Tony O’Hara : lettre des Blocs-H (1981)

Ceci est une lettre du frère de Patsy O’Hara écrite à la fin de l’années 1981, après la mort des 10 grévistes de la faim, parue dans le premier numéro de Venceremos le journal du Patsy O’Hara Youth Movement, nom des jeunesses de l’IRSP à l’époque.

Chers amis,
J’ai appris la semaine dernière que vous aviez fondé votre mouvement dédié à mon frère Patsy. Je  me sens honoré et très heureux de cette nouvelle. Je voudrais vous faire part de quelques une des idées que mon frère affectionnait avant qu’il ne meure. Je pense que cela vous aidera à mieux le connaître et le comprendre, ce qui contribuera beaucoup à vous renforcer dans vos idées.

Patsy appelait souvent ses amis et camarades à s’instruire par eux-mêmes, puisque l’instruction est une arme puissante par elle-même. Patsy lisait et étudiait les écrits de tous nos dirigeants des générations passées, Connolly, Pearse, Lalor et Tone. Il avait une compréhension très ferme de leur message. Il étudiait l’histoire de notre terre, cherchant à comprendre les erreurs de nos aïeux. Grâce à une telle instruction, il était capable de percer les duplicités des politiciens d’aujourd’hui et des soi-disant leaders de notre peuple, et n’était pas trompé par leurs intentions traîtresses.

Il avait un grand amour de notre langue. Il  profitait de toute occasion pour tenter de l’apprendre, bien que la plupart de son temps fût consacré à la lutte actuelle pour la liberté. Quand il apprenait un peu d’Irlandais, il essayait de le communiquer aux autres, même si ce n’était que quelques mots. Il pensait que le fait d’apprendre notre langue pouvait nous donner une identité. Il n’avait pas de honte de soi et son trait de caractère premier était la détermination. Il ne se rendait jamais. Il avait été interné pendant sept mois, mais cela n’avait pas abattu son enthousiasme ou son courage. Il avait été arrêté et détenu en préventive en 1975/76 mais il avait continué. Il était sans cesse arrêté, harcelé et brutalisé pendant les huit années qu’il a passées en liberté. Mais il a persévéré et poursuivi le chemin de la république socialiste des 32 comtés.

J’espère vous avoir donné à tous de l’espoir et quelques pensées. Je dois souligner que le fait travailler pour l’Irlande impliquera des jours difficiles pour vous tous. Les institutions utiliseront toute la puissance de leur répression pour tenter de vous faire renier vos idées. Mais rappelez-vous qu’ils n’ont jamais pu briser notre esprit irlandais de liberté. C’est là notre plus noble héritage, et je sais que vous les jeunes en avez reçu une bonne part. Je voudrais dire au nom des Hommes aux Couvertures [‘Blanket Men’] que nous sommes fiers de vous tous et je sais que Patsy le serait lui aussi. Continuez votre travail excellent parce que nous vaincrons. Souvenez-vous : apprenez notre histoire, lisez nos écrits et parlez notre langue et surtout ne désespérez pas, car comme Patsy l’a dit dans les jours qui ont précédé sa mort : « LE COMBAT DOIT CONTINUER ». Bonne chance.
Tiocfaidh ar la
TONY O’HARA. H/5

Source : ici.

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