Owen Paterson ne souhaite pas organiser de réferendum sur l’unité irlandaise

Bref, il envoie bouler McGuinness en lui expliquant que c’est lui, le secrétaire d’Etat, qui a le pouvoir.

Owen Paterson, secrétaire d’Etat à l’Irlande du Nord, a rejeté les propos appelant à tenir un référendum sur la question de l’unité de l’Irlande et a prédit que l’Ecosse ne voterait pas pour l’indépendance.

Depuis longtemps en Irlande, les commémorations sont source de discorde, menant même à l’irruption d’émeutes pendant les marches annuelles du mois de juillet en Irlande du Nord. Ces marches célèbrent la victoire du roi protestant Guillaume d’Orange sur le roi catholique Jacques II en 1690. D’autre part, des historiens et des unionistes ont critiqué les commémorations du 50è anniversaire du soulèvement de Pâques 1916 organisée [par le Free State] en 1966, qui culminèrent avec la destruction de la statue de l’amiral Nelson par l’IRA, parce qu’à leur avis elle ont contribué à accroître les tensions ethno-confessionnelles [‘sectarian’].

D’où la préoccupation concernant le Centenaire du soulèvement de Pâques 1916, qui serait susceptible de procurer aux républicains dissidents une vague de nouvelles recrues. Pour tenter d’empêcher les excès de cette soi-disant décennie de commémorations – qui commence en avril avec le centenaire de l’introduction de la troisième loi sur l’autonomie de l’Irlande [‘third home rule bill’] à la Chambre des Communes – Londres, Dublin et Belfast se sont mis d’accord pour coordonner leurs efforts.

Un comité d’universitaires a été mis sur pieds, des professeurs d’histoires sont chargés de donner les informations factuelles basées sur des sources originales. Des hommes politiques des deux bords et venant de traditions différentes participeront aux commémorations, aux expositions et aux séminaires, qui seront organisés de telle sorte qu’ils soient les plus ouverts [‘inclusive’] possible. « Aucun groupe ne devrait s’imaginer avoir un droit exclusif à l’Histoire », a dit Jimmy Deenihan, ministre irlandais de l’héritage historique.

Martin McGuinness, premier-ministre adjoint de l’exécutif nord-irlandais, a dit la semaine dernière qu’il souhaitait que soit tenu un référendum sur l’unité irlandaise en 2016, année significative pour les républicains puique c’est celle du centenaire du soulèvement de Pâques contre la domination britannique. Mais dans une interview au Financial Times, M. Paterson, le secrétaire d’Etat à l’Irlande du Nord, a expliqué qu’il ne lui étaient parvenu que peu de demandes en ce sens en provenance du public nord-irlandais, que ce soit par lettre, e-mail ou appel téléphonique, malgré le débat en cours sur l’indépendance de l’Ecosse. Il a affirmé : « Les gens ici dans le Nord se préoccupent de ce qui se passe sur le front économique. Je pense qu’ils portent moins d’intérêt aux grandes questions constitutionnelles et plus d’intérêt aux questions quotidiennes de l’économie ».

D’après les dispositions de l’accord du vendredi saint, le secrétaire d’Etat à l’Irlande du Nord a la haute main sur la tenue ou non d’un référendum sur l’unité irlandaise. L’accord de paix entre le Royaume-Uni, l’Irlande et les partis politiques d’Irlande du Nord stipulait en outre que le secrétaire d’Etat à l’Irlande du Nord devait appeler à un référendum en ce sens au cas où « l’une des parties considérait qu’il y avait une majorité de gens [dans les 6 comtés] souhaitant la tenue d’un tel référendum » sur l’unité de l’Irlande.

M. Paterson a donc dit qu’il ne projetait pas d’appeler à un tel référendum, expliquant que la question constitutionnelle « avait été réglée, dans un sens conforme aux souhaits de la majorité ». Lors d’un sondage fait l’année dernière 73% des personnes s’étant exprimées ont affirmé voiloir rester dans le Royaume-Uni. L’enquête menée par Life and Times publiée en juin 2011 conclut que 52% des catholiques vivant en Irlande du Nord voulait le maintien de l’Union, seulement un tiers se prononçant pour une Irlande unie. La crise économique qui frappe l’Irlande et qui a rendu nécessaire un prêt de 67,5 millions d’euros de l’Union Européenne et du Fonds Monétaire International en novembre 2010, a réduit aux yeux de nombreux catholiques le potentiel de séduction de l’unité irlandaise. En 1998, année de l’accord du vendredi saint, seuls 19% des catholiques se prononçaient pour le maintien de l’Union avec la Grande-Bretagne, alors que 49% voulaient une Irlande unie.

M. Paterson a expliqué que l’attention portée à l’indépendance de l’Ecosse allait nécessairement inspirer des débats similaires en Irlande du Nord, mais que les Ecossais n’allaient pas, selon lui, voter pour la séparation d’avec le Royaume-Uni. « Je pense que le Royaume-Uni va garder son unité… Fragmenter le Royaume-Uni serait une tragédie. Nous sommes plus grands que la somme de nos parties » a-t-il dit, citant à l’appui de son propos les forces du Royaume-Uni, comme son siège du Royaume-Uni au conseil de sécurité de l’ONU, et ses liens historiques avec les Etats-Unis, le Canada, l’Australie, l’Inde et tant d’autres pays.

Source : http://www.ft.com/cms/s/0/2ad944b4-50c0-11e1-8cdb-00144feabdc0.html#ixzz1mAhA0VYT

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