Grève de la faim de 1981: la fille de Mickey Devine accuse les Provisoires

Les livres de Richard O’Rawe ont créé une onde de choc, en révélant l’ampleur des manipulations pendant la grève de la faim de 1981, et de nouvelles preuves alourdissent le dossier : le scandale est énorme, les langues se délient.

Dans une interview donnée à Suzanne Breen le 15 janvier pour le journal Sunday World, la fille de Mickey Devine, gréviste de la faim des Blocs H originaire de Derry, a attaqué la direction des Provisoires, expliquant que son père était « mort pour rien ».

Louise Devine a dit qu’elle était « écœurée » d’apprendre que des sommités du parti avaient rejeté une proposition britannique secrète qui aurait pu sauver la vie des six derniers grévistes de la faim, dont son père faisait partie. La thèse selon laquelle une proposition britannique substantielle était disponible, formulée pour la première fois par Richard O’Rawe, ancien prisonnier ayant participé à la révolte des couvertures [‘Blanketman’], a été confirmée très récemment par la divulgation de documents d’Etat britanniques.

Par conséquent, Louise Devine est en train de faire des démarches pour être reçue par Gerry Adams, Martin McGuinness et les autres sommités républicaines qui dirigeaient la grève de la faim de l’extérieur. « Je veux des réponses. Je leur demande de me recevoir en tête à tête. Ils me doivent bien ça, c’est la moindre des choses », a-elle dit.

« Je n’avais que cinq ans lorsque je vis mon père agoniser dans ce taudis des Blocs H. Je me suis assise sur son lit, mais il ne pouvait pas me voir, ni mon frère, car il était devenu aveugle. Mais je me souviens des larmes qui coulaient sur son visage quand nous l’avons quitté pour la dernière fois. »

Les Devine sont la première famille d’un gréviste de la faim de 1981 mort en prison à dénoncer la direction de Sinn Féin [provisoire] suite aux récentes révélations.

« Aujourd’hui, il y a une montagne de preuves qui soutiennent la thèse de Richard O’Rawe, selon laquelle les Britanniques ont fait une proposition qui accordait 4 des 5 revendications des prisonniers, proposition acceptée par la direction de l’IRA en prison, mais rejetée par la direction à l’extérieur » a dit Louise.

« Si la proposition britannique avait été acceptée, mon père serait toujours vivant aujourd’hui. Au lieu de ça, il a passé 60 jours à agoniser en grève de la faim, pendant lesquels son corps partait en lambeaux. Il est mort pour rien parce que les Britanniques étaient déjà d’accord pour accorder presque toutes les revendications des prisonniers. »

Sinn Féin [provisoire] continue à nier que cette proposition existait, elle qui aurait pu sauver les vies de ces six hommes, et que la grève de la faim fut donc prolongée sans nécessité pour des motifs électoralistes. Mais Louise, qui a 35 ans, explique qu’elle est « au-delà de la colère » face à ces républicains qui ont rejeté la proposition : « comment peuvent-ils vivre avec eux-mêmes? Ils savaient très bien à quel point souffraient les grévistes de la faim, et la crasse et l’abjection dans laquelle ils avaient vécu leur incarcération. Ces hommes sont des êtres froids et sans cœur. »

Mickey Devine, âgé alors de 27 ans et père de deux enfants, surnommé ‘Red Mickey’ à cause de ses cheveux roux et de ses positions politiques de gauche, fut le dernier des 10 grévistes de la faim de 1981 à en mourir, en prison. Louise affirme que Sinn Féin [provisoire] n’avait pas informé son père, ni l’INLA dont il faisait partie, de la proposition britannique.

« Si papa l’avait su, il aurait arrêté sa grève de la faim. Il était un jeune homme avec deux enfants qu’il adorait et avait moins de deux ans à passer en prison. Il avait toutes les raisons de revenir à la vie. » Louise, qui est mère de cinq enfants, souligne qu’elle est « très fière » de son père et de son sacrifice. « Il est mort pour ses camarades. Ce qui me détruit, c’est qu’il n’avait pas à mourir. » Elle exige une enquête indépendante sur la grève de la faim : « Sinn Féin [provisoire] exige des enquêtes à chaque fois que ça les arrange. Voyons-voir s’ils acceptent celle-ci. »

Source : http://saoirse32.wordpress.com/2012/01/16/suzanne-breen-he-died-for-nothing-hunger-striked-for-not/

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