Informations et réflexions sur la révolte en Grande-Bretagne

Quelques textes et informations sur les émeutes en cours en Angleterre. Merci à Non Fides.

Les yeux grand ouverts à Londres

Des visages souriants, certains derrières des écharpes et des cagoules. Nous sommes à Hackney, Londres. Ou alors c’était Hackney hier soir. C’est quelque part ailleurs ce soir, et ce sera encore ailleurs dans quelques heures à peine. Les sourires sont là parce que les rues ont été prises et parce que plus personne n’a peur de la police.

Certaines personnes disent que mettre le feu à une bagnole de flic n’est pas politique, que le pillage d’un magasin est un acte de voyou égotiste, que défoncer des vitrines est un acte irresponsable. Pour ceux qui disent que ce n’est pas politique, ils ont vécu dans cette ville avec les yeux clos, ne voyant pas les immenses inégalités grandissantes et la répression économique et sociale. La politique. Les politiques de logement. Les politiques urbaines. Les politiques sociales. Les politiques financières. Résultat : non seulement les gens vivent dans des apparts de merde, avec des boulots de merde, et subissent la merde de la police au quotidien, mais à l’horizon, on ne peut apercevoir qu’encore plus de merde avec les restrictions budgétaires atteignant de nouveaux pics.

Il y a ceux qui disent que ce n’est pas politique parce que les cibles sont mauvaises – des petites épiceries et quelques lieux d’habitation sont malheureusement a compter parmi les victimes. Ils disent aussi que ce n’est pas politique parce que le pillage sert plus le marché noir que la nécessité de se nourrir, ou parce que les gens volent des motos et des cameras aux spectateurs, mais il ne s’agit pas d’émeutes consciencieusement organisées comme certains ne semblent pas le comprendre. C’est une réaction, une révolte, l’éclatement d’une bulle de colère, de répression, du manque d’option et de possibilités, de l’ennui pur et de la dépression. Et quand cette bulle finit par éclater, tout peut potentiellement devenir cible de la vengeance d’un assassinat policier, mais il y aussi l’amusement, gagner du terrain et regagner du pouvoir sur sa propre existence pour un instant, et à travers toute la ville pendant quelques jours.

Comme dans toute action de rue, chaque personne impliquée a sa propre façon de s’exprimer, c’est-à-dire qu’il y a constamment des discussions et des disputes politiques entre les protagonistes sur les raisons et les actions à mener. Dire que ces personnes sont des bandits et qu’ils n’ont rien de politique est un mensonge. Comment la discussion et les actions contre le continuel harcèlement et les assassinats policier peuvent ils ne pas être politiques ? Comment les discussions sur les problèmes sociaux, les restrictions budgétaires du gouvernement contre les jeunes, le chômage, le manque d’une simple petite possibilité d’autonomie, ne peuvent elles pas être politiques ? Comment tant de personnes peuvent elles soudainement êtres perçues comme de banals voyous et criminels ?

Dans un article d’un journal, un nouvel habitant de Hackney se plaint de ne plus se sentir en sécurité dans le quartier, alors qu’il pensait que les problèmes sociaux ou les fusillades étaient circonscrites aux gangs, aujourd’hui il est terrifié à l’idée de sortir de chez lui. Cela montre bien la ségrégation, même dans les quartiers les plus mixtes, et comment il est facile d’oublier les problèmes sociaux tant que les victimes sont jeunes et noires. Ces jours-ci, les victimes ne sont pas jeunes et noires.

Hormis la peur, comment réagissent les autres gens ? Certains sont furieux, furieux a propos de la destruction de quartiers déjà pauvres, certains sont organisés en milices et défendent leurs quartiers comme la communauté turque à Stoke Newington, chassant un groupe d’émeutiers hors de leur territoire, d’autres organisent des rondes et des discussions dans la rue pour imposer d’autres moyens de réagir au meurtre de Mark Duggan.

Troisième jour, et les sirènes ne cessent de crier à travers les rues. Tous les employés du centre de Londres ont été priés par la police de quitter le travail plus tôt et de rentrer chez eux afin d’éviter les émeutes nocturnes annoncées. Une réunion COBRA a été annoncée (cabinet office briefing room A) après que le premier ministre fut convaincu qu’il devrait écourter ses vacances toscanes pour prendre un avion pour Londres. Ont été mentionnées les balles en caoutchouc et l’augmentation des effectifs policiers qui semblent être le seul remède qu’ils veulent nous foutre au fond de la gorge contre une maladie sociale qui n’est devenue mortelle qu’après que la police ait tuée un homme.

Occupied London collective, 09.08.2011. Traduit de l’anglais par nos soins [Non Fides].

Cinq postes de police attaqués à Nottingham

Les émeutes ont éclaté à nouveau la nuit dernière à Nottingham lorsque cinq postes de police ont été attaqués avec des moyens incendiaires artisanaux (i.e. des bombes d’essence). Les postes de police Canning Circus, The Meadows, Oxclose Lane, Bulwell et St Ann’s ont été pris pour cible par des émeutiers. Une voiture de police devant le poste des Meadows a également été incendiée.

La police de Nottingham a déclaré avoir arrêté plus de 80 personnes en lien avec les troubles et ils s’attendent à ce que ce chiffre dépasse 100. Dix personnes ont été arrêtées lors d’un incident impliquant des jeunes grimpant sur le toit de la Nottingham High School près de Forest.

Peu importe que les experts de classe moyenne genre homme-dans-le-pub prétendent que c’est l’œuvre de noirs profiteurs s’adonnant à des « pillages récréatifs », le fait est que la police était la cible primaire de ce soulèvement. La seule autre cible significative, la Nottingham High School, est un symbole de la richesses et des opporunités des élites : une école payante avec des grands bâtiments et un terrain énorme, à deux pas des quartiers ouvriers d’Arboretum, de Radford et de Forest Fields.

Je ne doute pas qu’il y ait eu des incidents d’opportunisme et de vandalisme de maisons et de voitures ouvrières, mais la cible principale était les gens qui gardent les pauvrent en bas – les flics qui brutalisent et criminalisent et les écoles qui excluent les « racailles ».

Traduit de l’anglais (Indymedia Nottingham) par Le Réveil, 10 août 2011.

Attaque sur la police de Bristol revendiquée par des anarchistes

Tôt ce matin, nous avons mis le feu à un fourgon anti-émeute au poste de police Bishopston.

Nous nous réjouissons du soulèvement de beaucoup de jeunes brutalisés par l’État et marginalisés parce qu’ils établissent un nouveau rapport avec leur environnement, et avec d’autres insurgés quelconques ayant choisi la révolte dans toute l’Angleterre.

À tous les « citoyens » dégoûtés, étant capables de voir la violence de classe quotidienne, inhérente à cette société, seulement lorsque les tables sont retournées – à quoi vous attendiez-vous ?

Nous assistons à une nouvelle ère de la guerre urbaine reforgée par divers milieux de combattants sociaux – à l’intérieur de laquelle notre rôle en tant que révolutionnaires et anarchistes est de faire constamment avancer nos trajectoires et nos idées, d’étendre les attaques destructrices à de nouvelles zones et à de nouveaux niveaux d’engagement, de trouver des complices dans les heurts (où et quand nos désirs corrèlent) et de maintenir et d’étendre nos réseaux internationaux informels entre camarades.

Pendant que nous avons fait cette action, nous pensions à tous ceux tués par les flics, arrêtés pendant les émeutes, aux antifascistes emprisonnés dans ce pays.

Traduit de l’anglais (Indymedia Bristol) par Le Réveil, 9 août 2011.

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