A propos du tournant de la gauche abertzale – deuxième partie

La suite du document communiste basque sur le processus de capitulation récent.

Voici donc un récapitulatif non-exhaustif de ces « exploits », qui vont rester de triste mémoire… Après la présentation de « Zutik Euskal Herria » en février, vint fin mars 2010, sous l’impulsion de l’avocat sud-africain « spécialiste de la résolution des conflits » Brian Currin, la « Déclaration de Bruxelles », signée par une belle brochette d’impérialistes et de pantins de l’impérialisme (18).

Un nombre important d’ »incidents » eut lieu durant les fêtes à l’été 2010. En juin, un poste de la Ertzaintza fut attaqué, que la gauche abertzale qualifia de « hors de sa stratégie » (19). Durant les mois de juillet et août, un nombre très important de containers furent incendiés. A cela, les liquidateurs réagirent ainsi : « Cela induit la gauche abertzale à penser que derrière ces actes se cache une intentionnalité politique de casser la dynamique revendicative » (20).

En septembre 2010, à l’annonce de l’interdiction d’une manifestation, les réformistes, pour montrer leur « respectabilité », déclarèrent qu’ils « priaient instamment les citoyens », « depuis la responsabilité et avec détermination » à ne pas se rendre à Bilbo, « pour ne pas tomber dans des provocations et éviter des troubles » (21).

Si au début certains vendaient l’idée que certes, ETA et la kale borroka c’était fini, mais que l’on ne renonçait pas pour autant à toute action illégale, que l’on impulserait la « désobéissance civile » (exactement le même discours qu’Aralar en 2000 !), cet événement et tous les autres depuis deux ans ont prouvé qu’il ne s’agissait que d’un mensonge de plus, cette « désobéissance civile » étant totalement inexistante. Les voies « politiques et démocratiques » dans la bouche des sociaux-traîtres sont ce qu’elles sont : purs parlementarisme et légalisme.

Fin septembre fut signé l’Accord (Reddition…) de Gernika par de multiples partis, organisations et syndicats. On y préconisait notamment « la réconciliation et la reconnaissance et de réparation de toutes les victimes ». Ils n’ont pas cessé d’affirmer que cela concernait vraiment TOUTES les « victimes », c’est-à-dire qu’ils mettent sur le même plan les militants basques et, entre autres, les tortionnaires fascistes des forces de police espagnoles.

En octobre, vint la fameuse interview d’Arnaldo Otegi dans El Pais. Il y eut quelques jours plus tard une série d’actions de kale borroka (22).

Le 20 novembre 2010, à l’hommage annuel à Santi Brouard et Josu Muguruza, assassinés par le PSOE-GAL en 1984 et 1989, les liquis y invitaient les veuves de deux agents de la Ertzaintza exécutés par ETA (dont le chef du renseignement anti-ETA…) (23). La salle fut apparemment assez vide, et il y eut des huées contre la Ertzaintza…

En décembre 2010, Txelui Moreno déclarait : « Ceux qui ne sont pas en accord avec la voie que nous avons prise en marge de la violence, ne pourront pas être dans la gauche abertzale » (24). Et il répétait exactement la même chose en février 2011 (25).

Après l’annonce par ETA en janvier 2011 d’un « cessez-le-feu général, permanent et vérifiable », les liquidateurs faisaient appel au « Groupe international de contact » de Brian Currin, composé par rien de moins que d’un ex secrétaire-général d’Interpol, deux ex-intermédiaires de la pacification impérialiste dans le Nord de l’Irlande, et d’un ancien conseiller du ministre de la défense israélien lors des « négociations de paix » de Camp David en 2000 (26) !!!

En février 2011, ce fut la présentation des statuts IMMONDES de Sortu, qui, avaient prévenus les liquidateurs, respecteraient la Loi des Partis.

Les liquis affirmèrent alors leur « rejet ferme et sans équivoque de tout acte de violence et de terrorisme et de leurs auteurs », le « rejet de n’importe quel genre de connivence politique et organisationnelle avec la violence, avec les formations et les instruments politiques qui ont été illégalisés à cause de cette connivence, ainsi que n’importe quelle manifestation de ce phénomène terroriste » (27), et leur « volonté de contribuer avec les autres acteurs politiques et sociaux à la disparition totale et définitive de toute sorte de violence, en particulier de celle d’ETA » (28), et promettant l’expulsion de n’importe quel militant qui ne respecterait pas ce « rejet de la violence ».

Ils ajoutèrent ensuite, en sollicitant l’inscription dans le registre des partis politiques, dépassant allégrement les strictes exigences de la Loi des Partis :

« Il n’existe pas de similitude avec Batasuna parce qu’ont été modifiés les éléments essentiels de ce qu’était Batasuna, et parce que la nouvelle formation matérialise dans ses statuts une rupture organique, fonctionnelle et d’activité » avec le parti interdit.

« Les statuts  ne sont pas simple rhétorique formelle. Ce sont des faits et, en plus, des faits indiscutables qui mettent en évidence une position et des compromis en faveur de la fin de la violence. Bien qu’en eux même ils ne servent pas à garantir cet objectif, ils constituent un instrument extrêmement efficace pour mettre fin à la violence d’ETA. »

« Les statuts de Sortu et sa légalisation conduiront à la fin de la violence au Pays Basque et dans l’Etat, parce qu’ils représentent l’étranglement définitif de n’importe quel espace social et politique pour que ceux qui la pratiquent puissent continuer avec leur activité, et quel que soit le processus de sa disparition, il est évident que celle-ci s’accélère. »

« Les statuts  de Sortu encouragent le processus de disparition de la culture politique de la violence dans la société basque. » (29)

« Sortu est absolument étranger à n’importe quel genre de connivence avec la violence et le terrorisme et par conséquent, à donner une continuité aux conduites qui ont provoqué l’interdiction de Batasuna. » (30)

Ainsi, après 30 ans de criminalisation par l’Etat espagnol, dont 15 d’illégalisations, des années à dénoncer des centaines et des centaines de farces de procès, ils ont donné crédit absolu aux thèses de l’Audiencia Nacional et du juge Garzon selon lesquelles « Tout est ETA » et qui ont servi à l’interdiction de toutes les organisations ces quinze dernières années !!!

Ils ajoutaient : « La Loi des Partis n’envisage pas l’exigence de rejeter les crimes passés d’ETA.  C’est aujourd’hui, avec ETA en suspension de ses activités terroristes, quand cela a une authentique transcendance que de la gauche abertzale naisse une force politique qui rejette de manière indubitable la violence et le terrorisme de cette organisation et contribue avec les autres agents politiques et la société dans son ensemble à la laisser orpheline de n’importe quel soutien social et politique » (31).

La condamnation des actions passées d’ETA fut donc la seule ligne rouge qu’ils ne passèrent pas, pas encore… Il faut ajouter qu’il n’y avait volontairement pas la moindre allusion aux prisonniers politiques basques dans les statuts.

Depuis « Zutik EH », les critiques et les oppositions claires s’étaient multipliées, mais ces statuts déclenchèrent un bouillonnement important dans les bases de la gauche abertzale, Au lendemain de la présentation des statuts, des militants quittèrent les structures, des graffitis apparurent en masse.

Peu de temps après, deux actions de kale borroka furent réalisées, en commémoration du massacre par la police de 5 ouvriers le 3 mars 1976 lors des grèves à Gasteiz (32). Au même moment eut lieu l’arrestation d’un commando d’ETA.

Il fut particulièrement écœurant de voir que Sortu garda volontairement le silence sur l’arrestation des militants. Le gouvernement leur dit que Sortu « se trouvait devant une opportunité parfaite pour se démarquer de la violence ». Sortu leur répondit que « dans leurs statuts étaient inclus le rejet de tout type de violence, où sont inclus les actes de violence de rue, les mauvais traitements et la torture ». Ils dirent qu’ »ils n’iraient pas plus loin que cette déclaration exprimée par écrit jusqu’à ce qu’il soit une organisation légale ». Ils assurèrent qu’ »à partir de ce moment, le parti assumera sans aucun type de doutes la responsabilité pour gérer de manière ferme et cohérente tous les principes et engagements assumés sur le papier » (33) (ça promet !!!).

Mais ensuite, les misérables de Sortu condamnèrent les actions de kale borroka, et un soi-disant projet d’attentat contre le social-fasciste Patxi Lopez, président de la Communauté autonome basque (CAV), arraché sous la torture aux militants d’ETA !!! (34)

Début avril, eurent lieu dans l’Etat français des tirs supposés de membres d’ETA lors d’une course-poursuite avec des gendarmes. Bildu déclara « rejeter l’incident » (35). La direction de la gauche abertzale se caractérisa par une réaction pire que celle de Bildu : « Les engagements pris par ETA avec le cessez-le-feu ne sont absolument pas compatibles avec la fusillade », qui est « incompréhensible et injustifiable ». « Ainsi, la gauche abertzale la rejette tant par sa gravité que parce qu’elle entrave la nouvelle phase ouverte en Euskal Herria ». « Nous demandons à ETA de ratifier ses engagements et de fournir dès que possible les explications pertinentes pour que soient éclaircis les faits. » (36) Tout cela sans qui plus est absolument rien connaître des conditions de la fusillade !!

Et si ce n’était pas suffisant, Sortu en rajoutait une couche avec un autre communiqué où le parti soulignait entre autres « son rejet sans équivoque et éthique à l’usage de tout type de violence » (37)

Fin avril, à l’occasion de l’Aberri Eguna (Jour de la Patrie), apparurent dans tout Hegoalde (Pays Basque Sud), des tags disant « Gora gudariak » (« Vive les combattants »). Le 27 avril, les réformistes, entre autres des délégués de LAB, organisaient un rassemblement en soutien à un prisonnier repenti cherchant à se faire réembaucher, rassemblant une vingtaine de personnes (38).

Le même mois, Bildu, coalition entre EA, Alternatiba et des « indépendants abertzale de gauche », annonçait que chaque candidat de ses listes pour les élections du 22 mai devrait signer « un engagement à s’opposer par tous moyens légitimement en son pouvoir à toute violation des droits humains et à l’usage de la violence » (39).

Les élections municipales et forales de mai 2011 furent source de grande joie pour les liquidateurs, en apparence confortés dans leur projet. On ne peut pas vraiment dire que la contestation apparut dans les résultats électoraux. Bildu, obtenait 313 000 voix (40), remportant notamment la mairie de Donostia et la Diputacion Foral de Gipuzkoa.

Ce résultat « historique » est bien sûr à relativiser, car il est difficile de quantifier quelque chose dans ces élections. D’une part, l’abstention fut forte comme toujours, près de 40 %, et elle augmenta un peu en Nafarroa et Araba, à la quelle il faut ajouter les votes blancs et nuls. Bildu compta avec les voix d’EA, d’Alternatiba (une partie d’IU), tandis qu’Aralar connut une plus que prévisible saignée. Tous les observateurs, de la gauche abertzale compris, s’accordent à dire que la coalition a reçu les votes de personnes et de secteurs qui n’avaient absolument rien à voir avec la gauche abertzale (41).

D’autre part, sachant qu’il s’agit d’élections municipales, municipalités où la gauche abertzale a jusqu’à présent généralement tâché de défendre les intérêts populaires, bien que cela nécessiterait un large débat  avec une analyse des évolutions dans ce domaine ces 30 dernières années, et étant donné en plus que Bildu a failli être illégalisé, beaucoup de militants critiques ont voté pour Bildu « faute de mieux », « pour dégager le PPSOE et le PNV »… etc.

Il est bien sûr évident que l’ensemble des 313.000 voix ne sont pas en soutien à la liquidation et au réformisme, bien qu’une importante partie le soit. Dans tous les cas, ces votes n’ont clairement qualitativement rien à voir avec les 250 000 votes de Herri Batasuna de la grande époque, ou des 150 000 de ces dernières années…

Après le succès de Bildu, Pello Urizar d’EA et Oskar Matute d’Alternatiba, déclaraient immédiatement que ces résultats « impliquent le retrait définitif d’ETA ». Ils assurèrent que « les indépendants abertzale de gauche » de Bildu aussi « considèrent que la violence ne peut pas être une voie pour agir ni une excuse. Nous sommes dans une autre étape, et celle-ci est bien la définitive ». « ETA doit disparaitre et les mécanismes pour qu’il en soit ainsi doivent se mettre en marche ». « Si une fois ETA a eu un soutien social, maintenant elle l’a perdu ».

Pello Urizar souligna que Bildu « est arrivé aussi pour gérer, et ne va pas être un simple pari pour le non, mais pour construire ». « Nous mettrons à présent notre programme sur la table en voyant la volonté des autres partis car nous croyons qu’il y a une possibilité d’arriver à des accords » (42). Ils disaient là une fois de plus clairement que leur objectif est la pleine intégration dans les institutions bourgeoises.

Ce n’est pas pour rien que le PNV laissa Bildu gagner la Diputacion de Gipuzkoa en refusant l’alliance que lui proposaient le PP et le PSOE. Contrairement à ce qu’il avait fait en 1991 en s’alliant au PSOE lorsque Herri Batasuna avait obtenu la majorité…

Bildu se montra notamment près à un pacte pour  gouverner avec le PSOE en Navarre contre l’UPN, mais ces deux derniers se sont alliés (43)… On assistait également à des pactes avec le PSOE et même avec le PP dans certaines villes ! (44) A la mairie de Donostia, le drapeau espagnol continue toujours de flotter bien haut, et la grande pancarte disant « ETA NO » n’a pas bougé…

Carlos Garaikoetxea, premier président de la CAV dans les années 1980 pour le PNV et fondateur d’Eusko Alkartasuna, dit très clairement, qu’après la victoire de Bildu en Gipuzkoa, la construction du TGV n’allait en aucun manière que ce soit être arrêtée : « Que quelqu’un regarde le programme de Bildu et il verra que cela n’apparaît à aucun endroit. De plus, très significativement le candidat au poste de député général a dit que cela n’est même pas la compétence de Bildu. C’est la manière la plus frontale de le démentir. Nous avons seulement proposé des corrections : nous ne voulons pas un Y, mais un H, pour structurer le Pays Basque avec la Navarre » (45).

En août, la question « EA a-t-elle perdu une partie de sa personnalité dans cette coalition ? », le même Garaikoetxea répondait : « J’ai la conviction, d’abord, que l’apport d’EA a été essentiel. Et, bien que naturellement tout le monde ait à renoncer à un certain protagonisme, je crois que l’évolution de Bildu est influencée au niveau idéologique par un rapprochement vers des postures social-démocrates, vers un centre gauche modéré. C’est ce qui est à observer dans la gestion. » Et répétait : « Personne dans Bildu n’a dit que l’on veut paralyser le TGV. » (46)

Une action très critiquée fut qu’en septembre Bildu, pour prouver sa « responsabilité », vota avec le PP, le PSOE et le PNV, en faveur de la fusion des caisses d’épargnes Kutxa, BBK et Caja Vital en une banque, alors qu’ils s’y opposaient jusqu’à alors. Bildu s’est fait alors critiquer par la gauche par le syndicat ELA (47), qui n’est pourtant pas la gauche abertzale…

Fin juin et début juillet 2011 avait lieu le procès dit « Bateragune » contre Otegi et 7 autres coaccusés. On assista là à la confirmation de quelque chose d’absolument honteux, d’une manière tout simplement hallucinante.

Jusque là, les liquidationnistes paraient leur projet de « légitimité », et ils le répétaient à satiété : le choix des voies « politiques et démocratiques » était soi-disant le fruit d’un débat mené durant l’hiver 2009-2010, selon les chiffres officiels, parmi 7500 militants, dont 5800 (80 %) avaient approuvé le texte « Zutik Euskal Herria ».

Pourtant, depuis le début, des militants remettaient fortement en doute la nature « démocratique » de ce débat : un texte ne remettant pas en cause la nécessité d’une stratégie politico-militaire, « Mugarri » (48), aurait été volontairement occulté et n’avait pas été présenté dans les assemblées, des militants critiques expulsés des assemblées ou non informés des réunions… Les militants soulignaient de plus que ces assemblées étaient exceptionnellement courtes pour décider d’un changement stratégique de cette ampleur.
Cependant, quand bien même le choix de Zutik EH aurait été démocratique, il faut souligner ce texte ne disait absolument pas tout ce qui fut fait depuis : les statuts de Sortu, l’unilatéralité totale, la demande de reddition à ETA… etc.

Et devant les tribunaux fascistes, Otegi, Rafa Diez, et compagnie, reconnaissaient l’existence du document Mugarri, après que les réformistes en aient farouchement niés l’existence dans les assemblées, disant que ce n’était qu’une invention des flics et des médias. Ils avouèrent qu’ils en avaient volontairement bloqués la diffusion, et que 4 personnes décidèrent que le débat devait se faire autour d’une seule proposition ! (49)

Le comportement d’Otegi et de sa clique fut absolument écœurant puisqu’ils ne dénoncèrent à aucun moment l’Etat espagnol et son appareil judiciaire, mais se présentèrent au contraire comme les « gentils » face aux « méchants » d’Ekin qui voulaient continuer la lutte armée, qu’ils vendirent littéralement (50).

Otegi résuma la politique des liquis depuis deux ans : « Nous voulions réorienter la ligne politique de la gauche abertzale par la voie des faits » (51), c’est à-dire face à ceux qui étaient opposés à leur ligne et qu’ils n’avaient nullement consultés, ETA, le Collectif des Prisonniers Politiques Basques (EPPK), l’organisation révolutionnaire de jeunesse Segi, et Ekin, organisation de dynamisation et de coordination de la gauche abertzale. Car Otegi savait parfaitement que pour toutes ces organisations la sacro-sainte « unité » de la gauche abertzale prévaudrait, malgré les désaccords et toutes ses basses manœuvres.

« L’utilisation de la violence, loin de résoudre les problèmes, les enkyste et les rend encore plus difficiles. » (52) « La stratégie militaire d’ETA est de trop et entrave. » « Nous voulons l’arrêt définitif de la violence armée et le démantèlement de la structure militaire. » « Nous avons fait virer le transatlantique de la gauche abertzale et pour virer, les grands transatlantiques ont besoin de beaucoup de mètres, on ne peut pas le faire en une fois. » « Je suis fier et satisfait d’avoir fait virer le transatlantique de la gauche abertzale. » « Nous avons commencé en étant quatre ou cinq et nous sommes à présent 313 000. » (53)

Ces révélations d’Otegi vinrent démolir complètement, entre autres, la version vendue aux militants récalcitrants, selon laquelle, tout le « processus » était fait avec l’accord d’ETA, que c’était même elle qui avait fixé cette ligne… Il faut ajouter qu’Otegi a eu exactement le même comportement lâche et honteux à au moins deux autres procès. (54)

On peut noter ici quelque chose de très intéressant, c’est que, dans les mouvements et partis révolutionnaires, la ligne de droite, opportuniste et bourgeoise, ne s’impose quasiment JAMAIS « à la loyale », en jouant « fair-play ». Nous en avons de nombreux exemples :

En URSS, pour imposer leur ligne bourgeoise Khrouchtchev et les autres révisionnistes menèrent des intrigues incessantes. Les marxistes-léninistes, comme Jdanov en 1949, furent assassinés. Quelques mois avant la mort de Staline en 1953, tout le système de sécurité qui le protégeait était démantelé. Lorsque Staline fut retrouvé inconscient par la garde, personne ne prévint de médecin… En 1957, la majorité marxiste-léniniste de la direction du Parti fut éliminée par les Khrouchtchevistes. (55)

En Chine en 1976, à la mort de Mao, pour restaurer le capitalisme la clique de Deng Xiaoping arrêta la « Bande des Quatre  » et assassina des dizaines de milliers de communistes.

Au Salvador, les partisans de la ligne bourgeoise orchestrèrent le « suicide »-assassinat de Salvador Cayetano Carpio en 1983, représentant dans le FMLN la ligne de la Guerre Populaire Prolongée (56).

En Irlande, l’exemple de la clique Gerry Adams-Martin McGuinness est absolument édifiant. Il y a d’une part le rôle absolument dramatique et criminel d’Adams lors des grèves de la faim de 1981 (57). En 1986, ils imposèrent lors du congrès du Sinn Féin l’abandon de l’abstentionnisme. Leurs opposants, qui n’étaient autre que la plupart des fondateurs et dirigeants de l’IRA et du Sinn Féin provisoires, soulignèrent d’importantes irrégularités dans cette décision, et formèrent Republican Sinn Féin et l’IRA – Continuity Army Council (58). Entre 1987 et 1992, l’IRA provisoire perdit tant de membres et à un rythme si élevé que cela semblait à peine possible, notamment l’embuscade de Loughall en 1987, dans laquelle tomba une des meilleures unités de l’IRA, fermement opposée à la ligne de la clique d’Adams (59). Gerry Adams était par ailleurs en pourparlers secrets avec le gouvernement britannique dès 1982, alors que personne n’en savait rien au sein du mouvement républicain !

Au Népal, les « accords de paix » de 2006 entre le Parti Communiste maoïste et l’Etat bourgeois se firent alors que d’importants dirigeants révolutionnaires étaient emprisonnés en Inde (60). Depuis 2006, la clique Prachanda-Batharrai a systématiquement violé toutes les décisions prises dans les réunions du Parti, la dernière étant la remise des clés des containers d’armes de l’Armé Populaire de Libération (61).

C’est-à-dire que, même si on ne peut parler d’ »agents infiltrés », les tenants de la ligne de droite agissent de fait véritablement comme des saboteurs, des criminels et des agents de l’impérialisme, parfois en relation directe avec celui-ci. On constate là que la ligne de droite a une dimension éminemment conspiratrice. En Euskal Herria, ils n’ont pas dérogé à la règle…

Le 5 juillet, la Diputacion de Gipuzkoa « rejeta » une attaque contre un monolithe en mémoire de Juan Mari Jauregi, dirigeant du PSOE et Gouverneur civil de Gipuzkoa, exécuté par ETA en 2000 (62). Le 27 juillet, la municipalité Bildu de Tolosa « rejetait » l’attaque contre le monolithe, et décidait de financer sa réparation (63)

Le même mois, Rafa Larreina, membre de Bildu et de l’Opus Dei (!!!), disait clairement :
« Bildu n’est pas ETA et, de plus, c’est Bildu qui obtient qu’ETA cesse d’exister. » (64).

Le 5 août, Bildu présentait « une offre de coalition visant la défense des droits d’Euskal Herria » aux élections au sénat et au congrès espagnol le 20 novembre 2011, à destination d’Aralar, mais également… du PNV (65) ! Le PNV refusa, sans surprise Aralar donna sa réponse positive un mois plus tard (66), et Bildu est devenu « Amaiur ».

Alors que la nature réactionnaire et totalement soumise à la grande bourgeoisie du PNV est démontrée et prouvée chaque jour depuis plus de 30 ans, Sortu-Bildu osait cette proposition indécente, prouvant sa soumission aux intérêts de la bourgeoisie. En réalité, le PNV n’est définitivement que le « bras régional » de la grande bourgeoisie monopoliste espagnole (nous analyserons cela dans la seconde partie).

Quant à Aralar… Lorsque ce « courant », derrière son leader Patxi Zabaleta, se scinda de la gauche abertzale il y a 11 ans, le parti fut qualifié unanimement de TRAÎTRES et combattu par tous les militants de la gauche abertzale, donnant lieu à un dur affrontement.

Face à ceux qui « osaient » dire que Batasuna avait pris le même chemin qu’Aralar avec 10 ans de retard, « taper » sur Aralar (mais pas sur EA, pourtant avec un curriculum bien pire !!!) était devenu un des seuls moyens pour tenter de « resserrer les rangs ». C’était la seule réponse possible des réformistes, puisque évidemment, aucun défenseur de la « nouvelle stratégie » n’est capable d’expliquer quelles sont les différences idéologiques avec Aralar.

Par exemple, en décembre 2010 Txelui Moreno déclarait : « A cette époque, Aralar fit une réflexion, se présenta et le parti fut légalisé. Nous, nous avons fait une réflexion pour avancer par des voies pacifiques et ils nous emprisonnent. La différence fondamentale avec Aralar est que nous, nous ne renonçons pas à la confrontation politique avec l’Etat pour atteindre nos objectifs politiques, qui sont l’indépendance et le socialisme. » (67)
Et il répétait exactement la même chose en février 2011, au lendemain des statuts de Sortu (68).

Nous verrons un peu plus loin si ce qu’il dit là a un sens, et quelle sont les raisons de ce traitement différencié par l’Etat espagnol d’Aralar et de la gauche abertzale. En tout cas, un des arguments pour expliquer la soi-disante différence entre les deux, était qu’Aralar semblait tout faire pour ne pas s’allier avec eux. La raison en est extrêmement simple : jusqu’à il y a peu, dans le domaine de la trahison et de la malhonnêteté, Aralar était bien au-dessus de la direction de Batasuna. Mais l’union avec Aralar vint démolir tout cela de A à Z… Les réformistes ajoutaient qu’ils souhaitaient former un groupe parlementaire avec ERC…(69)

Le 8 août, Bildu se rendait à l’hommage au chef du patronat Joxe Mari Korta exécuté par ETA en 2000. Le membre de Bildu Oskar Matute assurait que les personnes qui assistèrent à l’hommage représentaient « avec une normalité absolue et catégorique l’ensemble de Bildu » (70).

Il faut souligner ici qu’un des fils reliant tous ces événements depuis deux ans à été la censure sélective systématique par le journal Gara, des déclarations un peu trop « choquantes » des dirigeants de la gauche abertzale. Cet article (71) en est un exemple parfait. Gara écrit que « des membres d’EA » sont allés à l’hommage de Joxe Mari Korta, pour éviter le mot « Bildu » qui n’apparaît qu’une seule fois dans l’article…

Et évidemment, depuis deux ans le journal n’a pas accordé la moindre audience dans ces colonnes aux personnes et secteurs critiques du « processus », à part des éditoriaux et des articles des « nouveaux » théoriciens « révolutionnaires » pleins de sous-entendus, notamment en défense de la fusion des caisses d’épargne (72). Ajoutons qu’une telle censure s’exerce aussi sur internet, sur le site « Kaosenlared » où des dizaines et des dizaines de commentaires critiques sont effacés par article…

Le 10 août, Juan Karlos Izagirre, le maire de Donostia, déclarait : « La dissolution d’ETA est proche ». « Pour notre part nous mettons tout notre possible et il s’agit d’un processus irréversible ». « Pour moi l’idéal serait un hommage auquel les dirigeant de n’importe quel parti pourrions aller sur les victimes de toutes les couleurs ». « Nous luttons pour obtenir ce scénario » (73).

Le 13 août, dans une manifestation à Donostia qui fut par ailleurs un vrai flop, pour la première fois dans un acte public, les liquis « rejetèrent sans réserve » les attaques contre les monolithes de Juan Mari Jauregi et Fernando Mugica, autre dirigeant du PSOE exécuté en 1996. « Il n’est pas admissible que l’on attaque ainsi la mémoire des victimes de la violence » (74). Le 16 août, Juan Karlos Izagirre trinquait avec les élus du PP (75) ! Cela fit d’ailleurs scandale au sein du PP… Le 19 août, Txelui Moreno osait dire que  « le conflit armé est terminé ou presque terminé » (76), avec 700 prisonniers qui croupissent dans les geôles espagnoles et françaises ! Le même jour, dans une conférence en Catalunya, le député général de Gipuzkoa Martin Garitano, déclarait : « Ce qui s’est passé en Catalogne fut plus qu’une erreur », en parlant de l’attentat d’Hipercor à Barcelone en1987, qui fit 21 victimes.

Cela est simplement honteux, car la responsabilité de ce massacre est totalement celle de la police espagnole, qui refusa d’évacuer le magasin malgré les multiples appels d’ETA. Même la « justice » espagnole dut le reconnaître en condamnant l’Etat à verser des indemnités aux familles des victimes.

A ceux qui lui demandaient pourquoi il ne demandait pas « clairement » la dissolution d’ETA, il répondit  « Si tu dis que tu ne veux pas qu’il y ait de violence politique, tu es en train de dire que tu ne veux pas que ces formations existent. Ce qui ne me plaît pas à moi est que quelqu’un me dicte les paroles que j’ai à dire. » « Si nous le faisions, ça ne servirait à rien non plus. Ils nous exigeraient autre chose » (77).

Fin août apparurent lors des fêtes de Bilbo des dizaines de « Gora ETA » (78).

Début septembre, Bildu annonçait qu’il ne boycotterait pas la « Vuelta » d’Espagne, qui passait par Euskal Herria pour la première fois depuis 33 ans : « En tenant en compte la situation politique que vit Euskal Herria il est temps de participer et, pour cela, au passage de la Vuelta nous agirons avec responsabilité et respect, mais en même temps, en revendiquant que nous sommes en faveur du cyclisme, contre les impositions et qu’Euskal Herria est une nation » (79).

Le 26 septembre les princes d’Espagne devaient assister à l’inauguration du « Basque Culinary Center » à Donosti. Martin Garitano et Juan Karlos Izagirre devaient y assister aussi. Le 14 septembre, les porte-paroles du conseil municipal déclaraient qu’ »en principe », Izagirre assistera « sans aucun type de problèmes » à cet acte avec les princes. Martin Garitano ne confirma pas ni ne nia sa présence à l’inauguration. Il déclarait qu’ »il est très tôt pour annoncer quoi que ce soit, et l’acte n’est pas encore dans l’agenda » (80).

Le 19 septembre Garitano disait « qu’il est invité à l’événement et l’agenda de la semaine qui vient n’est pas clôt ». Sur la coïncidence possible avec les princes, il affirma que « la diputacion ne fera pas question de principes de ces choses ». « Ce n’est pas une photographie, plus ou moins spectaculaire, qui va conditionner notre action de Gouvernement. Nous travaillons dans notre maison et donnons la bienvenue à qui vient avec bonne volonté, avec respect pour le lieu où il arrive, et nous allons faire de la politique sans simagrées. » « Le protocole est le protocole, et le respect mutuel est le respect mutuel » « Nous voudrions s qu’on respecte aussi notre peuple et sa capacité de décision » (81). Et le 20 septembre, il affirmait enfin qu’il n’irait pas à l’acte avec les princes, « parce qu’ils sont le symbole de la négation de ce peuple ».

Le 23 septembre 2011 fut créé la « Commission internationale de vérification » du cessez-le-feu d’ETA, formée entre autres par Ray Kendall, secrétaire général d’Interpol pendant 15 ans (également membre du Groupe international de contact), Ram Manikkalingam, conseiller principal de l’ancien président du Sri Lanka dans le « processus de paix », et qui « participa dans la résolution des conflits » en Irak (!!!) et en Irlande où il fut « facilitateur » dans les « négociations » pour le désarmement de l’INLA, et Satish Nambiar, ex-vice-chef de l’Etat major des forces armées génocidaires d’Inde… (82). ETA annonça le 1er  octobre « sa disposition à collaborer avec cette commission ». (83)

A la fin du mois de septembre, la mairie PNV de Bilbo ordonnait la destruction du gaztetxe Kukutza du quartier Errekalde, pour satisfaire les intérêts immobiliers du propriétaire.

Face à cette agression contre tout un quartier ouvrier et populaire et à la sauvagerie sans limite des zipaio (agents de la ertzaintza), qui blessèrent des dizaines et des dizaines de personnes, et en arrêtèrent autant, le peuple répondit par la résistance, une résistance admirable (84). Démenti cinglant de tout les discours pacifiste et social-traître de la direction de la gauche abertzale, preuve éclatante que nier et « rejeter » misérablement un principe universel et fondamental tel que « Là où il y a oppression, il y a résistance », n’a jamais empêché que, tôt ou tard, la résistance populaire ressurgisse toujours face à l’injustice. En plus des milliers de manifestants, le bilan officiel fut de près de 600 containers renversés dans toute la ville, dont 60 et plusieurs véhicules incendiés, deux sièges du PNV caillassés, un distributeur bancaire incendié.

La direction de la gauche abertzale, comme à son habitude, eut des déclarations tordues, en condamnant une partie des « incidents », ceux qui eurent lieu dans le quartier Uribarri, « hors de propos et injustifiables ». Ils exprimèrent « leur solidarité » à un homme qui subit des brûlures en essayant de retirer un container en flammes, et aux « habitants du quartier ». « Ce qui est arrivé à Uribarri dénature la lutte en défense de Kukutza et renforce la position intransigeante d’Azkuna. » (85)

Enfin, le 17 octobre 2011, avait lieu la fameuse « Conférence de Paix », avec les criminels impérialistes Kofi Annan, secrétaire général de l’ONU entre autres au moment de l’invasion de l’Irak et de l’Afghanistan, Jonathan Powell, chef de cabinet de Tony Blair, et Pierre Joxe, entre autres ministre de l’Intérieur français à l’époque des assassinats du GAL en Iparralde (Pays Basque Nord). A ceux-ci ajoutons l’exportateur de capitulation en chef Gerry Adams, l’ancien premier ministre irlandais Berthie Ahern et l’ancienne première ministre norvégienne Gro Harlem Brundtland. (86)

Voici la conclusion de la déclaration qu’ils rédigèrent :

« Nous invitons l’ETA à déclarer publiquement l’arrêt définitif de toute action armée et à solliciter le dialogue avec les gouvernements d’Espagne et de France pour aborder exclusivement les conséquences du conflit. Si une telle déclaration est faite, nous encourageons vivement les gouvernements d’Espagne et de France à bien l’accueillir et à consentir à l’ouverture d’un dialogue traitant exclusivement des conséquences du conflit.

De notre expérience dans la résolution de conflits, il y a souvent d’autres sujets qui, s’ils sont abordés, peuvent aider à atteindre une paix durable. Nous suggérons que les représentants politiques et acteurs non-violents se rencontrent pour discuter des questions politiques et, en consultation avec la population, de tout autre sujet qui pourrait contribuer à créer une nouvelle ère pacifique. De notre expérience, les observateurs tiers ou les médiateurs facilitent un tel dialogue. Ici, le dialogue pourrait, si les personnes impliquées le souhaitent, être accompagnées par des médiateurs internationaux. Nous conseillons que des mesures conséquentes soient prises pour promouvoir la réconciliation, apporter reconnaissance, compensation et assistance à toutes les victimes, reconnaître le tort qui a été causé et tenter de soigner les plaies, au niveau des individus comme de la société. Nous sommes disposés à constituer un comité pour accompagner la mise en œuvre de ces recommandations. » (87)

Comme on le voit, évidemment pas la moindre allusion aux CAUSES du conflit, la négation du droit à l’autodétermination (et ne parlons même pas de l’oppression capitaliste et fascisante des Etats !). C’est le propre d’une capitulation. Rien de moins que Jimmy Carter, Tony Blair et George Mitchell déclarèrent soutenir la déclaration… (88) Le lendemain, les liquidationnistes de la gauche abertzale exprimèrent « leur adhésion à toutes et à chacune des conclusions de la conférence » (89). Le 20 octobre, venait donc le fameux communiqué d’ETA…

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2 commentaires pour A propos du tournant de la gauche abertzale – deuxième partie

  1. NOTES
    18. http://www.lejpb.com/paperezkoa/20100330/191128/fr/Initiative-internationale-pour-le-Pays-Basque
    http://www.lejpb.com/paperezkoa/20100416/194218/fr/Un-soutien-international
    19. http://www.gara.net/paperezkoa/20100625/206832/es/La-izquierda-abertzale-situa-ataque-Agurain-fuera-su-estrategia
    20. http://euskalherriasozialista.blogspot.com/2010/08/zutik-eh-se-desmarca-de-las-acciones.html
    21. http://euskalherriasozialista.blogspot.com/2010/09/batasuna-acata-la-prohibicion-de-la.html

    22. http://servirlepeuple.over-blog.com/article-quelques-actions-en-euskal-herria-60312323.html
    23. http://euskalherriasozialista.blogspot.com/2010/11/los-reformistas-ya-no-saben-que-hacer.html
    24. http://www.publico.es/espana/351254/no-cabe-la-violencia-en-nuestra-estrategia-independentista
    25. http://euskalherriasozialista.blogspot.com/2011/02/txelui-morenoquien-no-este-de-acuerdo.html
    26. http://gicpaisvasco.org/miembros/
    27. http://www.elpais.com/articulo/espana/claves/estatutos/Sortu/elpepuesp/20110209elpepunac_37/Tes
    28. http://www.lejpb.com/paperezkoa/20110208/247277/fr/Nouvelle-donne-politique
    29. http://euskalherriasozialista.blogspot.com/2011/03/sortu-dice-en-el-supremo-que-su.html

    30. http://www.elpais.com/articulo/espana/Sortu/dice/puede/condenar/ETA/imponer/disolucion/elpepiesp/20110316elpepinac_6/Tes

    31. http://www.elpais.com/articulo/espana/Sortu/dice/puede/condenar/ETA/imponer/disolucion/elpepiesp/20110316elpepinac_6/Tes

    32. http://euskalherriasozialista.blogspot.com/2011/03/la-disidencia-se-manifiestaun-grupo-de.html

    33. http://euskalherriasozialista.blogspot.com/2011/03/sortu-recuerda-que-rechaza-todo-tipo-de.html

    34. http://euskalherriasozialista.blogspot.com/2011/03/sortu-se-desmarca-de-eta-y-de-la-kale.html

    35. http://www.lejpb.com/paperezkoa/20110412/259641/fr/La-gauche-abertzale-denonce-fusillade

    36. http://euskalherriasozialista.blogspot.com/2011/04/batasuna-sobre-el-tiroteo.html

    37. http://www.gara.net/azkenak/04/259745/es/Sortu-rechaza-tiroteo-pasado-sabado-e-insta-ETA-tomar-medidas

    38. http://euskalherriasozialista.blogspot.com/2011/04/zutik-eh-y-lab-ya-publicamente.html

    39. http://www.lejpb.com/paperezkoa/20110415/260259/fr/Bildu-signe-contre-lusage-violence

    40. http://eu.wikipedia.org/wiki/2011ko_udal_eta_foru_hauteskundeak_Hego_Euskal_Herrian

    41. http://euskalherriasozialista.blogspot.com/2011/05/entre-70mil-y-130mil-votos-nuevos-bildu.html

    42. http://euskalherriasozialista.blogspot.com/2011/05/bildu-ya-carga-contra-eta.html

    43. http://www.lejpb.com/paperezkoa/20110623/274322/fr/Socialistes-et-conservateurs-Navarre-scellent-l%E2%80%99accord-anti-Bildu

    44. http://euskalherriasozialista.blogspot.com/2011/07/el-pse-organiza-con-el-apoyo-de-bildu.html
    http://www.deia.com/2011/07/03/politica/euskadi/bildu-apoya-al-pp-para-tratar-de-minimizar-la-presencia-del-pnv-en-entes-publicos-y-comisiones

    45. http://euskalherriasozialista.blogspot.com/2011/05/garaikoetxea-niega-que-la-victoria-de.html

    46. http://euskalherriasozialista.blogspot.com/2011/08/c-garaikoetxeabildu-esta-influenciada.html

    Sur la politique économique de Bildu : http://www.rebelion.org/noticia.php?id=135227

    47. http://euskalherriasozialista.blogspot.com/2011/09/compromiso-y-sensatez-ya-son-palabras.html
    http://euskalherriasozialista.blogspot.com/2011/09/el-sindicato-amarillo-ela-adelanta-por.html
    http://euskalherriasozialista.blogspot.com/2011/09/ela-bildu-deberia-darlo-por-roto-si.html
    http://euskalherriasozialista.blogspot.com/2011/09/ela-reitera-su-oposion-al-acuerdo-de.html

    48. Le document est disponible sur internet : http://euskalherriasozialista.blogspot.com/2011/07/mugarri-txostena.html

    49. http://euskalherriasozialista.blogspot.com/2011/06/porque-no-se-debatio-la-ponencia.html
    http://www.gara.net/paperezkoa/20110701/275991/es/Dos-arrestos-sin-orden-prueban-que-Garzon-Policia-iban-improvisando

    50. Déclaration d’1h30 d’Otegi : http://euskalherriasozialista.blogspot.com/2011/09/declaracion-de-arnaldo-otegi-en-el.html

    51. http://euskalherriasozialista.blogspot.com/2011/06/los-diarios-fachas-mienten-otegi.html

    52. http://euskalherriasozialista.blogspot.com/2011/06/los-diarios-fachas-mientenotegila.html

    53. http://euskalherriasozialista.blogspot.com/2011/07/tribunales-juicio-por-el-caso-de.html
    http://videos.vidayestilo.es/nacional/20110707/otegi-asegura-que-violencia-sobra-estorba/23906.shtml

    54. http://euskalherriasozialista.blogspot.com/2010/11/otegi-se-desenmascara-como-lo-que-es.html
    http://euskalherriasozialista.blogspot.com/2011/07/40-anos-de-comportamiento-ejemplar-de.html
    55. http://www.communisme-bolchevisme.net/download/Ludo_Martens_Un_autre_regard_sur_Staline.pdf
    56. http://www.kaosenlared.net/noticia/memoria-de-un-revolucionario
    57. https://liberationirlande.wordpress.com/2011/01/13/gerry-adams-lodieux-manipulateur/
    58. https://liberationirlande.wordpress.com/histoire-de-lira-provisoire-1970-76/histoire-de-lira-provisoire-1976-86/
    59. https://liberationirlande.wordpress.com/histoire-de-lira-provisoire-1970-76/histoire-de-lira-provisoire-1987-2007/
    60. http://servirlepeuple.over-blog.com/article-situation-decisive-au-nepal-83180812.html
    61. http://servirlepeuple.over-blog.com/article-nepal-a-va-barder-83101919.html
    62. http://euskalherriasozialista.blogspot.com/2011/07/bildu-inagura-una-nueva-era-en-la.html
    63. http://euskalherriasozialista.blogspot.com/2011/07/un-ayuntamiento-de-bildutolosa.html
    64. http://euskalherriasozialista.blogspot.com/2011/07/larreina-de-bildubildu-no-es-eta-y.html
    65. http://euskalherriasozialista.blogspot.com/2011/08/oferta-electoral-de-bildu-al-pnv-y.html
    66. http://euskalherriasozialista.blogspot.com/2011/09/estaba-cantado-los-socialdemocratas.html
    67. http://www.publico.es/espana/351254/no-cabe-la-violencia-en-nuestra-estrategia-independentista
    68. http://euskalherriasozialista.blogspot.com/2011/02/txelui-morenoquien-no-este-de-acuerdo.html
    69. http://www.gara.net/bereziak/20n/artikuluak/artes302323/Izquierda-abertzale-Aralar-revalorizan-voto-Amaiur
    70. http://euskalherriasozialista.blogspot.com/2011/08/ya-esta-aqui-ya-vamos-los-homenajes.html
    71. http://www.gara.net/azkenak/08/283699/es/Miembros-EA-Diputacion-Gipuzkoa-asisten-homenaje-Joxe-Mari-Korta
    72. http://euskalherriasozialista.blogspot.com/2011/09/excusatio-non-petita-accusatio.html
    73. http://euskalherriasozialista.blogspot.com/2011/08/alcalde-de-donosti-bildurriel-fin-de.html
    74. http://euskalherriasozialista.blogspot.com/2011/08/la-izquierda-abertzale-rechaza-ante.html
    75. http://sareantifaxista.blogspot.com/2011/08/no-hay-nada-que-celebrar.html
    76. http://euskalherriasozialista.blogspot.com/2011/08/la-ia-da-por-acabado-o-casi-acabado-el.html
    77. http://euskalherriasozialista.blogspot.com/2011/08/bildu-tacha-de-mas-que-un-error-que-eta.html
    78. http://euskalherriasozialista.blogspot.com/2011/08/en-fiestas-de-bilbo-los-criticos-mueven.html
    79. http://euskalherriasozialista.blogspot.com/2011/09/nuevos-tiempos-bildu-no-boicoteara-la.html
    80. http://euskalherriasozialista.blogspot.com/2011/09/bildu-recibira-los-principes-de.html
    81. http://www.elmundo.es/elmundo/2011/09/19/paisvasco/1316419143.html
    82. http://paperekoa.berria.info/harian/2011-09-29/006/001/Su-etena_egiaztatzeko_batzordea_osatu_dute_nazioarteko_bost_adituk.htm
    http://www.gara.net/paperezkoa/20111009/295856/es/Los-cinco-verificadores-lideres–conflictos-claves-decadas-
    83. http://euskalherriasozialista.blogspot.com/2011/10/tocado-y-hundidoeta-anuncia-que.html
    84. Chronique de la résistance populaire : http://euskalherriasozialista.blogspot.com/2011/09/gure-harrotasuna-by-un-vecino-de_2587.html
    85. http://www.elcorreo.com/vizcaya/noticias/201109/27/izquierda-abertzale-ares-azkuna.html
    86. http://www.lejpb.com/paperezkoa/20111018/297716/fr/Communaute-internationale–long-chemin-
    87. http://www.lejpb.com/paperezkoa/20111018/297739/fr/Declaration-finale
    88. http://euskalherriasozialista.blogspot.com/2011/10/nos-hablan-todavia-de-independentzia-ta.html
    89. http://euskalherriasozialista.blogspot.com/2011/10/elkarri-aralar-gesto-por-la-paz-ez.html

  2. EHS dit :

    salut a toi.
    regards from EHS blog.

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