Qu’est-ce que l’Irlande du Nord? – deuxième partie

Suite et fin de la traduction de ce pamphlet de Brendan Clifford.

Beaucoup de ceux qui combattirent l’armée britannique en Irlande en 1919-21 pour défendre leur gouvernement irlandais élu, avaient combattu dans l’armée britannique contre l’Allemagne et la Turquie en 1914-18. En 1914, la Grande-Bretagne disait, à des fins de recrutement en Irlande, que la guerre contre l’Allemagne n’était pas menée pour elle-même et son empire, mais que le but de la guerre était de faire entrer un idéal dans la réalité de la structure des affaires du monde. Cet idéal fut résumé ainsi : « la démocratie et les droits des petites nations ». Or les Irlandais se disaient démocrates et réclamaient leurs droits en tant que petite nation, qu’ils montrent alors leur sérieux en rejoignant les autres peuples de l’empire dans cette armée, pour donner une force réelle à cet idéal et établir un nouvel ordre mondial.

Il est tout à fait surprenant de constater que cet appel anglais a été écouté par la majorité nationaliste en Irlande. Malgré toute leur expérience des façons de faire anglaises, les Irlandais crurent, et ils s’enrôlèrent en grand nombre. Un idéal leur avait été vendu, qu’ils achetèrent, et pour lui ils tuèrent et se firent tuer. Ils n’étaient pas d’humeur à oublier cette expérience en la considérant comme une simple filouterie, mais plutôt à demander des comptes au filou. Les petits artisans, les paysans et les ouvriers qui formaient l’armée qui défendit le gouvernement irlandais élu en 1919-21 ne furent pas brisés par le pouvoir militaire britannique, exercé pour l’essentiel d’une manière terroriste, ni par sa propagande. Après deux ans d’une guerre qu’il ne gagnait pas, le gouvernement britannique décida de jouer la carte des négociations. Sa guerre irlandaise n’était pas bien vue internationalement. Bien qu’il eût gagné la guerre et étendu son empire, il avait dû s’endetter massivement auprès des USA en leur achetant des armes pour combattre l’Allemagne, qui ne s’effondrait pas, comme prévu, en 1915. En 1919, il était lourdement endetté auprès des USA où les Irlandais exerçaient une forte influence politique.

Ces irlando-américains, issus de l’immigration de masse, elle-même produite par la conduite britannique de l’économie de l’Irlande ayant culminé dans la Famine, étaient fortement anti-britanniques. Ainsi, le gouvernement britannique, à l’été 1921, décida de négocier avec les leaders irlandais qu’il avait défini deux ans auparavant comme un « gang meurtrier ». Cependant, il ne négocia pas avec eux en tant que dirigeants élus des Irlandais. Même si l’élection législative de 1918 avait été renforcée par les élections municipales de 1920 et une autre élection au début de l’été 1921, le gouvernement britannique ne reconnaissait à Sinn Fein aucune valeur constitutionnelle. Il ne négocia pas avec eux comme un gouvernement le ferait avec un autre gouvernement. Il négocia avec eux comme avec des rebelles, cherchant à trouver un deal avec eux, qui leur donnerait une certaine autorité en échange de leur soumission à l’autorité souveraine de la couronne.

Avant d’entrer dans ces négociations avec les rebelles de Sinn Fein, et pour savoir quoi en faire, le parlement britannique avait découpé l’Irlande au moyen de la Loi sur le Gouvernement de l’Irlande de 1920, qui en mai 1921 avait établi l’Irlande du Nord en tant qu’entité séparée, avec des élections tenues lors de ce mois de mai et un gouvernement établi en juin. L’intention britannique était qu’il y ait également un parlement et un gouvernement d’Irlande du Sud, à l’image de celui du Nord. L’élection de mai 1921 fut tenue sous le régime de cette Loi, mais l’électorat nationaliste vota contre elle en masse. Aucun partisan de la Loi sur le Gouvernement de l’Irlande ne fut élu dans les circonscriptions démocratiques des 26 comtés, seules les circonscriptions d’élite des universités en élirent quelques uns. Sinn Fein gagna tous les sièges des 26 comtés à l’automne lorsque commencèrent les négociations avec le gouvernement britannique, mais ce parti refusa de négocier en tant que représentant de l’Irlande du Sud sous le régime de la Loi britannique, et la Grande-Bretagne ne reconnaissait pas les représentants de Sinn Fein en tant que représentants d’un gouvernement indépendant démocratiquement élu.

Début décembre 1921, on présenta aux délégués de Sinn Fein qui négociaient à Londres avec le gouvernement britannique un ultimatum : on leur donna un document en exigeant d’eux qu’ils le signassent immédiatement, sans consulter leur gouvernement à Dublin. S’ils s’y refusaient, la Grande-Bretagne lancerait une « guerre immédiate et terrible. » La Grande-Bretagne était prête à appliquer en Irlande les méthodes qui lui avait permis de gagner la guerre contre les Républiques Boers [dans l’actuelle Afrique du Sud] vingt ans auparavant, à savoir : ceinturer le pays de blockhaus lourdement armés et masser la population dans des camps de concentration. Les délégués acceptèrent l’ultimatum. Ils signèrent ce qui allait être appelé le « traité, sans consulter leur gouvernement.

Mais le « traité » n’était pas un traité. Les traités sont passés entre des autorités souveraines, or la Grande-Bretagne ne reconnaissait aucune autorité légitime au Dail [le parlement irlandais poussé à la clandestinité]. Ils considéraient les délégués de Sinn Fein comme des dirigeants d’une bande rebelle avec qui un deal pouvait être passé. Or, en signant un « traité » sans consulter leur gouvernement, et agissant contre les instructions explicites de leur gouvernement, ces délégués se réduisirent effectivement au statut de simples rebelles. Quelques semaines plus tard à Dublin, le Dail accepta à une faible majorité l’accord qui avait été passé, et accepta pour cette raison le statut d’un groupe rebelle dont l’autorité découlait de celle de la Grande-Bretagne

Une minorité qui n’acceptait pas ce statut de simple groupe rebelle fit sécession. La majorité se réunit en tant que parlement de l’Irlande du Sud sous le régime de la Loi sur le Gouvernement de l’Irlande. Ils formèrent un gouvernement provisoire sous la tutelle de l’autorité britannique. Ils établirent une nouvelle armée, armée par la Grande-Bretagne, pour combattre l’armée républicaine qui avait défié la Grande-Bretagne pendant deux ans. La « guerre civile » fut la conséquence. Les dirigeants des deux côtés firent de leur mieux pour l’éviter, mais la Grande-Bretagne insista pour qu’elle ait lieu. Michael Collins, le principal dirigeant « pro-traité », fit fonctionner une diplomatie informelle pour rabibocher les deux camps, mais il fut rappelé à l’ordre par une série d’ultimatums féroces venus de Whitehall [quartier de Londres où sont les ministères – désigne par métonymie le gouvernement britannique]. Le 29 juin 1922, il fut à l’origine des premiers tirs de la guerre civile, avec de l’artillerie britannique, après que Whitehall eut menacé d’une intervention britannique au cas où l’armée « pro-traité » ne le ferait pas.

C’était la guerre civile la plus étrange qui soit. Les deux parties voulaient la même chose, un Etat irlandais indépendant. Il y eut combat parce qu’une partie ne voulait pas avoir à subir un nouvel assaut britannique si elle refusait de faire la guerre à la partie qui refusait de se prosterner devant la Grande-Bretagne.A Westminster,  Churchill reconnaissait les pro-traités en tant que sous-traitants britanniques. Il disait qu’il valait mieux que les Irlandais se battent les uns contre les autres plutôt que de faire intervenir directement la Grande-Bretagne, ce qui les unirait contre elle. Les pro-traités gagnèrent la « guerre civile », mais dix ans après les anti-traités parvinrent au pouvoir par la voie des urnes, avec un parti [Fianna Fail] qui a été au pouvoir presque tout le temps depuis 1932. Et le parti fondé pour appliquer le traité revint au républicanisme. La Grande-Bretagne fut la grande gagnante de la « guerre civile » qui a duré pendant les années 1922-23. Cette guerre détruisit le corps politique acharné et compétent qui l’avait affronté dans la période 1919-21. Quand les républicains revinrent au pouvoir en 1932, ce fut dans un Etat qui avait été gravement endommagé. Le corps politique n’avait pas récupéré de ce que la Grande-Bretagne lui avait fait en 1922. Mais, dans ses limites, c’était une démocratie fonctionnelle.

Comment le Nord fut-il manié?

Lorsque la Grande-Bretagne décida en 1921 de se retirer de la plus grande partie de l’Irlande, elle lui infligea les plus lourds dégâts possibles en la quittant. Son propos était d’affaiblir l’Etat avec lequel elle aurait affaire, en le rendant aussi dépendant que possible d’elle-même et en le rendant vulnérable à son influence. Ceci peut être considéré comme une logique d’Etat impériale courante. Il n’y a rien de troublant à cela, les discussions à ce sujet au parlement britannique étaient d’ailleurs fort explicites. On ne peut pas considérer cela comme sournois. Par contre, la grande sournoiserie, la perfidie d’Albion, se voit dans sa mainmise de la partie du pays qu’elle retenait dans le Royaume-Uni.

On peut légitimement dire que le tort qui a été fait au Nord en le maintenant, a été encore plus grand que celui fait au Sud en le laissant partir. La Grande-Bretagne n’a pas simplement divisé l’Irlande, laissant une partie s’en aller tout en laissant l’autre partie trouver sa place à l’intérieur de la vie politique de l’Etat britannique en accord avec les voeux de la majorité dans les six comtés. Non, ce qu’elle a fait, c’est fabriquer un système politique séparé dans les six comtés, l’Irlande du Nord, et le couper du reste de la vie politique de l’Etat.

La chose nommée Irlande du Nord a été imposée par la Grande-Bretagne à deux communautés en guerre l’une contre l’autre. Aucune des deux communautés n’a demandé une telle chose. Toutes deux furent obligées de vivre là-dedans, une des deux communautés étant le policier de l’autre. L’idée que le gouvernement de Westminster à ce moment-là, formé des politiciens les plus expérimentés qu’il y ait jamais eu dans un cabinet britannique, ait pu penser qu’ils procuraient un bon gouvernement aux six comté, est risible.

Le système de l’Irlande du Nord n’est pas un Etat. Dans les décennies récentes, il a été caractérisé comme tel par toute une série d’autorités universitaires : le professeur Dermot Keogh de l’université de cork, le professeur David Fitzpatrich de Trinity College à Dublin et le professeur Lord Bew de la Queen’s University à Belfast. Mais ce n’est pas un Etat. Des leaders du Ulster Unionist Party ont entretenu pendant quarante ans que l’Irlande du Nord était devenue une sorte d’Etat. Ils l’ont décrite comme un dominion. Le Canada et l’Australie étaient des dominions. En 1972, le gouvernement britannique abolit l’Irlande du Nord d’un trait de plume [référence à l’abolition du parlement de Stormont et au passage au gouvernement direct de la province par Londres]. Il n’aurait jamais osé une telle chose au Canada ou en Australie. Dans sa forme et sa substance, l’Irlande du Nord est une sorte de gouvernement local subordonné à l’autorité de Westminster. Les institutions majeures de l’Etat sont des parties intégrantes de l’Etat britanniques. C’est la vie politique des six comtés qui est séparée de l’Etat. Les institutions majeures de l’Etat maintiennent leur fonctionnement indifférentes à ce qui se passe dans la vie politique séparée de la région.

Lorsque le gouvernement restitué fut établi en Ecosse, ce fut en réponse à une demande en ce sens venue d’Ecosse. Le pouvoir exercé par le gouvernement écossais est plus grand que le pouvoir qu’a pu avoir n’importe quel gouvernement d’Irlande du Nord. Un changement de gouvernement peut avoir lieu en Ecosse d’une façon normale, alors que cela n’est pas imaginable dans le système de l’Irlande du Nord. Mais personne n’a jamais entendu parler d’un Etat écossais. Lorsque la restitution des pouvoirs à l’Ecosse a eu lieu, les partis politiques qui gouvernent le Royaume-Uni ne se sont pas retirés d’Ecosse ni ne l’ont obligée à produire des partis politiques à elle. Au contraire, les partis labour, liberal et tory ont redoublé d’efforts en Ecosse pour y maintenir en vie la politique britannique. Mais lorsque l’Irlande du Nord fut mise sur pieds, les partis britanniques cessèrent d’y opérer, laissant les deux tiers protestants et le tiers catholique s’affronter les uns les autres dans un système dont aucun des deux ne voulaient.

Les protestants et les catholiques dans le Nord étaient en guerre les uns contre les autres, alors que le système qui exigeaient des premiers qu’ils gouvernassent les derniers fut imposé par Westminster. Mais il n’étaient pas des belligérants isolés. Les catholiques faisaient partie du mouvement nationaliste irlandaise qui avait gagné les élections législatives sur la base d’un programme indépendantiste, alors que les protestants faisaient parie du parti unioniste britannique de l’époque (une fusion libérale-conservatrice) dont le but était de vaincre le mouvement indépendantiste irlandais, et même d’empêcher l’autonomie de toute l’Irlande [all-Ireland Home Rule]. Pendant cette guerre, le pays fut découpé et l’Irlande du Nord instituée. Les nationalistes du Nord se virent soudain coupés du mouvement national dans lequel ils avaient agi et se retrouvèrent coincés dans le Royaume-Uni, tout en étant coupés de la vie politique britannique, à laquelle ils auraient probablement participé. Quand aux unionistes d’Ulster, ils furent placés dans un gouvernement restitué avec comme mission principale de gendarmer les nationalistes, et leur position en tant que partie organique du parti unioniste britannique prit fin. On leur laissa cette seule tâche.

Mais la loi sur la partiton, la Loi sur le Gouvernement de l’Irlande, ne fut pas par elle-même ce qui divisa pas le pays. Une loi qui aurait simplement divisé le pays, en laissant partir une partie et en gardant une autre dans le Royaume-Uni, n’aurait pas eu les conséquences qu’a eu la loi de 1920. Le pays fut découpé par cet engin : un gouvernement restitué des 6 comtés à qui on laisse le choix de rejoindre le reste de l’Irlande ou de s’en séparer. Et, après la nouvelle donne issue du « traité » dans le Sud, la situation fut telle que le Nord devait ou bien s’incorporer dans un système entièrement irlandais, ou bien faire sécession. C’est bien sûr ce qu’il fit, et ceux qui avaient tiré les ficelles savaient pertinemment qu’il allait le faire. Le pays aurait pu être divisé par une décision claire de Westminster, qui aurait pu tenir avant d’être affrontée par un défi substantiel dans le Nord. Il y aurait eu une sorte de statu quo dans le Nord, à l’intérieur duquel un semblant de système démocratique aurait pu voir le jour.

Mais au lieu de faire cela, Westminster joua en mode Ponce Pilate : ne pas procéder soi-même à la division, mais laisser les « Irlandais » eux-mêmes décider quoi faire, tout en laissant les unionistes d’Ulster décider qu’il y aurait partition.  Mais de telle sorte que les unionistes d’Ulster soient obligés de revoter la partition à chaque élection, faute de quoi elle disparaîtrait. Le désaccord au sujet de la partition serait donc l’objet central de toute élection. Et les catholiques ne pouvaient pas choisir la partition, parce que de toutes façons celle-ci n’impliquait pas la possibilité d’exercer son choix à l’intérieur de la vie politique britannique. A certains moments, les catholiques firent pression pour être admis dans la politique britannique. Mais la Grande-Bretagne a toujours refusé d’admettre l’Irlande du Nord dans sa propre vie polituque. La partition ne signifait pas l’entrée dans la vie politique britannique, elle signifait l’Ordre d’Orange.

La « connexion britannique »

On permit aux protestants d’Ulster d’avoir leur « connexion britannique ». Mais la manière dont on les laissait se connecter eut pour conséquence de les rendre chaque année moins britanniques. Et moins ils devenaient britannique, plus ils devenaient rageusement anti-irlandais. Quand je me suis engagé dans la politique des six comtés il y a quarante ans, j’ai tenté de montrer aux protestants d’Ulster ce qui leur arrivait au sein d’un système qu’ils n’avaient jamais demandé, mais dans lequel la Grande-Bretagne leur avait assigné un rôle. J’ai tenté de leur demander de s’engager dans la vie politique de l’Etat britannique. Il y avait à l’époque, dans une partie substantielle de la communauté catholique, une disposition à soutenir une campagne pour l’ouverture de la vie politique britannique aux six comtés. Mais tous les gouvernements britanniques, Labour comme Tory, s’opposaient complètement à ce projet. J’ai fait ces efforts pendant vingt ans. Finalement, l’influence britannique sur les unionistes eut le dessus et ils rejetèrent le projet d’entrer dans la politique britannique.

Au début, je me demandais pourquoi la Grande-Bretagne insistait tellement sur le fait que la politique en Irlande du Nord devait se confiner au conflit communautaire entre protestants et catholiques. Aucun des politiciens avec qui j’ai discuté, et j’ai discuté de cela avec des gens qui allaient plus tard se retrouver au gouvernement, n’a jamais trouvé qu’il s’agissait d’un bon système, ou qu’un gouvernement normal pourrait en émerger. Mais dans la pratique ils ont tous opté pour le maintien de ce système en faveur duquel ils ne trouvaient aucun argument de principe. J’en ai conclu que ceux qui agissaient derrière le rideau, à Whitehall, avaient compris que le système de l’Irlande du Nord était bon à quelque chose, même s’il était mauvais pour le peuple des six comtés, et que cette compréhension était un bagage nécessaire pour tous ceux qui espéraient s’élever dans la hiérarchie de Westminster. Ce mauvais système de gouvernement des six comtés est bon pour l’influence qu’il a sur la vie politique de l’Etat irlandais.

Par un effet remarquable de propagande, la Grande-Bretagne a pu persuader les gens « respectables » de la République [Free State] que ce sont eux qui sont responsables des troubles dans le Nord, parce qu’ils ont autrefois exprimer des sentiments favorables à l’unité irlandaise, ou exprimer des sympathies à l’endroit des catholiques du Nord, dit des méchancetés sur le régime unioniste ou chanté une rebel song, ou même parce qu’il ont pensé qu’il était juste que ceux qui ont voté pour l’indépendance irlandaise en 1918 combattissent pour elle en 1919-21, lorsque la Grande-Bretagne ignora leur vote. La Grande-Bretagne mit en place ce système diabolique en Irlande du Nord, dont la destinée a fait culpabiliser le Sud.

L’Irlande du Nord a été mise en place en tant qu’instrument de la politique britannique envers l’Irlande en tant que tout. Elle n’a pas été mise en place pour son propre bien, en tant que moyen conduisant à un bon gouvernement. Son propos est au-delà d’elle-même. Elle a été utilisée pour démoraliser la politique des 26 comtés et pour briser la compréhension républicaine de l’histoire, projet dans lequel les universitaires Keogh, Fitzpatrick et Lord Bew se placent aux avant-postes. Le développement britannique de la région a été clôturé. La seule question qui reste : est-ce que l’Irlande du Nord est appelée à être un moyen idéologique de subversion du Sud, ou bien un moyen de restaurer le moral politique et historique de la République, à la lumière de la véritable histoire de l’île?

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3 commentaires pour Qu’est-ce que l’Irlande du Nord? – deuxième partie

  1. peadar dit :

    Je trouve ce texte particulièrement intéressant mais il y a une ambigüité : dans sa conclusion quand Clifford dit « Republic », parle-t-il du Free State ou de la Irish Republic (légitimiste) de Tom Maguire?

  2. Alain Monier dit :

    Mon ancetre Irlandais a du quitter le sol du payq surement au environ du 16 ieme siecle, ma derniere trace Francaise remontant aux environs de 1630. Je n’ai pu remonter plus loin. Je me suis pose la question de savoirla raison de son depart. Je veux croire que ce fut pour une raison honorable, par exemple fuir la pression intolerable de l’Angleterre. Ces valeurs aujourd’hui ont elles encore un sens. L’Irlande du Nord est une partie de mes racines ancestrales, et je suis donc les evenements depuis au moins la fin des annees 7O. Aujourd’hui apres tout ce temps de soif d’independance et de liberte, ce moteur a petrole peut il devenir a kerozene. On se rend bien compte que les mots d’independance et de liberte n’ont pas la meme connotation pour tous, tout au moins apres le « traite ». Certains anciens combattants se sont ranges sous la banniere anglaise afin d’estorquer des droits. En cela il s’appuie sur leur lassitude d’anciens activistes et sur l’appuie d’une partie d’Irlandais las des luttes. Ils esperent la gratitude anglaise en esperant un remake du Sud. Liberte a tiroirs sur un temps incertain, une paix gallo romaine en somme , mais pour ma part j’en doute. Voyons la soeur du Sud,( sans y rencontrer les mefaits de lacrise). On a pu y voir un Pays appaise, une Republique « Bourgeoise » avide alors de bien consommables, en Pax Occidentale, au train train quotidien . Destin National bien sur, liberte du Marche, mais tout cela est bien fade. Y a t’il mieux a esperer dans le contexte. D’autre part des Republicains qui contestent le fondement de memes mots pour des valeurs differentes. A cet effet leur fondement est marxiste afin de pouvoir echapper a ce piege liberal pretendument avancee. Je n’interviendrai pas dans les biens fondes des uns et des autres, en ajoutant tout de meme que le choix « utopiste » (dans le sens de promesse), sens noble du terme est un processus d’engagement ou le politique l’emporterait sur l’economisme ambiant. Quel est le guide dans lequel un Peuple peu non seulment vivre, mais en meme temps ne pas se renier.

    La Republique n’est pas la Nation bien entendu, mais elle s’y repose. A mon sens l’une ne peut etre separe de l’autre. La Liberation de l’Irlande du Sud fut pour les participants et les temoins fut exaltant. Pour les generations actuelles les temps sont bien fades, a moins que leur desir ne depasse pas ce stade. Nul besoin de combats guerriers pour depasser le consumerisme. Il faut une esperance, au moins une valeur pour trouver cette esperance, cet espoir d’autre chose. Il faut donc que ces militants aggueris portent en eux cette flamme et que ceux qui les suivent porteent en eux une ferveur semblable, un desir pregnant de cette « Chose » dont parle la PSY. Au 12ieme siecle la Femme fut eleve a la valeur de la Chose, on y est encore. Rien de pulsionnel qui tienne lieu de constante, mais bien ce desir profond qui puisse s’identifier a une cause comme valeur indiscutable. C’est en ce sens qu’a mes yeux elle devient valeur supreme. Ce peut etre une idee, transparente ou y voir clair. Mais aujourd’hui les minorites agissantes se doivent de s’ourir a ceux qui les regarde et les juge. En fait cette valeur peut etre d’abord souterraine, minoritaire avant de se propâger, mais il ne faut pas confondre besoin et demande. Je pense que la Nation est toujours porteuses de potentialites ouvertes. Pour un Revolutionnaire la vision du temps historique de Walter Benjamin sur le passe qui peut etre repris et remodeler car non accompli est une bonne base de vision pour lui. Internationnaliste, Universaliste, pour ma part je crois plus a l’Universel pour s’ouvrir au monde et etre accepter par l’autre sans tomber loin de la dans le mondialiste outrancier. L’internationnalisme dans le sens ou il fut pris dans notre tradition historique, laisse trop a mon sens la porte ouverte a trop de concessions a des avants gardes qui se fourvoient dans des culs de sacs ideologiques et autres. L’Universalisme est bien sur lui aussi trop tolerant dans les injustices je ne le nie pas, mais il s’est battu sur l’Humanisme, bien que celui ci j’en convienne aussi se soit fourvoye. Mais qui n’est pas a une contradiction prete. Je ne peux conclure vous vous en doutez bien. Je repeterai seulement qu’une valeur superieure laique (ou matiere et esprit sontla face unique de notre condition), porteuse d’un sens nouveau qui ne doit plus se referencer au consumerisme de nos societesliberales en ruptures constantes d’equilibre, en implosion permanente, au risque de perdre tout passe structurant. Le Marxisme a peut etre encore son mot a dire en adoptant ses formes et ameliorant ses fondements, car il est toujours une valeur » utopique » ouverte qui donne un sens a notre destinee, ce que le liberalisme ne pourra jamais offrir sans detruire notre fondement humain. Si l’homme cibernetique est notre avenir je n’en suis pas, mais je n’aurai pas mon mot a dire. Notre avenir humain peut etre ailleurs dans l’espace, c’est possible. On doit bien tenir compte du Passe et de l’Avenir pour construire un devenir. Il nous faut donc parier. Je parie a tord et a raison pour la Nation comme fondement de la Republique, mais la Republique y fondant ses droits et ses devoirs qui l’eleve(puisque nos traditions parle toujours du ciel comme hauteur supreme . En fait une Utopie, qui reside au fondement de notre (Etre ) puisqu’il est le vecteur de la philosophie. Ce manque a etre qui n’est surement Rien nous introduisant dans le Desir afin de desirer ce rien qui est surement tout. Meffions nous des ideologies, mais pensons tout de meme que la « langue » avec ses mots puis ses idees nous serviront toujours comme carburant a venir.

    La Liberte de L’Irlande du Nord doit etre le desir pregnant de tout Irlandais du Nord au lieu de fuir encore le Pays (facile a dire) devrait etre celui de ne pas demeriter de son avenir, en se retournant quant tout est difficile vers cette vision que l’on garde dans notre imaginaire

    • Alain Monier dit :

      d’une Irlande « ideale ». Cette idealite qui ne fut certainement pas, mais que nous voulons voir ainsi (sic Walter Benjamin. Nous voulons la reprendre et lui donner a etre ce reve qu’elle fut et est toujours pour nous. Cordialement Alain Monier. Je n’ai pas pu relire mon premier texte, celui ci ayant ete bloque, excusez les imperfections qui s’y donnent a lire Merci. Cordialement Alain Monier premier

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