants de l’Espagne Républicaine) et comme chaque année, un grand nombre d’amis venus d’Irlande et du Royaume-Uni et d’autres pays, qui donneront à la marche son caractère international, tout comme pendant la bataille qui fut livrée auprès de la Jarama contre les troupes fascistes.

De même, il est pertinent de prendre en considération le contexte de cette marche. Le capitalisme a produit une crise profonde dont ils tentent de sortir au détriment de l’Etat providence et des acquis sociaux qu’il représente. Comme toujours, il avance vers la maximisation de ses profits en écartant tel un bulldozer tous les obstacles qui pourraient limiter ses impulsions prédatrices contre le peuple et l’environnement. Pendant ce temps, les gouvernements « démocratiques » coopèrent avec ce capitalisme sauvage, défendent des politiques néo-libérales qui appliquent la doctrine du choc : asséner un coup de boutoir qui embrouille la conscience et paralyse la volonté.

Est nécessaire un mouvement populaire qui soit à même, comme dans les années 1930, de stopper ce courant conservateur. La lutte alternative devrait émaner de tous les groupes sociaux qui sont frappés par les politiques réactionnaires du Parti Populaire et de l’Union Européenne. Nous avons l’exemple des fronts populaires qui vinrent au jour dans les années 1930 et dont nous commémorons le triomphe en France et en Espagne, 77 ans après. Nous avons aussi l’exemple de la solidarité internationale des brigadistes, qui pour la plupart avaient aussi combattu dans leurs pays les effets de la grande crise des années 1930. Leur lutte, bien que temporairement défaite, permit la défaite du fascisme en 1945.

Source : ici

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2 commentaires pour Commémoration de la bataille de la vallée de la Jarama

  1. Séb dit :

    le film Song For A Raggy Boy aussi aborde l’engagement des volontaires irlandais dans la guerre d’Espagne pour la défense de la République. Je le conseille!

  2. peadar dit :

    Le 12 mai 1937, jour du 21è anniversaire de l’exécution de Connolly, les Irlandais organisèrent une cérémonie en son honneur. Elle fut tenue sur le champ de bataille de la vallée de la Jarama, sous le couvert d’une colline juste derrière la ligne de front. Le bruit de fond alentour était celui de l’artillerie et le crépitement des mitrailleuses. Chaque unité de la XVè Brigade Internationale était représentée lors de cette réunion, où les orateurs parlèrent des aspects nationaux et internationaux de la vie et des enseignements de Connolly. Ce rassemblement d’antifascistes internationaux s’accorda sur une déclaration, que voici :

    Nous, de l’Unité James Connolly de la Brigade Internationale, avec les forces démocratiques d’Espagne qui combattent le fascisme international, adressons nos saluts révolutionnaires à nos camarades en Irlande qui commémorent le 21è anniversaire de la mort de James Connolly, tué le 12 mai 1916 par les forces de l’impérialisme britannique. Nous, ensemble avec nos camarades du monde entier, faisons le serment de mener la lutte internationale contre l’ennemi international, le fascisme. Nous combattons l’ennemi ici en Espagne aujourd’hui, sachant qu’en l’empêchant ici, nous épargnerons l’Irlande des horreurs que le fascisme inflige aux gens qu’il domine. Nous saluons nos camarades chez nous qui continuent la lutte contre l’impérialisme, indigène et britannique, et nous les appelons à serrer les rangs contre l’ennemi commun. Nous nous tenons ici en silence pendant deux minutes pour saluer la mémoire de Connolly et de tous nos camarades qui ont donné leurs vies dans le combat de l’Irlande contre l’oppression, et celle des travailleurs du monde entier qui sont morts pour la liberté.

    Michael O’Riordan, Connolly column : the story of the Irishmen who fought in the International Brigades of the national revolutionary war of the Spanish people, 1936-1939 (Dublin, 1979)
    Cité in The Irish Sword #65, 1986

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