Servir le Peuple guérit notre ignorance de l’histoire britannique (deuxième partie)

Suite de la grande étude de Servir le Peuple sur le Royaume-Uni

3. La contradiction Nations/État et la lutte des classes

On notera, ici, que le processus (de 1530 au milieu du 19e siècle) ‘parachevant’ le Royaume-Uni comme État moderne, puis assurant sa ‘transition’ révolutionnaire bourgeoise vers l’État contemporain, s’est donc déroulé sous le drapeau du ‘protestantisme’ (terme générique dans lequel les observateurs continentaux jettent, pêle-mêle, anglicanisme, calvinisme, puritanisme, presbytérianisme etc.) ; et que, parallèlement, c’est sous ce même drapeau que s’est instaurée la domination de la bourgeoisie/’aristocratie capitaliste’ anglaise (avec sa fraction dominante londonienne) sur les masses populaires d’Angleterre, certes, mais aussi et surtout sur les nations celtiques (toutes classes confondues, avec bien sûr des éléments aristocratiques, cléricaux et bourgeois ‘collabos’), sans même parler des peuples colonisés d’outre-mer.

C’est intéressant à relever, car il y a peut-être, dans le mouvement communiste ‘continental’, une tendance à la ‘déviation weberienne’ : une tendance à la simplification et à la systématisation de la dichotomie ‘protestantisme capitaliste donc progressiste’/’catholicisme féodal donc réactionnaire’ dans le processus mondial des révolutions bourgeoises (16e-19e siècles). Certes, le ‘protestantisme’ a été pendant plus de deux siècles une puissante force de progrès, favorisant le développement capitaliste des forces productives et les ‘idées nouvelles’ révolutionnaires bourgeoises ; et il a directement présidé à des révolutions bourgeoises, à des transitions vers l’État bourgeois contemporain et la révolution industrielle, comme en Angleterre, aux Pays-Bas, aux États-Unis ou dans certains cantons suisses.

Mais dans le même temps, là où il a précisément dirigé ces processus, il s’est fait idéologie d’oppression, des masses populaires comme des nations niées par ces États modernes en transition vers l’État capitaliste contemporain ; au même titre que le catholicisme là où celui-ci était la religion d’État. Rappelons par exemple que la Prusse (protestante luthérienne), ‘despotisme éclairé’ au 18e siècle, ne fut pas, entre 1789 et 1850, précisément une force de progrès, mais au contraire une ‘forteresse’ de la réaction absolutiste, avec l’Autriche (catholique) et la Russie (orthodoxe) ; et qu’elle a ensuite ‘fait l’Allemagne’ (1850-71, il faut dire qu’elle avait annexé en 1815 les ‘moteurs’ économiques de celle-ci, Rhénanie et Westphalie) sur cette même base ultraconservatrice, non seulement anti-ouvrière et antipopulaire, mais aussi hostile à la bourgeoisie libérale et démocrate (qui était alors plutôt la bourgeoisie rhénane… catholique !). C’est d’ailleurs pour le compte de cet Empire allemand prussien (en 1905) qu’écrivait le sociologue de régime Max Weber (probablement, pour être précis, dans une optique de ‘partage du monde’ entre ‘Germains’ et Anglo-saxons, ligne qui sera, par la suite, celle d’un nazi comme Rudolf Hess par exemple).

En réalité, la Réforme protestante est née au 16e siècle comme idéologie, d’une part, de dénonciation de la corruption de la hiérarchie catholique (trafic des indulgences etc.), mais aussi et surtout, d’autre part, comme idéologie anti-absolutiste favorable à des républiques bourgeoises comme à Genève, aux Pays-Bas ou en Angleterre avec Cromwell. Mais, du moment qu’elle devenait idéologie d’État (en Angleterre, aux Pays-Bas, en Prusse, en Scandinavie, aux USA, ou dans les Républiques boers d’Afrique du Sud), elle devenait automatiquement une idéologie d’oppression pour les masses humaines sous l’autorité dudit État… De son côté, le catholicisme ultramontain (‘papiste’), la Contre-réforme, a été effectivement un mouvement réactionnaire, obscurantiste, combattant le progrès scientifique (Copernic, Bruno, Galilée) et intellectuel, qui privait l’Église de la base même de son existence : une société encore dominée par les forces de la nature.

Mais, ‘derniers soldats’ d’un Pape qui n’était plus que l’ombre de son autorité universelle de l’An 1000, des courants comme les Jésuites, obscurantistes vis-à-vis des sciences et de la philosophie, étaient également anti-absolutistes (l’absolutisme rejetait l’autorité pontificale) et ont pu dans cette logique, au même titre que les protestants radicaux, mettre en avant des idées démocratiques avancées, comme le tyrannicide (lorsque le souverain ‘viole’ son ‘contrat’ avec le peuple, ou va à l’encontre de ‘Dieu’, c’est-à-dire des droits humains considérés comme ‘naturels’, il peut et même doit être renversé – Juan de Mariana), ou mener des expériences radicales pour l’époque comme les ‘réductions’ guaranies du Paraguay, sur le principe que, si chacun et chacune doit se soumettre devant ‘Dieu’, aucun être humain n’est ‘naturellement’ supérieur à un autre (pas même par la ‘grâce’ ou la ‘prédestination’ divine protestante, qu’ils rejettent)… C’est ainsi qu’à partir du milieu du 17e siècle, les Jésuites seront vigoureusement combattus par les États absolutistes et les ‘despotismes éclairés’, y compris de religion d’État catholique comme l’Espagne, l’Autriche ou le Portugal ; bien plus tard, au 20e siècle, ils fourniront – notamment en Amérique latine – le gros des troupes du christianisme social-révolutionnaire et de la théologie de la libération.

Dans la même veine, lorsque le roi de ‘France’ Henri III voulut asseoir son pouvoir absolu (et celui de son ‘clan’ aristocratique et grand-bourgeois) sur l’’équilibrisme’ entre catholiques et ‘huguenots’, il fut rejeté comme ‘tyran’ par les uns comme par les autres, et devinrent des ‘républiques bourgeoises’ aussi bien les cités protestantes du ‘Midi’ (‘Provinces de l’Union’), que le Paris de la Ligue, qui préfigurait à bien des égards celui des ‘sections sans-culotte’. Seule la dialectique marxiste permet de comprendre de telles choses, en comprenant qu’à partir du moment (13e, 14e siècle) où l’on sort de la féodalité au sens strict, la religion quelle qu’elle soit perd sa base matérielle et donc son assise idéologique ; à partir de là, le clergé ne peut plus être une classe sociale autonome, il éclate et ses fragments serviront la cause de la classe qui parvient à les capter…

Donc, la mutation du Royaume-Uni en État contemporain (bourgeois, capitaliste) est un processus globalement achevé avec le règne de Victoria (1837-1901). La révolution industrielle triomphe et la population a plus que triplé (de 7 à 23 millions) entre 1750 et 1830 ; d’immenses cités industrielles (comme Manchester) surgissent de la verte campagne. Le Reform Act de 1832 intègre cette réalité en supprimant les ‘bourgs pourris’ (circonscriptions dépeuplées alors que des ‘villes nouvelles’ immenses, surgies en quelques décennies, n’ont pas de représentants) ; en revanche, il n’élargit le suffrage (censitaire) que de 300.000 à 600.000 électeurs : cette ‘trahison whig’ donnera naissance au mouvement chartiste, qui réclame le suffrage universel masculin (il ne sera totalement accordé qu’en… 1918, en même temps qu’aux femmes de plus de 30 ans – et à toutes en 1928, pour le coup, 16 ans avant les ‘françaises’).

Les Premiers ministres issus de la Chambre des Lords se ‘clairsement’ sous le règne : seulement quatre (cinq avec Disraeli, anobli à la fin de sa vie), le dernier sera Robert Gascoyne-Cecil, 3e marquis de Salisbury (1895-1902) ; tous ensuite viendront des Communes (même si c’est une ‘tradition’ : rien n’y oblige légalement). Le Royaume et l’Empire sont alors au sommet de leur splendeur, l’époque victorienne deviendra un ‘symbole’ de la Grande-Bretagne à travers le monde entier.

On notera toutefois que, vers l’État contemporain au sens où nous l’entendons, la transition est longue et progressive, depuis le milieu du 17e siècle jusqu’au début du 20e : c’est le fameux ‘évolutionnisme britannique’, célébré par les courants politiques ‘libéraux’ qui l’opposent à la ‘culture française des révolutions’… Mais la condition ouvrière et populaire, elle, est effroyable ; comme la lecture de l’écrivain Charles Dickens suffit à s’en donner une idée : des millions de prolétaires de toutes les nations constitutives (privés, comme on l’a vu, des tous droits civiques jusqu’en 1918) s’entassent dans les slums (taudis misérables) des cités industrielles du Nord ou de Londres (East End), baignés dans la boue et dans le smog (littéralement : ‘brouillard de fumée’) des cheminées d’usine.

Parallèlement, on l’a dit, en même temps que l’Angleterre achevait de soumettre à son État l’ensemble des nations (celtiques) de l’archipel britannique, elle développait également un immense empire colonial ultra-marin qui, malgré la perte (1783) des Treize Colonies américaines qui formeront les États-Unis d’Amérique, sera la base, lorsque l’exportation de capitaux deviendra principale, de la première puissance impérialiste mondiale (première chronologiquement, et par l’étendue de son influence). Dans cet Empire, l’Angleterre adoptera une attitude assez différente de celle de la ‘France’ dans le sien. Non pas qu’il y ait eu moins d’oppression et de massacres – encore que cela soit fort possible, en tout cas, il n’y a pas eu de grande guerre d’extermination contre un mouvement d’indépendance, comme en Indochine et en Algérie.

Mais l’Angleterre a toujours cherché à appliquer ce que l’on appelle l’indigenous rule. L’impérialisme bleu-blanc-rouge, dans l’optique de ses théoriciens (Victor Hugo, Jules Ferry), se voyait dans un rôle d’’éducateur’ mondial : ‘nous sommes les Grecs du monde’, disait Hugo au génocidaire Bugeaud. La ‘France’ était vue comme investie d’une ‘mission historique’, d’une ‘destinée manifeste’ : apporter la ‘civilisation’ française aux peuples ‘mineurs’, ‘sauvages’ ou ‘barbares’, dans une forme de ‘tutorat international’. Une fois que les peuples colonisés seraient ‘majeurs’, ‘civilisés’, le régime colonial ne s’appliquerait plus (il n’était pas, alors, précisé s’ils deviendraient des États ‘indépendants’ sous influence étroite, ou des départements ‘français’ comme le sont devenues les Antilles). Bien sûr, la base économique était la même que pour tout impérialisme : la domination des monopoles. Mais telle était l’idéologie dont les monopoles se sont emparés pour servir leurs intérêts – n’était-elle pas, finalement, qu’une transposition outre-mer de la vision que la bourgeoisie révolutionnaire parisienne, et déjà les ‘éclairés’ de la fin de l’Ancien régime, avaient des ‘provinces reculées’ ?

Pour l’impérialisme ‘britannique’, en revanche, l’’aventure coloniale’ repose sur un seul mot d’ordre : business as usual. Tant que les peuples colonisés font et fournissent ce que le capitalisme et les monopoles britanniques attendent d’eux, ils conservent leur ‘civilisation’, leurs langues, leurs traditions, et même leurs ‘élites’ et leurs institutions. Là où l’Empire ‘britannique’ veut créer une ‘Nouvelle Grande-Bretagne’ (comme au Canada, en Australie ou en Nouvelle-Zélande), il la peuple d’Européens (de préférence du Nord…).

À partir du 19e siècle, ne souhaitant pas refaire les erreurs des Treize Colonies d’Amérique du Nord (et une nouvelle violente révolte – Mackenzie et Papineau – ayant secoué le Canada en 1837-38), le Royaume-Uni offrira à ces territoires (dominions) un statut d’autonomie à élargissement progressif, qui débouchera après la 2e Guerre mondiale sur une indépendance totale (militaire, diplomatique etc.) tout en restant bien sûr des alliés étroits de la métropole (et de l’impérialisme US) ; donnant naissance à des impérialismes de petit ou moyen rang : Canada, Australie, Nouvelle-Zélande ; sans compter l’’émergent’ sud-africain. Ils ne sont plus rattachés à Londres que par le chef de l’État, qui reste officiellement la reine d’Angleterre, représentée par un ‘gouverneur’ (‘proposé’ par le Parlement national ; la reine ne fait qu’entériner, elle ne le choisit pas).

Ailleurs, telle n’est pas la vocation de la domination coloniale : il est ouvertement assumé que l’Angleterre est là pour se fournir en matières premières, écouler sa production nationale, et éventuellement utiliser la force de travail lorsque celle-ci est jugée assez productive. Ce qui ne va pas sans un lourd sous-entendu raciste : les ‘races’ sont et restent ce qu’elles sont ; un Africain, un ‘Peau-Rouge’, un Bengali ou un Maori, pas plus d’ailleurs qu’un Irlandais ou un Écossais (qui leurs sont tout de même ‘supérieurs’), ne sera jamais un Anglais, pas même un ‘demi-’. Il est illusoire de prétendre, comme le font les ‘Français’, ‘européaniser’ des peuples non-européens, comme les Romains prétendaient ‘romaniser’ tous les peuples de leur Empire ; mais celui-ci, au faîte de sa puissance, s’est finalement brutalement effondré – les ‘Français’, en cela, sont bien leurs dignes héritiers, et ils connaîtront le même sort. Ainsi raisonnait l’impérialiste anglais ‘moyen’ de l’époque victorienne, et encore dans la première moitié du 20e siècle…

Pareillement, dans les nations celtiques de l’archipel, la domination, de type colonial, ne s’est jamais accompagnée d’une réelle volonté d’assimilation, de négation nationale au plan socio-culturel, quand bien même les institutions politiques nationales ont été supprimées par les différents Actes d’Union (Galles 1536, Écosse 1707 et Irlande 1800, les Cornouailles n’ayant jamais eu pour leur part d’institutions parlementaires modernes, et Man et les îles ‘anglo-normandes’ n’ayant pas été intégrées au Royaume-Uni). Il a certes été tenté, à partir de Georges III (après l’indépendance américaine, face à la Révolution française et à Napoléon, puis dans l’expansion coloniale et face à l’Allemagne pendant les deux guerres mondiales) de développer un certain ‘patriotisme britannique’, avec le fameux chant Rule Britannia , le terme de ‘Briton’ (descendant des (Grands-)Bretons), la mise en avant de la reine celte Boadicée résistant aux légions romaines (1er siècle après J-C.) alors que Napoléon (ce ‘nouveau Néron’) planifiait l’invasion du pays ; mais globalement, les nations constitutives sont toujours restées reconnues comme telles.

Même dans l’armée, colonne vertébrale de l’État selon les marxistes, les régiments restent nationaux (avec les célèbres régiments écossais défilant en kilt avec leurs cornemuses). Au football et au rugby, sports britanniques par excellence, les quatre grandes nations ont chacune leur sélection dans les compétitions internationales, situation unique au monde alors qu’il est impossible de faire reconnaître une équipe basque par la FIFA ; au rugby, l’Irlande est même… réunifiée (au football par contre, il y a une équipe d’Irlande du Nord, car c’est là-bas surtout un sport de ‘protestants’ – les Irlandais ‘catholiques’ nationalistes jouant au football gaélique – qui ne ‘peuvent’ donc jouer avec les rares ‘catholiques’ le pratiquant au Sud).

Bien sûr, il y a eu la suppression de toute institution et gouvernement local. En Irlande, sous la pression du mouvement national qui renaît avec Wolfe Tone (1798), le Parlement londonien finit par céder et accorder le Home Rule… en 1914, mais son application est repoussée à la fin de la guerre mondiale, trop tard pour éviter la guerre de libération qui éclate en 1916 (l’institution se ‘réfugie’ alors dans le Nord, resté occupé) ; les Parlements écossais et gallois ne sont rétablis que par les ‘dévolutions’ de la toute fin du 20e siècle, sous Tony Blair.

Et depuis le 18e siècle (extinction du cornique, qui ne sera ‘ressuscité’ qu’au 20e) jusqu’à nos jours, les langues nationales ont considérablement reculé au profit de l’anglais – qui profite, aussi, de son statut de lingua franca internationale. Aujourd’hui, pour plus de 6 millions d’habitant-e-s au total (Sud et Nord), le gaélique irlandais est parlé par 70.000 personnes dans la vie de tous les jours, 260.000 en ont une maîtrise ‘courante’ et 1,8 millions (200.000 au Nord) une certaine connaissance.

Le gaélique écossais des Highlands et des îles (pour plus de 5 millions d’Écossais-es) n’a plus que 60.000 locuteurs courants, et une centaine de milliers de ‘personnes de plus de 3 ans’ qui le comprennent. Le gallois résiste – et a toujours résisté historiquement – un peu mieux, avec plus de 600.000 locuteurs courants en Cymru même (plus de 60% de la population dans les comtés du Nord-Ouest) et plus de 150.000 en Angleterre ; ainsi que le scots des Lowlands écossais (1,5 millions en Écosse et 30.000 en Irlande du Nord), mais c’est une langue anglo-saxonne, très proche de l’anglais et totalement intercompréhensible (ce que nos républicains BBR appelleraient un ‘patois’), ce qui explique cela – à noter, ici, que l’Écosse est une autre nation bilingue, comme la Bretagne, ce qui contredit encore une fois le ‘monolinguisme absolu’ posé par Staline dans La Question nationale.

De leur côté, à Man et dans les îles ‘anglo-normandes’, il reste moins de 2% de locuteurs courants du mannois et des langues d’oïl normandes insulaires, même si jusqu’à 15% peuvent en avoir une certaine connaissance. Dans ces dernières, le normand insulaire a aussi souffert de la concurrence… du français ‘standard’, académique, toujours langue officielle des ‘baillages’ et bien maîtrisé par beaucoup de personnes (tourisme ‘continental’ oblige). Bien entendu, dans toutes ces nations, ce n’est jamais l’anglais d’Oxford qui est parlé par les masses populaires, pas plus qu’en Angleterre d’ailleurs : c’est un anglais populaire, mêlé de vocabulaire et d’expressions nationales, avec souvent un fort accent (comme les ‘r’ roulés écossais) qui rend, généralement, immédiatement identifiable la nation constitutive (et la classe sociale) de l’interlocuteur…

Pour les besoins, et de par l’organisation territoriale du capitalisme britannique (centré sur le Grand Londres, le Grand Birmingham et le triangle Liverpool-Leeds-Sheffield avec Manchester), une très importante force de travail a été importée des nations celtiques périphériques vers l’Angleterre, où elle forma rapidement – et forme encore, en tout cas parmi les ‘blancs’ – la fraction du prolétariat la plus exploitée et, en même temps, la plus combattive ; jouant un rôle de premier plan dans le mouvement chartiste (démocratique, pour le suffrage universel), syndical (trade-unions), socialiste et communiste. Ceci contribua cependant, dans le même temps, au recul des langues nationales face à l’anglais.

À partir des années 1920-30, vinrent s’ajouter des travailleurs venus de l’Empire colonial et des pays ‘sous influence’ (sous-continent indien, Afrique, Caraïbes, Proche/Moyen-Orient), ainsi que d’Europe centrale-orientale et méditerranéenne (dont la condition s’assimila rapidement à celle des ‘celtiques’). Les extra-européens formèrent, comme dans tous les pays impérialistes, des ‘indigénats métropolitains’, des ‘colonies intérieures’. Celles-ci ont la caractéristique de s’être vues transposer l’esprit d’indigenous rule qui était appliqué dans l’Empire, vis-à-vis des peuples colonisés : regroupées dans des quartiers largement ‘mono-ethniques’, elles y ‘font leur vie’ sous l’égide d’autorités ‘communautaires’, ‘à leur manière’ du moment qu’elles ne contreviennent pas de manière flagrante aux lois britanniques (évidemment, depuis le 11-Septembre 2001, et encore plus depuis les attentats de Londres en 2005, les communautés de culture musulmane sont nettement plus ‘surveillées’). Elles continuent, dans leurs quartiers, à parler largement leurs langues nationales d’origine, et parlent anglais avec un net accent qui les identifie immédiatement. Il n’y a pas de politique d’assimilation (issue, là encore, de la ‘logique’ appliquée outre-mer) comme en ‘France’.

Après la Seconde Guerre mondiale, au terme d’un processus commencé au lendemain de la Première (malgré le triomphe apparent…), la ‘superpuissance’ impérialiste ‘britannique’ entrera en déclin, supplantée définitivement par son ‘fils prodigue’, l’impérialisme US avec lequel elle fera le choix de l’alliance inconditionnelle, au même titre que les dominions devenu à peu près complètement indépendants. Elle retire l’administration coloniale directe de son Empire, dès 1947-48 dans le sous-continent indien, dans les années 1955-70 des possessions d’Afrique, du Moyen-Orient et d’Asie, et jusqu’aux années 1980 des Caraïbes et du Pacifique ; tout en veillant bien sûr à contrer la prise de pouvoir communiste (Malaisie 1948-60) et à combattre les velléités nationalistes les plus affirmées (Kenya 1952-56), sans toujours rencontrer le succès (le Yémen du Sud devient ‘marxiste’ et prosoviétique en 1969, la Tanzanie prochinoise avec Nyerere en 1964) ; et à maintenir sa domination indirecte à travers l’instrument du Commonwealth.

Le Royaume-Uni n’en reste pas moins une puissance impérialiste de premier plan, membre du G8 et du G20. Au classement Forbes Global des grands monopoles pour 2012, parmi les 60 premiers groupes monopolistes mondiaux, quatre ont leur siège au Royaume-Uni (HSBC, BP, Vodafone et Barclays), plus l’anglo-néerlandais Shell dont le siège est à La Haye ; ce dernier et BP (4e et 11e) étant loin devant leur premier concurrent BBR (Total, 18e), et le groupe financier HSBC (6e) également (BNP Paribas, 20e). Deux autres se trouvent dans le Commonwealth (Commonwealth Bank et BHP Billiton, en Australie). On peut également signaler la ‘multinationale’ Rio Tinto (anglo-australienne, 69e au classement, écocide de premier ordre), ou la célèbre (par l’actualité) Mittal Steel, siégeant aux Pays-Bas (Arcelor Mittal au Luxembourg), mais avec beaucoup de capitaux du Royaume-Uni, où Mittal lui-même réside (il est la 8e fortune du pays).

Il est important de souligner, ici, que depuis la ‘3e Guerre de Cent Ans’ (1688-1815) jusqu’à nos jours, le chauvinisme BBR s’est largement construit dans l’hostilité à l’Empire britannique, puisque la ‘France’, bien que souvent son alliée (Crimée, 1914-18, 1939-45) et jamais en conflit depuis Waterloo, est devenue impérialiste dans un monde dominé (1815-1940) par celui-ci, avant que ne lui succède l’impérialisme US (dont le Royaume-Uni serait, selon nos chauvins, le ‘51e État’, le 52e étant sans doute Israël).

De ceci résulte, parfois, une ‘célébration’ de notre ‘modèle’ colonial ‘civilisateur’, face à un impérialisme british qui serait ‘de pur pillage’ et ‘n’apporterait rien aux populations’ ; ou encore, une certaine ‘celtophilie’ réactionnaire qui se berce dans le souvenir de l’Auld Alliance et du soutien de la ‘France’ à Wolfe Tone, allant parfois jusqu’à soutenir la résistance populaire armée irlandaise, sur une ligne anti-anglo-saxonne 100% impérialiste et n’ayant rien à voir avec la libération révolutionnaire des peuples : le ‘Celte’ (surtout l’Irlandais catholique) est considéré comme l’individu ‘ancré’ dans ‘la terre et les morts’, tandis que l’anglo-saxon est le ‘thalassocrate’ dominateur, soldat de la City et de la franc-maçonnerie internationale… On retrouve cette ‘celtophilie’ dans toute l’extrême-droite fasciste BBR, mais aussi, culturellement, jusque dans une chanson comme le Connemara de l’artiste de droite Sardou…

Le Royaume-Uni revêt une grande importance dans l’histoire du mouvement communiste international : c’est là, en effet, à Londres, que vécurent exilés Marx et Engels, de 1849 jusqu’à leurs morts respectives (1883 et 1895). C’est là, donc, qu’est pour ainsi dire née la théorie socialiste révolutionnaire scientifique, même si le premier ouvrage de référence, le Manifeste, a probablement été rédigé à Bruxelles (pendant l’hiver 1847-48). C’est là (à Londres) que se tint le 2e congrès de la Ligue des communistes (novembre 1847, lors duquel fut demandée la rédaction du Manifeste), et que fut officiellement créée, en 1864, la 1ère Internationale socialiste, l’Association internationale des Travailleurs (AIT).

C’est évidemment en observant la société capitaliste industrielle britannique que fut écrit l’ouvrage phare de la science marxiste, le Capital. C’est, aussi, dans les îles britanniques que Marx et Engels eurent l’occasion d’affiner leur matérialisme historique, puisqu’ils purent y voir, non seulement toute l’horreur de la condition des peuples celtiques dominés, et du prolétariat importé de ces nations en Angleterre ; mais aussi combien cette question, et le ‘privilège national’ dont jouissait la classe ouvrière anglaise, la division des opprimés ainsi permise, étaient un frein considérable au développement de la conscience ouvrière de classe et de la lutte révolutionnaire : Marx finira par dire que « Ce qui est primordial, c’est que chaque centre industriel et commercial d’Angleterre possède maintenant une classe ouvrière divisée en deux camps hostiles : les prolétaires anglais et les prolétaires irlandais. L’ouvrier anglais moyen déteste l’ouvrier irlandais en qui il voit un concurrent qui dégrade son niveau de vie. Par rapport à l’ouvrier irlandais, il se sent membre de la nation dominante et devient ainsi un instrument que les aristocrates et capitalistes de son pays utilisent contre l’Irlande. Ce faisant, il renforce leur domination sur lui-même. Il se berce de préjugés religieux, sociaux et nationaux contre les travailleurs irlandais. Il se comporte à peu près comme les blancs pauvres vis-à-vis des nègres dans les anciens États esclavagistes des États-Unis. L’Irlandais lui rend avec intérêt la monnaie de sa pièce. Il voit dans l’ouvrier anglais à la fois un complice et un instrument stupide de la domination anglaise en Irlande. Cet antagonisme est artificiellement entretenu et développé par la presse, le clergé et les revues satiriques, bref par tous les moyens dont disposent les classes dominantes. Cet antagonisme est le secret de l’impuissance de la classe ouvrière anglaise, malgré son organisation’. » (Lettre à Siegfried Mayer et August Vogt – socialistes allemands émigrés aux USA ; avril 1870).

L’île de Grande-Bretagne comptait, à cette époque, et de loin, le plus important prolétariat ouvrier de la planète – le Royaume-Uni était appelé, à juste titre, ‘l’atelier du monde’, car à l’époque, les colonies et semi-colonies étaient encore (avant tout) des débouchés commerciaux et des fournisseurs de matières premières et agricoles, mais la transformation industrielle de la matière s’effectuait quasi-exclusivement dans les pays en révolution industrielle comme l’Angleterre. C’est ainsi que, au-delà du seul marxisme, c’est aussi là que le mouvement ouvrier au sens large s’est développé en premier. Tout au long du 19e siècle et jusqu’au début du 20e, il s’articule autour de deux axes essentiels : le chartisme, qui réclame le suffrage universel (obtenu, on l’a dit, seulement en 1918 pour les hommes et 1928 pour les femmes) et le bénéfice le plus larges des ‘libertés anglaises’ pour les classes populaires ; et le trade-unionisme, qui vise à unir (union) les travailleurs pour l’obtention des meilleurs salaires, droits, conditions de travail etc. possibles dans les entreprises. Le Royaume-Uni voit aussi (toujours sur la question électorale) l’apparition du premier mouvement féministe contemporain : les suffragettes qui réclament le droit de vote pour les femmes.

Malheureusement, il est facile de voir (pour un marxiste) qu’avec des telles revendications, ces mouvements ne réussiront jamais à franchir les limites du réformisme, en lien avec les éléments les plus ‘radicaux’ et ‘sociaux’ de la ‘gauche’ libérale bourgeoise, et finiront par confluer en 1900 dans le Parti travailliste (Labour), ‘aile gauche’ assumée de la politique des monopoles, rejetant ouvertement le marxisme, et qui commencera à gouverner en 1924 avec les libéraux (puis 1929-31, puis seuls en 1945-51, 1964-70, 1974-79 et enfin 1997-2010 avec Blair et Brown : autant dire que le travaillisme aura présidé à bon nombre des pires saloperies de l’État britannique et de son Empire !).

Le marxisme, s’il est ‘né’ pour ainsi dire en Grande-Bretagne, y restera toujours très marginal ; et a fortiori le marxisme-léninisme (le PC ‘historique’ de Grande-Bretagne, celui de 1920, n’aura jamais que quelques dizaines de milliers de membres) et le maoïsme, malgré des organisations parfois de qualité. Ceci contrairement, d’ailleurs, à bon nombre d’autres pays de culture ‘anglo-saxonne’ : USA (où il a toujours été beaucoup plus important qu’on ne le pense, donnant des personnalités ‘phares’ du MCI comme Harry Haywood et des expériences lumineuses comme les Black Panthers), Canada (bien qu’il y soit surtout présent au Québec), ou Nouvelle-Zélande (où la majorité du PC choisît la Chine dans les années 1960, héritage maoïste aujourd’hui poursuivi par le PC d’Aotearoa – le nom maori de l’île).

La gauche révolutionnaire d’outre-Manche est, en réalité, dominée historiquement par le trotskysme, qui en a fait son autre ‘bastion’ international après la ‘France’ (mais pour des ‘tendances’ sensiblement différentes de l’héritage du barbichu), avec des organisations comme le Socialist Worker’s Party (SWP de Tony Cliff, sans doute l’une des plus importantes organisations trotskystes au monde), le Socialist Party qui ‘dirige’ internationalement le CWI/CIO (auquel se rattache en Hexagone la ‘Gauche révolutionnaire’ qui a rejoint le NPA), et le siège de la Tendance Marxiste Internationale (Ted Grant, Alan Woods) à laquelle se rattache ici la bien connue ‘Riposte’ qui milite au sein du PCF. Un trotskysme qui, dans sa logique d’‘entrer’ les forces politiques et syndicales réformistes du système (au Royaume-Uni, c’est la même chose : le Labour est LE parti des syndicats), pour les ‘pousser en avant’ jusqu’à la ‘rupture révolutionnaire’, ne pouvait évidemment guère trouver un terrain plus propice (les trade-unions comptent encore 7 millions de membres, et le Labour 450.000).

Globalement, la Grande-Bretagne et particulièrement l’Angleterre se sont caractérisée au cours du 20e siècle, par opposition au continent, par une très forte ‘paix sociale’ qui reste un modèle pour beaucoup d’idéologues bourgeois, malgré – évidemment – une certaine agitation lors de la crise de 1929, la contestation démocratique de la jeunesse dans les années 1960-70, et les fortes luttes (mais dont la défaite, là encore, est restée un ‘modèle’ pour la bourgeoisie mondiale) des années 1980, contre la politique Thatcher de destruction des ‘acquis sociaux’ des gouvernements travaillistes successifs. C’est pourquoi, par exemple, la grande explosion de rage populaire de l’été 2011 a pu être considérée là-bas comme du ‘jamais vu’, avec des forces de répression parfois débordées (de même avec le mouvement étudiant quelques mois auparavant, contre l’augmentation délirante des frais universitaires).

Il en va sensiblement différemment dans les nations celtiques, et particulièrement en Irlande. Là, tout au long du 19e siècle, comme l’expliquait Marx dans sa lettre à Mayer et Vogt, la question sociale fut essentiellement paysanne, nationale et démocratique : les landlords anglais installés depuis le 17e siècle avaient pour fonction sociale de transformer l’île en ‘grenier de proximité’ de la Grande-Bretagne industrielle, au détriment total de la population gaélique qui, ‘après tout’, n’avait qu’à aller ‘voir ailleurs’ – ce qu’elle fit, massivement, principalement vers les États-Unis, ou encore le Canada ou l’Australie, et bien sûr vers les centres industriels anglais (Londres, Manchester etc.) ou bas-écossais (Glasgow).

Le summum des conséquences de cet ordre colonial barbare, tombant d’ailleurs ‘à point nommé’ pour favoriser le ‘nettoyage’ voulu par les landlords d’une île qui commençait à se ‘surpeupler’, fut la tristement célèbre Grande Famine de 1845-51, suite à une maladie de la pomme de terre (base de l’alimentation insulaire), dont les conséquences sanitaires (on y mourut peu ‘de faim’ à proprement parler, mais des conséquences de la sous-alimentation) se chiffrent à plus d’un million de mort-e-s, provoquant l’émigration de millions d’autres Irlandais-es vers (principalement) les États-Unis – au total, la population de l’île tomba de 8,5 millions au début de la famine à 4,5 millions en 1911, soit le niveau de 1800.

La question ouvrière irlandaise se trouvait essentiellement, comme l’explique Marx, ‘expatriée’ dans les centres industriels anglais ; bien que, dès cette époque, une industrie et donc une classe ouvrière se développe en Irlande même, autour de Dublin ou – particulièrement – Belfast (où fut construit, par exemple, le célèbre Titanic).

À partir de la fin du 18e siècle, le mouvement national irlandais renaît ; il tourne le dos au ‘passéisme’ jacobite (et, côté ‘protestant’ parfois, à un ‘nationalisme colonial’ sur le modèle américain : des ‘droits’… mais pour les colons seulement), pour s’emparer des idées démocratiques avancées de la révolution bourgeoise ‘française’. Il repose sur une union de la bourgeoisie libérale et démocratique ‘protestante’, dont la figure la plus connue est Theobald Wolfe Tone (1763-98), et des masses paysannes et populaires ultra-majoritairement catholiques : de là, on l’a dit, le drapeau irlandais que nous connaissons, symbolisant de manière idéaliste la concorde (blanc) entre les catholiques (vert) et les protestants (orange). Le soulèvement de Wolfe Tone recevra l’aide du Directoire ‘français en guerre, lui aussi, contre l’Empire britannique ; il sera néanmoins écrasé et sauvagement réprimé (Wolfe Tone lui-même sera condamné à mort, il se suicidera avant son exécution). Cette première tentative donne néanmoins subjectivement naissance au nouveau mouvement national, animé d’un contenu progressiste – elle en restera une ‘référence’ jusqu’à nos jours.

Le mouvement se ‘relance’ à partir du milieu du 19e siècle (Grande Famine), notamment au sein de l’émigration en Amérique du Nord : Irish Republican Brotherhood (IRB, née en 1858 à Dublin et New York), mouvement Fenian (plus large, désigne tou-te-s celles et ceux qui luttent par la violence contre la domination anglaise), et militantisme (plus pacifiste, de concert avec les ‘libéraux avancés’ anglais) pour le Home Rule – l’autonomie, le retour d’un Parlement et d’un gouvernement autonome irlandais. Au début du 20e siècle naît le Sinn Féin (1905), fondé par Arthur Griffith, qui est au départ plutôt un mouvement de renaissance culturelle et ne prônant pas vraiment l’indépendance, mais plutôt une semi-indépendance en union personnelle via le souverain britannique, sur le ‘modèle’ austro-hongrois.

Mais, avec le développement d’une classe ouvrière irlandaise – et la grande importance des Irlandais-es dans le prolétariat de Grande-Bretagne et d’Amérique du Nord, le mouvement national va bientôt voir naître un courant socialiste, avec notamment James Connolly, qui fonde en 1896 le (premier) Parti socialiste républicain irlandais (ISRP). Celui-ci est le premier parti irlandais à revendiquer, clairement, une République indépendante (ce n’est pas encore le cas du Sinn Féin). Il devient en 1912 l’Irish Labour Party et crée dans la foulée une armée populaire, l’Irish Citizen Army (ICA). Cette ICA converge finalement avec des éléments de l’IRB et les Irish Volunteers (milice née pour défendre le Home Rule face aux Ulster Volunteers unionistes, farouchement opposés à celui-ci), pour déclencher l’insurrection de Pâques 1916 (en 1919, ces forces donneront officiellement naissance à l’IRA).

Connolly sera également l’un des premiers marxistes à affirmer, à l’ère de la révolution prolétarienne, le caractère indissociable de la libération sociale et de la libération nationale : « si demain l’on retirerait l’armée britannique et si l’on hissait le drapeau vert sur le Château de Dublin, sauf si vous créiez la république socialiste, vos efforts seraient en vain. L’Angleterre continuerait à vous dominer. Elle vous dominerait à travers ses capitalistes, ses propriétaires, ses financiers, à travers toute la gamme d’instituts commerciaux et individualistes qu’elle a plantés dans ce pays et qu’elle a arrosés avec les larmes de nos mères et le sang de nos martyrs « .

L’insurrection de Pâques est brutalement réprimée par le pouvoir ‘britannique’ (500 mort-e-s) ; Connolly, avec d’autres (Patrick Pearse de l’IRB, sir Roger Casement), est fait prisonnier, condamné à mort et exécuté. La lutte ne tarde cependant pas à reprendre, dès la fin de la guerre mondiale. On ne rentrera pas, ici, dans les détails de la guerre de libération nationale irlandaise : rien que la période des ‘Troubles’ de 1968-98 fait l’objet d’un ouvrage entier du camarade Liam O’Ruairc. On dira simplement que c’est un processus, depuis 1916 jusqu’à nos jours, marqué par une succession de ‘ruptures’ qui amènent systématiquement une partie – une droite – du mouvement à trahir la cause de la libération nationale et sociale au nom de ses intérêts (bourgeois, petits-bourgeois) de classe, et une autre à poursuivre la lutte, ‘tirant’ l’’idéal’ républicain de libération toujours plus vers la gauche…

La guerre d’indépendance de 1919-21 débouche sur le ‘fameux’ Traité de Londres, qui conserve au Royaume-Uni les 6 comtés du Nord-Est et crée dans les 26 restants l’’État libre’ qui deviendra la ‘République d’Eire’ ; et qui voit la division et l’éclatement d’une guerre civile (1922-23) entre ses partisans (Griffith, Michael Collins etc.) et ses adversaires résolus (Eamon De Valera), qui conservent les appellations IRA et Sinn Féin. En 1926, De Valera adopte à son tour une position plus ‘conciliante’ vis-à-vis des institutions de l’’État libre’ (il représente la fraction ultranationaliste de la bourgeoisie irlandaise, liée aux monopoles US et allemands), et fonde le Fianna Fáil, qui est aujourd’hui l’un des deux grands partis bourgeois de droite de la ‘République d’Eire’ (les pro-Traité, eux, donneront naissance au Fine Gael et même, dans les années 1930, à un mouvement fasciste, les ‘chemises bleues’ du général O’Duffy : ce sont les forces grandes-bourgeoises, cléricales et même aristocratiques ‘nationales’ les plus compradores vis-à-vis de l’impérialisme).

Le Sinn Féin et l’IRA poursuivent de leur côté mais leur activité devient alors très marginale. À la fin des années 1960 éclatent, au Nord, les ‘Troubles’ pour l’égalité des droits des ‘catholiques’, citoyens de seconde zone. L’armée ‘britannique’ intervient, les institutions ‘nord-irlandaises’ sont ‘suspendues’ et l’IRA prend en main la résistance populaire. Dans ce contexte, un courant Officiel de l’IRA et du Sinn Féin rejette le principe d’abstentionnisme électoral (qui exprime la non-reconnaissance des institutions britanniques, ‘nord-irlandaises’ et d’’Eire’), puis la lutte armée (1972) et fait passer la libération nationale au 18e plan, pour se transformer en gauche ‘radicale’ électoraliste ; tandis qu’un courant Provisoire, peut-être moins ‘socialiste’ mais plus intransigeant sur la question nationale, poursuit la lutte, ainsi qu’une scission des Officiels, l’Irish Republican Socialist Party (IRSP), avec l’Armée de Libération nationale irlandaise (INLA).

Mais l’Empire britannique et son valet d’’Eire’ (avec l’appui US et UE), très habilement et tout en réprimant sans pitié (assassinats, emprisonnements sans procès dans les ‘H-blocks’, grévistes de la faim abandonnés jusqu’à la mort, etc.), vont favoriser au sein de ce MLN une droite capitulationniste (Adams, McGuinness & co) qui va dès les années 1980 renoncer à l’abstentionnisme, et s’engager dans des ‘pourparlers’ qui conduiront finalement aux ‘accords du Vendredi Saint’ (10 avril 1998), ré-entérinant la partition de l’île, ‘refondant’ des institutions ‘nord-irlandaises’ fantoches etc., mais cette fois avec la complicité de ceux-là mêmes qui étaient le ‘Grand Satan’ de la propagande britannique et impérialiste mondiale quelques années auparavant…

Les éléments qui refusent cette dérive liquidatrice sont appelés les ‘dissidents’ : Republican Sinn Féin, 32CSM, IRA ‘véritable’ et ‘continuité’, etc. (l’IRSP/INLA a pour sa part déposé les armes, à son tour, en 2009). Pour s’informer sur tout cela, et c’est très volontiers que pub leur sera faite, il y a le site des camarades de Libération Irlande, unique média de solidarité francophone ‘non-aligné’ avec la capitulation ‘Provo’. En tout cas, la guerre de libération irlandaise a donné lieu à des expériences fascinantes comme les quartiers ‘catholiques’ libérés où les forces étatiques ne pouvaient mettre les pieds qu’à leurs risques et périls (voire pas du tout), notamment le ‘Free Derry’ du quartier Bogside (début des années 1970), les maoïstes ou ‘maoïsants’ Jim Lynagh de la brigade Provo IRA de l’East Tyrone (abattu par les SAS en 1987), Jim Lane, John O’Reilly et Thomas ‘Ta’ Power de l’IRSP/INLA, les ‘maos de Cork’, etc. etc. ; expériences extrêmement instructives sur la question de la Guerre populaire en pays industrialisé.

Les autres nations, nettement plus (et plus précocement) industrialisées (Pays de Galles minier, Lowlands écossais), ont vu très tôt se développer un mouvement ouvrier ‘socialisant’ : en 1831, le drapeau rouge est ainsi hissé au cours d’un soulèvement gallois à Merthyr Tydfil. Le mouvement socialiste écossais est également conséquent (même si le travaillisme a rapidement fait des Lowlands un de ses bastions, Gordon Brown en étant par exemple originaire) ; Connolly y fait notamment ses premières armes avant d’aller fonder l’ISRP en Irlande. Il faut cependant un certain temps pour que, sans jamais en avoir perdu conscience (la conscience nationale ne fut, de toute façon, jamais réellement niée), ce mouvement fusionne avec l’affirmation de la question nationale dans un véritable MLN socialiste (NB : le terme ‘socialiste’ reste dans les pays anglo-saxons très radicalement ‘connoté’, loin de la gestion ‘de gôche’ du capitalisme qu’il peut signifier en Europe ‘latine’).

Nous avons ainsi un mouvement républicain socialiste écossais (SRSM) né en 1973, ainsi qu’un Parti socialiste écossais anticapitaliste et indépendantiste (SSP, membre de la Gauche anticapitaliste européenne, proche du NPA, du SWP, de Syriza etc.), et même un Parti communiste, qui a scissionné du PC ‘historique’ de Grande-Bretagne lorsque celui-ci s’est débandé en ‘gauche démocratique’ à l’italienne (1991), soutient l’indépendance et fait souvent liste commune avec le SSP – l’idée d’un PC d’Écosse autonome est ancienne : John MacLean, socialiste révolutionnaire marxiste, figure du Red Clydeside (région ‘rouge’ de Glasgow) dans les années 1910 et parmi les tous premiers membres ‘britanniques’ de la 3e Internationale, la défendit en effet dès 1919-20, face aux ‘unionistes rouges’ du PC de Grande-Bretagne.

Il prônait une République indépendante écossaise des travailleurs ; et il est intéressant, au regard des analyses de SLP sur la question, de remarquer qu’il voyait cette République socialiste écossaise comme un rétablissement de la civilisation communautaire clanique médiévale ‘sur une base moderne’, autrement dit, à un niveau supérieur [exactement la manière dont SLP voit l’Occitanie socialiste par rapport à l »Andalousie du Nord’ arago-catalo-occitane du 12e siècle ; et que disait d’autre part Mariátegui, lorsqu’il faisait de l’ayllu – communauté agraire – inca, ‘à un niveau supérieur’, la base du futur socialisme rural au Pérou ?]. Il est une référence du SRSM. Cependant, aucun de ces courants ne suit une réelle stratégie de Guerre populaire pour la libération sociale et nationale : ils se situent clairement sur un terrain légaliste et électoraliste, visant l’indépendance de l’Écosse par une majorité séparatiste au Parlement et un référendum, ensuite de quoi ils formeraient la ‘gauche de transformation sociale’ du nouvel État indépendant… Il y a, enfin, une Armée de Libération nationale (SLNA) qui serait ‘maoïsante’ et agit militairement – essentiellement – par colis piégé. Au Pays de Galles, un mouvement socialiste-républicain a existé quelques années dans les années 1980, et aujourd’hui un Great Unrest Group, levant le drapeau rouge de Merthyr Tydfil et le drapeau libérationniste révolutionnaire vert et blanc à étoile rouge, milite pour la reconstruction d’un Parti socialiste républicain de Galles ; il est en lien avec le collectif des camarades de Democracy & Class Struggle.

Il faut bien comprendre que, dans des pays qui n’ont JAMAIS connu que la monarchie (hormis la courte période 1649-60 en Angleterre, mais associée à une politique génocidaire dans les nations celtiques), monarchie entourée d’un véritable culte de masse y compris, depuis les années 1970-80, à travers la fameuse presse tabloids, la mise en avant de la République revêt encore une signification progressiste-radicale et révolutionnaire incontestable, comme dans l’État espagnol d’ailleurs ; à des années-lumière de ce que l’invocation ‘républicaine’ peut revêtir de réactionnaire en ‘France’.

C’est ce qu’expliquait fort bien un camarade de Libération Irlande, dans un entretien avec les camarades de la Cause du Peuple, fin 2010 : « Alors pour résumer, je te dirai que c’est le contraire d’être républicain en France. Ici, ceux qui mettent en avant la république, ce sont les flics et les profs, c’est l’idéologie de l’État bourgeois. En Irlande, c’est une idéologie révolutionnaire anti-coloniale, un truc qui vient du peuple, qui cherche la confrontation avec l’État et les institutions. Les républicains sont ceux qui se revendiquent de Wolfe Tone, un protestant de l’époque de la révolution bourgeoise en France, qui a voulu faire pareil en Irlande et chasser le colonialisme anglais, les nobles propriétaires terriens et bien sûr la monarchie. La base de l’idéologie, c’est la démocratie, le pouvoir pour tout le monde, protestants et catholiques et autres. Rien que ça, c’est révolutionnaire là-bas, il y a des aspects très médiévaux en Irlande. Avec le développement de la classe ouvrière au 20e siècle, le républicanisme a évolué, en incorporant les besoins et les exigences de la classe ouvrière. D’ailleurs, l’IRA vient de l’insurrection de 1916 à Dublin, où il y a eu la fusion d’une milice ouvrière et des détachements armés patriotes qui avaient une idéologie nationaliste petite-bourgeoise. Donc les républicains aujourd’hui se disent socialistes, ils se définissent comme un mouvement de libération national ».

De son côté, l’Empire britannique, concomitamment avec les ‘accords du Vendredi Saint’, a inauguré le long gouvernement de Tony Blair par les ‘dévolutions’, c’est-à-dire le retour d’institutions autonomes en Écosse (1997) et au Pays de Galles (1999), et l’intégration dans le ‘système UK’ des forces nationalistes bourgeoises (Scottish National Party (SNP), Plaid Cymru etc.). Ces réformes, comme le Vendredi Saint et, dans une vision beaucoup plus large, comme les accords d’Oslo sur la Palestine (1993), la ‘transition’ sud-africaine (1990-95) ou les divers ‘accords’ et ‘réconciliations nationales’ en Amérique latine à la même époque, s’inscrivent dans un vaste contexte de ‘ravalement de façade’ des impérialismes occidentaux, principalement anglo-saxons, consécutivement à leur victoire sur l’URSS révisionniste et à la restauration capitaliste en Chine.

Tel est le panorama que l’on peut dresser en cette fin d’année 2012. En Angleterre, où la lutte des masses du peuple n’a jamais été à un très haut niveau révolutionnaire depuis le début du 20e siècle, et a de plus – et du coup – subi la dure défaite des ‘années Thatcher’, on observe depuis le début de la décennie un regain de radicalité, avec des mobilisations étudiantes d’une violence jusque là inconnue ; et bien sûr les émeutes prolétariennes d’août 2011, avec pour pointe avancée les colonies intérieures (bien que des personnes de toutes ‘couleurs’ y aient participé), là encore un ‘tremblement de terre’ qui a fait vaciller l’État britannique sur ses bases qu’il croyait solides.

En Irlande, le mouvement de libération nationale et sociale se relève lentement du ‘coup de poignard’ de la trahison provo des années 1990, mais la crise qui ravage l’île au Nord comme au Sud, faisant s’écrouler le mythe du ‘tigre celtique’, apporte de l’eau au moulin des ‘dissidents’, dont l’activité militaire reprend du ‘poil de la bête’. En Écosse et au Pays de Galles, les courants nationalistes bourgeois et petits-bourgeois ont été ‘intégrés’ à la construction ‘Royaume-Uni’ par les ‘dévolutions’ de la fin des années 1990, le SNP venant même de remporter les élections dans cette nation constitutive, ouvrant la voie à un possible référendum d’indépendance; néanmoins, des courants indépendantistes ‘républicains-socialistes’, ainsi que des groupes marxistes conscients de la question nationale, émergent et se développent.

Quoi qu’il en soit, comme dans tout grand État impérialiste plurinational, le ‘pilote’ du processus révolutionnaire à travers la Guerre populaire est le prolétariat révolutionnaire avec son avant-garde organisée ; et les ‘campagnes’, moteur de la Guerre populaire prolongée, sont les ‘Périphéries’ qui sont, ici, très clairement les nations celtiques opprimées, leurs ‘représentants’ au sein des classes populaires d’Angleterre, et les colonies intérieures de travailleurs issus de l’ex-Empire colonial.

Source : ici

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4 commentaires pour Servir le Peuple guérit notre ignorance de l’histoire britannique (deuxième partie)

  1. Liam dit :

    le SNLA est une farce xenophobe. Les camarades seront plus interesses par le groupe maoiste arme ecossais Workers Party of Scotland

    Scotland’s most dangerous

    Oct 19 2007 By Reg McKay
    THE 1960s didn’t just spawn free love, women’s lib and drugs. Radical politics was in and groups sprung up everywhere.
    In Germany, Italy, France, USA, it got serious with armed revolutionaries in shoot outs with the cops, bank raids and bombs. Scotland wasn’t immune.
    By the 1970s, it had its own armed revolutionaries intent on overthrowing the state.
    Matthew Lygate was deadly serious. Too serious some might say but that was the way of radical revolutionaries in the 1970s.
    Lygate liked to talk about Marxism and how things should be but unlike so many of his peers talk wasn’t enough. He was going to make it happen. The Workers Party of Scotland (WPS) was just one of hundreds of extreme left-wing groups formed in the late 1960s.
    With a membership of around 60, it seemed no different from so many other parties. But WPS was weird even for those times.
    The WPS believed in a mixture of Marxist/Leninism and Scottish Nationalism.
    It was a close supporter of the strict regime of Maoist China and formed close associations with Algerian terrorists and even gave the thumbs-up to an eccentric ex- Army Major, Freddy Boothby, hellbent on setting up a provisional government in Scotland.
    Few people took the group seriously. Big mistake. It had been created by former tailor Matthew Lygate. He stood in a by-election in the Gorbals and polled seven votes.
    That might explain why few folk took them seriously. But the party took themselves seriously. Deadly serious.
    The WPS was short of funds. How can you run a revolution with no money? Lygate had the answer – rob banks. So he recruited a motley crew.
    William MacPherson, 31, a professional gambler who joined the WPS after visiting their bookshop in the south side of Glasgow.
    Colin Lawson, 24, who had trained to be a monk before leaving to be a psychiatric nurse.
    Ian Doran, 23, from a well – established Glasgow crime family, a professional hit man, wanted by Scotland Yard for a murder in Soho.
    The armed gang was completed by Lygate himself, the public face of WPS who liked to model himself on the great Scottish revolutionary John Maclean.
    The gang could all have been stopped before anything happened – except the cops didn’t listen.
    Early in 1970, a member of WPS, Steven Niven, somehow found out about the plans to rob and secretly went to the CID in Edinburgh.
    Chief Super Ronald Clancy listened to the young man’s talk of armed revolutionaries, then politely dismissed his claims as « fanciful ».
    Niven then went to two newspapers. A dossier on WPS was handed to the Special Branch in Glasgow. Still no action was taken. Maybe the cops couldn’t believe that there was an armed Marxist gang in Scotland.
    Ignored by the cops, the WPS went to work. Armed with guns and clubs, they robbed two Glasgow banks in quick succession.
    With the party funds swollen, they rested. But that wasn’t good enough for MacPherson and Doran.
    They had expensive tastes and habits to support so went on a freelance armed robbery on their own, not even bothering to wear masks.
    Two more banks and a business were robbed in quick succession. Now the police were worried a new team, using the same approach every time, was robbing at will. Though no one had been hurt so far, during the latter two robberies a shotgun was fired.
    To the cops this wasn’t political, just criminal – maybe that’s why they had so little luck in nabbing the team.
    They were convinced many robberies throughout Scotland and England showed similar patterns and were being carried out by the same gang.
    They sifted through all the usual suspects – Arthur Thompson, Walter Norval, cockney Al Brown and gunman William MacPherson.
    But it was the gang they needed. None of their usual informants knew anything about any new gang.
    More robberies took place. Yet all the while the cops were sitting on as much information on WPS as they needed to catch the crooks Late in 1971, an anonymous phone call finally made the police treat the WPS seriously.
    A raid on the party’s Glasgow bookshop discovered weapons and £10,000 cash, enough incriminating evidence to arrest Lygate, MacPherson, Doran and Lawson.
    Though the police suspected WPS of many raids throughout Britain they could only form cases on five robberies in Glasgow.
    All in all the proceeds of these heists amounted to a mere £27,000.
    While the police estimated the real haul as much closer to £250,000, they also reckoned that very little went on funding WPS’s revolution.
    It was spent on supporting McPherson and Doran’s lifestyles. Indeed, when McPherson was arrested he was in the process of buying a £159 watch, a hefty price in 1971.
    At their trial in Glasgow High Court in 1972, all the men pled Not Guilty.
    Lygate made a long-winded speech about the violence of capitalism against the working class. He was no John Maclean.
    All four were found guilty of armed robbery. Lawson got off lightest with six years. MacPherson was jailed for 26, Doran 25 and Lygate 24.
    After his sentence in 1972, Lygate said: « I will be released very soon when the revolution comes. »
    Lygate was released in 1985. He is still waiting for his revolution.

    • SLP dit :

      L’article se veut factuel… Je parle du SNLA parce qu’il existe, tout simplement. Les faits et simplement les faits. Ce que j’ai réussi à en savoir (le Scottish Separatist Group étant plus ou moins sa « branche politique »), c’est qu’ils ont signé cette déclaration commune avec le « Parti maoïste russe » http://www.revleft.com/vb/joint-declaration-russian-t109648/index.html?s=60309c960d263f68774d19215a0aae64& et qu’ils seraient donc proche du MIM… c’est à dire la ligne « leading light », ce courant qui considère que la contradiction principale est entre « premier monde » et « troisième monde » etc. etc… bref, pas trop ma tasse de thé. Les méthodes (lettre à l’anthrax etc.) relèveraient selon moi du semi-anarchisme, mais ce n’est que mon point de vue. Je n’avais pas réussi à savoir plus sur ce groupe, fondé apparemment par un ancien militaire. Mais j’avais effectivement l’intuition qu’ils étaient « louches » politiquement, ce pourquoi je ne me suis pas étendu, et ce qu’affirme Liam ne me surprend du coup absolument pas…
      Sans se départir de l’objectivité de mise vis à vis d’un mouvement révolutionnaire d’un autre pays que le mien, l’article laisse transparaître que mes sympathies iraient plutôt au SRSM, et globalement à tout l’héritage politique de John Maclean, un de ces « grands communistes méconnus » que j’ai découvert avec beaucoup de plaisir.
      Je n’avais effectivement pas entendu parler du WPS, très très intéressant en effet… En recherchant j’ai finalement découvert que le SRSM propose leurs documents de l’époque : http://www.scottishrepublicansocialistmovement.org/Pages/SRSMOtherArchivesWorkersPartyofScotland.aspx
      Voilà voilà…

  2. Monier Alain dit :

    Bonjour
    A mon sens L’Angleterre dans ce texte ressemble a la « mauvaise mere », mais mere tout de meme cela se sent profondement. Je l’avais deja signale en son temps ; en ce qui concerne la France elle a toujours eu comme principe envers ses colonises interieur et exterieur ,de leur permettre l’accessibilite a l’evolution personnelle, ce qui n’etait pas le cas Anglais qui lui bloquait toute ascenssion sociale laissant chacun de chaque cote de la barriere sans possibilite d’egalite. Cordialement Alain Monier

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