Action pour la Liberté : Qui sommes-nous?

Voici le texte de présentation du groupe Action pour la Liberté. Ce collectif grec lutte pour la libération des prisonniers politiques. Libération Irlande salue le combat d’Action pour la Liberté et à travers lui, celui de tout le mouvement révolutionnaire de Grèce. Les camarades de Grèce, comme ceux d’Irlande, sont très avancés et nous avons à apprendre d’eux. Il est possible de considérer ces deux pays, Grèce et Irlande, comme les deux maillons faibles de la chaîne impérialiste en Europe. Saisissons ce maillon, que la chaîne se brise!

Solidarité avec les prisonniers politiques
Lutte pour leur libération
Résistance au terrorisme d’Etat

Action pour la Liberté a été fondée par des collectifs et des camarades de la gauche et du mouvement anti-autoritaire afin de développer un mouvement de solidarité envers les prisonniers politiques, lequel est en récession depuis quelques années, alors que les prisonniers enfermés dans la prison spéciale dans l’aile Korydallos depuis huit ans continuent de subir la tyrannie de l’Etat et désirent une revanche. Le mouvement de solidarité qui a développé des actions riches et diverses dans la période 2002-2006, avec des protestations, des manifestations et des interventions combatives, doit être repris de toute urgence à partir du point où il s’est arrêté, pour aller vers une nouvelle phase de la lutte pour la libération des prisonniers politiques.

La conviction que nous partageons, c’est que les prisonniers politiques font partie intégrante du mouvement, et que le groupe dont ils sont accusés d’avoir fait partie (en grande partie au moyen de preuves bidon et fabriquées), l’organisation 17 Novembre, était un groupe révolutionnaire anti-capitaliste. C’est donc notre devoir, quels que soient nos points d’accord ou de désaccord vis-à-vis de leur action et de leur pensée, et quels que soient nos points d’accord ou de désaccord vis-à-vis de l’atitude de chaque prisonnier après l’arrestation, de lutter pour leur libération et de nous unir pour faire cesser la discrimination à leur encontre (de l’isolement carcéral à l’interdiction de permission, jusqu’au honteux refus de libérer Savvas Xiros pour raison de santé).

Nous sommes conscients qu’il y a d’autres prisonniers politiques (emprisonnés pour leur activisme ou leur action anti-Etat) et que tous les prisonniers subissent la barbarie étatique, et nous avons montré à ces prisonniers notre solidarité; toutefois, nous pensons qu’il est nécessaire de cibler une campagne pour le groupe 17 novembre, à cause de sa nature, des accusation portées contre lui et parce que c’est le moment opportun. Cette campagne, en liaison avec les autres fronts et priorités du mouvement tout entier, s’attaquera au problème des prisonniers politiques, en partant de la nécessité de les libérer, pour arriver à l’amélioration des conditions spécifiques de leur détention.

La croisade anti-terroriste et la répression étatique

Pendant la décennie écoulée, sous les prétextes de « combat contre le terrorisme » et de « sécurité des citoyens », un projet à plusieurs tiroirs a été échafaudé par le pouvoir, sur le terrain national et international, visant de multiples cibles. Les piliers de base de cet projet ont été :
1. l’élargissement de la définition du « terrorisme », afin d’y inclure de nombreux mouvements et résistances contre l’ordre établi, y compris lorsque ces derniers n’ont pas de buts révolutionnaires ni une nature militante (comme « l’éco-terrorisme » ou la loi contre les capuches, etc.),
2. la répression préventive visant à réguler des segments de plus en plus larges de la société, le contrôle panoptique, les politiques de division (« pacifiques contre vandales », « Grecs contre étrangers », etc.), la dépréciation idéologique de ceux qui mettent en cause le caracère inévitable du capitalisme, présentés comme dépassés, ringards ou anti-sociaux, et
3. la criminalisation du « délit de pauvreté », qui grandit à cause de la crise économique et de l’exclusion sociale subie par des sections de plus en plus larges de la population, aussi bien grecque qu’immigrée.

Ce projet cherche à briser les forces de ceux qui ne font pas serment de leur allégeance et qui furent la figure de proue des émeutes de 2008 en Grèce, à réprimer ceux qui refusent la « normalité » capitaliste, à intimider ceux qui sont outragés par ce qu’ils subissent, sous le régime de l’impunité des employeurs et de l’Etat, et enfin, bien sûr, il vise à manipuler de larges sections de la société au moyen de la doctrine de la sécurité.

La prise en main idéologique et politique, par l’Etat et les médias, des membres accusés de l’organisation du 17 Novembre dans la période suivant immédiatement leur arrestation (la diffamation de leurs motivations, la couverture du crime ayant eu lieu à l’hôpital où Savvas Xiros se trouvait, la mise à l’index de ceux qui s’indignaient activement de ces choses, etc.) et le traitement judiciaire et carcéral qui a suivi (isolement, procès expéditifs, sentences arbitraires), n’ont pas été seulement pour l’Etat une politique-modèle pour le traitement de ceux qui défient son monopole de la violence, mais a été et continue d’être une expérience-pilote dans l’escalade de la répression étatique, signalant le moment où la démocratie évolue vers une autre phase, qui commence lorsque l’Etat a déclaré la guerre à ceux qui mettent en question son bon droit.

En ce sens, nous pensons que la solidarité envers les prisonniers politiques est une composante organique d’un mouvement antagonique plus large, parce que ses réussites dépendent directement du développement du mouvement et de ses victoires, mais aussi parce que la solidarité renforce considérablement l’expérience et la radicalisation du mouvement au sens large.

Au côté des prisonniers jusqu’à leur libération

Depuis le début, nous avons déclaré que nous considérons les prisonniers politiques comme des combattants du mouvement, et que telle est la motivation qui nous pousse à combattre pour leur libération. A côté de ce point de départ basé sur des valeurs, il y a aussi un paramètre politique qu’il est difficile de nier, si tant est qu’on est ouvert d’esprit : malgré le fait que l’Etat méprise sa propre constitution en refusant de reconnaître la nature politique des offenses liées à l’activité de l’organisation 17 Novembre, résumant sa position dans le triptyque « circonstances spéciales, tribunaux spéciaux, condamnations spéciales » (placement des accusés en isolement, procès à l’intérieur des prisons, absence de jury, condamnations à de la prison à vie pour du soutien moral, chamboulement de tous les concepts de la culture juridique, mépris outrageant de tous les témoignages à la décharge des accusés, jugement de la Cour qui ne fut rien moins qu’un manifeste contre le terrorisme, déclaration du premier ministre de l’époque parlant de « passagers clandestins de la gauche », etc.), il est parfaitement clair que les accusés ont été traités en tant qu’opposants politiques du régime, et pas du tout en tant que « criminels » ordinaires.

Nous nous battons pour développer un mouvement qui expose les justes corrélations entre les faits et qui force l’Etat à reconnaître ces prisonniers comme ce qu’ils sont : des prisonniers politiques. Ce faisant, ils devront les libérer, comme cela fut fait après la guerre civile et pendant les dernières années de la dictature de la junte. Nous comprenons que l’expérience européenne n’est pas encourageante et que la politique anti-terroriste s’intensifie continuellement, mais nous pensons que, faute d’action, ce qui est aujourd’hui difficile deviendra pire demain.

Par conséquent, nous donnons la priorité, en termes généraux et en termes spécifiques, à la question de la libération des prisonniers politiques et nous visons la coordination des luttes à l’intérieur et à l’extérieur des prisons, dans une tentative de ré-ouvrir le débat sur ces sujets : l’existence des prisonniers politiques, leurs exigences, leurs besoins, leur spécificité. Nous voulons élargir la solidarité et les alliances de ce mouvement et obtenir des victoires sur des terrains spécifiques, comme la libération immédiate de Savas, l’abolition de l’isolement carcéral et la réinstauration du droit de permission pour Vassilis Xiros à qui ils ont retiré ce droit par vengeance, et au-delà, la réinstauration de ce droit pour tous les condamnés à des peines de prison à vie. Ces victoires feront des brèches dans le régime « anti-terroriste », et en liaison avec le combat de tous les prisonniers pour leur droit à un vie semi-libérée en prison et pour la réduction de la durée de la perpétuité, elles contribueront à la cause de la libération des prisonniers politiques.

Nous, Action pour la Liberté, sommes ouverts à tous les collectifs et individus qui souhaitent lutter pour cette cause, nous sommes prêts à marcher avec tout groupe, organisation ou personne qui croit d’une façon ou d’une autre être concernée par tout ou partie de ce combat. Nous voulons créer un collectif qui fonctionne sur la base de la démocratie immédiate et dans lequel tous ceux qui sont impliqués dans une coopération directe avec les prisonniers politiques déterminent à égalité le cours de l’action.

Aucun mouvement ne peut être victorieux sans défendre les siens!

ACTION POUR LA LIBERTE

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