26 comtés : Le mouvement contre la nouvelle taxe d’habitation

Irlande : les 5 raisons pour lesquelles je ne paierai pas la nouvelle taxe d’habitation

Nouvel observateur, 10 avril.

Dans le cadre du plan d’aide à l’Irlande du Fonds monétaire international et de l’Union européenne, une taxe d’habitation d’une valeur de 100 euros a été imposée aux propriétaires. Notre contributrice Rebecca a décidé, comme beaucoup d’Irlandais, de ne pas s’acquitter de cet impôt local, estimé injuste.

L’État veut nous faire payer une nouvelle taxe de 100 euros. Elle concerne tous les propriétaires, mais ne prend pas en compte la valeur immobilière du bien, ni sa localisation ni les revenus des propriétaires. Les locataires en sont exonérés, tout comme certains propriétaires en HLM ou ceux qui habitent des cités fantômes, ces projets urbains abandonnés à cause de la crise. L’argent récolté est censé financer des équipements collectifs locaux.

Comme 50% des Irlandais, je suis en colère contre cette taxe pour plusieurs raisons :

1. L’Irlande est dans un état lamentable, et ce sans que ce soit la faute de ses habitants. Des gens ordinaires ont été licenciés ou ont été obligés d’accepter des baisses de salaires et pourtant les banquiers et les politiciens, qui sont à blâmer pour tout ce gâchis, continuent d’être payés des sommes astronomiques et de toucher leurs pensions, sans coupe claire évidemment.

Le prix de cette nouvelle taxe est le même pour tous, que vous habitiez un manoir et gagnez plus de 100.000 euros par an, ou que vous soyez au chômage avec quatre enfants à charge dans une petite maison mitoyenne de banlieue. Cette taxe n’est pas juste. Si elle prenait en compte nos revenus et la valeur immobilière de notre maison, nous serions heureux de la payer. En outre, si les politiciens et les banquiers acceptaient des baisses de salaire pour aider à économiser, plus de gens accepteraient de payer.

2. La plupart des propriétaires ne peuvent pas payer cette taxe. Sur les deux dernières années, nous avons connu un accroissement des taxes prélevées sur les salaires (pour ceux qui ont encore la chance d’avoir un travail), des coupes dans les aides sociales et dans les allocations pour les personnes handicapées.

Une enquête parue récemment disait qu’il ne restait au propriétaire moyen que 70 euros par mois pour vivre une fois qu’il avait payé son prêt et ses factures. Cette taxe est censée augmenter au fil des ans : mais si les gens ne peuvent pas payer 100 euros parce qu’ils sont au chômage, comment pourraient-ils payer 1000 euros dans un ou deux ans ?

3. Le gouvernement n’est pas honnête quant à l’utilisation de cet argent. Nous payons déjà l’entretien des équipements locaux par le biais de taxes prélevées sur nos salaires et nous payons séparément pour le ramassage des ordures. Cet impôt a été créé pour collecter de l’argent afin de payer les détenteurs d’obligations. En fait, nous payons pour sortir d’affaire les banques. Cette nouvelle taxe ne va pas servir pour les équipements locaux, peu importe à quel point les politiciens essaient de nous convaincre du contraire.

4. De plus en plus de politiciens et de banquiers se révèlent être corrompus. Nous sommes en colère qu’aucun banquier ou politicien n’ait été interpellé pour ça ; c’est nous qui sommes menacés d’arrestation si nous ne payons pas ces 100 euros. Pourquoi est-ce qu’on devrait payer si des criminels au sein du gouvernement et des banques ne sont pas poursuivis par la justice ?

5. Les politiciens ont une attitude honteuse envers les Irlandais. Le millionnaire Alan Shatter, notre ministre de la Justice, a récemment dit à un manifestant « get a life » (ndlr : va t’acheter une vie), une autre politicienne a aussi levé deux doigts (ndlr : signe qui équivaut à une insulte) à l’encontre de manifestants devant le Centre international de conférence la semaine dernière. Enfin, Phil Hogan, le ministre de l’Environnement a dit des personnes qui ne veulent pas payer cette taxe qu’elles étaient de « peu patriotes ». Toutes ces petites phrases et ces actes nous rendent furieux.

Le dernier jour pour s’acquitter de la taxe était le 31 mars. Dans mon entourage, de nombreuses personnes n’ont pas payé. Celles qui se sont résolues à payer sont des personnes âgées qui ont n’ont pas résisté à la pression exercée par le gouvernement.

Je n’ai pas peur de poursuites judiciaires. Cela va être très difficile pour le gouvernement de poursuivre et d’amener devant un tribunal près de 50% de la population. Nous pensons que ces menaces sont vides et, si par malheur un Irlandais était jugé comme exemple de la Nation, il serait soutenu par tout le peuple irlandais. Je vais me retenir de payer tant que ce sera possible. Beaucoup de gens blaguent en se disant qu’en prison, au moins, ils auront un toit au-dessus de leur tête, trois repas par jours et la télé, et tout ça gratuit, ce qui serait bien mieux que leur situation actuelle.

Le gouvernement va exiger des mairies qu’elles envoient des personnes toquer à la porte des habitants pour leur rappeler de payer. Ils ne collecteront pas l’argent et feront simplement passer l’information, d’autant que maintenant les gens craignent les faux salariés et les arnaques. Personne n’est encore venu sonner à ma porte et, même si quelqu’un vient, je n’ouvrirai pas !

Propos recueillis par Mélanie Chaluleau – source : ici.

2. Fronde en Irlande contre la taxe d’habitation, sur fond de récession et d’austérité

Le Monde du 3 avril

Les Irlandais commencent à se lasser de la rigueur qui est devenue leur lot quotidien ces dernières années. En guise de rébellion, la moitié des contribuables de la petite république ont décidé de ne pas payer la nouvelle taxe d’habitation dont les propriétaires étaient redevables au 31 mars. Un signal pour le gouvernement de Dublin à deux mois du référendum sur le nouveau traité budgétaire européen.
Il s’agit de l’une des premières fissures dans l’application d’un programme de redressement qui jusque-là n’avait pas provoqué de mouvements sociaux d’envergure, à l’inverse de ce qui a pu se passer dans les autres nations périphériques de la zone euro en crise.

En vertu de cet impôt imposé par le Fonds monétaire international (FMI) et l’Union européenne dans le cadre du plan d’aide à l’Eire de 85 milliards d’euros conclu en 2010, un ouvrier paie la même taxe d’habitation de 100 euros qu’un milliardaire. Si la somme est modeste, le manque d’équité de cet impôt local a scandalisé l’opinion au point que 80 0000 foyers dans le pays, soit la moitié des assujettis, ont refusé de le payer.

Annoncée en juillet 2011, cette nouvelle ponction fiscale devait rapporter 160 millions d’euros. Mais le gouvernement de centre droit dirigé par Enda Kenny a multiplié les maladresses. Tout d’abord, en imposant le paiement en ligne, l’équipe de la coalition Fine Gail-Labour s’est aliénée la frange âgée de la population. Ensuite, des pénalités substantielles ont été imposées aux récalcitrants. Enfin, en l’absence d’un système digne de ce nom d’évaluation du parc immobilier, les autorités ont reconnu la difficulté d’imposer dès 2013 une taxe tenant compte de la valeur de l’habitation.

Aux affaires depuis le 9 mars 2011, le Taoiseach (premier ministre), Enda Kenny, a poursuivi la politique de rigueur engagée par son prédécesseur, Brian Cowen : baisse des salaires dans la fonction publique, hausse des prélèvements obligatoires, augmentation de la TVA, privatisations… Parallèlement, le Taoiseach a multiplié les incitations aux investissements étrangers, en particulier provenant des pays émergents comme la Chine. Il a aussi utilisé l’aide communautaire et du FMI pour renflouer le système bancaire mis en déroute par l’explosion de la bulle immobilière.

A LA VEILLE D’UN RÉFÉRENDUM

L’île Verte est sortie de la récession début 2010 et a renoué en 2011 avec une faible croissance pour la première fois depuis le début de la tourmente, en 2007. Or, comme l’atteste la contraction de l’économie au troisième et au quatrième trimestre 2011, le pays est retombé en récession à la fin 2011. En cause, la baisse des exportations de biens et de services ainsi que la crise de la zone euro. Et en février, le taux de chômage s’est élevé à 14,7 %.

L’ampleur de la protestation contre la taxe d’habitation risque de donner des munitions aux opposants du nouveau traité européen soumis à ratification lors d’un référendum le 31 mai. Si le « oui » est aujourd’hui donné gagnant, le nombre élevé d’indécis créé l’incertitude sur l’issue du scrutin.

par Marc Roche – source : là.

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Un commentaire pour 26 comtés : Le mouvement contre la nouvelle taxe d’habitation

  1. peadar dit :

    UNE BLaGUE DéBILe

    Sarkozy est dans son bureau élyséen. Le téléphone sonne. « Allo, Monsieur Sarkozy, ici Paddy. Je me trouve au Pub de la Harpe à Galway en Irlande. Je vous appelle pour vous informer officiellement que nous déclarons la guerre à la France. Nous avons voté contre le Traité de Lisbonne.

    « Assurément, Paddy, voilà une nouvelle qu’elle est importante ! », répond le président français (dans son français usuel). « Votre armée : combien de divisions ? »

    « Au jour d’aujourd’hui », répond Paddy après quelques instants de réflexion, « notre armée est constituée de moi, de mon cousin Sean, de mon voisin Seamus et du club de fléchettes du pub. Ça fait bien 11 personnes. »

    Sarkozy répond : « Je dois vous informer, cher Paddy, que j’ai 100000 hommes sous la main, prêts à dégainer dès que je leur en donnerai l’ordre. »

    « Vingt dieux ! », dit Paddy. « Je vous rappelle. » Le lendemain, coup de fil de Paddy. « Monsieur Sarkozy, nous sommes toujours en guerre avec vous. Nous disposons maintenant d’un véritable matériel d’infanterie ! »

    « Mais encore ? », demande Sarkozy.

    « Pour tout dire, nous avons deux moissonneuses-batteuses, un bulldozer et le tracteur de la ferme de Murphy. » Sarkozy soupire, amusé. « Sachez, mon cher Paddy, que j’ai 6000 blindés et 5000 automitrailleuses. Par ailleurs, depuis que vous m’avez déclaré la guerre, je dispose de 50000 hommes de plus. »

    « Que les dieux soient avec nous ! », répond Paddy. « Je vous rappelle. » Le lendemain, nouveau coup de fil de Paddy : « On continue. Nous disposons maintenant d’une aviation. Nous avons fixé deux mitrailleuses sur l’ULM de Jackie McLaughling. Sachez par ailleurs que quatre hommes du Pub Le Shamrock se sont joints à nous ! »

    Sarkozy se racle la gorge et prépare le coup de grâce : « Paddy, j’ai 100 bombardiers et 200 chasseurs. Mes bases militaires sont entourées de sites anti-missiles guidés par laser. Et mon armée est désormais de 200.000 hommes ! »

    « Jésus, Marie, Joseph ! », dit Paddy. « Je vous rappelle. »

    Le lendemain, coup de fil à l’Élysée. « Mon meilleur salut, Monsieur le Président ! Je suis désolé de vous informer que nous annulons notre déclaration de guerre ».

    « Vraiment, j’en suis navré », dit Sarkozy. « Mais pourquoi ce revirement soudain ? »

    « Voilà », dit Paddy. « On a longuement discuté en buvant quelques pintes de Guinness et en grignotant des paquets de chips. On a pensé qu’on ne pouvait foutrement pas nourrir 200.000 prisonniers. »

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