Des cadavres de républicains irlandais pour nourrir les poissons?

En 1981, l’Etat britannique avait discuté puis rejeté la propostion de mettre les prisonniers républicains irlandais dans un bateau-prison et une fois morts de jeter leurs corps à la mer.

Le gouvernement conservateurs des années 1980 avait rejeté une proposition émise par un de leurs député influent, qui souhaitait, au moment du pic des grèves de la faim, mettre les prisonniers paramiliaires dans un bateau-prison et jeter leurs corps à la mer s’ils venaient à mourir à bord. C’est ce que révèlent des archives officielles. Cette suggestion avait été faite par David Waddington, secrétaire d’Etat à l’intérieur.

Il expliquait qu’un bateau équipé de cellules pouvait être très facilement sécurisé et que des marins pouvaient être formés à ce travail. « Le bateau pourrait naviguer pendant de longues périodes, faire escale dans de nombreux ports de Grande-Bretagne pour s’approvisionner et changer d’équipage, et pourrait jeter l’ancre en haute-mer pendant de longues périodes » expliquait-il. « Tout terroriste qui viendrait à mourir pourrait être jeté à l’eau [‘buried at sea’], ce qui retirerait l’effet de publicité que ces gens semblent rechercher. » M. Waddington, aujourd’hui baron Waddington, âgé de 83 ans, était député de Clitheroe dans le Lancashire pendant les grèves de la faim. Il a été à la Chambre des Communes de 1968 à 1990, puis à la Chambre des Lords. Peu avant d’y entrer, il avait accédé au poste de Ministre de l’Intérieur, en 1989.

Sa proposition avait été rejetée par Michael Alison, secrétaire d’Etat aux prisons du Ministère à l’Irlande du Nord, qui répondait que le bateau serait plus cher, demanderait plus de personnels et serait moins sûr que le système carcéral en vigueur. Le secrétaire d’Etat aux prisons faisait observer que les bateaux se dégradaient vite, et exigeaient régulièrement des réparations en cale sèche et beaucoup d’entretien, ce qui fait que des solutions alternatives devaient être prises pendant ces moments où le bateau-prison serait en cale sèche. « La plus grande objection à cette proposition consiste à dire que les individus condamnés à des peines de prison restent des êtres humains, ayant certains droits et privilèges », avait affirmé M. Alison, qui concluait en disant que cette mesure n’était pas une solution à long terme, ne pouvant se justifier qu’en tant qu’expédient temporaire et en cas d’urgence.

La mort des grévistes de la faim fut marquée par des protestations de rues en Irlande du nord et par des condamnations de l’étranger. De son côté, Lord Baron Hylton suggérait que ceux qui mouraient en prison soient enterrés en prison, avec seulement un prêtre et un nombre limité de parents proches. Mais M. Alison rejeta également cette proposition. « Je ne doute pas que nous allons être mis au pilori et considérés comme un gouvernement au cœur de pierre, qui n’a non seulement pas pu empêcher un homme de se tuer en se privant de nourriture, mais qui a refusé froidement de laisser son corps être enterré chez lui et auprès des siens » avait dit le secrétaire d’Etat.

Source : ici

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