Il y a quinze ans, jour pour jour…

… avaient lieu les deux référendums du 22 mai 1998, portant au Nord, sur l’accord de Belfast, et au Sud, sur le changement de la constitution de l’Etat des 26 comtés. Voici ce qu’en disait Jonathan Tonge, président de l’association des politologues britanniques :

Etant donné que la préférence de l’agrégat [l'Irlande prise en tant qu'ensemble] se porte vers l’unité irlandaise, il est pour le moins douteux de considérer comme un acte d’auto-détermination un référendum qui exclut précisément cette option, quelles que soient les raisons pragmatiques qui ont été mises en avant pour justifier cette exclusion. Si l’on suppose que le processus électoral est fait pour faciliter l’expression sans entrave de la volonté du peuple, une élection au Royaume-Uni où l’on ne pourrait voter que pour le Labour Party n’aurait pas pu être qualifiée de joute démocratique. Nous ne voulons pas réduire l’importance symbolique du fait que les deux parties de l’Irlande ont porté leurs suffrages sur un sujet essentiellement identique depuis la première fois depuis 1918, acte authentique d’auto-détermination dont le résultat fut bien sûr ignoré. Nous voulons plutôt clouer le bec aux allégations dithyrambiques au sujet des référendums de 1998, qui n’ont été en fait que des actes limités de co-détermination, où on n’a laissé, pour des raisons pragmatiques et peut-être par peur du « mauvais » résultat, aucun autre choix au peuple.

Jonathan Tonge, The New Northern Irish Politics?, Hampshire : Palgrave Macmillan, 2005, pp.49-50

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Des nouvelles de la campagne pour libérer Martin Corey

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Hier, le 2 mai 2013 à 16h50, j’ai reçu la nouvelle disant que la Haute Cour de Belfast avait refusé le ré-examen de l’affaire Martin Corey à la Cour Suprême de Londres. Cette nouvelle dramatique est venue brutalement. Les avocats de Martin ont passé des mois à travailler cette perspective, fermement convaincus qu’il serait libéré immédiatement sous les auspices de la convention européenne sur les droits de l’homme. En juillet 2012, un juge de la Haute Cour de Belfast avait ordonné la libération immédiate de Martin, décision qui fut bloquée dans les heures qui suivirent par la volonté d’ Owen Patterson secrétaire d’Etat à l’Irlande du Nord non élu. Nous fîmes appel de cette décision devant la haute cour de Belfast en décembre 2012, mais le groupe composé de trois juges défendit la directive d’Owen Patterson. Suite à cela, nous fîmes la demande de ré-examiner le cas auprès de la plus haute cour du pays, la cour suprême de Londres.

J’ai pu parler à Martin cet après-midi et je l’ai tenu au courant de la nouvelle. Martin en est venu à attendre peu de choses et à se contenter d’encore moins, lorsqu’il s’agit du système judiciaire dans le Nord de l’Irlande. Le ré-examen de son cas auprès de la cour suprême de Londres nous aurait permis de dénoncer nombre d’aspects de son affaire, qui je pense n’auraient pas été considérés comme acceptables dans quelque cour anglaise que ce soit. Le fait que le secrétaire d’Etat puisse passer des directives, balayer de la main des décisions prises par des juges, aurait été dénoncé à cette cour suprême de Londres, nous aurions montré que les politiciens sont au-dessus su pouvoir judiciaires dans le Nord de l’Irlande. Notre plus grande déception est le fait que si nous n’avions pas pu faire triompher notre cause devant la cour suprême de Londres, il pouvait nous rester le recours de porter l’affaire Martin Corey devant la cour européenne des droits de l’homme. Mais nous explorons encore la possibilité de le faire, mais tant que nous n’avons pas épuisé tous les recours domestiques possibles, c’est difficile, or ce refus de porter l’affaire à Londres va encore nous faire attendre longtemps.

Martin est emprisonné à Maghaberry depuis trois ans. Le cours prévu par la loi, tel que je le comprends implique ce sui suit si on a commis un crime : d’abord on est interrogé, puis accusé, on passe en procès, on est condamné, et enfin emprisonné. Or, pendant les trois années qui viennent de s’écouler, Martin n’a JAMAIS été interrogé, accusé, ni condamné. Il a passé en prison ce qui correspond à une condamnation à six ans de prison. En ce moment, nous attendons toujours la confirmation d’une date pour une audience statuant sur une permission. En février de cette année, la cour européenne des droits de l’homme a affirmé que 13 mois était un laps de temps d’attente inacceptable pour qu’un prisonnier puisse bénéficier de ce type d’audience. Mais Martin a passé 19 mois à attendre cette audience. L’annonce de la décision de la haute cour faite aujourd’hui a représenté un rude coup contre la campagne pour libérer Martin Corey, mais elle ne remet pas en cause ma détermination à l’obtenir.

En tout état de cause, elle renforce ma résolution à obtenir justice. Il faut que nous réussissions à dénoncer cette tyrannie qui se perpétue. Les officiels du gouvernement britannique sont prompts à déclarer que les pires insulteurs des droits de l’homme sont la Birmanie, la Guinée Equatoriale, l’Erythrée, la Libye, la Corée de nord et le Soudan. Pendant les trois années passées, j’ai pu faire des observations de première main sur le comportement de ces officiels vis-à-vis de Martin, et je suis d’avis que le gouvernement britannique se moque du monde en n’incluant pas son propre nom dans la liste ci-dessus.

Par Jim MCIllmurray

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Les troupes du Free State au Mali

Le jeudi 2 mai, la chaîne Al Jazeera a filmé des soldats de la mission militaire européenne au Mali « sous commandement britannique » qui hurlaient des ordres aux troupes maliennes. Lorsque ce commentaire était énoncé, on pouvait voir très clairement que le soldat qui hurlait ses ordres portait un écusson tricolore irlandais sur sa manche. Très visible également, l’insigne « Óglaigh na h-Éireann » sur son béret, cet insigne qui avait pour la première fois été arboré en 1914 par les Volontaires d’Irlande. [Óglaigh na h-Éireann qui veut dire 'volontaires d'Irlande' est le nom irlandais de l'IRA, mais aussi de l'armée du Free State]

Il importe de remarquer qu’il ne s’agit pas d’une mission de maintien de la paix, et deux questions doivent être posées. La première : l’armée des 26 comtés est-elle disposée à tuer de nouveau sous le commandement de l’armée britannique? La seconde : porteront-ils leur soumission au super-Etat européen au point de tuer pour lui et au nom du peuple irlandais? Nous autres de Sinn Féin Poblachtach abhorrons l’usage de symboles comme le drapeau tricolore irlandais et l’insigne Óglaigh na h-Éireann, pour la défense desquels de nombreuses personnes ont donné leurs vies, par ceux qui sont de vulgaires laquais de l’impérialisme international. Nous appelons de nouveau le peuple irlandais à rester fidèles à la cause de la liberté de l’Irlande pour le bien supreme de la nation et de toutes ses composantes et à refuser cette complète érosion de la neutralité irlandaise.

Cumann Séan Costello / Martin Hurson
Sinn Féin Poblachtach, Átha Luain, Co. na h-Iar mhí

Source : ici

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26 comtés – 300.000 émigrés en quatre ans

Soit 205 émigrés par jour. Sur une population de 4,7 millions d’habitants. 

D’après les chiffres recensés par le National Youth Council of Ireland (NYCI), plus d’un quart des foyers irlandais [26 comtés] ont vu une personne de leur famille proche émigrer lors des deux dernières années. La moitié des personnes prises dans la tranche d’âge des 18-24 ans envisagent l’émigration. Environ quatre adultes sur dix ont envisagé de quitter le pays. Cette étude officielle donne les chiffres les plus récents de l’émigration et de son impact sur les jeunes gens. Elle montre bien que l’émigration ne touches pas seulement les jeunes, puisqu’un quart des 35-54 ans ont envisage de partir. Pendant les quatre dernières années, plus de 300.000 personnes ont émigré, dont 40% de personnes entre 15 et 24 ans. Le NYCI, qui regroupe une cinquantaine d’organisations de jeunesse du pays [26 comtés], demande au gouvernement de développer et d’appliquer une stratégie en ce qui concerne les jeunes irlandais qui ont émigré. Il demande l’établissement d’un ministère chargé de l’émigration et des Irlandais de l’étranger.

James Doorley, représentant du NYCI a dit à l’émission Morning Ireland de RTÉ que les jeunes Irlandais émigrant en Australie, au Canada et ailleurs rencontraient de nombreux problème en ce qui concerne la recherche d’emplois et l’accès aux soins. Il ajoute que ceux qui arrivent au Canada ont en général assez d’argent pour tenir un mois, sans se rendre compte qu’il faut souvent six mois pour trouver un emploi. Il précise en outre que ceux qui émigrent dans d’autres pays doivent faire face à l’isolement et à d’autres problèmes

Source : ici ; le rapport est .

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Montagne Noire, Belfast, 5 mai 2013

blackmountain

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Invitation à Dublin contre le sommet du G8

Texte publié sur Indymedia Irlande, écrit par un membre du comité d’organisation du contre-sommet anti-impérialiste dublinois.

Les sommets du G8 et les manifestations contre eux sont désormais devenus un rituel. Un rituel dont les règles sont bien établies et bien connues des deux côtés. Les grands hommes se réunissent pour discuter de la façon de corriger les maux de ce monde, et les protestataires au-dehors les blâment de ne pas le faire assez vite, ou de ne pas avoir l’intention de le faire. On promet à l’Afrique la charité, et des gens comme Sir Bob Geldof vont proclamer qu’un G8 réussi a été tenu. D’autres personnes vont jeter des briques et des bouteilles à la police, en pensant avoir frappé un grand coup pour la cause. Mais de quelle cause s’agit-il exactement ? Ce n’est pas toujours très clair. Pour les médias, c’est un grand jour : quelques visages de présidents et de premiers ministres filmés le matin, puis des images de manifestations l’après-midi, dans l’espoir que survienne quelque émeute, ou au moins quelque événement télégénique susceptible de passer trente secondes au journal télévisé. Le public aura ainsi son lot d’excitants pour soulager son fardeau de labeur quotidien, ou ce qui est de plus en plus fréquent, de chômage.

lockout1913Pourquoi le sommet du G8 de cette année, qui aura lieu le 17 et 18 juin 2013 devrait-il être différent ? Son emplacement est assez différent cette année. Les sommets du G8 ont lieu en général sur le territoire des grandes puissances, les Huit Grands. Toutes ces puissances ont gagné leur statut de « Grands » par le truchement de la conquête impériale, et leurs populations, qu’elles soient de droite ou de gauche, entretiennent les préoccupations propres aux économies matures, qui profitent des vastes transferts de richesses provenant des anciennes colonies et des transferts continuels venant des économies de sous-traitance du Tiers Monde. Les protestataires qu’on voit lors des sommets du G8 tendent à voir les problèmes du monde sous l’angle de la destruction écologique, de l’austérité, ou de l’aide au développement pour l’Afrique. Il s’agit de préoccupations propres au premier monde.

A la fin de l’année 2012, le gouvernement britannique, qui héberge l’événement cette année, a créé la surprise en annonçant que le sommet du G8 aurait lieu en Irlande, et plus précisément sur le territoire des six comtés du nord-est de l’Irlande, qui est toujours sous occupation britannique. Quelques semaines plus tard, éclata l’incongruité de ce choix, lorsque la police intercepta une voiture piégée destinée à exploser près de l’hôtel du Lough Erne, où va se tenir le G8. Peu de temps après, des bombes furent trouvées près de cet hôtel, caché au bout d’une bande de terre au milieu d’une futaie, entouré sur trois côtés par un des plus grands lacs d’Irlande.

S’ajoutant à l’étrangeté de l’atmosphère, la police locale a parlé fièrement aux medias internationaux des centaines de cellules de prison qui étaient disponibles pour les protestataires anti-G8, et du fait qu’elle avait pris la précaution supplémentaire de ré-ouvrir des bases militaires britanniques pour l’occasion, afin de s’assurer qu’aucune place ne manque pour incarcérer les manifestants. Les quatre décennies de résistance armée ont donné à l’Etat britannique une grande ressource en Irlande : tout un tas de cellules de prison.

Il est clair que le sommet du G8 a été déplacé de Grande-Bretagne en Irlande afin d’éviter une répétition de l’été d’émeutes qui a parcouru l’Angleterre en 2011. C’est un signe des temps : le gouvernement britannique considère les bombes de l’IRA moins dangereuses que la haine de classe de la jeunesse anglaise. Cela étant, l’hébergement du sommet en Irlande donne une couleur particulière à ce rituel, un aspect en partie imprévisible. L’Irlande est la première colonie de l’Angleterre. C’est en Irlande que les Anglo-Saxons ont appris à se considérer comme des maîtres et des exportateurs de civilisation. Les méthodes génocidaires employées pour exterminer la population de la Tasmanie entière et réduire à l’abjection tant de peuples indigènes ont d’abord été pratiquées et perfectionnées en Irlande. Le poète élisabéthain Edmund Spenser se lamentait que le sabre anglais pût jamais venir à bout de ce labeur interminable. Seule la famine allait nettoyer la terre irlandaise des Irlandais.

Quelques décennies plus tard, l’armée US allait reprendre ces manières en tuant sans raison des milliers de bisons, poussant par la faim les Américains Indigènes à se soumettre et accepter l’exil dans les camps de concentration des réserves. Ces méthodes et ces idéaux sont fort différents de ceux des anciens empires. L’impérialisme anglo-saxon ne se contentait pas de prendre des esclaves et d’extraire la plus-value. Il s’agissait toujours en même temps de mener une croisade religieuse, un jihad visant à imposer les lois de la concurrence et du marché à l’indolent indigène. Il fallait qu’il respectât l’argent et l’épargnât, tout en épargnant son énergie sexuelle, arrachée à son cours naturel et placée au service du profit, comme Freud l’a si bien remarqué.

Pour ces raisons, lorsque le cirque du G8 viendra en Irlande au mois de juin, l’écologie, l’austérité et la charité pour l’Afrique n’auront pas une grande place parmi ceux qui veulent dignement accueillir les huit grands. A Belfast, un forum anti-impérialiste est organisé par Republican Sinn Féin, les 14 et 15 juin. On y attend des orateurs du Tiers Monde, de l’Inde et des Philippines, qui résistent activement à l’impérialisme occidental. Ils diront ce qu’ils ont à dire, et il ne s’agira certainement pas de demander la charité à ceux qui souillent leurs rivières, volent leurs ressources et massacrent leurs patriotes. A Dublin, les anti-impérialistes virent tout de suite le symbole représenté par la tenue du G8 en Irlande occupée. Le message était clair. Cette terre est britannique, gagnée par l’épée, et tenue par l’épée. La résistance a été défaite, et le processus de normalisation achevé. L’Irlandais rampe, et personne ne s’attend à son redressement dans l’avenir immédiat.

dublinG8Le comité du G8 alternatif de Dublin a été établi pour défier l’affront et nous avons commencé notre travail visant à faire en sorte que le drapeau de l’anti-impérialisme flotte fièrement dans la plus grande ville d’Irlande. Le 17 juin, les anti-impérialistes se rassembleront à Dublin, venus de toute l’Irlande et aussi d’Afrique, d’Irak, de Palestine, du Pays Basque, des Philippines, de Syrie, des USA et du Canada. Non pas pour adresser des demandes au G8, mais pour construire un réseau réel et efficace visant à affronter le nouvel impérialisme et la nouvelle lutte pour le repartage du butin en Afrique. Lorsque nous serons assez forts, le G8 n’aura plus rien à nous offrir, car nous aurons déjà tout pris. Le 18 juin, une manifestation à Dublin commémorera le Lockout de 1913 et montrera à la classe ouvrière de Dublin, cent ans après, sa propre force, massée et présente, pour sa propre inspection.

L’Irlande est une petite île, au coin nord ouest de l’Europe. Les mouvement qui agitent le monde ne commencent pas en Irlande, mais leurs vagues nous inondent et nous lavent. Les Celtes sont venus d’Europe centrale, apportant avec eux leurs langues et leurs coutumes. Puis vient le christianisme. Le féodalisme fut apporté par les Normands, et le capitalisme par les Anglais. Les mouvements mondiaux ne naissent pas en Irlande, mais celle-ci ne leur est pas restée étrangère. Il en fut ainsi lorsque la bannière ‘Liberté, Egalité, Fraternité’ fut arborée par Robespierre et ses concitoyens. En 1798, l’Irlande se souleva les armes à la main, sous la direction de Theobald Wolfe Tone et avec l’assistance des forces révolutionnaires françaises. Ce soulèvement fut réprimé avec une violence supérieure à celle de la Terreur à Paris. Une des fosses communes datant de l’an 1798, remplie des corps des soldats volontaires irlandais qui avaient affronté les canons anglais avec des pics, se trouve près de la Liffey à Dublin.

En 1867, Karl Marx publia le Capital. La même année, les révolutionnaires irlandais adressaient ce message à leurs camarades les travailleurs d’Angleterre : « Quant à vous, travailleurs d’Angleterre, ce ne sont pas seulement vos cœurs que nous souhaitons avoir avec nous, mais aussi vos bras. Rappelez-vous la faim et la dégradation apportées dans vos foyers par l’oppression du travail. Souvenez-vous du passé, regardez-bien le futur, et vengez-vous en donnant la liberté à vos enfants dans la lutte à venir pour la liberté humaine.» [in Proclamation de la République Irlandaise, par l'IRB]

En 1867, ce n’étaient pas des paroles en l’air, elles étaient écrites avec le sang des patriotes. 1913 a été aux Irlandais ce que 1905 a été aux Russes. A cette époque, l’Irlande comptait proportionnellement le plus grand prolétariat rural d’Europe. Ce prolétariat était largement politisé. Dans les villes, les travailleurs vivaient dans de vastes ghettos, avec souvent trois familles dans une même pièce. A l’été 1913, des ouvriers furent lock-outés de leur lieu de travail parce qu’ils refusaient de quitter leurs syndicats. Des jaunes furent employés à leur place. Sous la direction de James Larkin et de James Connolly, pendant huit mois, les travailleurs héroïques tinrent bon face à la disette, au froid, à la brutalité policière et à la curée médiatique.

Finalement, brisés par la faim, ils reprirent le travail. Mais les graines avaient été semées. Pendant la période 1916-1922, James Connolly mourut en martyr devant un peloton d’exécution britannique, à cause de son rôle de dirigeant pendant l’insurrection de Dublin en 1916, et plus tard dans cette période le prolétariat rural investit des centaines de lieux de travail et déclara des soviets, ornés du drapeau rouge. « Nous faisons du pain, pas des profits » disait l’écriteau sur la devanture du soviet de Bruree Mills, dans le comté de Limerick. La ville de Limerick fut prise par le peuple, et le soviet de Limerick fut déclaré, qui frappait sa propre monnaie soviétique.

WebToutefois, les impérialistes ne s’avouaient pas vaincus. Ils étaient passés maîtres dans l’art de diviser pour régner. Les Britanniques firent un marché sordide avec les éléments compradores irlandais. Ils eurent leurs « Etats Libres », au Nord et au Sud, pour mieux maintenir l’Irlande sous l’emprise du capital britannique. Dans le Sud, la liquidation du prolétariat rural nombreux et dangereux devint une priorité urgente. Par centaines de milliers, ils partirent en exil, sous la pression des armes, de la faim et de l’exclusion, et parfois on les laissa s’incorporer dans les rangs des petits propriétaires terriens, gardiens du conservatisme irlandais.

Dans les années 1950, le grand Abdel Nasser enflamma les cœurs des jeunes patriotes du monde colonisé, en particulier en Irlande. L’IRA reprit ses activités. Cependant, le peuple n’était pas prêt, et l’opération Harvest [‘Moisson’], comme l’avait nommée le conseil militaire de l’IRA, se termina en 1962 avec l’ordre de cacher les armes. Mais une direction forte et disciplinée, fermement ancrée dans le socialisme et la solidarité internationale était en place. Elle n’eut pas longtemps à attendre. 1969 vit bondir sur la scène mondiale un jeune homme, qui idolâtrait Nasser. C’était Mouammar el Kadhafi. Cette même année, le peuple irlandais se souleva à nouveau contre la domination impériale et la discrimination. Le jeune Mouammar ne resta pas les bras croisés lorsque les Irlandais se faisaient passer à tabac dans leurs propres rues. Il donna au peuple les moyens de se défendre et de porter la guerre dans le ventre de la bête.

Cela appartient désormais au passé. Mouammar est mort et les les chiens de guerre qui luttent pour le repartage de l’Afrique ont marché sur son corps disparu. Le rêve de l’indépendance africaine a brûlé dans l’enfer de Sirte, plein de phospore blanc, et la restauration de l’ancien régime est presque achevée. Cette efflorescence extraordinaire de l’esprit humain, qui a duré de la révolution française à la révolution d’octobre, jusqu’aux grandes luttes de libération nationale des années 1950, 60 et 70, a été écrasée sous une plaque de béton. Il est approprié aujourd’hui de considérer cette période comme une abominable aberration, désormais enterrée, et qui ne doit surtout pas se répéter. Aujourd’hui, la restauration prend le nom de révolution. L’opposition n’est tolérée que si elle vient de fanatiques religieux amoureux de la propriété privée.

Aujourd’hui, le peuple irlandais flotte comme un poisson mort à la surface d’un bassin d’eau stagnante qui a perdu l’espoir de revoir passer le courant. Des années d’excès capitaliste ont passé la corde de la dette autour du cou de la nation, et les gens ont trop peur de penser à ce qui pourrait arriver plus tard. Lorsque le FMI et l’UE arrivèrent ici pour nous soulager de nos dernières prétentions à la souveraineté économique, beaucoup d’Irlandais ont soupiré d’aise. Presque personne n’a protesté. Le vieux sarcasme anglais, selon lequel les Irlandais sont incapables de se gouverner eux-mêmes, s’entend régulièrement dans la bouche des pontes médiatiques, énoncé comme un fait évident. Le fait, aussi affreux qu’évident, que l’UE n’a jamais prouvé aucune capacité de direction n’est pas mentionné.

Sans doute, après les manifestations contre le G8, certains parleront de l’austérité ou de l’effondrement écologique. Mais à quoi bon ? Ceci ne revient-il pas à accuser la pluie de mouiller ? Tel est le capitalisme. Il n’est pas fait sur mesure pour les petites gens d’Europe ou d’Amérique, encore moins pour celles d’Afrique. Peut-être que cette plaque de béton n’a pas frappe nos têtes assez fort. Peut-être, comme le chante Dylan, quelque chose continue-t-il de frapper dans le vent. A Belfast et à Dublin nous verrons bien. Si c’est le cas, je doute que l’Irlande soit sur la liste des absents. Le comité du G8 alternatif de Dublin invite tous les anti-impérialistes à nous rejoindre, ce mois de juin.

Si vous ou votre organisation voulez parler ou nous aider dans nos préparatifs, contactez-nous à : dublinalternativeg8@gmail.com, ou visitez notre site web ici : http://dubaltg8.org/

Source : ici

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RNU : Déclaration à l’occasion du premier mai 2013

Republican Network for Unity adresse en ce premier mai ses salutations solidaires et fraternelles à tous les travailleurs qui luttent et à tous les mouvements progressistes dans le monde. Le premier mai est un jour où nous célébrons de façon réfléchie les efforts menés par les travailleurs et travailleuses des générations passées, qui ont traversé les vicissitudes, l’adversité, les persécutions et la mort pour atteindre et garantir à d’autres qu’eux non seulement des conditions de vie que beaucoup d’entre nous considèrent aujourd’hui comme évidentes, mais aussi des objectifs politiques plus larges : la libération humaine, la solidarité, la liberté et le socialisme.

Les objectifs et les exigences des travailleurs qui luttaient contre l’abominable tyrannie du capitalisme prédateur, que ce soit à Chicago en 1886 ou à Dublin en 1913 sont souvent décrites par les hiérarchies syndicalistes d’aujourd’hui comme de pures questions de pain quotidien, à saisir séparément de l’ensemble politique qui leur donnait leur cadre. Une distorsion évidente des idéaux de ces combattants valeureux qui ont abondamment prouvé que leurs buts à long terme étaient franchement politiques et ne se cantonnaient pas à la question de la journée de huit heures.

Cette révision de l’histoire reflète la tentative, de la part de ceux qui ont gagné une part dans la gestion de l’Etat et des institutions par la capitulation et le compromis, d’isoler le mouvement ouvrier de toute politique. Cette révision est une reculade et une trahison qui éteint le potentiel du mouvement ouvrier dans le monde et prépare le terrain de la destruction des droits des travailleurs, même les plus élémentaires, par l’élite des financiers et de la classe des patrons. RNU déclare ouvertement que le mouvement ouvrier peut et doit être un véhicule de la mobilisation du peuple dans l’action politique révolutionnaire, car ce n’est que par la révolution (au sens traditionnel du terme) que ces droits élémentaires pourront être assurés de façon permanente.

Alors que les travailleurs se rassemblent cette semaine et manifestent tout autour du monde, nous leur demandons de jeter un œil cynique sur les déclarations, les attitudes et les promesses énoncées par ceux qui se tiennent sur les estrades, et qui proposent toujours moins que le changement révolutionnaire tous azimuts. De l’Afghanistan au Bangladesh, d’Athènes à Rossport, les valeurs du système capitalisme et de l’impérialisme continuent de violer, de punir, de piller et d’exploiter tout le potentiel que le monde offre à l’humanité. De même que le capitalisme international en revient à sa forme explicitement prédatrice, de même le mouvement ouvrier doit sortir de son état d’inertie, redonner vie à son potentiel et reprendre à sa mission de force dirigeante dans le combat pour un changement définitif.

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Libération Irlande – Projection et causerie, demain à Paris

irish1petite

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Alex Maskey (PSF) : un extrémiste de l’imposture

Source  : le blog républicain irlandais 1169 and Counting

Alex Maskey, un député élu de Sinn Féin Provisoire à Stormont, est tellement à l’aise avec sa carrière politique à Stormont et dans son rôle d’administrateur de la loi britannique en Irlande, qu’il semble s’être inventé un nouveau scénario à usage personnel et tente de convaincre ses partisans que lui et eux vivent dans une zone libérée. «La différence fondamentale de la situation avant et après l’accord du vendredi saint, c’est que le gouvernement britannique et l’Etat britannique ne prétendent plus à la souveraineté sur cette partie de l’Irlande. C’est très très important, et c’est un socle de fondation très important» affirme-il.

Et c’est aussi « très très » faux ! Voilà une manière complètement déformée de comprendre la condition politique actuelle des Six Comtés dans son rapport à la volonté de Westminster, qui continue à revendiquer le contrôle juridique sur cette partie de l’Irlande. M. Maskey porte le révisionnisme à son point culminant, exhibant comme un « fait » ce qui n’a aucune ressemblance avec la vérité. Nous pouvons attendre de lui un tweet qui dira que son compte a été hacké et-ou qu’il a été mal cité ou qu’il a confondu la date avec le 1er avril. Mais personne ne s’y trompera.

Source : ici

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Odd Man Out – Huit heures de sursis (1947)

Synopsis
Irlande du Nord, après la seconde guerre mondiale. Johnny McQueen, chef d’un groupement paramilitaire et prisonnier en cavale, prépare un braquage pour financer sa lutte. Mais celui-ci tourne mal et, blessé par balle Johnny tire sur un gardien et le tue. Séparé de ses camarades, il va passer huit heures d’enfer dans les bas fonds de Belfast traqué par les flics.

Critique
Picture55Même si Johnny McQueen est présenté comme le chef de l’"Organisation", il est évident que c’est de l’IRA dont il s’agit. Mais ce choix de Carol Reed, s’explique par sa volonté de se servir de cette organisation comme d’un décor où des hommes armés se battent certes mais surtout se retrouvent confrontés à leur idéal. Or celui de Johnny McQueen est avant tout individuel et moral. Par exemple, il se soucie beaucoup moins de la liberté de son peuple et de l’engagement de Dennis, pourtant prêt à tout pour sauver le chef de son organisation, que de sa propre rédemption. Dans Odd man Out ("8 heures de sursis"), chaque individu agit sans direction politique commune; Kathleen Sullivan, cherche à sauver Johnny parce qu’elle en est amoureuse, à tel point même qu’elle ne veut que partir avec lui. Si le prêtre désire retrouver Johnny, c’est avant tout pour qu’il se confesse, quitte à le confier aux flics ensuite. L’éleveur d’oiseaux, un peu barré, court après la récompense. Le tenancier du pub cherche à éviter les ennuis. Le peintre se fiche de l’état de santé de Johnny et serait prêt à continuer de le peindre même s’il devait mourir devant ses yeux… La seule organisation du film, c’est la police qui quadrille implacablement la ville. En bref, ce film représente avant tout le chemin de croix d’un homme torturé par la mort du vigile.

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