RSF : L’héritage des grévistes de la faim

Ceci est le compte-rendu d’une conférence organisée par Republican Sinn Féin. Elle est importante car les vérités dérangeantes énoncées par l’ex-prisonnier Richard O’Rawe y ont été exposées. Elles concernent le deal avorté au milieu de la grève de la faim de 1981 par le falsificateur en chef et opportuniste par excellence, Gerry Adams.

Le 8 octobre, un grand nombre de personnes se sont réunies à l’Hotel Wynne de Dublin pour commémorer le 30è anniversaire de la fin de la grève de la faim de 1981. La séance a été présidée par le vice-président Fergal Moore. Andy Connolly de Dublin a ouvert la cérémonie en chantant la Ballade de Francis Hughes et une chanson en hommage à Bobby Sands, suivi par Maurice Isaacson qui a chanté H-Blocks.

Eoin Mooney, du quartier de Tallaght à Dublin et Shane Barnes, du Wexford, ont lu des extraits d’Un Jour dans ma Vie de Bobby Sands. Dara Sloane, de Dundalk, à lu le poème The Rythm of Time de Bobby Sands et la vice-présidente Geraldine Taylor a lu le poème de Bobby Sands inédit (jusqu’à aujourd’hui) The Greatest Hell. Breandáin Ó Curraoin de Cork a lu le poème de Bobby Sands sur Tom Barry, et la dernière lettre de Francis Hughes au peuple du Sud-Derry a été lue par Seán Dolan, du Westmeath. Pádraig Ó Baoghaill a lu la liste des 22 républicains morts en grève de la faim [depuis 1917].

Après une pause, Fergal Moore a lu le message de Ruairí Ó Brádaigh, président d’honneur de Sinn Féin Poblachtach, qui n’a pas pu venir. Le message est le suivant :

« Salutations à vous tous! Bratha agus Sláinte!

Puisque je suis dans l’incapacité de me présenter devant vous aujourd’hui, pour des raisons de santé, j’envoie ce message. Je souhaiterai redire ce que j’ai dit lors d’un meeting semblable dans la ville d’Armagh le 19 mars dernier. Réamonn Ó Muirí et Richard O’Rawe étaient présents. J’étais président de Sinn Féin à l’époque des grèves de la faim de 1980 et 1981. Je tenais ce poste depuis 1970, j’étais membre depuis 1950. Je ne sais rien de l’offre dite ‘Mountain Climber’ faite par le gouvernement britannique pour mettre fin à la grève de la faim en juillet 1981. Je crois savoir, et d’ailleurs je m’en réjouis, que la direction du Mouvement n’a pas eu vent d’une telle offre. Je recommande les livres de Richard O’Rawe comme des livres essentiels pour comprendre la période.

Go raibh maith agaibh. »

Joe O’Neill, de Bundoran, a donné son récit de la situation hors des prisons à l’époque de la grève de la faim, y compris la mort de Frank Maguire et l’élection de Bobby Sands. Il a confirmé que c’est Dáithí Ó Conaill qui a proposé que Bobby Sands soit présenté à l’élection (contrairement à ce que certaines factions disent aujourd’hui), car Dáithí voyait là une chance de porter le message venant des H-Blocks à un niveau national.

Richard O’Rawe a donné un récit particulièrement émouvant de la situation dans les H-Blocks de Long Kesh, de la perte du statut de catégorie spéciale, en passant par la grève de l’hygiène, jusqu’à la grève de la faim. Il a expliqué en détail pourquoi il a ressenti la nécessité de dévoiler à la face du monde ce qui s’était passé à la veille de la mort de Joe McDonnell, au moment où les Britanniques firent leur proposition. Celle-ci était quelque chose d’acceptable aux yeux des prisonniers, et accordait aux prisonniers républicains le droit de porter ses propres vêtements, une des plus importantes de leurs 5 exigences.

Cette proposition a été refusée par Gerry Adams, car à ses yeux ce n’était pas suffisant pour mettre fin à la grève de la faim.

Les prisonniers pensaient que le Conseil de l’Armée de l’IRA était complètement d’accord avec cet avis d’Adams, mais ce qu’ils ignoraient, c’était que le contact quotidien avec les prisonniers était pris en main par le seul petit groupe emmené par Adams, et plus tard il fut découvert que la fameuse proposition britannique n’avait pas été donnée au Conseil de l’Armée.

La seule conclusion à en tirer, c’est que l’arrêt de la grève de la faim aurait mis en question les chances de succès électoraux d’Owen Carron, qui briguait le siège de député vacant de Bobby Sands [qui venait de mourir] dans la circonscription du Fermanagh/Sud-Tyrone. Ce qui fait que la grève de la faim a continué encore quatre mois et que six hommes en sont morts.

Líta Ní Chathmhaoil a ensuite pris la parole pour narrer son expérience en tant que membre du comité central de Sinn Féin et secrétaire de celui-ci pour la région de Dublin. Richard Behal narra son expérience de porte-parole de Sinn Féin pour les affaires étrangères, lui qui a voyagé dans le monde entier en quête de soutien pour les grévistes de la faim. Il a aussi lu un poème, écrit par Máiread Farrell, alors qu’elle était prisonnière de guerre dans la prison d’Armagh, poème qui n’a jamais été publié.

Puis Des Dalton prit la parole : « Par deux fois dans sa vie Richard O’Rawe a montré un grand courage moral et physique; premièrement en participant à la grève de l’hygiène dans les H Blocks of Long Kesh pour résister à la tentative britannique de criminaliser la lutte irlandaise pour la liberté; deuxièmement en prenant la décision d’écrire son récit et de publier ses deux livres. Richard et sa famille ont été l’objet d’une campagne d’intimidation visant à les ostraciser. Mais cette génération et les générations futures ont une dette de gratitude envers Richard O’Rawe, qui a fait en sorte que cette histoire soit dite et connue et qui a rectifié les annales. »

Des Dalton a félicité les autres intervenants, en particulier Joe O’Neill and Líta Ní Chathmhaoil, pour avoir donné leurs éclaircissements uniques sur ces moments-clés de l’histoire révolutionnaire irlandaise.

Des Dalton a poursuivi en disant que les hommes de la prison de Long Kesh et les femmes de la prison d’Armagh ne protestaient pas seulement pour leur statut politique en tant que prisonniers de guerre. « Ils étaient embarqués dans une lutte pour faire valoir le droit de l’Irlande à l’indépendance nationale. Comme l’a écrit Bobby Sands dans son journal de prison lors du premier jour de sa grève de la faim : ‘ce qui est perdu ici est perdu pour la République.’ » a-t-il dit.

Suite à cela, il y eut un échange de questions et de réponses. Une sélection d’archives et de souvenirs de la période 1980-81 était exposée pendant la journée, y compris des « comms » [communications : messages secrets que les prisonniers se faisaient passer et passaient à l’extérieur] et des lettres, des affiches et des tracts. La conférence fut close par Andy Connolly qui fit se lever l’assistance pour chanter Amhrán na bhFiann.

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