26 comtés : A propos des résultats du référendum sur le traité d’austérité

Le traité a été largement soutenu par les électeurs des zones rurales et bourgeoises, alors que le vote « non » a eu du succès dans les quartiers populaires.

Les résultats du traité fiscal européen montrent les signes d’une division significative entre les zones les plus cossues et les zones les plus pauvres. Toutefois, les avis divergent au sujet de l’interprétation : s’agit-il d’un tournant vers une politique basée sur la classe sociale en Irlande, comme c’est le cas dans les pays européens?

En général, le référendum a été soutenu dans les circonscriptions rurales et dans les quartiers bourgeois des centre-villes, alors que le vote « non » a fait ses gros scores dans les quartiers populaires. Les votes « oui » ont eu le plus de succès dans les circonscriptions urbaines de Dún Laoghaire (74% pour, 26% contre) et de Dublin sud-est (72% pour, 28% contre). Au contraire, les plus forts taux de « non » ont été enregistrés dans le Donegal, qui reconduit sa différence traditionnelle vis-à-vis des résultats électoraux à l’échelle nationale, et dans les circonscriptions dublinoises à forte concentration populaire. Celles-ci incluent Dublin nord-ouest (47% pour, 53% contre) Dublin centre-sud (49% pour, 51% contre) et Dublin sud-ouest (49% pour, 51% contre).

La polarisation sociale est frappante quand on examine le vote au niveau local. Le dépouillement enregistre un vote « non » à hauteur de 85-90% dans des quartiers comme Ballymun [une grande ZUP au nord de Dublin], alors que certains autres quartiers ont voté « oui » à près de 80%. A Cork également, la division sociale s’est montrée clairement. La circonscription de Cork centre-nord a presque rejeté le traité (52% pour le « oui », 48% pour le « non ») à comparer à des quartiers huppés comme Sandymount, où certains bureaux de vote ont enregistré des votes « oui » à près de 80%. Comme à Dublin, les dépouillement a enregistré des pourcentages de 85% de votes « non » dans des quartiers défavorisés de Cork centre-nord. De même, dans la ville de Waterford, des quartiers largement populaires comme Ballybeg ont voté « non » à hauteur de 90%. (…)

Brian Hayes, ministre et député du parti Fine Gael a affirmé qu’il soupçonnait la majorité des gens qui avaient perdu récemment leur emploi d’avoir voté « non ». « Il nous faut entendre leur message et les remettre du bon côté, il faut les persuader que nous pouvons redresser le pays » a-t-il dit. Quant à l’historien Donal Ó Drisceoil, co-éditeur du livre Politics and the Irish Working Class, 1830-1945, il affirme que ces résultats semblent indiquer un tournant historique dans la politique irlandaise.

« Le vote lors de ce référendum confirme un schéma qui a émergé depuis l’effondrement économique de 2008 et qui a été mis en évidence par des enquêtes récentes, dans les dernières élections législatives et dans la résistance massive à la nouvelle taxe d’habitation. Les divisions de classe dans la société irlandaise se font plus brutales dans le contexte de l’austérité, elles commencent à s’articuler politiquement. Ceci marque un changement fondamental, historique dans le paysage politique irlandais et suggère un virage vers un système de politiques de classes qui est s’est fait remarquer par son absence depuis l’indépendance – ce qu’on appelle la division entre droite et gauche. » (…)

Source : ici.

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