La répression participative avec internet eyes

La Babylone impérialiste dans laquelle nous survivons invente chaque jour de nouveaux pièges. Nous ne savons pas si Madame Hewitt s’est faite griller par un mouchard d’internet eyes, mais en tous cas le principe de faire s’espionner et se dénoncer les prolétaires et chômeurs les uns par les autres, moyennant finance, est un viol contre le peuple d’une sournoiserie sans nom. Voici une présentation de la compagnie Internet Eyes, glanée sur le web.

«Il y a énormément de caméras de surveillance au Royaume-Uni mais personne ne regarde réellement les images. Alors je me suis dit : pourquoi les internautes ne pourraient-ils pas surveiller ces caméras, à distance ? Et c’est un succès. En un mois, nous comptons déjà plus de 2000 utilisateurs.»

Tony Morgan, fondateur d’Internet Eyes.

Internet Eyes, dont le lancement a eu lieu fin 2009, propose aux internautes de surveiller en direct les images prises par les caméras de surveillance depuis leur ordinateur. Sans bouger de chez eux, ils peuvent observer à l’écran les flux vidéo de quatre caméras, en quête d’éventuels vols, dégradations ou d’agressions. Dans cette chasse aux délits grandeur nature, les volontaires touchent de l’argent pour chaque infraction signalée.

Les surveillants potentiels seront recrutés parmi la population. Les personnes qui se découvrent cette vocation doivent s’inscrire en ligne, sur le site d’Internet Eyes. L’expérience est ouverte à tous les citoyens européens, français compris. Pour signaler un méfait, les internautes n’ont qu’à cliquer sur un bouton sous le flux vidéo. Trois clics gratuits par mois leur seront offerts. Au-delà, ils devront alimenter un compte grâce au système de paiement PayPal. Le clic supplémentaire leur sera facturé 1,10 euro.

« C’est plus intéressant que certains programmes à la télévision. Et cela permet de réduire criminalité », explique Lucy Fraser, une utilisatrice convaincue d’Internet Eyes. Elle consacre en moyenne une heure et demie, chaque jour, à la surveillance de magasins. Elle paie même pour le faire.

« Vous payez certes, mais si vous êtes le meilleur utilisateur, celui qui dénonce le plus grand nombre de délits, vous gagnez de l’argent (la prime est de plus de 1000 euros par mois), poursuit Lucy. Je n’ai personnellement aucune chance car certains y consacrent douze heures par jour. Je participe simplement pour empêcher le vol à l’étalage. »

Le système est simple. L’internaute reçoit, sur son ordinateur, des images de surveillance de magasins dont il ne connaît pas la localisation. S’il juge l’attitude d’un client suspecte, il clique sur un bouton d’alerte et cela avertit directement le gérant du magasin, via son téléphone mobile.

Internet Eyes a conçu son système de surveillance comme un jeu. Pour chaque délit signalé, l’internaute reçoit 3 points. Lorsqu’un fait étrange est rapporté, mais qu’il ne s’agit pas d’une infraction, il gagne seulement 1 point. Les signalements erronés sont sanctionnés par la perte de 1 point. Au bout de trois fausses alertes, le volontaire est banni du système. A l’inverse, «  celui qui a reçu le plus de points perçoit 1 100 euros à la fin du mois », peut-on lire dans les FAQ du site.

Pour ses débuts, le système n’inclura que des caméras de vidéosurveillance dans les magasins ou dans les entreprises qui en font la demande. Le service leur sera facturé pour un montant non communiqué. D’ici à la fin de l’année, Internet Eyes espère proposer à l’œil de l’internaute toutes les caméras du pays, espaces publics compris.

http://interneteyes.co.uk/

Publicités
Cet article, publié dans social, vie quotidienne, est tagué , , , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Un commentaire pour La répression participative avec internet eyes

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s