Des nouvelles de Marian Price, après un an de taule

Article de Suzanne Breen paru dans le Belfast Telegraph du 12 mai.

Marian Price, qui avait autrefois posé une bombe contre le tribunal Old Baileyde Londres, est gravement malade après avoir passé des mois en isolement carcéral, a expliqué sa famille. Elle est tellement mal en point qu’elle a été jugée inapte pour assister à son audience au tribunal, et même pour y assister par liaison vidéo. Il a été dit au tribunal que sa santé s’était lourdement détériorée pendant toute cette année passée en isolement carcéral. Il a été dit également que les accusations contre elle et trois autres républicains, liées à la commémoration du Soulèvement de Pâques à Derry en 2011 avaient été abandonnées.

Le juge a affirmé que les actes d’accusation n’étaient pas au point, mais le procureur, Barra McGrory, a insisté pour que le procès contre Price et les autres continuent malgré tout. Marian Price, qui a 58 ans, a été accusée de soutien à une organisation paramilitaire après avoir tenu le papier que lisait un militant masqué de la Real IRA. En mai dernier, elle avait été accusée tout en étant laissée libre, mais le secrétaire d’Etat britannique a décidé de l’emprisonner.

Elle a été placée en isolement carcéral dans la prison de haute sécurité de Maghaberry, puis elle fut transférée à la prison de Hydebank qui est considérée comme moins dure. Mais son mari Jerry McGlinchey a expliqué au Belfast Telegraph que l’état de santé de son épouse s’était rapidement détérioré à Hydebank. « Marian est si malade qu’elle a dû passer sa dernière visite sur une chaise roulante. Ses cheveux tombent par poignées, elle a perdu du poids, et son arthrite est en train d’empirer. Elle souffre d’une sévère dépression après une année en isolement carcéral, sans aucune perspective d’une date de sortie. Les médecins de Hydebank nous ont dit que son état de santé ne s’accordait pas avec la détention, qu’elle devrait être dans un hôpital ou à la maison. »

M. McGlinchey explique que les conditions de vie de son épouse à Hydebank étaient « si mauvaises » qu’elle avait demandé de revenir à Maghaberry. « Chaque jour, elle est enfermée dans sa cellule plus longtemps qu’à Maghaberry. Là-bas, il y a moins de possibilités de respirer de l’air frais et de faire de l’exercice » a-t-il dit. « Sa cellule est proche de celles de jeunes prisonniers perturbateurs. Elle n’arrive pas à dormir quand ils hurlent la nuit et frappent sur les murs, parfois même ils chantent The Sash [L’Echarpe – hymne orangiste agressif] toute la nuit. »

Owen Paterson, le secrétaire d’Etat pour l’Irlande du Nord, a annulé sa libération conditionnelle parce qu’il estime que Marian Price est une menace à la sécurité de l’Etat. Les avocats de Marian expliquent qu’il n’a pas le droit d’agir ainsi puisqu’elle a obtenu un pardon royal [équivalent britannique d’une grâce présidentielle] lorsqu’elle fut libérée de prison en 1980. Mais le gouvernement prétend que ce document de pardon a été égaré. Deux mois après l’abolition de sa libération conditionnelle, Marian Price a été accusée d’avoir procuré un téléphone portable à ceux qui ont tué les deux jeunes soldats britanniques à la base militaire de Massereene en 2009. Mais suite à cette accusation, elle avait été laissée libre.

Une veillée aux chandelles aura lieu sur le ‘Free Derry Corner’ ce dimanche pour marquer le premier anniversaire de son emprisonnement. Marian Price est la secrétaire nationale du 32 County Sovereignty Movement, qui est considéré comme l’aile politique de la Real IRA. Sa sœur Dolours, et Gerry Kelly, qui est désormais un policien de [Provisional] Sinn Féin, faisaient partie d’une équipe de 11 membres de l’IRA qui ont posé des bombes à Londres en 1973. Environ 200 personnes avaient été légèrement blessées lorsque deux bombes avaient explosé en face des tribunaux Old Bailey et Whitehall. Un homme était mort d’une crise cardiaque. Marian Price avait mené une grève de la faim de 200 jours dans la prison de Brixton pour exiger son transfert à la prison d’Armagh. Elle a subi 400 fois la nutrition forcée. Elle s’est opposée à la direction politique de [Provisional] Sinn Féin en 1994.

Source : ici.

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