Éire Nua : Pour le retrait de l’Etat britannique

Il y a une idée répandue chez les républicains, selon laquelle le retrait de l’Etat britannique sera le grand appel d’air qui libèrera le peuple. Pour eux, une fois expulsée cette entrave qui bloque la roue de l’Histoire, les deux entités basées sur la partition tomberont pour ainsi dire d’elles-mêmes, et une Assemblée constituante des 32 comtés les remplacera sans coup férir, sans insurrection spéciale au Sud. Voici donc un document : The Second step towards a peaceful Ireland, chapitre de l’édition de Éire Nua, de 1990 semble-t-il, qui soutient ce point de vue un peu « mécanique ».

La conquête de l’Irlande eut lieu graduellement, pendant un processus qui dura 130 ans. En réalité, l’invasion normande il y a plus de 800 ans n’était pas une conquête au sens plein du terme, puisque seul le territoire avait été conquis. Elle a lamentablement échoué à conquérir la population et à la pacifier. Après des siècles d’occupation et de pogroms institutionnalisés, comprenant des vols de terres, des famines, des persécutions religieuses, l’immigration forcée et l’internement, l’Angleterre s’efforce encore de pacifier les Irlandais et de subjuguer leurs vies.

Il semble clair que la libération de l’Irlande est destinée à être un processus lent, de même que fut sa conquête. Ce qui a commencé il y a presque un siècle avec le Soulèvement de Pâques 1916 est un processus en progrès qui en son heure parviendra à débarrasser l’Irlande des derniers vestiges du colonialisme. Jusqu’à ce que ce processus parvienne à son terme, l’Irlande restera une terre troublée; divisée et possédée d’une terrible beauté [allusion à un poème de Yeats célébrant la terrible beauté de l’insurrection armée de 1916]

L’essor d’un empire, qu’il soit romain, ottoman ou britannique, apporte à ses victimes humaines humiliation, douleur et mort, et aux nations captives pillage, division et honte. Les empires s’établissent sur l’ignorance et la peur et survivent grâce aux butins de guerre.

Mais le déclin d’un empire, bien qu’il soit une bonne chose, s’accompagne d’une férocité renouvelée. Les armées impériales se déchaînent sur la population dans l’effort désespéré de prolonger son existence par l’intimidation. Telle est la situation en Irlande aujourd’hui. L’armée britannique lâche ses coups, mais ses jours sont comptés.

Cette armée sert à matérialiser la domination britannique en Irlande et est un symbole de domination. Ce symbole doit être expulsé avant que le peuple irlandais divisé ne puisse se retrouver pour décider de ce qui est le mieux pour lui. Le 9 novembre [1990], Peter Brooke, ministre du gouvernement britannique en Irlande occupée a affirmé que « la Grande-Bretagne n’avait pas d’intérêt égoïste, stratégique ou économique à rester en Irlande ». Si tel est le cas, qu’ils déclarent publiquement leur intention de se retirer politiquement et militairement d’Irlande. Pour réaliser un tel retrait, le gouvernement britannique doit négocier un accord qui inclue ce qui suit :

1. Un engagement à se retirer d’Irlande après que le peuple irlandais a adopté une nouvelle constitution
2. Une cessation des hostilités couplée à un retour de tous ses personnels militaires dans les casernes
3. Un engagement à retirer toutes ses installations militaires d’Irlande, et
4. Un engagement à cesser d’armer les organisations paramilitaires pro-britanniques pendant le processus de retrait

Ces conditions pour un retrait sont d’ordre général et ne représentent que les vues des éditeurs de cette lettre d’informations. Elle ne prétendent pas représenter les vues ou la stratégie de négociation d’un parti ou d’un individu qui serait impliqué dans de futures négociations concernant le retrait britannique. Il y a beaucoup de facteurs qui entreront en jeu et qui doivent être pris en compte, une fois obtenue la déclaration de retrait britannique.

Par exemple, une armée territoriale sera mise sur pied pour remplacer les forces de sécurité des deux Etats existants. Un nouveau système de justice criminel sera établi pour remplacer le système existant dont les armes comprennent les unités de police spéciale, les centres d’interrogation, les tribunaux militaires, les cours sans jury, les camps d’internement et les prisons politiques.

Pour créer un nouveau système de justice criminelle, les polices des deux Etats existants seront restructurées en des forces de police régionales contrôlées par les autorités régionales et responsables devant elles. De même, les système judiciaire existant qui comprend les tribunaux militaires et les tribunaux sans jury sera remplacé par un système judiciaire indépendant qui opérera sans le cadre et sous l’autorité de la nouvelle constitution de toute l’Irlande. Les prisons politiques, les centres d’interrogation et les camps d’internement seront fermés et il n’y aura plus d’opposants politiques torturés ou emprisonnés dans l’Irlande nouvelle.

Source : ici.

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