LI – A propos de la journée internationale des prisonniers politique à Paris

La journée internationale des prisonniers politiques s’est tenue mardi dernier à Paris, à l’académie des arts et de la culture du Kurdistan. L’origine de ce 17 avril en tant que journée des prisonniers politiques est palestinienne. Ce jour, le 17 avril 2012, 1.200 prisonniers politiques palestiniens ont entamé une grève de la faim pour protester contre leurs conditions de détention.

Un représentant de Libération Irlande était invité à la tribune pour présenter le combat des républicains irlandais emprisonnés. Un hommage à Bobby Sands et à ses neuf camarades morts en grève de la faim en 1981, a été rendu. La dureté de ce combat jusqu’à la mort et sa résonance internationale ont été évoquées. Mais l’orateur a voulu parler du présent car le meilleur hommage qui puisse être rendu à Bobby Sands est de faire connaître et de soutenir le combat actuel des révolutionnaires emprisonnés dans le Nord-Est de l’Irlande occupé. Ces prisonniers républicains irlandais d’aujourd’hui mènent une lutte extrêmement dure dans la prison de Maghaberry pour que soit reconnu leur statut politique, c’est-à-dire qu’ils combattent exactement pour les mêmes raisons que les grévistes de la faim de 1980 et 1981. D’autre part, ils mènent leur combat de la même façon que leurs prédécesseurs des Blocs-H dans la première phase de leur révolte, par la grève de l’hygiène.

En outre, il a été souligné que leur mouvement de révolte dans les prisons était d’autant plus héroïque qu’isolé puisque le combat est mené contre l’oppression de l’Etat mais aussi en-dehors du mouvement « républicain » provisoire et sans son assentiment. Le représentant de Libération Irlande a affirmé que les républicains incarcérés aujourd’hui n’étaient pas les dissidents du républicanisme irlandais, comme les nomment l’Etat et ses laquais, mais au contraire ses continuateurs. L’orateur a alors lu la déclaration du bureau international de Republican Sinn Féin, rédigée pour l’occasion. Des applaudissements ont salué, à travers cette déclaration et à travers les frontières, tous les prisonniers de guerre républicains!

En accord avec le camarade ayant présenté la soirée, qui rappelait que la question des prisonniers politiques ne pouvait pas être dissociée de leur engagement politique et social, quelques remarques concernant l’Irlande d’aujourd’hui d’après le « processus de paix » ont été faites.

L’orateur a souligné l’importance historique de la résistance irlandaise, au moins depuis 1916, à laquelle les mouvements de libération ont toujours été attentif, ce qui est vrai en particulier du mouvement provisoire qui représentait autrefois le détachement politico-militaire le plus avancé des mouvements de libération nationale en Europe de l’ouest. « Et aujourd’hui le plus avancé en matière de capitulation », a ajouté l’orateur.

Il a été expliqué en effet que dans les Six Comtés, tout avait changé pour que rien ne change : aucun des objectifs historiques du mouvement n’avaient été gagnés par les accords de Stormont en 1998, ni la souveraineté de l’Irlande, ni à plus forte raison le socialisme. Si les miradors et les patrouilles militaires visibles ont disparu, l’Etat britannique, le MI5 et les unités militaires qui font de l’espionnage undercover sont là pour rester. De même dans les prisons, les matons loyalistes qui s’acharnent sur les républicains n’ont jamais disparu. Les accords de Stormont en 1998, signés par Sinn Féin Provisoire (PSF), ont précisément aboli ce statut spécial dont jouissaient les prisonniers républicains auparavant. Le combat actuel des prisonniers montre qu’en un sens Bobby Sands est mort pour rien, et l’histoire a parcouru un cercle, « ou plutôt une spirale » a précisé le représentant de Libération Irlande.

L’orateur a poursuivi en soulignant que la domination de l’impérialisme britannique en Irlande s’était maintenue et même consolidée, puisqu’elle s’appuie dorénavant sur la nouvelle bourgeoisie catholique et ses représentants du parti Sinn Féin Provisoire qui ont trouvé une place au soleil dans le système de l’adversaire, qui se trouve en échange légitimé par cette participation. Cette fausse paix a été achetée. C’est pourquoi il est capital que les mouvement politiques qui souhaitent à l’exemple de PSF pactiser avec l’adversaire, comme c’est le cas au Pays Basque, soient au courant de ces faits.

Pour reprendre les mots de la camarade représentant les étudiants palestiniens (GUPS), les prisonniers crient, mais dans le silence. C’est pourquoi nous autres à l’extérieur devons être la voix des prisonniers, à qui on ferme la bouche, et ouvrir les oreilles du peuple, qu’on tient fermées.

Publicités
Cet article, publié dans Déclaration, Prisonniers politiques, est tagué , , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

8 commentaires pour LI – A propos de la journée internationale des prisonniers politique à Paris

  1. helene dit :

    J’ai décidé de me désabonner de votre site pourtant trés instructif car meme si je soutien et aime profodément les Irlandais en particuliers ceux du Nord mon affection va a l’état d’Israel et aux Juifs du monde entier et surtout pas aux palestiniens et autres musulmans dégénérés du Hamas et autres .L’ Islam est le 4émé REICH ,l’Allemagne nazie d’aujourd’hui’ et ceux qui les soutiennent sont des ISLAMOCOLLABOS .NI LES ALLEMANDS NI LES MUSULMANS .

  2. peadar dit :

    goodbye and good riddance

  3. LOR dit :

    Tres bonne intervention de LI.
    Helene – depuis les annees 70 les republicains irlandais ont toujours ete pro- Palestiniens.
    Par contre Unionistes et Loyalistes sont inconditionellement pro-Sionistes.

    • Ekintza dit :

      Helene « soutient et aime profondément » tellement les Irlandais qu’elle ne sait même pas que les Républicains sont pro-palestiniens….

      C’est les 18 % de Marine qui provoquent des commentaires comme le sien ?

  4. peadar dit :

    que pensez-vous de cette vidéo ?

  5. peadar dit :

    Voilà le compte-rendu de la journée par une organisation basque :

    http://askapena.org/?q=es/node/1982

    A Paris, solidarité internationaliste pour les prisonniers politiques

    Le 17 avril marque une journée importante dans la dynamique de solidarité
    avec l’ensemble des prisonniers politiques du monde. Cette année, cela
    était aussi l’occasion de se rappeler l’origine de cette journée puisque
    depuis 1975, les organisations politiques palestiniennes se réunissent
    autour de la solidarité avec les militants et militantes palestinien(ne)s
    incarcéré(e)s.

    En ce 17 avril, 1200 prisonniers palestiniens ont lancé de concert une
    grève de la faim durable tandis que 2300 ont refusé de s’alimenter pendant
    24 heures en solidarité avec leurs camarades. Ce même jour, Khader Adnane
    était libéré des geôles sionistes après avoir observé une grève de la faim
    de 66 jours. Cela, quelques semaines après un millier de libérations dont
    celle de Salah Hamouri, militant franco-palestinien du Front Populaire de
    Libération de la Palestine.

    Aussi, depuis 2004, d’autres organisations de solidarité avec les
    prisonniers et prisonnières politiques se sont saisies de cette date,
    après une réunion tenue en Euskal Herria, à Donostia. Les Palestiniens
    avaient alors offert cette journée aux Basques, aux Corses et à d’autres
    peuples en lutte afin de créer une journée internationale de solidarité
    avec l’ensemble des prisonniers et prisonnières politiques. C’est
    pourquoi, cette année encore, à Paris, diverses associations et
    organisations se sont réunies à l’Académie des Arts et Cultures du
    Kurdistan pour débattre de la situation et présenter les différentes
    réalités subies par les peuples et les militants et militantes
    révolutionnaires en lutte.

    Dans un premier temps, les organisations présentes ont souhaité rendre un
    hommage à Bobby Sands et à ses camarades morts après être allés au bout de
    leur grève de la faim dans la prison de Long Kesh en 1981. Un extrait du
    documentaire Irish Ways a été diffusé afin de se souvenir du combat de ces
    militants. Aussi, cela permettait d’évoquer le processus initié par le
    Sinn Fein afin de parvenir à la libération et à l’union de l’Irlande. De
    son côté, Georges, un animateur du site d’information Libération Irlande
    est revenu sur ce processus afin d’apporter la voix critique d’une partie
    du mouvement républicain.

    Mireille Mendès-France Fanon, présidente de la Fondation Frantz-Fanon et
    fille du grand penseur des luttes de libération nationale, a développé sa
    réflexion quant à la répression exercée par les Etats sur les militantes
    et militants politiques malgré le fait qu’ils refusent généralement de
    reconnaître la réalité de lutte présente sur leur territoire. Ainsi, ils
    cachent souvent leur répression sous couvert d’une doctrine «
    anti-terroriste » pourtant contraire aux droits humains fondamentaux.

    La soirée a ensuite été divisée en deux tables rondes, la première portait
    sur « La prison, outil de répression : la résistance des prisonniers
    politiques face aux traitements inhumains, cruels et dégradants ! » tandis
    que la deuxième avait pour sujet : « Le rôle des prisonniers politiques
    dans les processus politiques de sortie de crise ».

    Symboliquement, Leïla, représentant la General Union of Palestine Students
    (GUPS, syndicat étudiant palestinien), fut la première des intervenants,
    rappelant la résistance constante des prisonnières et prisonniers
    palestiniens face à l’administration pénitentiaire sioniste, notamment
    face aux arrestations arbitraires appelées « détentions administratives »
    permettant de détenir indéfiniment n’importe quel individu, y compris des
    enfants.

    A sa suite, Georges, militant solidaire de Georges Ibrahim Abdallah,
    prisonnier politique libanais incarcéré depuis 28 ans dans l’Etat français
    en raison de son engagement pro-palestinien, et actuellement à Fresnes
    pour être « observé » par le Centre National d’Observation afin de savoir
    si il est « réinsérable » dans la société et de statuer sur une possible
    libération. Une libération toujours refusée par l’Etat français face à la
    résistance continue de Georges Ibrahim Abdallah refusant de renier ses
    idées. Aussi, Georges a rappelé que Jean-Marc Rouillan, ancien militant
    d’Action Directe, était en attente d’une décision pour une libération
    conditionnelle « totale », acceptée par les tribunaux mais refusée par le
    Parquet qui a interjeté appel.

    Un militant turc a rappelé la dure répression subie par les militants et
    militantes anti-impérialistes ainsi que par les Kurdes, notamment de
    graves cas de torture, alors même que l’AKP est présenté comme un modèle
    politique pour l’ensemble du Moyen-Orient avec sa doctrine « islamiste
    modéré ».

    Il a ensuite été décrit la situation nouvelle vécue par Mumia Abu-Jamal
    depuis la commutation de sa peine de mort en peine à vie, le militant
    africain-américain réapprenant à « vivre » depuis son changement de régime
    pénitentiaire. De la même façon, il a été évoqué Leonard Peltier,
    prisonnier politique amérindien dans sa 37e année de détention et
    subissant toujours les brimades violentes des autorités étasuniennes. Pour
    autant, Mumia comme Leonard restent des hommes debout face à
    l’impérialisme interne yankee.

    Enfin, Tania, animatrice du site d’information Les Trois Passants –
    Libérons les en solidarité avec les militants de l’Autre Compagne au
    Mexique. Elle est notamment revenue sur les organisations de résistance
    dont se sont dotés les hommes et les femmes incarcéré(e)s, majoritairement
    amérindiens, pour leur engagement en solidarité avec le mouvement
    zapatiste.

    Dans la deuxième table ronde, il était donc question d’évoquer le rôle des
    prisonnières et prisonniers politiques dans leur mouvement, notamment
    lorsqu’il était question de mettre en place des processus de sortie de
    crise.

    Le premier à prendre la parole fut le représentant de l’Associu
    Sulidarità, association de solidarité avec les prisonniers politiques
    corses et leurs familles qui, a rappelé les précédents historiques
    d’amnistie en 1981 et 1988, ainsi que des derniers rapprochements, tous
    obtenus suite à l’établissement d’un rapport de force établi par le
    mouvement national. De plus, il a proposé aux autres organisations
    présentes de profiter du fait d’être réunies afin d’établir une
    coordination informelle pour travailler ensemble tout au long de l’année
    et maintenir une pression constante sur les responsables de la répression.

    Ensuite, Juan, membre du Comité de Solidarité avec le Peuple Basque de
    Paris, a souligné le rôle essentiel joué par le Collectif des Prisonnières
    et Prisonniers Politiques Basques, qui a toujours participé à la réflexion
    politique menée par la gauche indépendantiste et qui doit maintenant
    devenir un interlocuteur des Etats espagnol et français, notamment pour
    obtenir l’amnistie totale et inconditionnelle de ces militantes et
    militants, dans le cadre du règlement du conflit politique.

    Rapidement, Sergio, camarade du Comité Pérou, a également mis en avant la
    nécessité de la libération des prisonnières et prisonniers politiques de
    ce pays pour ouvrir les voies du dialogue afin de créer un nouveau cadre
    institutionnel et politique.

    Enfin, un membre de Terre et Liberté pour Arauco, association solidaire de
    la lutte du peuple mapuche, a rapporté quelques exemples de la répression
    exercée par l’Etat chilien, y compris depuis la fin de la dictature
    militaire de Pinochet et l’arrivée au pouvoir d’un gouvernement du Parti
    socialiste de Michelle Bachelet.

    Pour terminer la soirée, l’honneur est revenu aux Kurdes qui accueillaient
    l’événement de clore le tour de paroles en décrivant à la fois les coups
    subis par le mouvement kurde, avec la nouvelle politique mise en place par
    le pouvoir d’Ankara de manipuler une certaine identité kurde en cherchant
    à l’exploiter pour servir son discours. Pour autant, la résistance du
    peuple kurde et la nécessité de faire participer les prisonnières et
    prisonniers politiques dans le processus de libération est toujours aussi
    vivace.

    En conclusion, la centaine de personnes présentes ont partagé un moment de
    solidarité internationaliste et ont cherché à renforcer, par leurs
    échanges, une nouvelle dynamique commune autour d’une exigence :
    LIBERTE POUR LES PRISONNIERES ET PRISONNIERS POLITIQUES DU MONDE !

    CSPB Comité de Solidarité avec le Peuple Basque
    21 ter, rue Voltaire 75011 Paris
    comite_basque@yahoo.fr
    http://cspb.unblog.fr/

  6. peadar dit :

    la version en castillan du texte a été publiée par Euskal Herria Sozialista

    http://euskalherriasozialista.blogspot.fr/2012/05/conferencia-de-los-presos-politicos.html

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s